OM-Guingamp (4-0), La Canebière académie déroule

Méprisons les premières périodes.

Aioli les sapiens,

De la même manière que la femme honorable ne couche jamais le premier soir, l’OM se refuse à plonger ses courtisans dans l’extase dès le premier contact. Non, celui qui vient rendre visite à l’Olympique dans son alcôve du Vélodrome doit au contraire s’attendre à essuyer maints refus et minauderies, voltes-faces et dérobades, ces mille-et-unes astuces que les précieuses excellent à manier pour éprouver la patience des courtisans trop ardents.

Puis, après avoir longuement testé la vertu de ses soupirants, la belle se retire un court instant et revient parée de ses plus beaux atours, et c’est alors que, mâtin ! pardonnez-moi l’expression, le chevalier servant ne sait plus où donner de la bite.

 

L’équipe

Pelé

Sakai – Rami – Luiz Gustavo – Amavi

Strootman – Sanson

Thauvin (Germain, 88e) Payet (Radonjic, 84e) – Ocampos (Lopez, 46e)

Mitroglou

A l’exception de Sarr et Mandanda (et Rolando, ne l’oublions pas), toutes les forces vives sont présentes. Du côté des recrues notamment, Strootman reste titulaire au milieu, Luiz Gustavo est préféré à Caleta-Car en défense centrale, et Njie est préféré à Radonjic en tribune.

 

Le match

D’un une-deux limpide, Thauvin et Sakai commencent par disperser la défense guingampaise avec une facilité laissant augurer d’une soirée passée la main dans le slip. Las, l’OM bafouille bien vite face au blocquéquipe adverse, dont Thuram et Bénézet jaillissent plus souvent qu’à leur tour pour agacer nos défenseurs ; en comparaison, ceux-ci paraissent bien patauds.

D’erreurs techniques en contre-attaques doucement slipométriques, la première mi-temps se déroule sur un rythme inégal, çà et là égayé de quelques mouvements olympiens, et surtout d’une palanquée de corners (souvent bien tirés au demeurant). Mais bon, face à un adversaire en pleine compétition avec l’AS Nancy Lorraine pour se voir attribuer le titre de lie absolue du football – quatre défaites en autant de matches – notre production peut légitimement être qualifiée d’insuffisante.

Pour tout dire, le poncif « le spectacle a surtout lieu en tribunes » n’a jamais autant été d’actualité.

Vous ici ?

 

Si Valou remet la veste en seconde période, sur le terrain la température augmente en revanche de quelques degrés ; une montée en chaleur sans doute initiée par la gueulante de Rudi Garcia dans les vestiaires. Notre entraîneur envoie Lucas Aucompost et fait intervenir à sa place Maxime Lopez : notre équipe prenant la forme d’un 433 où Kevin Strootman prend la place de sentinelle. Un changement radical et précoce qui vaut par la suite le trophée d’homme du match à notre entraîneur. On objectera aisément que, pour prétendre à une telle récompense, un entraîneur habile aurait instauré ce schéma dès le coup d’envoi au lieu d’y être conduit par les circonstances : mais dans ce cas sa réussite ne se serait pas fait remarquer, et il n’aurait donc pas pu être désigné homme du match. CQFD.

Bref, ainsi réorganisé, l’OM se trouve dans un premier temps nettement moins ennuyé par les lutins casse-couilles de l’En-Avant. Un bon pas de franchi, reste maintenant à attaquer : de façon fort logique au vu du début de rencontre, c’est sur corner consécutif à un une-deux enclenché de la droite que la première occasion survient. Thauvin tire, Rami dévie au premier poteau, et au second Mitroglou tente une tête plongeante peu académique qui échoue sur le montant.

La pression s’intensifie, et une touche produit une action à peu près similaire : Sakai jette le ballon dans la surface, et Rami surgit pour dévier. Cette fois, Kostas est battu au duel, mais la balle est renvoyée sur la tête de Thauvin, qui met une application infinie à placer la balle hors de portée du gardien (1-0, 57e).

L’OM défend d’autant plus aisément cet avantage que Guingamp, hormis quelques timides contres, ne sort plus la tête de l’eau. Passons sur quelques escarmouches sans grand intérêt pour en arriver à l’extase dont il était question plus haut. Sanson récupère et tente de renverser le jeu pour Mitroglou, à l’entrée de la surface. Kostas est devancé mais Payet se trouve à la réception du second ballon, pour une volée intérieur du droit de trente mètres plus veloutée que les lèvres de Scarlett Johansson lors d’un coucher de soleil aux Baux-de-Provence (2-0, 73e).

Moins délicat mais tout aussi nécessaire, Kevin Strootman récupère à la hussarde et lance ses chevaux à l’assaut du camp adverse. Chef d’œuvre à lui seul, le contrôle de Florian est suivi de sa spécialité, ce repiquage à l’intérieur annonçant un amour de frappe enroulée du gauche. Un enchaînement que l’on contemple et contemple encore, comme le corps nu et hâlé de Scarlett Johansson sur les draps blancs de notre mas de Lourmarin (mes rêves érotiques se déroulent souvent en pays d’huile d’olive) (3-0, 80e).

Cette première période poussive n’est plus qu’un mauvais souvenir, et quoi de plus normal donc que cette ode au bonheur et à l’amour se parachève avec la love story qui unit Dimitri et Kostas. Après une récupération haute, un Morgan Sanson intenable lance Payet face au gardien : négligeant le duel, notre meneur de jeu préfère passer la balle à Mitroglou, qui contrôle et conclut facilement (4-0, 83e).

Redoutant que notre ardeur à la tâche rende impossible le retour des Bretons sur leur deux jambes, l’arbitre siffle prématurément la fin de nos ébats, sans ce temps additionnel qui représentait pourtant cet indispensable moment de tendresse après l’amour.

 

Les joueurs

Pelé (3/5) : Sûreté totale en première mi-temps, chômage technique en seconde.

Sakai (3+/5) : Excessivement ennuyé par Marcus Thuram en première mi-temps, avant que ce dernier ne disparaisse de la circulation aussi subitement qu’un écologiste en Calabre. Une fois retirée cette épine du pied, Hiroki a pu mener ses affaires habituelles avec l’efficacité qu’on lui connaît.

Rami (3+/5) : Pas de pitrerie, une défense sérieuse malgré une certaine lourdeur, et en plus cet apport décisif sur les coups de pieds (ou de main en l’occurrence) arrêtés. Adil va mieux, peut-être même qu’Adil est retombé amoureux.

Ne me dites quand même pas que… mais non… non, quand même pas ?

 

Luiz Gustavo (3/5) : Les attaquants bretons ont toujours semblé en mesure de le prendre de vitesse… mais n’y sont jamais parvenus. Parmi ces impétrants attendrissants à force de naïveté, nous mentionnerons spécialement Marcus Coco : cinq minutes après son entrée, il réussit un très beau petit pont sur notre Brésilien, lequel s’est fait un plaisir de le descendre séance tenante tout en récupérant le coup-franc au passage. L’expérience, Messieurs.

Amavi (4/5) : Des ballons sauvés grâce à une intelligence constante dans le placement, et une participation bien sentie au jeu olympien. Le même sentiment qu’à la découverte d’une rue de Marseille propre : on sait que ce devrait être la normalité, mais on ne peut pas s’empêcher d’éprouver une heureuse et encourageante surprise.

Sanson (4+/5) : Ce cuistre de Nolan Roux l’a privé d’une reprise de volée au moins aussi esthétique que celle de Payet. Qu’à cela ne tienne, Morgan s’est vengé de ces philistins en barattant du Breton à chaque minute de la seconde période.

Strootman (3+/5) : Le désenvoûtement du Vélodrome n’a sans doute pas été accompli dans les règles de l’art après le départ d’Erzulie, tant la technique de Kevin a parfois été zamboïsée en première période. Dans un milieu ensuite plus équilibré, le bulldozer des polders a fait place nette comme on pouvait l’espérer.

Thauvin (5/5) : Cf l’introduction. Florian fait sa mijaurée au début, puis Florian vous fait grimper aux rideaux quand l’envie lui prend enfin. Florian est une chieuse. Mais qu’est-ce qu’on l’aime, Florian.

Germain (88e) : Injustement privé de temps additionnel par Amaury Delerue. Sigmatismophobie ordinaire.

Payet (5/5) : Pisse-vinaigre : nom composé invariable. Se dit d’une personne morose, ennuyeuse. Exemples : « N’oublions pas que la première mi-temps de Payet était à chier. » ou encore « moui, le but est beau, mais c’est surtout le gardien qui rate son arrêt. »

Radonjic (84e) : Quel meilleur moment pour faire ses débuts ? Nemanja a mordu dans le match à pleine dents, s’illustrant par un appel de balle à faire lever le Vélodrome convaincu d’avoir trouvé le Magnusson serbe. Ladite action s’est conclue par une conduite de balle à chier depuis la surface jusqu’en touche, faisant aussitôt rasseoir le Vélodrome finalement convaincu d’avoir trouvé le Clinton Njie blanc.

Ocampos (2/5) : Une prestation pas si infamante, mais il n’en restait pas moins logique que Lucas fût choisi pour faire l’objet du sacrifice tactique à la mi-temps.

Lopez (4/5) : Il a passé plus de temps ces derniers mois à s’occuper de son football plutôt que de ses problèmes de peau. Un choix que l’on ne peut qu’approuver (mais évitez quand même les gros plans à la fin des rencontres s’il vous plaît).

Mitroglou (4/5) : Des actions manquées moitié par maladresse, moitié par malchance. Mais, outre le but qu’il finit par marquer, on utilisera volontiers notre joker « pèse sur la défense » : cette fois-ci, il a effectivement pesé. Le premier but vient en effet d’un duel aérien perdu, mais dans lequel il pousse le défenseur à l’erreur. Le second aussi, d’ailleurs, si l’on exagère à peine.

 

L’invité zoologique : Nolan Pou

Il gratte, il gratte parfois vraiment beaucoup, mais finalement il n’est pas très méchant. Le pou était donc bien l’invité approprié pour évoquer ce match contre ces compagnons de route que la Ligue 1 traîne depuis des années sans réussir à s’en débarrasser.

– Les autres : Ils s’agitent vite, on ne peut pas leur enlever ça. Tout comme on ne peut pas enlever leurs insuffisances à tous les niveaux, qui se traduisent par une juste rouste quelles que soient leurs intentions initiales.

– Le classement : Deuxièmes, devant des lyonnais dont les supporters poussent à ce point le psychodrame, que j’en aurais fini par oublier que nous n’avons que trois points d’avance.

– Le moment MTVMG : Deuxième match d’affilée sans rappel à l’ordre arbitral envers Rudi Garcia. Aurait-il lui aussi changé ?

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, et sur Twitter. Blon remporte un concours zoologique très disputé.

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

5 commentaires

  1. la transition de Scarlett Johansson à poil vers la love story de Mitroglou m’a réveillé brutalement.
    Pendant le match, cette transition ne m’avait pourtant pas sauté aux yeux…

  2. Deux fois évoquée, jamais montrée : Scarlett Johansson est finalement aussi frustrante que la gauche au pouvoir.
    Merci pour « sigmatisme », je dormirai moins bête.

  3. Qui est cette Valou ?
    Par ailleurs, le réalisateur de canal a filmé Pamelou pendant le match.

  4. Maintenant qu’on lui lache la grappe Maxime va-t-il jouer au niveau qu’on espère de lui depuis si longtemps ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.