OM-Strasbourg (3-2), La Canebière académie ne fera pas de vieux os

Finalement, les victoires 1-0 à la Élie Baup avaient parfois du bon.

Aïoli les sapiens,

Après une claque reçue contre Francfort, suivie d’une fessée à Lyon, l’OM recevait Strasbourg dans le seul objectif de reprendre enfin une marche, sinon en avant, en tout cas moins chancelante. Selon le plan prévu, le seul moment de tension de la soirée devait survenir (horaire imbitable oblige) au moment d’arracher la télécommande des mains des gosses pour zapper des As de la Jungle à la rencontre. Le reste devait n’être que formalité.

Entreprise de spectacle avant tout, d’entertainement serait-on tenté de dire, l’OM s’est attaché à faire de cette journée oubliable une épopée. Certes, elle n’était pas responsable de la panne téléphonique qui toucha le secteur 36h durant, nous laissant dans l’anxiété de rater le match. Une fois internet rétabli (« Les enfants, la télé remarche ! – Ouaaaiiiiiis, les As de la Jungle ! – Non, le match. Cassez-vous, nyark nyark.« ), le plus exaltant pouvait commencer. Les Olympiens ont évité à la fois la victoire peu significative car trop facile et la purge sans âme, pour faire de la soirée un moment de haine et d’amour nous laissant finalement pantois comme aux plus belles heures de nos affiches au sommet. En baver autant pour battre Strasbourg dans le temps additionnel, voilà qui n’incite pas à l’optimisme mais mâtin ! pour ce qui est des émotions, cette équipe va faire des heureux chez les cardiologues de la région. Telle était donc la soirée que nous allons ici vous narrer.

 

L’équipe

Mandanda

Sarr – Kamara – Luiz Gustavo – Amavi (expulsé, 52e)

Lopez (Ocampos, 67e) – StrootmanSanson (Sertic, 84e)

ThauvinGermain Payet (Sakai, 56e)

Match de milieu de semaine, contre un club quelconque : idéal pour une remise en jambes de Mandanda. Sakai est ménagé, alors que la suspension de Caleta-Car après son hippopotacle de dimanche vaut à Luiz Gustavo de demeurer en défense. Au lieu de sortir Ocampos en cours de match comme d’habitude, Rudi opte dès le coup d’envoi pour un 433 posant Strootman en sentinelle.

 

Le match

Les géraniums, la choucroute et les colombages : si l’Alsace était réputée pour faire dans la finesse, nous serions au courant. C’est donc dans un blocquéquipe à la fantaisie directement inspirée du service compta des Pompes funèbres générales que se présente Strasbourg. Proprement cloué entre quatre planches, notre jeu ne respire qu’à l’occasion d’un coup-franc subtil de Payet pour Thauvin, mis en échec par le gardien.

Côté offensive, nos adversaires ne se font pas chier, ils ne tentent rien. En effet, ils n’allaient pas se disperser en fastidieuses parades d’approches, alors que la nymphomanie notoire de notre défense leur commandait simplement d’attendre. Peu avant la demi-heure de jeu, nous n’y tenons plus et ouvrons tout grand nos cuisses avides : Lopez perd la balle dans la glu adverse, le reste de notre milieu de terrain est évacué en une passe et Lala peut être lancé entre Luiz Gustavo et Amavi. Jordan revient in extremis, juste à temps pour transformer la tentative de l’attaquant en parfait piqué au-dessus de Mandanda (0-1, 27e).

S’il avait représenté un coup de poignard au milieu d’un festival offensif olympien, ce but se serait avéré ennuyeux. Inscrit au cœur d’une domination stérile contre un bloc déjà hyper solide, l’événement prend une tournure franchement catastrophique. Alors que l’ensemble des joueurs et membres de l’équipe technique éprouvent d’ores et déjà une pensée émue pour les oreilles de leurs mères, le miracle se produit : une nouvelle fois servi avec plein d’astuce par Payet d’un centre à ras de terre, Thauvin contrôle et se voit accroché par le défenseur. Le pénalty est sifflé, puis confirmé par la salle vidéo qui a dû à peu près tenir ce discours : « ben oui, l’attaquant accentue la faute comme un porc, mais ce grand couillon de défenseur l’a bel et bien accroché. Il s’est fait avoir, ce dadais, que voulez-vous que je vous dise ? » Dimitri transforme d’un contre-pied serein (1-1, 41e).

Les plus mesurés des observateurs s’apprêtent à déclarer que « l’OM s’en sort bien » à la pause, mais même eux doivent finalement reconsidérer leur position : nous avons en réalité rien moins que le cul bordé de nouilles. C’est qu’une minute avant la mi-temps, Amavi lance Germain sur la gauche de la surface ; Valère trouve immédiatement Payet en retrait, qui tente de décaler au plus vite Thauvin de l’autre côté. Interceptée, la balle revient sur Sanson ; pas découragé par ses 1758 tentatives précédentes au cours desquelles ses frappes se sont vues contrées par la tête, le pied, la bite ou la vésicule biliaire d’un défenseur (ou parfois d’un coéquipier), Morgan tente le plat du pied sans contrôle. Hosannah ! cette fois, la balle parfaitement brossée suit sa trajectoire jusqu’au but où elle laisse le gardien sans réaction (2-1, 45e).

Après ce retournement de situation tiré par les cheveux, l’OM entame la seconde période par une domination un peu plus conforme à nos attentes. Malheureusement, la réussite de Sanson retourne elle aussi à son niveau habituel : servi dans la course par une belle déviation de Germain, Morgan se présente seul face à Sels, mais lui adresse un tir trop facile. Pour autant, après une première mi-temps crispante, nos nerfs semblent enfin pouvoir se relâcher un tantinet.

C’était sans compter sur notre facteur V (comme vier) du moment, l’homme qui coule à pic, la nemesis de nos hémorroïdes, the wrong guy at the wrong place, le fils peu spirituel de Jérémy Morel, j’ai nommé Jordan Amavi. Sur un bête duel dans le camp strasbourgeois, Jordan intervient tardivement, l’âme innocente et la guibolle haute. Pendant que Lala se tord de douleur, M. Letexier sort le carton rouge. Dans leur salle, les arbitres vidéo consultent les images de l’action et surtout leur calendrier. Ils sont formels, Octobre rose n’a pas encore débuté et il est trop tôt pour les mastectomies gratuites : expulsion confirmée.

Le slipomètre atteint des hauteurs himalayesques quand Garcia choisit Payet pour faire les frais de sa réorganisation tactique, au risque de devoir nous passer de notre meneur de jeu en cas d’égalisation. Avec 40 minutes à jouer et connaissant notre capacité à tenir un score, le pari est de nature à justifier une hospitalisation d’office à Édouard Toulouse, section « joueurs compulsifs et inconscients ».

À la décharge d’Amavier, c’est toute notre équipe qui semble prise de pulsions violentes, avec deux cartons jaunes supplémentaires dans les minutes qui suivent. Si Rudi Garcia avait demandé à la pause davantage d’intensité dans les duels, il semble que le message compris par les joueurs ne soit pas « j’arrive plus vite sur le ballon » mais « je suis aussi en retard que d’habitude mais je compense en me jetant comme une brute ».

Pour autant, excepté une lourde de Zohi sur Mandanda, Strasbourg nous inquiète peu. Ocampos remplace Lopez, pour un 4221 plus classique, qui voit l’OM tenir le danger plutôt éloigné et même se procurer quelques situations. De là à parler de maîtrise, il y a un gouffre… et à la rigueur, on peut même se demander si une pression strasbourgeoise un peu plus accentuée n’aiderait pas nos joueurs à demeurer concentrés, tant ceux-ci sont capables à tout moment d’encaiss… ah, merde, but. Comme annoncé, les Alsaciens jouent en triangle dans notre défense pour la première fois du match, et chacune de leurs transmissions éloigne un peu plus nos défenseurs : Da Costa finit le travail de près (2-2, 89e).

Et comme dans les bons feuilletons, c’est alors que tout est perdu, que les mères dont il était question avant la mi-temps s’apprêtent de nouveau à être outragées, que l’espoir, la foi et les spectateurs désertent le Vélodrome, c’est alors qu’il surgit hors de la nuit, et pendant que Strootman et Sakai combinent joliment à gauche, court vers la surface au galop. L’exploit, il le signe du plat de son pied, d’un Z qui veut dire Zermain (3-2, 91e).

En d’autres termes, une victoire à la one-again, ne ressemblant foutrement à rien et certainement pas reposante pour les organismes. La capacité de réaction de l’équipe est une nouvelle fois à saluer, mais il reste inquiétant d’y avoir recours dans ce genre de match que nous nous devrions de rendre facile.

 

Les joueurs

Mandanda (2/5) : Pas d’erreur flagrante hormis un jeu au pied éthylique. Ceci dit, entre Pelé et lui, il serait bon de disposer d’un gardien qui serve un peu à quelque chose, de temps en temps.

Sarr (3-/5) : Agressif comme Éric Zemmour devant une caméra, précis comme Éric Zemmour devant la vérité historique.

Kamara (3+/5) : À la différence de Caleta-Car qui avait brillé dimanche en étant simplement un peu moins nul que les autres, Boubacar a été objectivement bon. Cela ne l’a pas empêché de se faire victimiser comme tout le monde sur l’égalisation, notez.

Luiz Gustavo (2/5) : De Marseille à Janeiro, il tire un paquebot.

Amavi (1/5) : Ce qui est ennuyeux, c’est qu’entre ses gaffes il est plutôt intéressant. Reste que les deux précédents que l’on connaît dans ce domaine nous laissent pessimistes : il y a d’une part Pierre Richard, qui n’a jamais tout à fait réussi à sortir de ce rôle, et d’autre part Jérémy Morel, qui a fini à Lyon.

Lopez (2/5) : Son match, c’est Peter Parker qui se masturbe : il y a de l’envie mais ça finit par s’engluer.

Ocampos (67e) : Il a fait ce qu’on lui demandait : chercher des ballons avec les dents pour aller les enterrer 20 mètres plus loin.

Sanson (3+/5) : Il a dû se pincer pour vérifier qu’il ne rêvait pas, et que sa reprise avait pour une fois bien parcouru la vingtaine de mètres qui la séparait du but sans être déviée par le premier trou du cul qui passe. Son face-à-face loupé dès l’occasion suivante s’est chargé de le ramener à la réalité.

Sertic (84e) : Une blessure au mollet de Sanson et l’entrée de Sertic pour préserver un score dans les 10 dernières minutes : il aurait suffi que chaque supporter olympien vînt muni d’une olive, pour que le Vélodrome assurât en un instant la production annuelle de toute la vallée des Baux.

Strootman (3/5) : Une rationalité de banquier néerlandais : si on ouvre le coffre, c’est pas pour faire du cirque mais pour que ça rapporte. Kevin s’est donc fait très discret jusqu’au money time. Alors, il s’est alors mis à savater tous les ballons chauds qui traînaient en défense avant de délivrer une passe somptueuse à Sakai pour la conclusion du match. Ça tombe bien, c’est pour ce genre d’actes décisifs qu’on l’a recruté.

Thauvin (2+/5) : Une influence proche de zéro dans le jeu, une présence à la conclusion des actions, et surtout le pénalty de pute gagné alors que l’équipe est au plus mal. Tout un cirque cet été alors que finalement, on avait déjà notre avant-centre italien chez nous sans s’en rendre compte.

Payet (3+/5) : En prenant en compte des considérations uniquement défensives, son remplacement se justifiait peut-être. En termes de beauté du sport en revanche, on n’avait pas connu une telle insulte au jeu depuis le remplacement de Camel Meriem par Jérémy Gavanon en 2004.

Sakai (3/5) : Souvent pris de vitesse et bousculé dans les duels, jusqu’à cette ultime action et ce centre décisif qui l’autorise à nous dire : « vos gueules ».

Germain (4/5) : Pendant 90 minutes, il fait du Germain dans le texte, avec cette grosse activité y compris défensive, qui se paie d’une présence limitée à la finition. Du moins jusqu’à cette cette reprise adroite dans le temps additionnel : nos gueules derechef.

 

L’invité zoologique : Kévin Zorille

Petit carnivore apparenté aux loutres et aux belettes, le zorille serait un animal charmant s’il n’avait pas l’habitude de projeter le contenu de ses glandes anales sur tous ceux qui l’ennuient. Le mustélidé était donc bien l’invité approprié pour livrer avec nous ces observations, ne serait-ce que par familiarité olfactive avec les slips olympiens à l’issue du match.

– Les autres : Encore un blocuquéquipe estampillé IGP Ligue1 élevé sous la mère, rehaussé par une certaine vivacité en attaque, mais torpillé par des fautes de concentration et une naïveté de jouvencelle.

– Le classement : Deuxième attaque de Ligue 1 et avant-dernière défense, les années Baup sont définitivement enterrées. Reste qu’à ce rythme, non seulement les joueurs vont avoir du mal à tenir physiquement et nerveusement toute la saison, mais ce sera aussi le cas des supporters. En tout cas, nous voici pour l’instant sur le podium en la triste compagnie des esclavagistes-basketteurs et des apiculteurs nazis.

– Le moment MTVMG : Après des semaines de calme, le moment MTVMG revient in extremis quand, au bout de temps additionnel (95e), l’arbitre se dirige vers le banc de touche et vient y déclarer : « maintenant, taisez-vous Monsieur Garcia ».

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, et sur Twitter. Didier A. s’impose en patron dans cette étape du concours zoologique.

 

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

3 commentaires

  1. « Lopez (2/5) : Son match, c’est Peter Parker qui se masturbe : il y a de l’envie mais ça finit par s’engluer. »
    Celle-là est mythique !
    Bravo !

  2. Quel match ! Quel équipe ! Quel académie ! Cette saison part sur des bases dramaticomiques « mariannesques » (C’est comme hymalayesque mais plus profond)

  3. Qd ma femme me demande « pquoi tu rigoles ds ton canap » je lui répond avec fierté « c’est un con de dromadaire avec bcp d’humour ».
    La meilleure acad c’est celle de la canebiere et rien que pour ça on gagnera tjours…
    Mode lustrage de chibre off.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.