Lyon-OM (4-2), La Canebière académie conserve ses repères

On pourrait tout aussi bien republier la même académie chaque année.

Aïoli les sapiens,

L’OM est un Titanic que l’on renfloue chaque année pour s’empresser de le précipiter sur le même iceberg. L’on rencontrait en effet des lyonnais au fond de jeu réputé infâme par leurs propres supporters, mais dont la capacité à se surpasser dans les gros matchs a été rappelée pas plus tard que ce mercredi. Il était impératif de jouer à haut niveau, d’insuffler dans chacun de nos actes un surcroît d’engagement et de précision, et surtout de bannir toutes ces fautes de concentration qui depuis des années sabotent chacune de nos affiches avec une constance remarquable.

Et qu’avons-nous eu à voir, en réalité ? De la merde, Messieurs. La défaite imbécile conforme aux modalités annoncées, encaissée par une bande de furoncles qui, non contents de s’être sabordés tout seuls jeudi en Europa Ligue, offrent la victoire sur un plateau à notre rival domestique. Un entraîneur lyonnais considéré par la moitié de ses supporters comme une courge finie, et qui donne une nouvelle fois la leçon à notre meneur d’hommes ; un meneur d’hommes qui dans ce genre de match ne les mène vers rien d’autre que vers la honte.

Le Projet® n’en est plus à un stade où des victoires 4-0 contre Toulouse ou Guingamp peuvent compenser ces branlées répétées. Pour l’instant, l’OM n’entre dans la cour des grands que pour s’y faire pisser dessus par les CM2. C’est inadmissible.

 

L’équipe

Pelé

Sakai – Caleta-Car (expulsé, 83e) – Luiz Gustavo – Amavi

Sanson – Strootman (Njie, 76e)

ThauvinPayet Ocampos (Kamara, 64e)

Mitroglou (Germain, 64e)

Mandanda est trop juste pour redevenir titulaire (à supposer que ce fût souhaitable). Adil Rami est blessé, d’où l’intérim prolongé de Luiz Gustavo en défense.

 

Le match

Dès la première action, une balle en profondeur transperce notre côté gauche et aboutit à un centre slipométrique, qui en dit long sur la concentration des Olympiens pour ce match crucial. Les débats finissent néanmoins par s’équilibrer, si bien que les défenses ne sont guère sollicitées que lors d’escarmouches sans grandes conséquences.

Si vous connaissez vos Lyon-Marseille sur le bout des doigts, vous savez forcément que cet OM bien en place peut à tout moment se liquéfier comme une vieille bouse sur l’action la plus anodine qui soit. La soirée ne déroge pas à la tradition quand, sur un bête une-deux initié au milieu de terrain, Amavi et surtout Luiz Gustavo se jettent comme des demeurés pour tenter une interception qui ne vient pas. Presque sans l’avoir fait exprès, Aouar se retrouve avec un boulevard devant lui, et n’a plus qu’à effacer le pauvre Caleta-Car venu sauver les meubles avec sa vivacité de morse (1-0, 28e).

L’OM n’en perd pas sa volonté de faire le jeu, mais passe tout près de la punition ultime sur une nouvelle abomination défensive. Sanson perd la balle à l’entrée de la surface, mais Depay rate inexplicablement le but grand ouvert. L’épisode mérite d’être signalé : c’est en effet la première fois depuis 1976 que les lyonnais ne profitent pas d’une offrande de notre part pour nous fister jusqu’à l’épaule. Rassurez-vous, la suite du match montrera bien vite que cette fantaisie rhodanienne était bien – à la différence des messages racistes – un acte isolé de leur part.

Plus incroyable encore, c’est alors au tour de nos adversaires de faire n’importe quoi à la relance, d’où ce ballon récupéré par Mitroglou à 25m. Kostas transmet à Payet, qui décale pour Thauvin et son plat-du-pied tout en sang froid (1-1, 39e).

À la pause, la foire aux erreurs défensives bénéficie donc à parts égales aux deux protagonistes. Le match reprend comme il avait débuté, avec un nouveau slip envoyé au rebut après une absence généralisée de notre défense à gauche. Il s’agissait du dernier avertissement sans frais pour Amavi et Luiz Gustavo, qui dans les minutes qui suivent doivent régler la note de leur niveau abject. Certes, l’action commence par une faute non sifflée sur Thauvin ; toujours est-il que la transversale qui s’ensuit aboutit à un Bertrand Traoré isolé et excentré face à nos deux mastres du soir. Une main dans le slip, l’attaquant est pourtant autorisé à se recentrer et à placer son tir hors de portée du gardien (2-1, 51e).

L’OM ne renonce pas, en témoigne ce festival de Thauvin aboutissant à un tir d’Ocampos, de peu hors-cadre. La remontée au score s’annonce périlleuse et incertaine, mais on peut y croire. Du moins, on pourrait s’autoriser à y croire si l’on ne s’ajoutait pas en permanence des handicaps d’une débilité extrême. Avec une telle défense en effet, notre prestation évoque un mauvais remake comique du Salaire de la peur : le trajet périlleux d’un camion chargé d’explosifs, dans lequel Pascal Duquenne surgirait à tout moment du siège arrière pour masquer les yeux du chauffeur en beuglant « coucou, qui c’est !? ».

Alourdis par leurs chromosomes surnuméraires, Amavi et Luiz Gustavo éprouvent toutes les peines du monde à empêcher Bertrand Traoré de revenir uriner dans notre surface. Le Brésilien se paie même le luxe de dévier le tir du lyonnais, trompant un Pelé à qui il n’en fallait pas beaucoup pour être surpris : troisième but de la soirée, le troisième sur lequel notre défense se trouvait pourtant en surnombre (3-1, 60e).

Tentant de mettre un terme à la débandade, Rudi passe en 433 : Ocampos sort, Kamara entre en défense et Luis Gustavo remonte au milieu, tandis que Germain prend la place de Mitroglou. Nous nous montrons alors un peu plus menaçants, sans réellement parvenir à inquiéter Lopes. Les contre-attaques lyonnaises ont beau nous faire passer des frissons, nous pouvons continuer à croire à l’exploit d’autant que l’impensable se produit : Clément Turpin ignore un pénalty pour Lyon. Sur corner en effet, Kevin Strootman met un terme à un monstrueux cafouillage en savatant Traoré. Dans la confusion, cette faute de décérébré intersidéral échappe miraculeusement à l’arbitre. Hélas, cet événement qui s’annonçait historique n’aura finalement jamais de réalité : deux bonnes minutes plus tard, la salle vidéo informe le central de son oubli, et le pénalty qui s’impose est accordé. Fékir transforme avec l’aide du poteau (4-1, 74e).

Le retard est tel que seul l’irrationnel peut nous sauver : les conditions sont donc réunies pour l’entrée de Clinton Njie, qui ne nous déçoit pas. Servi par Payet, Clinton enrhume son défenseur avant de placer un superbe enroulé poteau rentrant (4-2, 82e). À peine le temps d’oser croire au facteur Njie que nos maigres espoirs sont aussitôt éteints : alors qu’Amavi dort, Caleta-Car doit courir derrière une passe en profondeur. En bout de course, il se fend alors d’un magnifique hippopotacle à enseigner dans toutes les écoles d’orthopédie. Même si Traoré se relève, Clément Turpin n’est pas bégueule et accorde quand même le carton rouge pour la beauté du geste. L’OM finit à 10, puis à 9 quand Njie, étoile filante du soir, quitte le terrain aussi vite qu’il y était entré après une blessure à l’adducteur.

Une soirée ordinaire, en somme.

 

Les joueurs

Pelé (2/5) : Perforé, poinçonné, percé, composté. Pas de grosse responsabilité dans la débâcle, même si l’on aurait aimé qu’un petit exploit vienne au moins préserver sa dignité.

Sakai (3/5) : Robuste et efficace, Hiroki a opposé une véritable ligne Maginot aux lyonnais. En bons connaisseurs de l’histoire contemporaine, ceux-ci ont su en tirer les conséquences qui s’imposaient.

Caleta-Car (1+/5) : Ce sont ses coéquipiers qui ont mis le feu, lui s’est contenté de pisser de l’essence.

Luiz Gustavo (1-/5) : En général, pour passer aussi brutalement de la gloire à la déchéance il faut faire du cinéma et être accusé de viol. #BalanceTaDéfenseDePorc

Amavi (1/5) : Qu’il se livre comme un jobastre ou au contraire qu’il accompagne l’attaquant en recul-frein jusqu’aux 6 mètres, Jordan agit en tout cas sans retenue, et le plus souvent à mauvais escient. Mais soyons justes, sa performance exceptionnelle ne lui aurait pas été permise sans ce total manque de coordination avec Ocampos devant et Luiz Gustavo à côté.

Sanson (2-/5) : Des coquillettes au beurre en guise de menu de gala.

Strootman (1/5) : Posez cette poupée et ces aiguilles, Erzulie, ça devient lourd.

Njie (76e) : Entre à la 76e, sort blessé dix minutes plus tard en ayant marqué un but somptueux dans l’intervalle. Avec une vie si trépidante, il n’a même pas eu le temps de placer un extérieur du pied.

Thauvin (2+/5) : Buteur comme d’habitude, mais il aurait fallu encore mieux que d’habitude.

Payet (3-/5) : On attend tous de Dimitri qu’il nous fasse tomber en pâmoison comme des pucelles après avoir éclaboussé la rencontre de toute sa classe. À la place, nous avons eu droit à un match correct (coups de pieds arrêtés exceptés), ce qui n’est déjà pas mal.

Ocampos (2/5) : « N’y vois rien de personnel mais maintenant on va réorganiser l’équipe sans toi ». À force, Lucas va finir par entendre cette phrase plus souvent qu’un élève obèse aux rencontres sportives de son collège.

Kamara (64e, 3/5) : Juste et efficace, il marque des points d’autant plus facilement qu’à côté des autres zigotos de la défense, il suffisait de se montrer un tant soit peu appliqué pour être considéré comme un titulaire en puissance.

Mitroglou (2-/5) : Récupère le ballon sur l’action qui permet à Thauvin d’égaliser. Une action aussi belle qu’une canette 8.6 à peine entamée trouvée dans une poubelle, une brève éclaircie dans une vie de traîne-misère.

 

L’invité zoologique : Monsieur Lapin

Il s’était fait annoncer dès jeudi, vous ne l’avez pas déçu. Félicitations à vous.

– Les autres : Certes, nous ne nous intéressons que rarement à leur équipe déplaisante, mais il semblerait tout de même que, contrairement à ce que disent une bonne partie des supporters, Bruno Genesio ne fasse pas tout à fait de la merde, si ?

– Le classement : Le but de Clinton Njie nous permet de demeurer devant Lyon au classement grâce à la différence de buts. Actibus immensis urbs fulget massiliensis, j’ai envie de dire.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, et sur Twitter. Le vainqueur du concours zoologique ne faisait guère de doute.

 

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

4 Comments

  1. Quels beaux commentaires sur cette défense centrale apocalyptique hier soir. Pourquoi s’obstiner avec Gustavo en DC quand Kamara ne vous a, je crois, quasiment jamais déçu ? Ca remettrait Luis dans le bon sens au milieu.

  2. Gustavo et Amavi ont été catastrophiques, à tel point que le très statique Caleta-Car a semblé largement meilleur qu’eux. Si, après ça, Kamara n’a pas gagné sa place de titulaire, c’est à n’y rien comprendre.

  3. Dire qu’il faut venir ici pour lire un semblant de flatterie sur Génésio..

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