Orléans – AC Ajaccio (1-1) : L’Aiacciu Académie livre ses notes et raconte le déplacement d’I Sanguinari

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« On est mal payé mais qu’est-ce qu’on rigole ! » I Sanguinari ne s’est pas déplacé à Orléans pour rien. On retiendra le point du match nul et la grande première du nouveau membre imminent de l’association, le tambour.

On va dire qu’on se trouve des excuses mais si tous les supporteurs acéistes basés à Paris étaient au chômage, le parcage visiteurs du stade de la Source aurait été plein. La semaine précédent le déplacement, les annulations vont bon train. La cause ? « Je finis le boulot trop tard ». Seuls 4 membres d’I Sanguinari parviendront à se libérer pour affronter les embouteillages parisiens, braver le froid orléanais et gueuler comme des cons en tapant sur un tambour. Il en faut du courage.

Le rendez-vous était donné à 19 heures devant le kop visiteurs. Mais avant d’y arriver, c’est toujours le même bordel. Tu demandes ton chemin aux stadiers et ils t’envoient là où il ne faut pas. Le premier dira « alors il faut faire droite droite ». Arrivés là-bas, le second rétorquera « ah non c’est pas du tout ici, il faut faire le tour du stade, l’entrée est de l’autre côté ». C’est reparti pour un tour et le troisième achèvera par un « il ne faut pas rentrer là vous avez pas le droit. Il faut contourner le virage et vous y serez ». Mais le stadier ne s’arrêtera pas là. « C’est quoi que vous transportez dans le carton ? C’est un tambour ? C’est interdit, ils ne le laisseront pas rentrer ! » C’est vrai qu’un tambour, c’est dangereux. On sait jamais si on lançait la mailloche dans le cul d’un joueur d’Orléans… Après avoir ameuté le chef de la sécurité, un petit homme infâme, le stadier nous laissa entre ses mains « bon, vous pourrez rentrer avec votre tambour mais il faudra une pièce d’identité » – grosse contrainte – non sans lancer la question que tout le monde nous pose en déplacement « Non mais vous venez d’Ajaccio ? »

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On esquive et on se rend au parcage, enfin. Mais I Sanguinari n’est pas au bout de ses peines. Pour mettre les pieds dans l’enceinte du stade, il faut faire face à un stadier débile et à des policiers qui veulent l’autorisation d’autres policiers pour laisser rentrer une horde de supporteurs corses en furie et assoiffée de sang. « On attend un bus de supporteurs de l’ACA, vous êtes au courant ? » La question est plutôt « Pensez-vous vraiment qu’un bus de supporteur de l’ACA va venir pour un match à Orléans un vendredi soir ? ». D’autant plus que le dernier déplacement en bus d’I Sanguinari date de Mathusalem.

Place à la fouille. Et c’est le sosie de John Coffey, dans La Ligne Verte, qui s’en charge. A côté, la femme flic du lot sortira la macagna de la soirée :

« – Vous voulez pas ouvrir le tambour qu’on regarde ce qu’il y a à l’intérieur ?
– Si bien sûr, on va même donner un coup de couteau dedans pour vous montrer si vous voulez ».

Le Graal est enfin atteint peu de temps avant le début du match. On rencontre un couple de Corses qui nous offrent gentiment des Canistrelli et un groupe de jeunes supporteurs venus de pas très loin. En tout, ce sont 11 supporteurs acéistes qui prennent place dans le parcage. On a connu pire. On bâche, on sort le méga et le tambour et c’est parti pour 1h30 de folie. Enfin c’est ce que l’on croyait avant que le match ne s’enferme dans un carcan de nullité et d’ennui.

COMPOSITION

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Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. Johan Cavalli absent, c’est toute l’équipe qu’il fallait revoir. Olivier Pantaloni avait ainsi opté pour un 4-3-3, sans meneur de jeu mais avec 3 milieux défensifs. Benoît Pedretti, de retour, prenait le rôle de sentinelle. Claude Gonçalves et Laurent Abergel étaient, eux, légèrement, excentrés. Devant, Fauvergue est indéboulonnable alors que Lesoimier est préféré à Diop sur un côté. De l’autre, on retrouve Dennis Oliech. Pour ce qui est de la défense, Grenddy Perozo est titularisé dans l’axe. Babiloni, lui, prend la place de Marester sur le côté droit. Dans les buts, c’est une surprise puisque Scribe prend la place d’un Sissoko blessé mais sur le banc.

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Sur le terrain, c’est Orléans qui domine. Dans les tribunes, c’est match nul. Si les Orléanais font un bruit de ferraille insupportable en tapant des pieds dans leur tribune, I Sanguinari n’a pas à rougir grâce au fameux tambour et à la voix des 11 supporteurs. Si bien que la tribune orléanaise voisine en a vite eu marre. Il faut dire qu’avoir un tambour permet de chanter tout et n’importe quoi. Surtout pour Manufrankin, aussi heureux qu’un gamin à son premier Noël, avec sa mailloche dans la main. Mis à part les traditionnels chants d’encouragement, I Sanguinari en profita donc pour lancer des chansons pour le moins hasardeuses. Exemples :

« Voyage, voyage, Plus loin que la nuit et le jour, Voyage » pour le stadier avec la même chevelure blanche que Desireless.

« France Bleu, le slibard, France Bleu, le slibard ! » pour un homme-pancarte France Bleu en morphsuit moule-burnes bleu.

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«Le dimanche à Bamako c’est le jour de mariage, Le dimanche à Bamako c’est le jour de mariage, Le dimanche à Bamako c’est le jour de mariage, C’est le jour de mariage » on ne sait pas pourquoi.

« Olélé, olala, montre-nous ta chatte et fais nous la toucher » pour la jolie blonde qui accompagnait France Bleu.

« By the rivers of Babylon » de Boney M pour Paul Babiloni.

« A Orléans, à Orléans, à Orléans, y’a plus de dents » pour un supporteur de l’USO édenté et alcoolique.

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Et bien d’autres encore. Et lorsque l’on ne chantait pas, Manufrankin répétait inlassablement aux gamins non loin de là « Hey petit, est-ce que tias fait tes maths ? » Jusqu’à ce que les jeunes meurent d’épuisement. Le fait est que les supporters de l’US Orléans présents juste à côté du parcage visiteurs ont été plutôt chambreurs. Et plutôt relous. Vous voulez des preuves ? Ils ont balancé clichés sur clichés.

« C’est connu les magouilles en Corse » quand l’arbitre sifflait contre Orléans.

« C’est normal c’est un feignant il est Corse ! » quand Anthony Scribe a pris un carton jaune pour avoir pris un peu trop de temps à tirer son 6 mètres.

En toute fin de match, les Ultras de l’USO ont même osé un « Ca va s’corser, ça va s’corser, ça va ça va, ça va s’corser ». Ca fait peur.
Un peu comme le niveau de jeu affiché sur le terrain. En 90 minutes, l’ACA ne s’est procuré que deux grosses occasions, à chaque fois le ballon était repoussé sa sa ligne. C’est plus que Brandon Deville dans toute sa carrière mais c’est trop peu. La cause est toute trouvée : l’absence de Cavalli. Sans son numéro 10 et homme à tout faire, le jeu acéiste n’a que trop peu de folie, de rythme, de précision et de diversité.

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Au final, l’ACA s’en sort une nouvelle fois avec un match nul 1-1 plutôt mérité, même si Orléans a dominé la plupart du temps. Les hommes d’Olivier Pantaloni n’avancent plus et stagnent à la 12ème place, à 6 points de la zone de relégation. Pas de quoi pavoiser mais assez pour venir saluer I Sanguinari et consort. C’est assez rare pour être noté mais la plupart des joueurs de l’ACA viendront nous voir. Sous l’impulsion de Nicolas Fauvergue, qui fera signe à ses coéquipiers de se rapprocher du kop visiteurs. Ce sont donc Fauvergue, Scribe, Pedretti, Babiloni, Madri, Begeorgi ainsi que les remplaçants et remplacés Marester et Gonçalves qui viendront dire un petit mot et serrer des mains. Comme des présidents de la République. Un peu de reconnaissance qui fait du bien au moral d’I Sanguinari, d’autant plus que Fauvergue ajoutera un « merci les gars, on vous a bien entendu pendant le match » alors que Pedretti déclarera un petit « merci d’être venus et merci du soutien ».

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Ce déplacement reste une réussite malgré le peu de membres présents et le résultat grâce au tambour, meilleure recrue d’I Sanguinari depuis 2002. « On entendait que ça dans le stade » dira ainsi Franck, le photographe de l’ACA, après-match. De quoi passer un chemin du retour agréable. Avec le bruit du tambour dans la tête.

ANNUTAZIONI :

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Anthony Scribe 4/5 : Scribe a tout arrêté vendredi soir. Une rumeur dit que jeudi, il avait même arrêté Jean-Luc Germani.

Paul Babiloni et Fabrice Begeorgi 3/5 : On connaissait Xéna la Guerrière. On connaît maintenant Begeo et Babiloni les guerriers. Pour mettre à mal leurs adversaires directs, ils sont prêts à tout : des fautes, des tacles, des poussettes et des arrachages de maillots. Et ça fonctionne.

Cédric Kanté 3/5 : Kanté respire la sérénité. Et doit rattraper les erreurs de son coéquipier Perozo.

Grenddy Perozo 2/5 : En grande difficulté défensive, surtout en première mi-temps, Perozo s’est bien rattrapé en obtenant le penalty transformé par Fauvergue. Perozo c’est pas une Ferrari, c’est une charrette.

Benoît Pedretti la moyenne/5 : Pedretti, c’est une boîte à rythmes. Souvent, il le ralentit avec trop de touches de balles. Quelques fois, il l’accélère en jouant en une touche de balle. Positionné en milieu récupérateur, un poste qui n’est pas le sien, il a semblé dépassé par les événements. Et puis quand il court, on dirait qu’il marche sur des œufs.

Claude Gonçalves la moyenne/5 : De retour de blessure, Gonçalves est apparu perdu au milieu de terrain. S’il était partout et nul part en même temps, il a tout de même multiplié les courses.

Laurent Abergel 3,5/5 : Pour un latéral, il se débrouille plus que bien comme milieu défensif. C’est simple, on a plus vu Abergel sur le terrain que Sarkozy après son élection à l’UMP.

Dennis Oliech la moyenne/5 : Vous vous souvenez de l’époque où Dennis Oliech prenait ses adversaires de vitesse ? Et bien cette époque est révolue. Depuis qu’il s’est fait greffer une jambe de bois, il est bien moins efficace.

Benoît Lesoimier 3/5 : Assez remuant, il a posé des problèmes à la défense des jaunes.

Nicolas Fauvergue 4/5 : Il s’entend tellement bien avec Cavalli que celui-ci aurait pu lui faire une passe décisive d’Ajaccio, où il était resté, blessé. Sans son partenaire préféré, Fauvergue a marqué sur penalty. C’est la première fois de la saison qu’il marque sans que Cavalli ne soit à l’origine. Impressionnant de la tête, il a tout pris, que ce soit en attaque ou en défense. Il marque contre son camp la seule fois où il défend avec le pied…

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I RIMPIAZZANTI :

Mouaad Madri, 73ème minute, NN : Son entrée a donné un nouveau souffle à l’attaque. En 17 minutes, il a plus apporté que les autres ailiers en 90 minutes. Sauf que quand il avait l’occasion d’enfoncer Orléans, il a fait les mauvais choix : un tir quand il fallait centrer, une passe quand il fallait tirer et un tir en force quand il fallait tirer en douceur.

Gary Coulibaly, 87ème minute, NN : A mon humble avis, Pantaloni aurait dû faire des changements plus tôt.

Perfettu Erignacci

6 réflexions sur “Orléans – AC Ajaccio (1-1) : L’Aiacciu Académie livre ses notes et raconte le déplacement d’I Sanguinari

  1. Franchement j’ai été agréablement surpris. C’est un très beau stade de Ligue 2 et somme toute assez moderne.

  2. De toute façon aucun satde ne peut être pire que ceux dont le nom commence par Francis … cc @MechTuyot

  3. Bah forcément, eux contrairement à d’autres ils ont fait des travaux pour se mettre aux normes.

    On fait ce qu’on peut avec Le Blé, je préfère ça à un stade tout neuf en périphérique où y’aura plus le Pénalty à côté et qui nous ramènera en CFA2 parce qu’on y aura flanqué trop de pognon.
    Après des travaux arrivent, faut juste faire ça en rythme pour pas se mettre dans la merde.

  4. Je trollais légèrement, mais je pensais surtout à Le Basser en parlant d’un stade vraiment pas terrible.
    Mais c’est vrai que les travaux coûtent cher, et il faut savoir les financer correctement.

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