Ostende-OM (0-0) : La Canebière académie s’extirpe

Ce match méritait bien dix-huit pages dans l’Equipe.

Aïoli les sapiens,

Août 2017. Toute la planète football est occupée. Toute ? Non. Là-bas, en bas, une petite communauté d’irréductibles supporters résiste encore et toujours à l’envahisseur. Sa potion magique du druide Rudix, à base de défense à 5 associant Rolando, Doria et Hubocan, lui donne la force surhumaine de vivre les fins de match contre Ostende avec la même incertitude qu’un quart de finale de Ligue des Champions. Ceci étant dit, sans aller jusqu’à prétendre qu’ils sont tombés dedans quand ils étaient petits, certains d’entre nous semblent ce matin avoir forcé sur la mixture : qu’est-ce donc que ce pessimisme ambiant, nom de nom ? Détendons-nous, allons, à vous lire on jurerait que notre OM est condamné à l’agonie dès le début août. J’en ai même vu qui m’ont réclamé Monsieur Lapin, comme ça, paf, d’entrée, à sec. D’accord, on connaît notre Rudi ; on sait d’ores et déjà qu’il faudra s’attendre à ce que, à l’approche d’un bon résultat, ses gonades se rétractent comme un bigorneau devant une fourchette. Mais pour le reste, une préparation encore inachevée et un mois restant pour recruter apportent suffisamment d’incertitudes pour ne pas s’enterrer tout de suite. Ne retenons que les raisons de penser positif :

– Nous revenons de notre déplacement estival avec une qualification en poche, quand d’autres se rendent en Hongrie pour en rapporter des gonocoques.

– Le match-de-merde-du-mois-d’août-contre-un-club-exotique, c’est une figure imposée. Une tradition. Même en cas de victoire 5-0 il n’y aurait de toute façon pas eu de quoi sortir du garage le bus à impériale.

– D’ailleurs, ce n’était pas à proprement parler un match pourri, à moins d’omettre totalement nos beaux mouvements de la première période.

– Depuis la 32e minute du match aller, nous étions en position de nous qualifier, et n’avons jamais quitté cette position. Nous avons certes tremblé à la perspective d’une remontadenbaek (ndlr : il s’agit d’une remontada, en flamand), mais de remontée jamais il n’y eut l’esquisse. « Et si Mandanda n’avait pas réalisé des exploits », me direz-vous ? Certes. Mais avec des si, on mettrait Zambo Anguissa en pointe et le PSG en Ligue 2 pour fraude fiscale.

Haut les cœurs, les amis ! Ce match sera vite oublié, ce qui n’aurait pas été le cas en l’absence de qualification. Il sera toujours temps de se lamenter si nous piétinons contre Dijon dimanche.

L’équipe

Thauvin étant manifestement en phase de reprise et Patrice Evra en phase instable, ceux-ci sont remplacés par Ocampos et Hubocan.

Le match

Ostende ne se rue pas au pressing et permet à l’OM de s’installer tranquillement dans la rencontre. Les plus belles occasions sont olympiennes, provoquées entre autres par un pressing appréciable à la perte du ballon. A l’inverse, les Belges parviennent parfois à se montrer dangereux lorsqu’ils cassent ce pressing – notre milieu de terrain s’est encore trop souvent vu transpercer – ainsi que sur d’habiles longs ballons négociés tant bien que mal par nos lourds défenseurs.  Si la maladresse terminale de nos adversaires les rend finalement inoffensifs, nous avons de notre côté plusieurs occasions de plier le match. Tête à peine trop décroisée de Rolando, multiples envolées kung-fu d’Ocampos dont l’une aboutit sur le poteau, belle frappe de Germain après une superbe combinaison, et enfin nouveau tir sur le poteau de Lopez après que Payet et lui ont souillé la défense : si la seconde période est du même tonneau, se dit-on à la pause, il n y’a vraiment aucune raison de s’inquiéter.

Seulement voilà, comme on dit sur le service public. Seulement voilà, en matière de tonneau la divine cervoise a vite fait de se transformer en seau de pisse, et l’OM se met à « inexister ». Liquéfiés au milieu, flottants dans les phases arrêtées, nous ne combinons plus et nous contentons de contenir tant bien que mal les attaques, en regardant Mandanda faire des miracles. Un arrêt fénoménal à la 53e, suivi d’un autre non moins précieux six minutes et une perte de dignité d’Hubocan plus tard, empêchent les Belges d’acquérir trop d’espoir. Rodés à craindre le pire, nous voyons la domination belge plus irrespirable qu’elle ne l’est en réalité, si bien que la dernière demi-heure se déroule sans gloire, mais somme toute sans frissons exagérés.

Les notes

Mandanda (5/5) : Après la soirée d’intégration de Valère Germain la semaine dernière, c’était au tour de Mandanda d’être mis à l’honneur par ses partenaires. En toute logique, Rami sera élu défenseur de la semaine contre Dijon avant que Luiz Gustavo ne mette la Beaujoire à genoux la semaine suivante. A la suite de quoi nous pourrons enfin nous mettre à jouer ensemble au même niveau.

Rami (3/5) : Rien à lui reprocher. D’un autre côté, il s’agit de notre recrue défensive phare ; j’aurais trouvé contrariant que le joga bonito de Knokke-le-Zoute lui pose des problèmes.

Rolando (2-/5) : La pause d’été a le même effet pour Rolando qu’une crevaison au pied de la Gineste pour le semi-remorque. Il faut un peu de temps pour se relancer.

Sakai (3-/5) : Sobre voire presque exclusivement défensif, ce qui ne représente peut-être pas une prudence exagérée lorsqu’il s’agit d’assurer les arrières d’Ocampos.

Hubocan (2/5) : Sexy comme une bombe de polystyrène expansé. Il y a un trou, on le répand, il colmate.

Luiz Gustavo (3+/5) : Constatant que son premier match réalisé sans carton jaune entachait sa réputation, il s’est appliqué à rétablir l’ordre après 4 minutes de jeu. Toujours est-il qu’il mériterait un peu d’aide dans les phases défensives ; pour l’instant on dirait un douanier qui contrôle seul les go-fast au péage de Lançon pendant que ses collègues tapent la belote à l’ombre.

Lopez (2+/5) : Impression toujours mitigée, avec les bonnes choses offensives montrées en première période, pressing compris, mais une relative transparence dans les moments où notre milieu devrait davantage se préoccuper de contrôler le jeu.

Sertic (60e, 2+/5) : Un besoin de contrôle illustré à l’excès par Rudi Garcia, avec ce changement cohérent mais néanmoins pusillanime. Et surtout, c’est le genre de remplacement qui va mécontenter Erzulie ; à force de mépriser Zambo Anguissa, qu’on ne s’étonne pas si des sorts vaudou viennent frapper nos joueurs.

Sanson (3-/5) : Intéressant en première période, mais il n’échappe pas plus que les autres à la dissolution d’après la pause. Je reste convaincu que les difficultés de notre milieu à maîtriser une rencontre ne sont pas une fatalité, mais une question d’automatismes à travailler. Or, la présence relativement inédite chez nous de joueurs dotés d’un encéphale fonctionnel (ndlr : l’auteur veut dire par là que, pour une fois, son équipe ne dispose pas d’un effectif de mongoliens) nous autorise tous les espoirs quant à une telle progression.

Ocampos (2+/5) : Se jette à fond, partout, tout le temps, dans toutes les positions. Sa combativité nous a ainsi été précieuse, mais il serait plus que temps qu’il acquière un peu de plomb dans la tête.

Payet (3/5) : En première mi-temps, suave au palais comme une marmite de tripes à la façon du Sichuan. En seconde, irritable à l’anus comme une marmite de tripes à la façon du Sichuan.

Doria (88e) : Il a quand même eu le temps d’encaisser un petit-pont.

Germain (3-/5) : Toujours bien placé, mais cette fois-ci pas gagnant. Il finit en sous-nutrition de ballons, faute d’être alimenté par ses partenaires.

Njie (73e) : Il m’a fait penser à cette image du poney qui se met à galoper aux côtés d’un peloton cycliste. On ne saisit pas bien le rapport ni le pourquoi du comment, mais c’est rigolo à regarder.

 

L’invité zoologique : David Rozenhalpaga.

Bien que camélidé et donc digne de respect, avouons néanmoins que l’alpage est le moins bien loti de la famille. Implantation dentaire aléatoire, fourrure inadaptée aux canicules nées du réchauffement climatique, cri évoquant à s’y méprendre le 103 SP qui, pour être l’une des pièces maîtresse de la séduction à la belge, n’en manque pas moins d’une certaine distinction. Bref, un cousin excessivement sympathique mais chez qui une visite estivale suffit sans que l’on n’ait trop envie de s’éterniser. L’alpaga était donc l’invité approprié pour commenter avec moi ce match oubliable.

– Les autres : De l’envie, de la cohérence, et ce soupçon de maladresse bienvenu pour leur éviter de trop nous ennuyer.

– Les images : à voir pour les parades orgasmiques de notre Fenomeno.

– La suite : ce sont donc les Slovènes de Domzale, tombeurs de Freiburg au tour précédent, qui se dresseront sur notre route en barrages. Il va sans dire qu’une défaite serait du plus haut ridicule.

– La page abonnement : Pour que vive l’Alterfoot cananal historique.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter. Gaston B. est un vainqueur inédit du concours zoologique.

 

Bises massilianales,

Blaah.

 

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

6 commentaires

  1. Content de vous retrouver cher Blaah pour cette deuxième année du Trophée des Champions Project.

    Si d’aucuns réclament déjà un monsieur Lapin, je vais pour ma part poser, pour la forme, un « Garcia démission » histoire de partir sur des bonnes bases.

  2. Ne t’inquiète pas Rami, tu auras tout loisir de le découvrir pendant l’année. Et ce jour là, tu sauras.
    Sinon plus que d’accord avec l’analyse de début d’article. Entre les mecs qui attendent qu’on fasse signer Giroud et ceux qui s’imaginent qu’on va de suite enfiler les 5-0 aux équipes de secondes zones que l’on va croiser pendant l’année c’est aller un peu vite en besogne. Je vous rappelle qu’il y a une dizaine d’année notre attaque était composée de Bamogo et Maoulia et dans un passé plus récent Macach était présenté comme notre futur grand milieu de terrain. Aujourd’hui on passe tranquillement une rencontre européenne de merde qui, si elle ne donne pas envie de se la sortir pour la mettre à tourner à la fenêtre façon OM-ASM de Bielsa, a plutôt été bien négociée. On est pas Bordeaux. Bref pour le moment, on est bieng.

  3. Je ne comprends pas comment Rami peut avoir 3/5 en ayant relancé un seul ballon correctement sur tout le match, et en étant plusieurs fois à l’ouest sur le marquage.

    • Même constat pour Sanson qui a raté à peu près tout ce qu’il a tenté

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