Paris SGEL / Bochussia Dortmund (2-0) – La Porte de Saint-Cloud Académie s’est entendue soupirer

Salut à vous, tas de miasmes.

Dans l’enfer apocalyptique dans lequel semble s’être engouffré notre pauvre monde libre, il y avait une constante. Au milieu de la marée d’angoisse des épidémies inconnues, des dérèglements climatiques et des effondrements boursiers, le Fronçais moyen avait une corde à laquelle il pouvait se raccrocher. Perdu dans les injonctions néo-libérales au travail, dans les conflits sociaux dans la rue, dans la confusion des genres à la maison, il (car c’est forcément un il, cet enfoiré de Fronçais moyen) savait qu’il pouvait compter sur une donnée invariable, sur laquelle il pouvait se reposer sereinement, un îlot rassurant au milieu de cet océan de terra incognita.

Ne sachant plus s’il fallait opter pour l’auto-entreprenariat ou le télé-travail dans son prochain contrat d’esclave du capital, hésitant entre le centre-gôche et le centre-drouate aux prochaines parodies de consultations démocratiques, placé face au choix cornélien d’une plainte classée sans suite pour agression sexuelle ou d’une amende pour une pipe tarifée à Porte de Clignancourt dès qu’il envisage ses prochains rapports avec la gent féminine, le Fronçais moyen savait qu’il pouvait compter au moins sur quelque chose de sûr : Paris-Saint-Germain-en-Laye se prendrait la honte en mondovision en huitième de finale retour de coupe d’Europe.

PSGEL se prendrait la honte, se ferait rouler dessus, avalerait son élimination de la manière la plus tragique qui soit, repartirait la queue entre les jambes en attendant la prochaine fois. Ce serait dur sur le coup, mais on n’aurait pas pu dire qu’on savait pas que ça se passerait comme ça, qu’on était pas au courant : on prendrait son élimination, on se la foutrait au cul, ça ferait un peu mal au début mais ça ferait du bien à la prostate, et ce serait notre petit plaisir bi-curieux annuel. Et ce serait bien le seul truc sur lequel on peut compter dans ce monde qui part complètement à vau-l’eau, ma bonne dame.

Sauf que voilà, même ça on peut pas compter dessus. Tout se perd, ma pauvre dame, tout se perd…

 

  

J’déconne, je sais ; changer, j’essaie.

 

Après une journée passée à n’approcher personne, le programme de la soirée ne pouvait faire que dans le feutré : dans le silence, on se calfeutre seul chez soi avec ses provisions de pâtes et de bière bon marché, on décapsule sa Kro, on ouvre son streaming pourri, on éteint les notifications du chatbox où des hétéros cisgenrés se menacent d’insertions anales diverses et variées en vertu de leurs appartenances partisanes contraires, on coupe le sifflet des commentateurs de peur de se faire communiquer le virus de la connerie, et on scrute les images sans mot dire.

Les jouôrs aussi font dans le feutré, surtout ceux du FC S’endort-mund. Personne n’est là dans le stade ou dans la salle pour réagir aux maigres actions du mâche à notre place, du coup on est obligé de se concentrer pour savoir qui c’est qui joue bien et qui c’est qui fait de la merde. Ça va être une tannée les notes, j’te jure. Enfin bref, Paris-Saint-Germain-en-Laye a quand même l’air les plus réveillés des deux : sur un cornère à la demi-heure, Némarre est lâché au marquage par ses p’tits copains, et place tranquillou sa p’tite tête, 1-0.

Bon ben ça c’est fait, la qualif est dans la poche. C’était pas la mer à boire, si ? Oui, on sait, il reste une heure à jouer. Mais tout est tellement triste et morne dans ce mâche qu’on en oublie d’avoir peur de perdre. Que ça se finisse, et vite, c’est le mot d’ordre de l’équipe boche, qui s’évertue à ne rien tenter qui pourrait prolonger inutilement nos souffrances. Juste avant la pause, ils se laissent volontiers chiper la balle dans leur camp sur un gegenpressing de Jean Bernard, qui transmet à Sabriarara  à droite et revient à la réception de son centre au point de pénalty. Déviation du bout du pied, petit filet opposé, 2-0.

Les 45 minutes qui suivent (sans une de plus, heureusement) sont un gloubi-boulga de trouille au ventre pour les uns et de jm’enfoutisme pour les autres, et n’aboutissent à rien d’autre qu’à quelques frappes de loin, tacles un peu virilos destinés à jambiser l’adversaire, et une baston générale qui finissent de faire ressembler ce mâche à une rencontre de district entre garçons-bouchers mal dégrossis.

Bon. Voilà qui est fait. La qualif pour des quarts de finale qui n’auront jamais lieu. Youpi.

 

Le fouteballe est un sport qui se joue à onze et à la fin les Allemands n’en ont plus rien à foutre

 


LE SOVIET EN RETRAITE ANTICIPÉE


 

Kélore Navasse (4/5) : Le seul à mettre de l’ambiance avec ses grosses claquasses qui résonnaient dans le stade vide.

Titi Kéké (3/5) : Absence totale de risques des deux côtés, le propre des bons joueurs chiants.

Markimpembos (4/5) : Un Norvégien ? Quel Norvégien ?

Jean Bernard (5/5) : Décisif dans les gros mâches comme à l’habitude de son accoutumée. P’tite gueule d’amour, va.

Léandre Murs (3/5) : C’est le genre de joueur pour lequel on ne peut pas s’empêcher de penser qu’il est bon seulement parce que l’adversaire est nul. L’école Lo Celso.

Idrissa Ganache (3/5) : Oui, ben l’opposition était nulle à chier, on vous l’a déjà dit, hein.

Angelot de Marie (3/5) : Mais c’est pas vrai, ça, faut vous le dire encore combien de fois ?

Némarre (4/5) : Vous êtes peut-être convaincu.e.s, maintenant, quand même ?

El Pablo (3/5) : Passôr décisif, hé. Mais à part ça, bon, pas grand.

Eddy Cavanini (Amour/5) : Un amour proportionnel au vide que je ressens depuis que je ne le vois plus jouer.

Mauro Icardoche (Hein ?/5) : Figurez-vous que j’étais si peu concentré que je ne me suis rendu compte qu’après une heure qu’il n’était pas sur le terrain depuis le début. C’est vous dire le degré d’intérêt du mâche.

Sinon, Kiki, Kurosawa et un petit jeune inconnu sont rentrés aussi, mais personne n’en avait plus rien à foutre de toute façon. Quelle vide vie que de commenter les mâches de PSGEL, j’vous jure.

 

Allez, tchô les nazes, je vous laisse avec votre solitude infinie. Oubliez pas les boutons ci-dessous, et le bouquin qu’il est très bien de Gervais Marvel.

A jamais pour les quarts de finale.

Georges Trottais

Georges Trottais

L’homme le plus (lutte des) classe(s) du monde.

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