Rennes-Astana (2-0) : la Breizhou académie est qua-li-fiée

Salut les asticots,

Ca faisait un bail que je n’avais pas publié d’académie, je n’avais plus le temps de regarder les matchs du Stade rennais figurez-vous ! Non pas par manque d’envie – j’ai vu plus de purges que n’importe quel citoyen de l’URSS – ni regain de vie sociale, mais par un enchaînement de faits aussi divers qu’inintéressants. Ce sont donc cinq matchs qui me sont passés sous le nez.

Et pourtant il s’en est passé, des choses, au Stade rennais. Un nul à Montpellier en Ligue 1, mais surtout une victoire in extremis à Jablonec en Europa League, synonyme de dernier match décisif (non, pas « finale », bande de relous) contre Astana – dont nous allons parler ci-après, pour ceux qui suivent. Puis début décembre, c’est la fessée à domicile contre Strasbourg, 4 à 1.

Et là, c’est le Choc. L’Evénement. Le Grand Chamboulement. Létang vire Lamouchi. Pardon, il le « met à pied », qui n’est que le terme juridique pour dire « virer » le temps de signer les papelards. Alors que des noms aussi repoussants qu’improbables fleurissent dans la presse, Létang-le-Grand-Communicant nous sort Julien Stéphan de son chapeau. Le fils de Guy, oui, mais surtout l’entraîneur de la réserve que Titi Henry avait tenté de nous piquer pour le ramener à Monaco. 

Le Steph’ jouit d’une excellente réputation et de résultats très encourageants, il est du cru, c’est évident qu’il se serait un jour assis sur le banc et qu’il y aurait été bon, mais cette décision m’a gonflé à plusieurs titres : d’un point de vue général, virer à nouveau un entraîneur en cours de saison alors qu’on explique partout qu’on veut de la stabilité, c’est très con. Ensuite, on parle du mec qui nous a sorti le cul des ronces l’année passée et qualifié pour la coupe d’Europe. Certes, le jeu et les résultats n’étaient pas flamboyants mais pas alarmants non plus, on aurait pu lui laisser le temps. Enfin, alors que se profilaient Lyon, Dijon, puis ce match capital en Europa League, ça me semblait au mieux risqué, au pire complètement débile de déstabiliser le groupe ainsi.

Je n’ai jamais été aussi heureux d’avoir tort.

En deux matchs contre Lyon et Dijon, le jeune entraîneur instaure le « tarif Stéphan » : 2-0 dans ta face dans des matchs globalement maîtrisés. Et surtout, il semble avoir redonné de la stabilité à une équipe qui en manquait cruellement, tout en mettant ses meilleurs joueurs (Sarr, Ben Arfa…) dans les meilleures dispositions. Il est bien sûr trop tôt pour tirer un bilan, mais on ne boude pas notre plaisir. Cela va-t-il continuer contre Astana ? Le club va-t-il se qualifier pour la première fois de son histoire en phase éliminatoire d’une coupe d’Europe ? Vous le savez depuis que vous avez lu le titre, mais on va quand même en parler.

La composition :

Juju nous sort la même compo que contre Lyon, avec Grenier et André à la récupération, Sarr et Bourigeaud sur les ailes, Siebatcheu en pointe et Ben Arfa qui se balade derrière lui.

Le match :

Sans surprise, les Kazakhs laissent le ballon aux Rennais et les attendent à une trentaine de mètres de leurs buts. Si les vingt premières minutes sont équilibrées mais stériles, les Bretons accentuent leur domination à la demi-heure de jeu et se montrent plus dangereux. Leur manque de précision dans les dernières passes  les empêchent de se créer des occasions franches, mais le gardien d’Astana doit s’employer sur des frappes de Traoré, Grenier ou Ben Arfa. À défaut de bien défendre, les visiteurs sont à huit devant leur but et les Rouge et Noir ont toutes les peines du monde à déborder ce bloc-bus. Mais cette première mi-temps est positive : les joueurs de Stéphan ont le ballon, ne subissent pas d’occasions et mettent de l’engagement. Cependant, ils manquent de vitesse d’exécution dans les transitions, leur jeu est trop stéréotypé et penche bien trop à droite. 

La deuxième période repart sur les même bases, avec des Rennais conquérants mais appliqués et des Kazakhs nuls mais encastrés comme des parpaings à 25 mètres des cages. Heureusement pour la poignée de supporters venus de l’Est, Diallo se fait peur tout seul avec des relances au pied et des prises de balle aussi rassurantes qu’un contrôle sanitaire dans un restaurant de rue à Caracas. 

Les Bretons s’entêtent à chercher des centres qui n’aboutissent jamais et n’arrivent pas à trouver la passe à même de créer un décalage ni de casser les lignes. Jusqu’à l’heure de jeu où Traoré, encore excellent hier, délivre un caviar pour Sarr, qui s’infiltre dans la surface avant d’être fauché par un adversaire. Pénalty. 

Sauf que nous, on sait : on flippe. De le louper encore. Et ça ne manque pas. Bourigeaud pose le ballon, s’élance, croise sa frappe sur sa gauche mais le portier d’Astana se détend parfaitement et claque la balle sur son poteau. Celle-ci revient dans la course de Sarr qui marque d’un plat du pied. LA JOIE. Rennes 1 – 0 Astana.

Là, le plus dur commence : ne pas abandonner le ballon aux coéquipiers de Pedro Henrique, ne pas reculer pour ne pas encaisser de but. Dans les deux minutes qui suivent, Diallo claque une tête kazakhe au dessus de sa barre sur un corner. Mais ô miracle, les Rouge et Noir ne paniquent pas et enfoncent même le clou. À un quart d’heure du terme, ils font tourner le ballon au milieu jusqu’à Bourigeaud qui se décale plein axe sur un joli contrôle orienté. Il alerte Sarr, qui déclenche une frappe surpuissante de l’extérieur de la surface sous la barre. Le stade explose, mon slip aussi.  Rennes 2 – 0 Astana. 

Pour le plaisir : 

On se force à ne pas crier victoire trop tôt, mais putain que ça sent bon. Stéphan sécurise le tout en faisant entrer Johansson à la place de Siebatcheu, Ben Arfa prenant la pointe. Les joueurs d’Astana tentent de se rebeller, mais on les sent trop limités techniquement et entamés physiquement pour véritablement inquiéter Diallo. Les Rennais se procurent même quelques situations avant de temporiser dans les derniers instants. 

Coup de sifflet final, ça y est, ils l’ont fait : le Stade rennais FC est qualifié pour la phase d’élimination directe d’une coupe d’Europe pour la première fois de son histoire, au terme d’un match maîtrisé et abouti. J’étais le premier à nous considérer éliminés après la défaite à Kiev. Merci aux joueurs de m’avoir fait mentir et d’avoir retourné une situation qui paraissait compromise. Rendez-vous en février.

Les joueurs : 

Diallo : 3/5. Il a plutôt bien géré les rares attaques adverses, mais ça ne doit pas lui suffire, puisqu’il prend un malin plaisir à jouer avec nos nerfs et nos slips sur chaque balle négociée au pied. 

Traoré : 5/5. Un match de patron. Concentré défensivement, hyper complice avec Sarr devant et auteur de la passe laser qui amène le pénalty. Il nous gratifie même d’une volée pied gauche que le gardien adverse a difficilement repoussé. 

Da Silva : 4/5. Match solide, jamais inquiété par Kabananga. Prochain défi : participer plus activement à la relance, plutôt que de donner systématiquement le ballon à André ou Grenier. 

Mexer : 4/5. Edson continue sur la lignée de ses précédents matchs, solide et efficace. Une seule frayeur sur un corner où il est devancé au premier poteau, mais Diallo s’est interposé.

Bensebaini : 3/5. Un peu en retrait par rapport à ses partenaires, même dans sa relation avec Bourigeaud, avec un jeu penchant largement à droite. 

André : 4/5. 50e avec le brassard autour du biceps pour Benji. Match solide, de nombreux ballons récupérés et je le trouve bien plus utile un cran plus bas, sans parasiter les phases offensives.

Grenier : 3/5. Bon match dans l’ensemble (tes CPA putain de bordel de chiottes), mais il a globalement manqué d’influence sur le jeu.

Sarr : 5/5. Un pénalty provoqué, deux buts marqués, merci bonsoir. Profitons du garçon avant qu’il parte à l’étranger pour une trentaine de millions l’été prochain. 

Ben Arfa : 3/5. Toujours cette fâcheuse tendance à trop tripoter la gonfle, mais toujours autant capable de créer des espaces à partir de rien. S’il vire le superflu, il peut devenir indispensable lui aussi. Remplacé par Hunou (90e+2), pour participer à la fête. 

Bourigeaud : 3+/5. Je t’aurais mis 4 si tu avais marqué ce foutu péno. Heureusement, tu as considéré ça comme une « passe décisive » et vu le dénouement on ne t’en tiendra pas rigueur. D’autant que le reste de ton match a été propre. Serait-ce le retour du Bourig’ de la saison passée ? Remplacé par Niang (82e), dont le plus beau geste aura été de piquer le bob de MarCin après le clapping et de se trimballer partout avec.

Siebatcheu : 3/5. Combatif, efficace en point d’appui (plusieurs frappes sont venues de ses remises en pivot), mais il a trop manqué de présence sur les innombrables centres. Et il doit encore progresser dans ses appels. Remplacé par Johansson (75e), pour sécuriser la boutique. 

On l’a beaucoup dit, mais on ne le dira jamais assez : le Stade rennais Football Club est qualifié pour les 1/16e de finale de l’Europa League. Rendez-vous lundi pour connaître le tirage et le 14 février au Roazhon Park, en espérant jouer une belle équipe. 

ALLEZ RENNES

Marco Grossi

Marco Grossi

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