Rennes-Lyon (4-1) : La Breizhou Académie s’en souviendra
Salut camarades,
Après un match nul décevant face à Troyes et une victoire poussive contre Mura, le Stade Rennais accueille l’ex de Pep Genesio pour le prime time du dimanche soir : l’Olympique Lyonnais. Le 5e contre le 6e, deux équipes qui sont capables de proposer du jeu, voici qui constitue un jalon pour les Rouge et Noir avant la trêve internationale.
Pour ce choc, Genesio décide d’adapter son système et propose un 433 avec la deuxième titularisation d’affilée de Majer, Santamaria en sentinelle et Bourigeaud/Terrier pour animer les ailes.
Le match :
Il est déroutant, le gars Bruno. Capable de passer à côté de son coaching comme face à Mura quelques jours avant, il sait aussi sortir de son chapeau des coups tactiques de très haut niveau. En l’occurrence, face à son ancien club, ce n’est rien de le dire : son 433, modulé en 442 en phase défensive, a totalement étouffé l’OL. Rarement la Breizhou Académie avait vu son équipe dérouler un jeu aussi flamboyant, solide et appliqué que lors de la première période. Intraitables en défense, dictatoriaux au milieu et inspirés devant, les Rennais n’ont laissé que des miettes à leurs adversaires. Malgré un Lopes qui a longtemps repoussé l’échéance (8e, 17e, 28e), nos Rouge et Noir ont heureusement réussi à concrétiser cette domination de feu en toute fin de période grâce à l’inévitable Laborde, sur un nouveau coup de pied arrêté de Bourigeaud (45e, 1-0).
Toute la question était de savoir si l’on allait retomber dans nos travers en reculant, en laissant le ballon à des Lyonnais qui allaient forcément se réveiller. Nenni ! Dès la reprise, à la suite d’une action confuse – Dubois pensait le ballon sorti en touche, l’a pris à la main et s’est vu sanctionné d’un coup franc – Majer alerte Laborde d’un amour d’extérieur du gauche. L’attaquant ne se pose pas de question, tente un ciseau que Denayer repousse sur Traoré, qui ne se fait pas prier pour la coller au fond (50e, 2-0).
Logiquement, les Rhodaniens sortent un peu la tête de l’eau dans les minutes qui suivent mais cette fois les coéquipiers de Gomis ne craquent pas, à l’image du portier qui sort bien le coup franc d’Emerson (75e). Ils vont même enfoncer le clou sur une transition de toute beauté : le maestro Majer ressort le ballon de sa surface, alerte Tait qui trouve Truffert, fraîchement entré, en profondeur. Déséquilibré par Dubois, le latéral réussit à pousser le ballon hors de portée de Lopes (76e, 3-0). Quelques instants plus tard, le même Truffert est à la réception d’un centre de son capitaine, Traoré, et envoie une volée dans les filets (83e, 4-0).
Une prestation majeure, même pas ternie par la réduction du score de Paqueta sur pénalty en toute fin de match (90+2e, 4-1).
Même si Peter Bosz n’a pas voulu le reconnaître en après-match pour se préserver, il a pris une leçon tactique de la part de son adversaire. Ce 443 mis en place par Genesio a fait déjouer l’OL, incapable de se sortir de l’emprise rennaise au milieu ni de combler les trous dans le dos de ses défenseurs. On aurait pu craindre un manque de présence sur les ailes : en phase défensive, l’équipe s’est déployé en 442 pour occuper la largeur et pouvoir presser haut et repartir très vite en transition. A ce titre, il convient ici de rendre hommage aux joueurs eux-mêmes, ce que n’a pas manqué de faire leur coach en conférence d’après-match. Rien n’aurait été possible sans leur engagement, leur solidarité et leur sérieux. Ils ont multiplié les courses, les phases de pressing haut, ils ont été concentrés et appliqués, à l’image du duo Bourigeaud-Majer qui permutait à chaque passage en 442 pour défendre dans les meilleures conditions. Chacun a joué sa partition à merveille et le morceau qu’on a entendu dimanche soir, on pourrait l’écouter en boucle. Merci messieurs.
Les joueurs :
Gomis : 3+/5. Peu sollicité, il a répondu présent quand il a fallu.
Meling : 4/5. On a retrouvé le Birger qu’on aime, version steak saignant et cheddar fondant : solide en défense, disponible devant.
Aguerd : 4/5. Match solide, patron de la défense.
Omari 4+/5. Quel match. On pouvait avoir quelques doutes à le voir enchaîner les rencontres aussi rapidement, il prouve qu’il faudra compter sur lui à l’avenir. Seule ombre au tableau : la gestion du cas Badé, pas recruté pour cirer le banc.
Traoré : 5/5. Le capitaine a pu être critiqué en début de saison pour son rendement ou son leadership, il a mis tout le monde d’accord hier. Il était partout, même là où on ne l’attendait pas, à l’image de son but. Savoureux : il venait de donner ses consignes à ses partenaires et en a profité pour traîner dans la surface. Genesio lui a même offert une ovation en le sortant en fin de partie. Remplacé par Assignon (87e, non noté), qui s’est mis au diapason de l’équipe avec un bel impact.
Tait : 5/5. Il affichait sa satisfaction en interview d’après-match, il pouvait. Une activité débordante, une passe décisive pour Truffert, match plein. Il a sans doute plus couru que l’ensemble du milieu lyonnais.
Santamaria : 4/5. Il est clairement plus à l’aise en sentinelle dans un milieu à trois. Rapidement averti, il n’est pas sorti de son match, a récupéré beaucoup de ballons et constitué un socle pour l’équipe.
Majer : 5/5. Que dire. A l’instar de Camavinga face au PSG en 2019, la France du foot a découvert une pépite ce dimanche. Dégaine de hipster, pied gauche aussi doux qu’une caresse, vision du jeu panoramique, Lovro possède toutes les qualités du footballeur qu’on aime. Il compense son manque de vitesse par une technique exceptionnelle, il comble son manque de puissance par son sens de l’anticipation qui lui permet de couper les lignes de passe. En plus, il a l’air d’avoir du coffre et de la discipline. Plus que ses ouvertures ou ses passes magnifiques, c’est son sens du timing qui a impressionné la Breizhou Académie. L’on craignait qu’il ait tendance à trop porter le ballon : il a maîtrisé le rythme à la perfection, chaque petit geste lui permettant de donner le ballon dans le tempo idéal, comme sur l’ouverture pour Traoré sur le quatrième but. Lovro Majer sent le foot, Lovro Majer respire le foot, Lovro Majer est le foot. Remplacé par Ugochukwu (90e, non noté), que l’on était content de revoir.
Terrier : 3+/5. Pas en réussite à cause d’un Lopes bondissant, Martin s’est mis au service du collectif à ce poste plus excentré et a fait montre de ses qualités habituelles. Remplacé par Truffert (73e, non noté). Entré comme milieu gauche pour aider Meling à défendre, la Truf’ en colle deux dans le buffet des Gones, tout en faisant passer Dubois pour un con sur le premier. Respect.
Laborde : 5/5. Après avoir lui aussi buté sur le portier adverse pendant longtemps, il finit par ouvrir le score de la tête sur corner. On a vanté ici son état d’esprit qui agit comme une locomotive pour ses partenaires, mais il faut également souligner son instinct et son culot : sur l’ouverture de Majer précédant le but de Traoré, combien de joueurs auraient tenté un contrôle, laissé un rebond ? Pas Gaëtan, qui, en buteur intelligent et imprévisible, a tenté cette reprise acrobatique pleine d’opportunisme. Quel poison pour les défenseurs. Remplacé par Guirassy (90e, non noté), qui a pris des notes depuis le banc, on l’espère.
Bourigeaud : 4+/5. Encore une passe décisive sur coup de pied arrêté, des courses incessantes, une entente qui a l’air naturelle avec Majer et qui laisse présager le meilleur. Benji s’éclate à jouer au football dans cette équipe et nous à le voir faire. Remplacé par Sulemana (73e, non noté), qui a achevé de faire cauchemarder les défenseurs lyonnais.
Wow. On a tendance à galvauder l’expression de « match référence », mais celui-ci restera dans les mémoires. Une façon parfaite de finir avant la trêve internationale, tout en mettant nos adversaires du soir à trois points et en montant dans le wagon de tête. Allez, bonnes vacances !
ALLEZ RENNES
————————————————————-
Horsjeu.net a besoin de toi pour exister. Tu as envie d’aider ou de participer ? Alors clique sur les boutons ci-dessous pour que vive l’Alterfoot.
Tu te demandes ce que tu fous sur Twitter ? Moi aussi.
Marco Grossi
Que ne vous avais-je point dit ? Poutrés, ces Lyonnais !
C’est beau de revoir Gaëtang tenter des retournés acrobatiques, comme à la belle époque redstarienne. Quel bô jouor il est devenu, n’empêche. Et tout ça, malgré le lourd handicap d’avoir été formé aux Girondins de Bordeaux, c’est fou.