Roumanie – Grèce (1-1), la Tuica ne verra pas le Brésil

3

Impossible n’est pas français, mais peut-être roumain

Bordel, c’est dans ces soirées-là que tu vois quelle importance la Tuica a pris dans ta vie. Malgré la victoire de la France, le cœur n’y était déjà plus pour passer une belle soirée ; la faute à une fin de campagne sans réelle saveur pour les Roumains, trop faibles face aux Grecs.

Piturca avait décidé de mettre une équipe offensive avec un 4-4-2 plutôt intéressant sur le papier. Derrière, Tatarusanu reprenait sa place dans les buts avec Matel, Chiriches, Goian et Rat. Le retour du capitaine Chiriches, masqué après son problème nasal, devait stabiliser une défense qui avait souffert en Grèce. Au milieu, Hoban était le seul joueur à vocation défensive avec le meneur Tanase à ses côtés. Sur l’aile droite : Gabi Torje ; avec son alter ego Alex Maxim qui disposait d’une certaine liberté sur le terrain. Devant,  la doublette Marica – Stancu devait faire la différence…

LE MATCH

Avec la très belle ambiance créée par les supporters roumains, qui avaient déjà été à leur avantage en Grèce, nos espérances se trouvaient décuplées sur les coups de 20h.

Le début de match était très correct. Les Roumains tenaient le ballon et les qualités de vitesse et de technique de Torje, Tanase et Maxim semblaient pouvoir poser des problèmes à des Grecs venus pour défendre et gagner du temps dès les premières secondes.

Malheureusement à la 23è, un mauvais placement de Matel laisse Mitroglou en bonne position. Suite à une superbe passe au-dessus de la charnière, le buteur de l’Olympiakos se retrouve seul devant Tata, le fixe et marque. 0-1.

Les Roumains tentent de revenir sans grand brio. Ils se heurtent à une formation très bien organisée, qui défend bas et laisse très peu d’espace. Peu après la mi-temps, l’espoir revient avec un csc assez inexplicable de Torosidis. 1-1.

Il reste 35 minutes pour mettre deux pions et arracher les prolongations. Si le public continue à pousser, les joueurs se retrouvent sans idée et sans jus. La fin de match est une longue succession de vagues roumaines qui se brisent sur les rochers grecs. Déprimant.

LES NOTES

Tatarusanu (3/5) : Le gardien du Steaua était de retour et il est quand même plus sûr que Lobont ! Il a pas eu grand-chose à faire mais n’a pas réussi à sortir l’arrêt indispensable.

Matel (2/5) : Honnêtement, il ne fait pas un mauvais match. On a guère vu Samaras, il a amené devant mais putain cette erreur de placement a planté les espoirs de la Roumanie.

Chiriches (3/5) : Même sur une jambe, il est le meilleur défenseur de Roumanie et de loin. Il amène une certaine assurance, même s’il est parfois un peu arrogant balle au pied. N’a pas eu le même apport offensif que d’habitude.

Goian (3/5) : Un match solide.

Rat est sorti à la 26è puis Latovlevici (3/5) : Il a fait du Lato en jouant ailier gauche mais n’a pas amené de danger.

Hoban (4/5): Tout le monde avait peur pour lui avant le match parce qu’il serait le seul milieu défensif. Hoban a fait un grand match, que ce soit dans la récupération du ballon ou dans son utilisation. A la hauteur de l’évènement.

Tanase (3/5): Le meneur du Steaua avait été repositionné plus bas. Et perso, je l’aime bien à ce poste où sa qualité technique et sa vision du jeu font merveille. Malheureusement le manque de mouvement devant lui a posé problème.

Maxim (3/5): Il a le talent, il a l’envie mais il est encore jeune. C’était le grand espoir de la nation sur ce match mais il n’a pas encore les épaules.

Torje (2/5): Il avait plus envie que vendredi mais il est tombé sur l’excellent José Holebas et n’a rien pu faire.

Stancu (3/5): Il s’est bougé, a dézoné. Mais très peu de ballons pour se mettre en évidence.

Marica (2/5): Comme à l’aller, il a attendu au milieu des deux défenseurs centraux, bien au chaud. Bien entendu, il n’a pas touché un ballon.

Le public (10/5): Il faut aussi rendre hommage au public roumain qui a été énorme hier soir, comme il l’avait été en Grèce. La Roumanie reste un pays vraiment amoureux de football malgré ces déceptions répétées.

Les autres : La Grèce ne te fera certainement pas rêver au Brésil mais vu comme ils sont organisés et leur envie collective, ils devraient emmerder quelques équipes. Le socle défensif est très costaud autour de Papastophoulos. La Grèce dispose de deux très bons latéraux avec Torosidis et l’excellent Holebas. Au milieu, la Grèce a son contingent de besogneux à l’image de Katsouranis mais aussi ses bons joueurs de ballon comme papi Karagounis. Enfin devant avec la doublette Samaras – Mitroglou, la Grèce dispose sans doute d’une des paires offensives les plus sous-estimées d’Europe. Sur ces deux matchs, ils ont très bien géré leur affaire, faisant preuve d’une réelle intelligence collective et d’expérience.

ET MAINTENANT, QUE VAIS-JE FAIRE ?

Tout d’abord, il faut rappeler ô combien le football se joue à peu de choses. Au match aller, Piturca ne dispose pas de deux pions essentiels (Tata et Chiriches) qui se blessent quelques jours avant la rencontre. Le premier but à l’aller est hors-jeu alors que la Roumanie est très bien entrée dans le match. Sur ce match retour, une seule erreur de concentration sur 90 minutes plombe toutes les chances de la Roumanie…

Forcément, le premier visé est le sélectionneur. Alors oui Piturca n’est sans doute pas le meilleur sélectionneur du monde. Ses choix (Cocis à l’aller, l’utilisation limitée de Maxim) font souvent parler. La Roumanie a une nouvelle génération d’entraîneurs qui promet avec Reghecampf, Olaroiu, Petrescu ou encore Contra. Mais il ne faut pas se voiler la face, la Roumanie dispose d’une génération de joueurs très limités. Piturca lui-même  mettait en exergue ce manque de joueurs valeureux après le match aller. Sans doute pas la meilleure communication avant le retour mais diablement vrai.

Une page va se tourner avec ou sans Piturca. De ce match, seuls les Tata, Matel, Chiriches, Maxim, Tanase et Stancu semblent avoir un avenir international. Goian et Rat sont en fin de carrière. Torje semble être un éternel espoir qui ne convainc pas. A ces joueurs, on peut ajouter les mecs du Steaua Bourceanu, Pintilii et Chipciu.

La réalité est aussi cruelle. La Roumanie ne dispose plus des structures de formation qui lui avaient permis de faire naître la génération 86 du Steaua puis celle d’Hagi dans les années 90. Aujourd’hui, les jeunes espoirs roumains partent très tôt, souvent en Italie (comme Puscas à l’Inter). Les clubs de Liga I ne sont pas un grand réservoir de talents pour la sélection : le Pandurii a Ungurusan ou Anton voire Buleica, le Petrolul a Hoban, l’Astra a Gaman ou Budescu. Mais aucun n’est exceptionnel et surtout cela manque de talent offensif. On parlait il y a peu de naturaliser Eric du Pandurii ou Fatai (ex-Astra) et cela pourrait être une solution à court terme mais l’exemple islandais montre que les résultats ne peuvent intervenir qu’après une réelle politique réfléchie et menée sur une dizaine d’années.

La fédération doit se poser les bonnes questions et avoir l’envie d’agir. Malheureusement les dinosaures à la tête de la Fédération ne semblent pas être dans cette optique. Mais l’Euro 2016 sera généreux avec 24 équipes invitées donc ça devrait aller.

Je vous balance mon groupe pour la future campagne :

Gardiens : Tatarusanu, Pantilimon, Lung Jr.

Défenseurs : Matel, Ungurusan, Chiriches, Gardos, Gaman, Vlad, Radu

Milieux : Bourceanu, Pintilii, Chipciu, Maxim, Grozav, Anton, Budescu, Eric

Attaquants : Rusescu, Stancu, Puscas, Marica

Et il ne faut pas que cela vous empêche de suivre la Liga I Bergenbier avec un bouillant Pandurii – Steaua samedi soir !

Tristan Trasca

3 thoughts on “Roumanie – Grèce (1-1), la Tuica ne verra pas le Brésil

  1. « Bordel, c’est dans ces soirées-là que tu vois quelle importance la Tuica a pris dans ta vie ».

    Ca s’applique aussi à tes lecteurs et fans. J’irai même jusqu’à dire sisi la famille on pense à toi. Néanmoins tu as évoqué le fait de suivre d’autres équipes balkaniques pendant le mondial. Si tu es indécis, moi je vote Bosnie, équipe sexy, pays sexy, et rien que d’imagier des supporters bosniaques au Brésil dépasse toute oeuvre de science fiction.

  2. Merci Willy.

    Pour le Mondial, on verra si qqchose s’organise avec les autres académiciens pour que toutes les équipes soient représentées. Pourquoi pas une équipe des Balkans ou une nation comme l’Iran.

    C’est vrai que la Bosnie peut faire un beau parcours. Mais je mettrais plutôt un billet sur la Croatie.

  3. @Tristan Trasca

    Perso je vois la Bosnie devant la Croatie. Les Croates vont vraisemblablement devoir se passer de Mandzukic (carton rouge contre l’Islande pour une très vilaine faute) et de ce gros c** de Simunic (la FIFA ayant lancé une enquête sur sa célébration à la fin du match retour).

    Perso je serai derrière la Bosnie (qui compte dans ses rangs des joueurs serbes, croates et bosniens).

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.