Slovaquie –  Angleterre (1-2) : La Halusky Academie a, de toute façon, mieux à faire

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l’adieu aux armes

Ahoj,

Nous ne vous ferons pas l’affront de parler du match contre la Roumanie, confrontation subie plus que jouée, finissant dans un match nul profondément nul face à de nouveaux adversaires en jaune nous rappelant par trop les trahisons, les bassesses et les veuleries de ceux qui se réclament de la communauté des gens de bien avant de s’avilir dans la fange du fascisme.
Car oui, par-delà nos élans mélancoliques, notre individualisme sensuel et nos frissons romantiques, nous ne craignons pas d’affronter les haines et leurs distillateurs, nous abhorrons la violence (à part celle des sentiments bien sûr) et nous condamnons les morbides élans des masses grouillantes brûlant les livres et idolâtrant les faquins. Aussi, du haut de la solitaire colline enrubannée des nuages gris de notre mépris, nous regardons parfois en bas pour pleurer autre chose que notre triste sort et, lorsque l’humanité nous fait face, en surmontant avec peine un hoquet de dégoût, nous embrassons son dessein avec une indifférence polie pour mieux accepter ses disparités, ses travers grossiers et la richesses de ses tentatives pour se singulariser. La soupe primordiale dont s’extrait quelquefois un génie comme un sommet alpin n’en reste pas moins le cloaque dont nous sommes tous les enfants, et ces enfants n’ont pas besoin d’adultes stupides à bottes claquantes pour les guider ; nous avons besoin de jeux, de quelques fruits et d’une bonne baise. Mort aux fascistes.

Ces quelques considérations métaphysiques mises à part, il restait à la Repre à affronter d’autres types d’oppresseurs, royalistes et colonisateurs, ceux-là. L’opposition s’annonçait comme quelque chose à peu près contraire à l’épique, une sorte de combat de coton-tiges entre deux sélections qualifiées par la grâce d’un sort négligent, l’une ajoutée aux “meilleurs troisièmes” grâce à l’opacité de règles assez absconses pour que personne n’aille contester par flemme d’aller mettre son nez dedans (ou alors on a battu la Belgique, mais quel exploit cela représente-t-il exactement ?), et l’autre qualifiée sans honneur grâce à un fond de jeu que l’on qualifiera poliment d’insipide.


Zapas

La partie est engagée, virile mais correcte, dirait-on à la ville, et surtout, elle tourne une nouvelle fois inexplicablement à l’avantage de nos valeureux représentants. C’est notre révélation de 30 ans Ivan Schranz qui s’occupe une nouvelle fois de faire passer la Repre devant au prix d’un savoureux tir de l’extérieur du pied, dès la 25e minute. Oh que les Britons sont nerveux, face à ce scénario qui tourne en leur défaveur ! que les voilà marris, les yeux embués de larmes au point de manquer des choses aussi élémentaires que contrôle-passe, d’abattre de nouveaux Boeing 737 max à l’aide de leurs tentatives de tir et d’échanger des regards d’amants éconduits après chaque phase de jeu. Tout cela serait fort réjouissant si le récit trompeur des grands joueurs ne s’en mêlait pas. Ainsi, le Bellingham translucide, dévoré comme un fromage pané tout le match par notre milieu, profite du surnombre enfin consenti par Southgate en toute fin de partie pour marquer un retourné qui fait chavirer le match et le destin de nos hardis représentants.

Poussée en prolongation, l’Angleterre affirme enfin sa supériorité en plantant le pion du déshonneur par l’intermédiaire de son capitaine porte-chance Harry Kane, puis retourne se tapir dans sa flemme jusqu’au coup de sifflet final, non sans subir quelque frayeur instaurée dans les derniers instants par une Repre persévérante mais à bout de souffle.


Poznamky

Pan Dubravka a repoussé l’échéance si longtemps que le méridien de Greenwich en a demandé un congé. Pour son travail quasiment irréprochable dans cet Euro et pour l’aider à surmonter la perspective de retourner à Newcastle, qu’il soit remercié d’un bon 4/5.

Pan Hancko n’en avait que faire d’aller voir ce que donnaient des quarts de finale de quoi que ce soit. Il a, comme chacun de nous, besoin d’un été riche en bitures champêtres et en troussage de paysanne pour se remettre de ses émotions de cette année. Il repart avec son 2/5 en bandoulière.

Pan Skriniar, en capitaine honorable, a fait montre de qualités de meneur et d’une volonté de bien faire certaine, avec pour seule tare le fait d’avoir gâché un potentiel monstrueux en cirant le banc toute l’année en comptant ses billets de banque. Comme dirait Stéphane Guy, au moins il est riche. Qu’il compte donc son 3/5, car la gloire ne s’achète pas.

Pan Vavro a été frappé, lui, par l’humilité tout petit, ce qui ne lui a certes pas permis d’arborer un gros biceps enserré dans un bandeau de capitaine, mais lui a enseigné un sens du sacrifice que ne renierait pas le morse qui se jette de la falaise. Que son inconséquence tendrement naïve lui vaille son 3/5.

Pan Pekarik a donné à voir au monde qu’il n’était pas nécessaire de courir le 100 mètres sous les 10 secondes ou de posséder le sens du placement de Philip Lahm pour éteindre ce gros nullos de Phil Foden d’un coup de talon bien sec. Son 4/5 est amplement mérité.

Pan Duda avait besoin d’un respirateur, de sels minéraux et d’une intubation de protéines à sa sortie du terrain, ceci avant qu’un médecin déclare qu’il pourrait perdre ses deux genoux sans une greffe de moelle osseuse. Ce que la science ne dit pas, c’est qu’il a fait ça sans pratiquement toucher le ballon. Il mérite bien 2/5 quand même.

Pan Lobotka a couru pour trois ou quatre, selon les phases offensives (peu) ou défensives (presque toutes) de son équipe, au point tout de même de faire passer Bellingham pour un vulgaire Oxlade-Chamberlain durant 96 minutes. Un 4/5 collecté avec le cœur.

Pan Kucka était la troisième jambe de la machine sexy du milieu et il a cherché à la rentrer dans tout un tas d’espaces pas nécessairement calibrés pour l’accueillir. Du coup ça a un peu craqué, pas forcément au bon endroit. Un 3/5 obtenu dans la douleur.

Pan Haraslin n’était pas de la partie. 2/5 devraient lui secouer les puces en vue des prochains matchs de qualification, si la retraite ne passe pas sur son corps d’ici là.

Pan Schranz a une nouvelle fois imprimé de son sceau le destin de la Repre en inscrivant le seul but de son équipe, comme quoi on trouve des crampons à sa taille dans les vieux stocks tchécoslovaques. 4/5 pour avoir montré la voix et nous avoir fait vibrer dans cette compétition.

Pan Strelec est entré pour sortir de l’anonymat et y replonger immédiatement après avoir touché un ballon et demi, mais ce n’est pas chose fondamentale étant données les circonstances. Un 2/5 de consolation lui est accordé.

C’en est fini de la participation de la sélection slovaque dans cet Euro. Nous souhaitons une bonne fin de compétition aux survivants, que nous allons désormais prendre un plaisir tout à fait neutre à observer s’entretuer.

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