Tunisie / Angola (1-1) – La Palancas Academia passe de bonnes vacances

Hasta el match nul, siempre.

 

Coucou les saligaud.e.s,

Dans ce calendrier surchargé de fouteballe dans tous les sens (visez-moi un peu ce programme), et en attendant le retour de notre chère Liguain (ben quoi, qu’est-ce qu’il a, le bilan de la saison de Paris-Saint-Germain-en-Laye ?), rien de tel qu’un bon petit outsider à académiser pour se faire plaisir sans prendre le risque de s’engager sur plus de trois mâches. Et comme votre bon Georges a de la suite dans les idées, il s’est dit que tant qu’à faire, il pouvait se trouver un p’tit plan au soleil, avec de bon.ne.s camarades (car la lutte pour l’émancipation du footballétariat ne prend jamais de vacances). 

Et des équipes de copain.ine.s, y en avait quelques-unes à batailler cet été sur nos petits écrans : les Chinoises populaires en Coupe du monde des femmes (mais par là-bas on a pris l’habitude de se noter soi-même, pas besoin d’un académicien pour ça), les Cubains libres en Coupe du monde dorée d’Amérique du Nord (l’option de regarder leurs branlées en survêtement castriste ne m’a tenté que quelques secondes), les Vénézuéliens et leur guide légitime Maduro en Coupe du monde d’Amérique du Sud (mais les fuseaux horaires capitalistes m’ont vite rebuté)… Bref, que du beau monde en perspective pour défendre haut les couleurs du fouteballe socialiste. 

Restait la Coupe du monde de l’Afrique. Et là, pas besoin d’hésiter longtemps : ce sera le marxisme-léninisme aux accents portugais avec les Palancas negras de la República popular de Angola. Ne me parlez pas des Gamal Abdel Salah, Riyad Bouteflikhez et autres dictateurs à la manque. Mon coeur battra pour le MPLA et les noires antilopes, descendantes d’Agostinho Neto. 

 


O EQUIPO (J’AI PAS VERIFIE SUR LES ACADS DE HOMERC)


Autant vous le dire tout de suite, l’Angola, à part la machette dorée et la guerre civile, ça nous dit trop rien. Et pas beaucoup plus en football. Une petite période de gloriole pour l’équipe nationale à la fin des années 2000 avec deux quarts de finale de CAN et une première participation au Mondial en 2006, quelques trophées régionaux, et puis c’est bien tout ce qu’il y a à se mettre sous la dent. 

Côté effectif, rien de bien méchant non plus : l’essentiel des joueurs évolue dans le championnat local, dont une bonne dizaine dans les deux grands clubs de la capitale, Luanda : les Pétroleuses du Petro, et les bidasses du Primeiro de Agosto. Pour le reste, on fait essentiellement fonctionner la filière portugaise (comme les intellectuels angolais, pères de l’indépendance en leur temps et formés dans les universités lusitaniennes), dans des équipes de seconde zone.

Et pour mener tout ce ramassis de bras cassés lusophones animés uniquement par la volonté de faire triompher le marxifoot, quoi de mieux qu’un bon vieux Yougo des familles, en la personne de Srdan Vasiljevic (totalement inconnu au bataillon, mais ça fait toujours bien de coucher ce genre de blase sur une feuille de match). La tradition du mercenaire blanc venant mener les révoltes africaines a encore de beaux jours devant elle, de Guevara à Claude Le Roy en passant par Bob Denard (non, pas Hervé). 

 

Ça donne ça.

 


O JOGO (CA C’EST BON, J’AI VERIFIE)


Pour ce premier mâche de la compétition, dans le stade vide et venteux de Suez (si y avait pas les Occidentaux pour le tenir, hein), nous avons la joie d’affronter une énième équipe surcotée du Maghreb bâtie sur du sable avec deux-trois « stars » de seconde zone qui ne sont là que pour faire oublier l’absence manifeste de collectif. La Tunisie d’Alain Giresse confirme nos préjugés, et ne se montre dangereuse que par à-coups, sur des contres du rapide trio offensif adverse dans le dos d’une défense rouge et noire assez mal couverte, il faut bien l’avouer (en même temps, le vent contraire n’aidait pas). 

C’est ainsi que sur l’un de ces contres, les Tunisiens se retrouvent à trois contre deux devant le but angolais, à la demi-heure de jeu. Et notre bon Paizo-ri (pour les gifs correspondants, merci de vous reporter aux académies de Homerc) de nous ravir d’un beau tacle en grand écart – probablement une spécialité des écoles de foot de Luanda – pour arrêter le crochet de Sliti (ancien du Red Star, on oublie pas, #coeuraveclesbras). Pénalty, transformé, 1-0

Que voulez-vous, l’élite angolaise s’est formée au Portugal, mais ses footballeurs sont loin d’avoir retenu les préceptes défensifs chers à leurs anciens « bienfaiteurs » (rendez l’Euro à qui de droit). Mais ça compense par un sens du collectif pas si dégueulasse, et pas mal de beaux mouvements offensifs. Ajoutez à cela une réorganisation tactique de notre ami serbo-titiste à la mi-temps pour remettre un peu d’ordre dans tout ça, avec deux changements fort bienvenus, et vous obtenez en seconde période une équipe équilibrée et cohérente. 

En face, par contre, ça tergiverse à l’idée de gérer l’avantage, l’équipe se coupe en deux, et ça se perd en vieilles tentatives individuelles. La pression monte sur le but adverse, et ça finit par payer à quinze minutes du terme : le capitão Mateus frappe à l’entrée de la surface, le gras goal tunisien se couche mais relâche le ballon dans les pieds de Djalma, qui égalise à bout portant (1-1). Emballé, c’est pesé. 

 


LE SOVIET EN ROUGE ET NOIR J’EXILERAI MA PEUR


Étant donné la qualité du streaming utilisé, on va la faire courte sur les notes, y avait pas moyen de distinguer un pixel rouge d’un pixel noir. On partira donc sur une belle moyenne pour tous nos héros marxistes-léninistes, avec une mention spéciale pour l’entrée rafraîchissante de Gelson en seconde mi-temps, pour l’activité constante au milieu du capiston Mateus, pour les montées acharnées du Lisboète Bruno Gaspar sur son côté droit, et pour le réalisme de Djalma (qui compense le manque de réussite de Wilson Eduardo en première période, lui qui est pourtant l’un des joueurs les plus cotés de l’effectif). 

 

Et bien, un bon petit nul contre le favori du groupe, ça c’est fait. Faudra voir à pas aller trop loin non plus dans la compèt, je tiens à mes vacances. Prochaine étape, la Mauritanie. Autant dire une promenade de santé à priori. Mais on ne va pas s’enflammer trop vite non plus, en Angola, on a l’habitude des promenades de santé pavées de mines. 

 

Bisous à tous,

Et allez les Antilopes (rouges et) noires,

Georges Trottais

Georges Trottais

L’homme le plus (lutte des) classe(s) du monde.

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