Bournemouth – Arsenal (1-1) : La Gunners Academy livre ses notes

Les choses vont vite dans le football, qui plus est en Angleterre, pendant les fêtes. Mais avant de vous parler de la défaite face à Chelsea ce dimanche – l’ami Kreuz est déjà au travail pour vous parler de la dernière création du duo Luiz-Mustafi – il nous fallait évoquer cette nouvelle ère, qui a débuté il y a tout juste quelques jours. C’était dans une morne après-midi d’hiver, à Bournemouth, sous un temps dégueulasse et sur un terrain dégueulasse. C’était le premier match officiel de Mikel Arteta en tant qu’entraîneur d’Arsenal. Tiens, rien que de l’écrire, ça me rend tout chose. Après des semaines d’intérim de ce vaillant Freddie, qui a quand même tenu une baraque pleine de bourriques d’après ce qu’on a compris, et après la longue et désastreuse fin de règne d’Unai, le club a finalement cédé au projet de long-terme, aux idées de jeu et à la passion. Envisagé avant d’être jugé trop vert et surtout pas assez entouré au moment du départ de Wenger, le Barcelonais a été choisi pour sauver Arsenal du marasme. Que ce soit pour les bonnes ou les mauvaises raisons, voire plus probablement un mix des deux, c’est à mon sens une excellente décision. Déjà parce que c’est hyper classe, hein. Et puis surtout parce que ça répond aux lacunes qui nous ont plongés dans la médiocrité dans laquelle on se roule allègrement depuis des mois. 


Cet effectif a des soucis, qu’on continuera de payer jusqu’à ce que le recrutement vienne les régler. Oui, derrière on collectionne les burnes, pas besoin de s’étaler encore une fois sur des lignes et des lignes pour en reparler. En revanche, je reste persuadé que cette équipe vaut bien mieux que le milieu de tableau. Faut-il encore avoir des convictions. Emery avait abandonné les siennes, laissant apparaître sur le terrain chaque semaine des joueurs déprimés, désorganisés. Plus du tout concernés. Loin d’être nuls à chier pour autant. Avec Arteta, Arsenal a potentiellement trouvé un gars capable de limiter la casse défensive en gardant le ballon au maximum, de récupérer les joueurs et les supporters en leur proposant une philosophie de jeu ambitieuse, et de redonner à Arsenal son identité. Hélas, tout cela ne va pas se faire en trois semaines. La transformation va être lente, nécessiter du travail physique et tactique, ainsi que pas mal d’investissements. En attendant, l’ancien numéro 8 doit parer au plus pressé, stopper l’hémorragie. A Bournemouth, seulement quelques jours après sa prise en charge, il a pourtant déjà marqué la différence. Aubam’ et Laca dans le trident offensif, retour d’Özil en 10, rééquilibrage du double pivot Xhaka-Torreira avec l’Uruguayen – alléluia au plus haut des cieux – en récupérateur : même avec Pépé sur le banc et la titularisation dégueu de Sokratis et Luiz dans l’axe, il y avait des raisons de se réjouir. Sur le pré, c’est une tout autre équipe. 


Avec Maitland-Niles à l’intérieur, Xhaka en QB depuis la gauche et Saka positionné très haut sur le terrain, Arsenal tient le ballon, repart proprement depuis l’arrière dans des circuits enfin plus travaillés, trouve Özil dans les poches d’espace laissées entre le milieu et le défense des Cherries. Sokratis et surtout Luiz sont invités à venir fixer les avants de Bournemouth histoire de créer un décalage, en trouvant parfois de bonnes verticales pour le Brésilien. Sur la première demi-heure, c’est loin d’être parfaitement fluide, mais l’évolution est déjà radicale et on arrive à se créer des situations dangereuses.Problème relativement inattendu cependant : on peine dans l’avant-dernier et le dernier geste. Lacazette est totalement en manque de confiance, Aubam’ chie ses frappes, Nelson et Saka envoient des saucisses sur les côtés. Bref, sur l’ensemble du match, on aurait peut-être eu de quoi marquer trois fois, et on se retrouve à cavaler après le score à la demi-heure de jeu. Oui, parce que forcément, à un moment, on a un peu déconnecté. Comme contre Chelsea quelques jours plus tard, c’est arrivé aux alentours des trente minutes, alors que le rythme est tranquillement retombé et qu’une sortie de balle plus mal amenée que les autres a permis à Bournemouth de caler ce qu’ils essayaient de caler depuis le début du match : jeu en une touche, triangle sur un côté, débordement, centre en retrait. On recule à la perte de balle, on est attentistes sur le marquage : punition. Bournemouth aura pas grand-chose d’autre. Côté Arsenal, les bégaiements devant le but finiront pas livrer l’égalisation sur un vieux ballon ramassé par Aubam’, suite à une frappe contrée de Nelson. 
On prend, évidemment. Comme on prend, avec beaucoup d’amour, ce premier changement de visage, ce retour à des terres plus vertes, où on est pas exactement champions d’Europe, mais où le football sent meilleur.

LENO : 4/5
Encore décisif très tôt face à Fraser, il est aligné à bout portant sur le but et demeure hyper autoritaire sur le reste de la partie. Quand on connaît la suite, ça fait un peu mal au cul.

SOKRATIS : 2/5
Lent, pas à l’aise avec le ballon, pas vif sur le marquage, toujours en train d’ouvrir sa gueule… En vrai, les moments où on ne paie pas ses errances font exception. 

LUIZ : 3/5
Pas exactement nul à chier, ce qui est déjà grisant. D’autant qu’en rejouant au foot, on lui redonne un rôle déjà plus dans ses cordes de joueur de futsal. Du coup, il a trouvé quelques ouvertures intéressantes quand il a eu à monter. Et dans le domaine aérien, pour peu que ça bouge pas trop, il prend les ballons. Voilà, on se contente de peu ces temps-ci.

MAITLAND-NILES : 3/5
Dans un nouveau rôle qu’il va devoir intégrer assez vite, qui implique un replacement assez drastique entre la phase de possession et celle sans le ballon, il ne s’en est pas trop mal sorti. Avec les cannes qu’il a, ça aide. Bon tu sens que ça peut péter à tout moment dès qu’on vient un peu trop le chatouiller, mais ce registre de latéral intérieur lui va pas trop mal, lui qui veut jouer 8 depuis des lustres.

SAKA : 2/5
Je sais, c’est pas son poste. Et si on se fait punir sur un ballon qu’il perd, je considère que la faute est davantage collective. Mais Arteta a fait en sorte de le mettre en valeur sur son côté gauche, et son niveau de déchet technique dans la surface est rédhibitoire. Même chose pour ce repli de feignassou une fois le ballon de but perdu. Gros potentiel quoi qu’il en soit.

XHAKA : 3/5
Malin comme pas deux, le gars Mikel s’est dit qu’il avait une bonne rampe de lancement sous le coude avec Xhaka, pour peu qu’il le mette dans un fauteuil. Il a donc trouvé le bon système pour retirer la pression des épaules du Suisse, en le plaçant du côté qu’il favorise et en le protégeant d’un Torreira – ce qui coule de source, soit. Bon bah résultat, il y a encore des ballons de débile perdus mais globalement ça ressemble vachement plus à ce qu’on attend d’un mec comme lui.

TORREIRA : 4/5
On le replace 6, il est monstrueux. V’là le miracle. Unai, je t’aime beaucoup, mais ton coup de génie de vouloir en faire un box-to-box, c’était du caca. Gaffe quand même aux sautes de concentration avec le ballon, l’Uruguayen a tendance à être déjà dans l’action d’après avant même d’avoir fini son geste.

AUBAMEYANG : 3/5
Cent fois plus concerné que ce qu’on a pu voir depuis le début de saison. Comme Lacazette, il est encore loin de gérer les coups comme il faut, mais en termes d’implication, notamment défensive, c’est beaucoup plus digne d’un type avec le brassard, ouais. Ah oui, il marque. Un but dégueu, mais il marque. 

ÖZIL : 3/5
Mesut Özil. Voilà un nom que je ne pensais plus gratter dans une acad’ à l’orée de 2020. Et pourtant, Arteta a voulu – à raison – effacer l’ardoise et redonner sa chance à tout le monde. Mieux : il a joué avec Özil, il connaît probablement son poids dans le vestiaire et sait ce qu’il peut apporter si on exploite ses qualités. Contre Bournemouth, il a fait une très bonne première période avant de s’éteindre doucement et de laisser sa place à Willock. 

NELSON : 1/5
Arteta le préfère à Pépé pour le moment, mais c’est pas sur ce match qu’il a marqué des points. Mauvais choix sur mauvais choix, trop sûr de lui, pas à 100%, il a cumulé les ballons mal donnés quand il ne s’est pas simplement fait éteindre. A vraiment besoin de montrer ce qu’il vaut, pour le moment, c’est pas fou. 

LACAZETTE : 1/5
Complètement à court de confiance, les derniers mois d’Emery semblent l’avoir séché. Là où il était tueur, il hésite. Là où il jouait juste, il loupe ses remises, rate ses contrôles. Bref, il a besoin de se relancer. Bon signe déjà : le sens du but et le placement sont toujours là, et il continue d’avoir des occases. 

WILLOCK (pour Özil à la 75e minute) : Me souviens pu. L’a pas dû sortir du lot. 

MUSTAFI (pour Sokratis à la 77e minute) : Jamais trop tôt pour le voir apparaître celui-là. 

PEPE (pour Nelson à la 82e minute) : Bon, 82e minute, dans un match où on doit marquer, pour remplacer un jeune qui fait un match médiocre, c’est peut-être un peu tard par contre.

Le Père Fidalbion

J'ai décidé de supporter Arsenal grâce à FIFA 99 : y avait Dennis Bergkamp sur la jaquette et c'était la première équipe disponible dans l'ordre alphabétique. Ce jour-là, j'aurais mieux fait de me péter une jambe.

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