Bon appétit Pelé : Neununeunzig schweinebraten, auf ihrem weg zum horizont

(Episode 21/32) Après avoir excité nos papilles tout au long de la Coupe du Monde 2014, Parie-Maule revient munie d’un défi de taille : vous proposer une recette par jour, une pour chaque pays qualifié. Aujourd’hui, Parie-Maule a failli être prise de court par l’élimination des tenants du titre.

Hébonjour,

Hébé oui, boudu, c’est que je l’avais pas vue venir, leur sortie, aux Allemands. Je me disais que j’avais le temps de chercher une recette sans trop de cholestérol, pour pas encore énerver mon cardiologue… Et là, paf, les voilà qui se font éliminer par les Coréens, ces couillons.
Le pire, bouducon, c’est que je me fais engueuler dans les commentaires par ce Monsieur Homerc, là, qui râle parce que son Portugal, hébé il a pas encore eu droit à sa recette. Hébé oui, mais comment je fais moi ? J’ai un jour de libre, alors je cale les recettes des couillons qui se sont fait éliminer au premier tour. Pour les couillons qui se sont fait éliminer en huitièmes, ce sera après, voilà.

Bon, je veux bien interagir avec mes lecteurs, moi, ça fait plaisir au service marketing, mais j’ai pas que ça à faire, moi, bouducon. Qu’est-ce qu’ils ont en Allemagne ? La choucroute ? J’ai demandé à Martine, du comité des fêtes, elle est d’origine alsacienne il y a forcément des proximités. Hébé non, ça lui allait pas, soi-disant que la choucroute c’est alsacien et pas allemande, justement. Elle fait vraiment rien pour me faciliter la vie, celle-là, hé.

 

Bon, dans l’urgence j’ai cherché, cherché, cherché, et j’ai trouvé le Schweinebraten. Je sais pas ce que c’est et d’ailleurs je sais pas le prononcer, mais en tout cas, ça ça sonne bien allemand. Je suis allée chez Gustave pour qu’il m’aide à chercher la recette sur son smarphone, là, parce que moi je suis pas assez guique pour ça, surtout en allemand.

Et là, hébé on a vu que schweinebraten, en fait, ça veut tout simplement dire « rôti de porc ». Sur le coup, j’ai été un peu ennuyée, c’est qu’un rôti de porc, ça fait moyennement exotique, hé, à Lalbenque j’en prépare tous les quatre matins, pour ainsi dire. Mais bon, comme m’a dit Gustave : « héboudu, Parie-Maule, tu crois qu’ils se sont bougé le cul pour se qualifier, les schleus ? Hében t’as qu’à faire pareil, un rôti de porc, ça sera assez bien pour eux, hé. »

Bon, après tout il a pas tort, Gustave, et puis ça reste quand même un rôti de porc à l’allemande, hé, déjà on l’appelle schweinebraten, et ça ça fait bien couleur locale, et en plus on met de la bière dedans, alors ça va. En plus je sais pas ce qu’il a fait, Gustave, mais sur son smarphone il a trouvé une vidéo d’une émission cunilaire où c’est Joachim Löw lui-même qui le prépare, le schweinebraten, là. Donc on est pile dans la ligne éditoriale, allez, zou.

J’en salive déjà.

Le schweinebraten de Joachim Löw.

1 rôti de porc de 800 g (longe)
1 cc paprika
1/2 cc graines de carvi
2 cc graines de moutarde
1 cs huile végétale
1 gros oignon coupé en quartiers
2 carottes coupées en morceaux
1/8 de céleri-rave coupé en morceaux
1 cébette émincée
2 cs beurre
2 cs fécule de maïs
1/2 tasse bouillon de poulet
1 tasse bière
Sel, poivre

 

Bon, en préambule, faut que je vous dise, on la vidéo cunilaire, elle était en allemand et nous, on n’y comprend rien, donc avec Gustave pour écrire la recette on a juste décrit ce qu’on voyait. Il y a des trucs qui nous ont paru un peu bizarre, mais on les a laissés, on voulait pas passer à côté de traditions locales, hé, c’est que ni Gustave ni moi on connaît quoi que ce soit à l’Allemagne. Il y a bien le père de Gustave qui avait fait le STO, mais ça paraît un peu juste ; le fils de Martine, du comité des fêtes, il paraît qu’il est passionné d’histoire allemande et qu’il a plein de goudizes de l’époque dans sa chambre, mais quand on lui a demandé, à Martine, elle a changé de sujet aussitôt, je sais pas, ça doit être pour préserver le jardin secret de son fils. Bon, donc on vous dit tout ce qu’on a vu, et ceux qui connaissent la cuisine allemande, vous nous confirmerez que c’est bien comme ça qu’on le fait, le schweinebraten.

 

Alors pour commencer, faut se laver longtemps et soigneusement les mains. Bon, pour les autres recettes aussi, je le précise pas d’habitude, hein, mais là je sais pas pourquoi, le présentateur a demandé à Joachim Löw de le faire devant la caméra, avec savon + gel antibactérien. Je sais pas, ça doit être un rituel cunilaire allemand.

Là, vous préchauffez le four à 180°C. Ensuite, vous assaisonnez le rôti de porc avec sel, poivre et paprika, et vous parsemez des graines de carvi et de moutarde, ainsi que de pellicules. Oui, je sais, c’était pas dans la liste des ingrédients, mais dans la vidéo Joachim Löw, il se gratte bien la tête au-dessus du plat. Secret de ménagère sans doute.

Ensuite, vous chauffez l’huile dans une large poêle, et vous y faites dorer le porc de tous les côtés, à feu moyen pendant environ 15 minutes. Ce qui est rigolo en Allemagne c’est qu’ils n’utilisent ni sablier ni minuteur : apparemment, pour mesurer 15 minutes, Joachim Löw plonge la main dans le slip, se malaxe longuement et sent ses doigts de temps à autre, et il sent quand ça fait 15 minutes.
Ensuite, vous placez le rôti dans une cocotte. Dans la première poêle, vous mettez l’oignon, les carottes, le céleri-rave et la cébette, et vous cuisez environ 10 minutes en remuant, jusqu’à ce que les légumes deviennent tendres. Là, vous ajoutez le mélange de légumes à la cocotte où se trouve le rôti de porc.

 

Là, vous vous bouchez une narine et vous prenez une grande inspiration nasale en raclant bien tout ce qui peut être sur le trajet, bien guttural, hein, à l’allemande : rrrrrhhhhhhhhhhhhhhnnnn. Vous faites rouler en bouche deux ou trois fois, puis vous crachez à terre : apparemment, en allemand ça veut dire que c’est le moment du déglaçage. Vous versez le bouillon de poulet et la bière dans une première poêle et vous déglacez avec une spatule. A ce moment-là, avec le revers de la main vous pouvez vous essuyer le petit morceau de crachat qui vous reste au coin de la bouche. Le déglaçage est achevé, et vous pouvez verser le contenu de la poêle sur le rôti de porc.

Là, vous enfournez jusqu’à ce que le rôti soit légèrement rosé à cœur, en l’arrosant régulièrement de son jus. Alors d’après mon expérience, ça devrait mettre de 2h30 à 3 heures, et il ne faut pas hésiter à rajouter de l’eau si les légumes s’assèchent trop. Je dis « d’après mon expérience », parce que évidemment, la vidéo, ils ont fait une ellipse, ils n’allaient pas montrer Joachim Löw se malaxer jusqu’à ce que ses doigts sentent trois heures. D’ailleurs, ils n’ont pas mentionné de temps, ils ont mesuré au thermomètre de cuisson. J’ai pas tout compris à la discussion en allemand, mais apparemment le présentateur avait perdu son thermomètre, alors Joachim Löw s’est éclipsé du plateau pour en trouver un à lui. Il était tout fier, il l’a brandi devant la caméra et avant que le présentateur ait réagi, il l’a piqué dans le rôti. Apparemment, quand ça fait 65°C à cœur, c’est prêt.

 

Là vous ôtez le rôti de la cocotte et vous le réservez au chaud. Passez le reste au chinois (ça les change des Coréens, hé, clin d’oeil), réservez la sauce dans une casserole et les légumes à part.

Vous portez la casserole de jus à ébullition, vous ajoutez le beurre et la fécule de maïs. Faire mijoter jusqu’à ce que la sauce épaississe (environ 5 minutes). Là il y a encore une astuce allemande que je connaissais pas, il faut sortir une crotte de nez et la coller sur le bord du plan de travail pour comparer : quand la consistance de la sauce prend le même aspect, c’est qu’elle a assez épaissi. C’est le moment de trancher le rôti que vous servez avec sauce et légumes. C’est rigolo par contre, le présentateur au moment de déguster, il avait le teint un peu vert, ça donnait pas envie alors qu’elle a l’air succulente, cette recette.

 

En tout cas ça m’a donné envie de m’intéresser à l’Allemagne, ce schweinebraten, il y a plein de pratiques exotiques, bon, je dis pas que c’est pas un peu dérangeant quand on vient d’autres cultures, m’enfin c’est bien de découvrir comment ça se passe ailleurs, hé. Le mois prochain c’est moi qui fais la cuisine pour le jumelage entre Castelnau-Montratier et Stuttgart, grâce à la vidéo de Jogi Löw je vais leur montrer toutes les astuces cunilaires de chez eux, ils vont être é-pa-tés, nos amis allemands.
Allez, en attendant, on va se déguster ce bon schweinebraten (je suis pas fâchée de plus avoir à l’écrire, bouducon); bon appétit bien dur !

Parie-Maule.

Parie-Maule Pelé

Experte cunilaire à tendance footballistique, secrétaire perpétuelle de la confrérie de la truffe et du canard gras de Lalbenque (Lot).

2 commentaires

  1. Jamais je ne mange un truc préparé par Low avec ses grattages de couilles en continu. Je ne vois même pas comment l’idée peut germer dans l’esprit d’un producteur.

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