Suède-Suisse (1-0) : La Valhalla Académie garde le maillot Jaune

« Une main pleine d’argent est plus forte que deux mains pleines de vérité » On ne se refait pas. Ce n’est pas Chris Froome ou l’UCI qui me démentiront.
Lundi 21 Mai, comité de rédaction de Horsjeu.net, le patron se lance dans un discours fédérateur :

« Bon les gars, la Coupe du Monde est un moment important pour le site. On joue notre chemise là. Va falloir muscler votre jeu. On envoie nos valeurs sûres sur les Ticos, le Portugal ou sur l’Argentine. Nos lecteurs aiment l’exotisme. Ils vont tout péter. Bon, les seconds couteaux, on compte sur vous quand même. Vous êtes un peu comme les Français à Roland Garros. On sait bien que vous n’irez pas en deuxième semaine mais vous faites partie du folklore. Alors activez-vous, prenez en main votre destin, n’ayez pas peur d’être disruptif. Ne vous demandez pas ce que Horsjeu peut faire pour vous mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour Horsjeu. Il vous reste quelques nations à choisir et pas que des petites, les gars. Voyez par vous-même : La Brutopie, l’île des Yoshi, Lilliput, le Brésil, la Molvanie, la Palombie et la Suède. »

En exclusivité pour vous, le comité de rédaction au grand complet


Je saute sur l’occasion qui m’est offerte. La Suède est un choix parfait. Je peux remplir mes académies avec des poncifs de qualité et comme ils ne dépasseront jamais le premier tour, ça me fera trois académies à écrire à tout casser. Pis je peux compter sur les gars de Nordisk pour donner un coup de main. Bordel, c’est la saison des apéros qui commence, des barbecues improvisés, la Coupe du Monde, les jours qui rallongent, le dernier Godard et que sais-je encore. J’ai autre chose à foutre que de passer mes soirées devant mon portable à écrire des conneries sur un pays que je ne connais pas. Alors tu te renseignes un peu, tu regardes les matchs de préparation. Petit à petit, tu deviens familier avec les gars, tu les appelles par leurs prénoms. La Suède n’a plus de secret pour toi. Tu connais les expressions, les polémiques qui agitent la presse au pays. Les matchs amicaux me rassurent. L’équipe est sérieuse mais sans génie. L’animation offensive est aussi pauvre qu’une rime de Maître Gims.

On s’est éclaté contre le Danemark en amical

Alors, quand la Coupe du Monde commence, la sérénité m’habite (avec une certaine vigueur). Je supporte ma nation d’adoption sans calculer, on se met à vibrer au rythme des exploits d’un avant-centre écarté par Toulouse, aux tacles rageurs de Granqvist qui cache sous sa barbe naissante un charisme à toute épreuve. Petit à petit, les « blagult » s’emparent de moi. Je m’imagine vivre les évènements sur une petite place de Göteborg, au milieu de superbes rennes, à côté du père Noël et de Stefan Edberg. J’achète mes premières bouteilles d’Aquavit. Je sais bien que c’est de l’alcool de patate fermentée avec des épices mélangées au hasard. Mais s’il faut faire comme les locaux, je fais comme les locaux. Je mate les matchs dans ma cave (un bon 17° comme à Stockholm en pleine canicule) emmitouflé dans ma fourrure de lemmings encore vivants. Je remplace le bain dans la baltique par une plongée rapide dans ma Meuse toute marron, à la guerre comme à la guerre. Les efforts commencent à payer. Les « Blagult » se paient la Corée du Sud avant de céder contre les Allemands dans les ultimes secondes. Les Mexicains ne résisteront pas aux terribles vikings. Et moi voici, obligé de vous raconter le match fantasmé par un Suédois qui n’en est pas un mais qui le devient petit à petit. On s’habitue à l’Aquavit, les lemmings sont plutôt sympathiques et la langue locale semble avoir été écrite par Tolkien.


La polémique Durmaz

Parlons de la polémique qui agite le pays, justement. Nous jouons la quatre-vingt-quatorzième minute d’Allemagne-Suède. Les « Blagult » tiennent le nul miraculeusement. La qualification est presque dans la poche. C’est le moment que choisit Durmaz pour faire un tacle aussi inutile que stupide. Vous connaissez la suite de l’histoire. Difficile dans ces conditions-là de ne pas pourrir le pauvre Durmaz. Sauf que la Suède vit également des heures sombres. Les insultes racistes pleuvent, des courageux anonymes se lancent dans d’abjectes lettres de menace de mort. La sélection va réagir de toutes ses forces faisant corps, protégeant Jimmy, unis comme un seul homme devant l’outrance des critiques. Et si cette polémique nauséabonde ressoudait les « Blagult » ? Il le faut impérativement.


Le Neutrico

Le ticket pour « les quarts » passe par une victoire contre les Suisses (pas épargnés par les polémiques également). Si on excepte le flegme légendaire des Suisses et la particularité linguistique, les deux pays se ressemblent. Ils se sont construit, autant par nécessité que par choix, sur la neutralité politique pour assoir leurs puissances économiques. Ils sont devenus des références financières incontournables, fermant les yeux sur l’origine des fortunes. Les affaires sont les affaires. On peut tout à fait imaginer que ce pragmatisme parfois cynique puisse vous paraitre dénué de toute valeur morale. Vous êtes un peu trop angélique à mon goût. Bordel, dépassez les limites, regardez au-delà de votre petit nez de Français. Vous avez beau vous en défendre, vous êtes toujours dans un mode binaire (ce terme est à la mode…). Ce pragmatisme a aussi du bon. Les politiques se servent moins dans la caisse, les femmes ont plus facilement accès au marché du travail et on ne placarde pas la morale à la première occasion (souvent à la deuxième quand même). La Suède joue donc contre sa jumelle. Un petit pays qui veut jouer dans la cour des grands, un petit pays que personne ne peut ignorer. La Nati a résisté au Brésil, la Suède a fait trembler la terrible Allemagne.


Le Match

3e : Xavier Domergue, au micro de bibine (on ne voit pas d’autres explications), découvre le style de jeu des Suédois. « Les Suédois qui vont avoir le ballon et qui jouent haut ».
7e : Le bougre insiste. Visiblement, ils ont plus passé de temps au café qu’à préparer le match.
9e : Berg se retrouve face au gardien, même pas la peine de vous décrire la suite de l’action.
10e : On a décidé de se payer Domergue (rien de personnel). Le pauvre Xavier déclare en toute quiétude : « Les suédois auraient pu tuer le match ». Il reste quand même quatre-vingt minutes de jeu et c’est le pauvre Marcus qui se retrouve en face à face. Ils ne sont pas fous les Suisses.

Marcus fait ses courses

28e : Augustinsson centre pour Marcus Berg qui oblige Sommer à un arrêt de toute beauté.
30e : Lustig glisse inopinément. Carton Jaune, le drôle sera suspendu pour le prochain match.
34e : Frappe de Xhaka qui s’imaginait déjà faire une célébration en hommage à ABBA que ses parents écoutaient (trop) régulièrement au Kosovo.
38e : Les bureaux de banque commencent à fermer au pays, la Nati se réveille. Züber centre en retrait pour Dzemaili au point de penalty. Le 15 suisse expédie le ballon largement au-dessus du but d’Olsen. C’est la première grosse frayeur pour les « Blagult ».
39e : Xavier Domergue part des envolées lyriques qui trahissent une légère préférence. Alors comme ça Xav’, on préfère le Lac Léman à la banlieue de Malmö ?
40e : Le coup franc de Forberg frôle le poteau de Sommer. Le ballon est contré. Sur la continuité, Lustig renvoie dans le paquet sur Ekdal qui mange la feuille juste avant la mi-temps. Saloperie de vegans.
50e : Forsberg, intenable, s’amuse de la neutralité suisse, Toivonen gâche l’action en obtenant une touche.
66e : Forsberg encore (oui, il a fait une saison compliquée monsieur Domergue, on l’a tous compris) récupère le ballon au vingt mètre (beau décalage de Toivonen, on dit ça, on dit rien. N’est-ce pas monsieur Dupraz…), il feinte la frappe avant d’en déclencher une pour de bon, une bonne vieille frappe sans trop de puissance, en plein milieu. Sans le délicieux Akanji, Sommer se serait emparé du ballon en toute tranquillité. En attendant, ça fait BUUUUUUUTTTTTTTTTT ! 1-0.

Mon cul sur la commode oui. C’est surtout grâce à Forsberg.

71e : Behrami averti pour sa coupe de cheveux et ses tacles à retardement
75e : Les gars sur Bibine commencent à tellement se faire chier qu’ils imaginent des penaltys imaginaires. Le pauvre Claesson en prend pour son grade. Courage les gars, il ne reste plus que quinze minutes.
80e : Embolo reprend de la tête, le valeureux Granqvist se jette pour sauver le but et la nation toute entière. Vite, un autre verre d’Aquavit (bordel, c’est affreux mais ça remet les choses en place)
91e : Seferovic oblige Olsen à son deuxième arrêt du soir. Les suisses ne réagissent pas, ça manque de rébellion dans cette Nati.
94e : Olsson part en face à face pour offrir à la Suède un quart historique. Les Suisses mettent la lang. Les Blagult se qualifient pour les quarts.


Les Notes

Olsen 3/5
Robin n’a pas tremblé devant les Suisses. Il a fait son match. Rien à dire.
Lustig et Augutinsson 3/5
On va vous ressortir l’éternel refrain sur l’importance des latéraux. Vous allez acquiesez et ça sera parfait. On ne rajoute rien à cette communion intense (pléonasme)
Lindelof et Granqvist 3/5
Le vieux et le jeune, le beau et le moins beau, le médiatique et le taiseux, le bien coiffé et le mal rasé, un duo qui sent bon le scénario de film. On connait l’histoire, l’intrigue, tout est cousu de fil blanc et pourtant ça marche. Continuons ainsi.

Indémodable.

Svensson 2/5
Il fallait mettre deux à un gars. C’est tombé sur lui comme ça aurait pu tomber sur Marcus Berg
Ekdal 3/5
On oublie trop souvent de souligner son importance. C’est chose faite. On expliquera pourquoi plus tard.
Forsberg 4/5
Emil Forsberg est le nouveau Tomas Brolin (en complètement différent)

La classe personnifiée

Claesson 2+/5
Brouillon et pas toujours bien inspiré. Il faudra faire nettement mieux contre les Anglais.
Berg 2/5
C’est tombé sur Marcus Berg. Faut-il vous expliquez pourquoi ?

Toujours la grande forme Marcus (cadeau pour nos lecteurs au boulot qui feraient mieux de bosser que d’exposer des photos pornographique aux collègues)

Toivonen 3/5
Précieux dans le jeu (il offre le décalage sur Forsberg), Ola réussit son mondial. Maintenant, il faut faire taire Dupraz en « quart », pour le bien de tout le monde.


N’oubliez de lire la chronique financière du collègue Suisse qui respectera autant votre intérêt que votre anonymat légendaire (ou pas d’ailleurs)


On vous avait promis des Vikings, une académie légendaire (sur les légendes nordiques, je précise au cas où) mais on se garde des munitions pour la (ou les) prochaine(s) académie(s). On se retrouve la semaine prochaine pour les quarts. En attendant, n’hésitez pas à vous perdre sur horsjeu.net et à venir tailler le bout de gras sur twitter.

Eric Sonkisson

Chacun de nous porte un fou sous son manteau, mais certains le dissimulent mieux que d'autres. Envoyé Spécial chez les Vikings, voisin de Tomas Brolin et de Stefan Edberg

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