Suède – Angleterre (0-2): La Three Lions Academy est toujours là

Salut les gueux !

On se retrouve pour le quart de finale, opposant la Suède à l’ Angleterre. D’un côté, on retrouve donc la monarchie scandinave qui peut se prévaloir de plusieurs titres : maîtresse de Lloris, bourreau de l’Italie, seule victime de l’Allemagne dans cette Coupe du Monde, massacreuse du Mexique et victorieuse de la Suisse en huitième. De l’autre côté donc, l’Angleterre est sortie deuxième de son groupe contre la hype belge, a battu aux péno la Colombie et à qui l’on promet l’enfer (et plus) contre la Suède.

Avant de passer à la composition, c’est la rubrique tant attendue (ou pas), « Le saviez-vous » !

Figurez-vous, mes chers lecteurs, que la dernière guerre en date ayant opposé les royaumes de Suède et d’Angleterre a fait zéro mort, zéro blessé. En 1810, Napoléon décide de mettre en place le Blocus Continental. Et force la Suède, partenaire économique majeur de l’Angleterre, à y adhérer et à nous déclarer la guerre. Aucun des belligérants ne voulant de cette guerre, il n’y eut aucune victime dans ce conflit.

Image d’archive

Le rapport avec le match ? Aucun en terme d’engagement, mais les deux pays se sont quittés bons amis comme en 1812 (la fin de la guerre sus-mentionnée, suivez un peu).

Les gars

Gareth, cet homme si élégant qu’il a remis à jour le veston, reconduit la même équipe qu’au match précédent. Toujours pas de Rashford donc.

Pratique cette combo réutilisable

 

Première mi-temps

Le système bien rôdé et connu est reconduit pour ce match, avec les mêmes mouvements entrevus contre la Colombie. Kane et Sterling ne restent pas systématiquement devant à camper, mais viennent chercher le ballon parfois dans leur moitié de terrain. Meilleure participation au jeu de nos deux attaquants donc.

L’idée côté Angleterre est de jouer sur les ailes, en profitant principalement des montées de Young et de Trippier. Peu de jeu plein axe dans les premières minutes, le but étant de centrer avec plus ou moins de bonheur. Henderson est moins présent à la distribution de transversales, les trois défenseurs distribuant de longs ballons, principalement sur Sterling (ce qui est con, vu sa taille).

Coté Suède, on n’arrive pas à assurer plus de trois passes d’affilée. La balle est très vite récupérée par l’un ou l’autre joueur anglais, par maladresse suédoise ou talent anglais. Les attaquants mettent une certaine pression sur nos trois arrières, afin de gêner la relance.

Globalement, l’Angleterre se montre plus entreprenante, malgré un nombre similaire de frappes cadrées (ou pas), de part et d’autre. Puis surviennent les quinze dernières minutes et un léger emballement collectif :

Acte 1 : Sur le premier corner anglais du match, Maguire profite du marquage de Forsberg (qui lui rend vingt centimètres) pour catapulter le ballon au fond (0-1, 29e).

Acte 2 : Lancé au but, Sterling prend de vitesse son défenseur et perd son duel contre Olsen. Il bénéficie du contre favorable mais préfère tricoter (c’est une redondance) plutôt que de passer à Kane. Je ne saurai dire quelles hauteurs mon capital haine contre ce joueur ont atteint à ce moment là.

Mi-temps 

L’Angleterre mène logiquement à la pause, en ayant imposé sa possession et son rythme de jeu. Premier but de l’homme de Leïster en sélection, nouveau but sur coup de pied arrêté. La Suède n’a rien montré, soit à cause de la fatigue, soit à cause d’une frilosité offensive.

Deuxième mi-temps

Acte 3: Les Suédois se rappellent qu’ils jouent un quart. Centre sur Berg qui claque une tête sortie à l’horizontale par Pickford.

L’Angleterre, toujours dans la maîtrise, décide alors d’accélérer. Une première séance d’occupation sur corner se traduit par une double remise de Maguire qui ne trouvent pas preneur. Lingard tente la frappe, déviée en corner. Sur une passe de Trippier, Lingard centre au deuxième poteau. Dele – pas du tout hors-jeu- reprend de la tête et trompe le gardien (0-2, 59e).

La Suède réagit par une frappe de Berg,  sortie par Pickford. Dix minutes plus tard, Berg sollicite de nouveau Pickford, qui sort la balle d’une claquette. Et ce sera tout … Pour les vingt minutes qui restent, l’Angleterre maîtrise le jeu de possession. Forcément, on ne va pas emballer le match à 0-2 et vingt minutes à jouer.

Dele sort pour Delph (75e), Henderson un peu blessé pour Dier (84e) et Sterling pour Rashford (90e).

Un dernier coup-franc de la Suède devant le grand rectangle ne donnera rien. Victoire de l’Angleterre, qui passe en demie-finale.

L’Analyse

Match globalement maîtrisé par les Three Lions. Offensivement, Kane a joué son rôle de menace supposée pour laisser de l’espace à Sterling. Les milieux ont littéralement mangé leurs adversaires Bleu & Jaune. Young et Trippier ont proposé de belles montées sur leurs ailes respectives. Un but sur corner, suivant la même tactique du train éparpillé et un but dans le jeu.

Bémol pour la défense (principalement les trois centraux), qui a laissé trois occasions franches à Berg. C’est bien de faire briller Pickford mais je préférerais qu’il s’ennuie au match suivant.

Avant de passer aux notes, un petit mot concernant les commentaires lus et entendus sur l’Angleterre des deux côtés de la Meuse et outre-Manche.

  • Côté France : absence de plan de jeu, matchs ennuyants, buts uniquement sur coups de pieds arrêtés, coupe de chance, Perfide Albion – Guerre de Cent Ans – Jeanne d’Arc.
  • Côté Belge: l’analyse à la mi-temps était assez équivalente: pas de fond de jeu, parcours facile (hormis la Belgique bien sûr), Kane ne mérite pas d’être le meilleur buteur actuel et ma préférée « l’Angleterre n’a rien montré depuis vingt ans ».
  • Côté Anglais: Gareth – cet élégant homme – est mis en avant ().

Notre plan de jeu est relativement simple et adaptatif. Un 3-5-2 en face offensive qui se convertit en 5-3-2 en phase défensive. Pas ou peu de relances lointaines du gardien, l’idée est de partir de notre but et de construire soit avec des débordements sur les ailes pour centrer,  soit percuter avec Sterling au milieu (en jouant de sa vitesse, pas de sa finition). La formation en 3-5-2 me rappelle une autre équipe, mais de qui peut-il s’agir ?!

Effectivement, l’Angleterre marque beaucoup sur corners et coup de pieds arrêtés. Promis, on va arrêter de jouer les corners sur les centraux de plus de 190 cm. C’est vraiment moche de jouer sur un truc préparé à l’entraînement depuis des mois et sur l’un de nos avantages . Et puis, il n’existe aucun support technique permettant aux équipes nous rencontrant, de préparer à l’avance une défense sur un corner. Aucun.

Pour le parcours facile, on est totalement responsable de l’élimination de l’Espagne et de l’Allemagne qui aurait du être dans notre partie du tableau. On a perdu exprès contre la Belgique en poule parce qu’on savait déjà que les deux sus-nommés n’allaient pas passer. C’est aussi à cause de nous que l’Italie et les Pays-Bas ne sont pas là. On n’aime pas les pays d’Europe continentale en vrai.

Pour le coup de chance, merci de vous référer à Muslera. 

Pour l’absence de réussite ces vingt dernières années Monsieur l’Analyste Belge, tu me rappelles ce qu’a fait la Belgique depuis 1986 ? Réfléchis.  Pense. Voilà, rien, le néant, le vide intersidéral. Poutre, paille, an*s, voisin toussa toussa.

Concernant Kane, c’est vrai qu’il a mis trois pénalties en plus d’un moule-shot contre le Panama. Mais qu’il est précieux dans la conservation de balle et depuis peu, dans la construction de jeu. Dans ce match contre la Suède, il m’a fait penser un peu à la marine britannique pendant les deux guerres mondiales. Aimant à défenseur (ce n’est pas sale), il libère de l’espace pour les autres.  Déterminant sans scorer donc.

Pour les relents nationalistes, merci de vous asseoir sur un tabouret à l’envers. Même la malédiction de Parie-Maule et de la Raie du Jour ne peuvent nous arrêter.

Les notes

Pickford (5/5) : -1 pour les trois relances directement en touche, +3 pour les trois arrêts déterminants. Parfait.

Stones (3/5) : Pas responsable sur les errements défensifs.

Walker (4/5) : L’habituelle mauvaise relance à la deuxième. Les actions dangereuses sont venues de son côté. Il a compensé par quelques montées intéressantes.

Maguire (4/5): Il se fait prendre de vitesse sur Berg une fois, mais quel but !

Young (4/5) : Belle gestion des efforts, belles montées et – c’est à noter – n’a pas essayé son habituel coup de p*te auprès de l’arbitre.

Trippier (5/5) : Il se lâche dans les montées offensives et ça profite à toute l’équipe.

Henderson (4/5) : Moins présent dans le jeu long, présent pour dévorer le milieu adverse. Touché, remplacé par Dier (N/N), devrait pour jouer contre la Croatie.

Dele (4/5) : Beaucoup de déchet dans le jeu, beaucoup plus d’implication. Belle vision du jeu et belle tête sur le but. Remplacé par Delph (N/N). Pour fêter la naissance de sa fille ?

Lingard (3/5) : +1 pour la passe décisive. Pas grand chose à dire de plus.

Sterling (2/5) : De bons appels, une envie évidente de percuter, il a pris de vitesse la défense suédoise à de nombreuses reprises. Perdre un ou deux duels contre le gardien, ça passe mais ne pas faire de passe à un collègue démarqué non ! PASS THE BALL ! Remplacé par Rashford (N/N).

Kane (4/5) : On ne l’a quasi pas vu du match mais il a fait ce qu’il sait faire et il l’a bien fait.

Comme disent mes amis belges non-footixés, l’Angleterre est l’équipe la plus sous-cotée du tournoi. On se retrouve mercredi pour le match contre la Croatie.

 

Ken SingTown

2 Comments

  1. Je te sens un peu aigri mais en fait la plupart des gens sont contents de voir l’Angleterre à ce niveau de la compétition et trouvent l’équipe jeune et offensive. Après y’a du bitch sur toutes les équipes, t’inquiète :)

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