Pour un anti-thiriezisme radical
Toto vs Thi-Thi pas Henry
Avec la nouvelle saison qui a déjà commencé depuis un moment, mais je suis à la bourre et on se refait pas, il est bon de rappeler pourquoi ceux qui aiment la liberté, l’égalité et la fraternité doivent plus que jamais considérer Fréderic Thiriez comme un ennemi.
On pourrait objecter que s’en prendre à un individu, fut-il président, c’est céder à l’une des tendances les plus décervelées d’une époque où la production exponentielle de VIP téléréalisés s’efforce de compenser leur insignifiance. Grâce à quoi les enjeux sont toujours moins construits, toujours plus personnalisés – « pipolisés ». Mais il n’est pas insignifiant que le chargé de pouvoir de l’oligarchie footbalisitique française mondialisée soit un égocentrique avéré. Une telle personnalité, davantage sans doute que quelques présidents de clubs rhodaniens ou phocéens qui aiment tout autant que lui cette vraie-fausse gloire, est bien adaptée aux fonctions de président de la LFP. Quand cette « Ligue », n’est plus qu’une instance intermédiaire dans le réseau des puissances qui enserre la planète sportive : l’ « économie » de ce sport, c’est-à-dire le bourdonnement hallucinatoire des échanges/transferts/merchandising financiers mondiaux (avec ses foirades meurtrières), les agissements de l’hyper bourgeoisie planétaire.
Sur cette trame, les présidents d’un club ou d’une Ligue demeurent de simples mais solides relais de domination grâce aux deux pouvoirs qui leur sont conférés : la « communication » et le sécuritaire.
La « communication » (la propagande, quand on ne parle pas la novlangue communicante) consiste à occuper de manière hégémonique les média pratiquant la diffusion univoque de messages (le contraire de la communication du monde d’avant, qui impliquerait un échange). Les gens veulent du foot dans la télé ? On va leur en donner plein, partout, tout le temps. Les gens veulent qu’on cause de foot à la télé ? On va leur donner des talks shows, des consultants vedettes, des chaines spécialisées… « Communiquer », cela signifie, pour un président de Ligue, réagir à une actualité qu’il serait bien en peine de susciter, vu son impuissance à influer en profondeur sur les processus économiques et sociaux du monde du football.
A chaque événement spectaculaire (Ultras qui se foutent sur la gueule, caillassage de bus etc.), il doit accourir sur les lieux pour y policer le réel en désignant victimes et coupables, assurer les premières de sa compassion (les présidents de club et les supporters « sages ») et les seconds de sa sévérité, avant, parfois avec l’aide du gouvernement au pouvoir à ce moment-là de demander des lois, de réprimer, de sanctionner. « Communiquer » implique de s’assurer la docilité des médias dominants grâce à l’amitié de leurs propriétaires (ceux qui ont dépensés des fortunes pour s’assurer les droits de diffusion des matchs) et une politique de séduction des masses qui ne demande que ça (le parc des Princes, zone pacifiée !) Quant a la piétaille de journalistes précaires, elle a intérêt à être docile, on comprend facilement pourquoi.
Sur le sécuritaire, inutile de s’étendre. Pour les dissidents, ce sera le barnum devenu maintenant traditionnel : interdictions de stade, de déplacements, dissolution de groupes de supporters ou parfois, tirs de Flash-ball.
Force est de constater que Fréderic Thiriez met en œuvre ce programme avec talent. Et c’est justement parce qu’il a ce talent là qu’une atmosphère de mensonge et d’autoritarisme se répand dans le monde du football aussi bien pro qu’amateur. Quand le chef a pris l’habitude de vous dire tout et son contraire, d’invoquer une France qui aime le football mais qui déteste ses footballeurs, de ravager des ambiances dans les stades et de créer des classements sur ces mêmes ambiances… comprendre en profondeur ce qui se met en place ne saurait être le fruit d’un effort solitaire. Une chose est sure : jamais autant de mépris profond pour les supporters n’avait été allié à autant de volonté tapageuse de séduire.
Plus que jamais un anti-thiriezisme radical est la condition nécessaire (mais certes pas suffisante) d’une opposition résolue à ce monde du foot tel qu’il va : mal.
Toto le Rigolo, commissaire du peuple horsjeuïen aux affaires de l’humour et autres trucs rigolos.
« c’est-à-dire le bourdonnement hallucinatoire des échanges/transferts/merchandising financiers mondiaux (avec ses foirades meurtrières), les agissements de l’hyper bourgeoisie planétaire. »
Oui tout à fait, je dirai même que tout cela est dû à la congolexicomatisation de la loi des marchés, une kermesse intercontinentaliste à potentiel jubilatoire.
hum
Mais bon, Moustache, y a des gens qui croient en ce qu’il fait?
« aux affaires de l’humour et autres trucs rigolos. »
Où ça ?