Au courrier des lecteurs: Metz que un club…

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Il est rare qu’un membre de horsjeu.net éprouve de l’empathie… Mais là… Purée, on fait une Valbuena…

Il faut du courage pour supporter le FC Metz depuis une bonne dizaine d’années et la saison qui s’achève n’a pas dévié de la droite ligne empreinte de lose qui est celle du club mosellan. En fait, le club au-maillot-frappé-de-la-Croix-de-Lorraine a réussi l’exploit de rééditer la même saison que l’an passé, et ça, ça n’est pas donné à tout le monde. C’est bel et bien une mécanique de précision qui est en marche. Une entreprise dédiée à la lose, adossée à une véritable stratégie de l’échec. Une fusée à six étages qui se déploie sous nos yeux ébahis.

Etape 1 :  assurer les fondations
Tout commence par les atermoiements d’un Yvon Pouliquen de compétition. Le coach breton, célèbre pour son impressionnante collection de places de 4e de Ligue 2, décide en plein été de prendre une semaine de réflexion : va-t-il rester au club ? Pas fou, le Vonvon : il sait bien que ses dirigeants ne sont pas fous de ses entraînements mous du genou, où promener son chien en soignant son tabagisme remplace parfois les schémas tactiques. Le président Serin hésite puis se ravise : non, il ne versera pas une année de salaire pour donner la place à Enzo Scifo. Le chien est content : les terrains d’entraînement du stade de l’autoroute sont confortables.

Etape 2 : un recrutement estival de toute beauté.
En tête, Razak Omotoyossi, aka Omogoal le pénétrateur de défense, aka le Taureau de Pobé, vite devenu le taré empoté. Il avait signé quand le FC Metz 2008-2009 caracolait en tête de la ligue 2 et se retrouve dans un club en bois, coincé à l’étage inférieur. Insuffisant pour le fer de lance de l’équipe nationale béninoise, et qui a mis 14 buts en UEFA aux côtés d’Henrik Larsson pour Helsinborgs, avant un glorieux passage en Arabie Saoudite. Alors, hein bon. Il arrive à Metz avec un mois de retard et des kilos en trop et multiplie les déclarations du style « on m’a manqué de respect ». Il marquera deux fois dans la saison. A part ça, Metz a la bonne idée de recruter le Luxembourgeois Mario Mutsch, ancien mécano devenu pro sur le tard, ainsi que le jeune et talentueux ailier lyonnais Jérémy Pied. Non, pas de blague sur son nom de famille, c’est comme les vannes sur Kaka, c’est Sheitan.

Etape 3 : mystifier son monde et faire croire à l’impensable.
Vite expédiés, les 10 premiers matchs. La défaite initiale à Vannes sur le score de 3 à 0 met tout le monde d’accord : la saison va être pénible. Stéphane Borbiconi, revenu au club après un intermède turc, ne met pas un pied devant l’autre. Pouliquen impose son faux 4-3-3 à deux ailiers et trois milieux axiaux qui se marchent dessus : Rocchi-Cardy-Johansen, tous étiquetés L1. Ca ne marche pas. Papiss Cissé multiplie les ratés à la pointe de l’attaque. Tout va pour le mal. Jusqu’à ce Metz-Laval (3-2) où les Grenats remontent deux buts de handicap et sauvent la mise du Druide Breton. S’ensuivent alors une série de victoires dûes à la précision retrouvée de Papiss Cissé, 8 buts en 17 matchs. Metz fait à nouveau peur, et pas qu’à ses supporters, puisqu’il s’installe solidement sur le podium. Fin de l’histoire ? Ah ah, pauvres fous….

Etape 4 : couper les têtes qui dépassent
Papiss Cissé se fait trop remarquer ? Il est d’ailleurs le seul à avoir une « valeur marchande ». Le premier arrivé remporte la timbale et juste après Noël, le Pap’ file à Fribourg tâter du championnat allemand. Voilà le FC Metz sans attaquant de pointe. Au mercato d’hiver, c’est Sylvain Wiltord qui déboule avec fracas. Premier match, premier doublé! C’est sûr, on va y aller, cette fois-ci, c’est pas possible autrement. Le profil curieux de Youssef Mokhtari, 10 marocain élevé à la 2eBundesliga, interpelle par ailleurs, mais on s’en fout. Sa bedaine de joueur du dimanche reste sagement assise sur le banc. Sur le terrain, les arbitres gâtent les Messins de pénaltys généreux, et les victoires heureuses se multiplient. Mais les suiveurs ne sont pas dupes. En fait, l’absence de Cissé, joueur pourtant médiocre, se fait rudement ressentir, car personne d’autre dans l’effectif n’a les caractéristiques pour tenir le poste « 1 » du 4-5-1 très à la mode un peu partout. D’ailleurs, il sera le meilleur buteur du club avec 8 buts en fin de saison…

Etape 5 : dévoiler son plan démoniaque au grand jour
Comme l’an passé, Metz se présente en excellente position au moment du sprint final. Des points d’avance sur le 4e, en veux-tu en voilà. De plus, personne ne semble vouloir vraiment du fauteuil. Le Havre, Clermont, Laval ou Nîmes se démènent pour refuser cette 3e place qui semble être celle du con. Un boulevard, on vous dit. N’empêche. Neuf matchs sans victoire ont raison de coach Poupou, dégagé un mois avant l’échéance. Ce dernier ne semble quasiment pas mécontent de ces vacances anticipées, et souhaite bonne chance au groupe pour la suite de la saison. Pendant deux années, il aura tenté de faire de Metz un club qui essaie de prendre le jeu à son compte. Eh, oh, druide, ici c’est Metz, keskya, nous c’est les Philippe Gaillot, les Cyril Serresdzum et les Gregory Leca qu’on sait faire, hein, tout ce qui est prout-prout et passes dans l’intervalle, faut oublier! Ici, on bétonne et on contre!

Etape 6 : rappeler le prince de la lose
C’est cruel pour le pauvre Muller, certainement le meilleur coach de l’histoire du FC Metz, qui a su mener en son temps ce petit club dans le haut de tableau pendant une demie-décennie. Ouais mais Muller, c’est l’homme des 2e places pleines de lose. Un titre perdu à la différence de buts contre Lens, un autre de rien face à Lyon, dans le camp lensois. Assurément, il est l’homme de la situation. La preuve : le Metz-Arles/Avignon décisif, il le perd à la dernière seconde. Ça vous la coupe, huh. Et pour remettre le couteau dans la plaie, deux victoires d’affilée refont basculer l’espoir dans le camp mosellan. La défaite finale contre Vannes a démontré une fois de plus l’incapacité qu’ont ces joueurs de prendre le jeu à leur compte. Bien joué, Jojo, mais, définitivement, cette quatrième place, elle est pour toi, Yvon.

Et maintenant ?
Maintenant que la stratégie de l’échec est accomplie, le plus beau reste à venir. L’an prochain, un budget divisé presque de moitié. 12 joueurs en fin de contrat, dont la moitié de cadres, bien trop chers pour le club. Seul motif d’espoir : les U19 qui remportent la Gambardella. Metz va devoir faire son Sochaux et donner les clés aux jeunes. Pas de quoi raisonnablement espérer une remontée l’an prochain. Vraisemblablement, c’est une saison sans désillusions qui s’annonce, et ça fait bizarre.

Graoullix

3 thoughts on “Au courrier des lecteurs: Metz que un club…

  1. On vit presque la même chose au Havre.

    Hier, ce sont Revault, Henin et Gillet qui ont annoncé leur départ.

    La saison prochaine, pas sûr qu’on joue les premiers rôles.

    Enfin, avec le nouveau stade j’irai voir quand même…

  2. Quand on voit ce qu’a fait Montepellier avec les vainqueurs de la Gambardella, Metz peut espérer.

    Ou sinon, ce sera le mème tarif que Strasbourg, qui rejoint le National après avoir échoué à la 4ème place.

    Fais ton choix Camarade !

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