Copenhague – Lille (1-0) : La LOSC Académie livre ses notes

C1, prologue
Mal barrés
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Pas le temps de gamberger. Quatre jours seulement après le match nul obtenu (concédé ?) face à Nancy pour l’ouverture de la saison à domicile, les exigences européennes sont telles qu’il faut remettre le bleu de chauffe en se déplaçant à Copenhague. Pour espérer disputer les poules de la Ligue des Champions (qui furent si frustrantes la saison passée), l’obstacle est donc danois. Tout calcul serait vain : il faut jouer la victoire ou dans une moindre mesure le match nul (prolifique), afin d’être dans une situation confortable au retour dans la Carrefour Arena.
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Et oui, tels sont les derniers bruits qui courent quant au naming du Grand Stade. N’en déplaisent aux haters et aux doux rêveurs optimistes, la nécessité pécuniaire est telle que le choix d’un partenaire financier (qui en l’état louera le stade) se fera très probablement au détriment d’un nom qui aurait de la gueule, qu’il soit Goudale Jenlain Arena ou Parc des Flandres. Mais très franchement, même si Carrefour est connoté supermarché, on peut aisément s’en tirer (toujours selon la rumeur) avec un jeu de mots à la Carrefour de l’Europe ou même Carrefour des Flandres (ce qu’est la ville de Lille !). Une telle solution serait toujours mieux, selon moi, que si le nom de la marque était bêtement apposé à côté de la dénomination « stade ». Qu’en pensez-vous ?
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(Note du Sergent : Je rappelle à titre indicatif que le Grand Stade est financé sous le régime d’un partenariat public-privé. Ce PPP est partagé entre Eiffage/Elisa, qui fait l’effort financier à hauteur de 56% alors que les 44% restants sont pris en charge par les collectivités, la communauté Lille Métropole devant dépenser 7 millions d’euros par an, et ça pique.)
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Au final, l’aspect financier du naming primera. So wait & see.
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Plus que deux semaines de mercato, et un mouvement est à noter du côté du LOSC : celui de Pape Souaré. Son temps de jeu aurait été famélique : on a donc prié Pape d’aller aider le Stade de Reims pour son retour dans l’élite. L’opération est bénéfique à trois niveaux :
1/ le joueur aura du temps de jeu dans un club de Ligue 1
2/ il n’y a pas d’option d’achat : le joueur pourra revenir au LOSC s’il montre des choses ou tout simplement lancer sa carrière ailleurs
3/ le titulaire actuel à gauche chez les Rémois est Franck Signorino.
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Rien d’autre à se mettre sous la dent. Vivement la fin de ce mercato tiens.
Les Løverne (Lions)
Les Danois entament ce tour (leur second barrage après leur victoire 3-2 à Bruges ; 0-0 à l’aller) en confiance. En championnat, ils réalisent un parcours quasi parfait : après 6 journées, le FC Copenhague compte 14 points, est invaincu (4V, 2N) et peut se targuer d’afficher une différence de buts confortable de +9. L’effectif est plutôt harmonieux, quand on y jette un œil puisque, chose rare même au Danemark, seules 6 nationalités sont représentées dans l’équipe (contraire : AS Monaco) : une majorité de Danois bien sûr, pas mal de Suédois également, deux Islandais, un Norvégien, trois Costariciens et deux Brésiliens. Le groupe est homogène et on y trouve plusieurs joueurs de talent.
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Le gardien, c’est Wiland, Suédois de son état et barré par Isaksson en sélection.En défense, j’avoue ne pas connaître grand monde avant ce match mis à part Lars Jacobsen, qui a évolué dans plusieurs clubs allemands et anglais (Everton notamment). Lié au LOSC par quelques rumeurs récentes, le latéral gauche Bryan Oviedo est à surveiller. On dit du Costaricien que c’est un bon manieur de ballon, au goût offensif prononcé. Il s’est véritablement imposé l’année dernière au FC Copenhague et commence à être courtisé en PL.
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Au milieu, le Brésilien Claudemir est le joueur phare : il paraît qu’il a du ballon, mais qu’il peine à se montrer constant après avoir montré de bonnes choses à son arrivée il y a deux saisons. Christian Bolaños est lui depuis longtemps présent en sélection costaricienne (41 capes) et devrait être le leader technique de son équipe, offensivement parlant. Il joue généralement comme meneur excentré.
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Le secteur offensif orphelin danois est orphelin de Dame N’Doye – locomotive du club et maintenant au Lokomotiv (avouez que le jeu de mots sur Carrefour donne mieux, d’un coup). La chasse aux buts incombe désormais au Brésilien César Santin, au jeune Jorgensen et au Norvégien Mustafa Abdellaoue (dont le frère Mohammed est déjà plus connu, jouant du côté d’Hanovre). Les supporters miseront vraiment sur Santin, trentenaire aux prestations irrégulières, pour prendre l’avantage lors de cette confrontation. Le bougre est en forme et a déjà marqué à 5 reprises en championnat et une fois face à Bruges, une fois.
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En parlant de la Belgique, le coach Ariel Jacobs nous vient du plat pays. Il aura à sa disposition sur le banc d’autres joueurs qui se sont montrés efficaces sur le début de saison comme le géant Cornelius.
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Les Danois se présentent finalement avec un 4-4-2 des plus dépouillés, à plat. Comme quoi ont peut jouer avec deux attaquants dans le football moderne ! La défense à quatre est couverte par une paire de milieux axiale positionnée assez bas. Les côtés sont costariciens, avec Oviedo en milieu gauche et Bolaños en charge de l’animation du côté droit. Santin sera le joueur le plus en pointe, accompagné par Nicolaï Jorgensen qui devra courir autour de lui, à partir d’un positionnement plus bas.
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Les remplaçants : Christensen, Jakobsen, Remmer, Vingaard, Delaney, Abdellaoue, Cornelius.
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Les Dogues
Debuchy et Basa sont bien entendu forfaits pour ce déplacement. Je songe de plus en plus à établir une typographie/infographie des blessures contractées par le Monténégrin. Adil Rami disait qu’à Lille « il fallait donner son corps à la science » (remember la réponse de Rudi, tout en tact : « tu fais chier Adil ») ; je crois que si les fonds venaient à manquer du côté du LOSC, on pourrait aller jusqu’à vendre Marko à la science. Pour cher.
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Sans les absents et avec l’accumulation des matches, Rudi élargit le groupe : Klonaridis, Soumaoro, Michel ou Sidibé n’ont pas encore joué (officiellement) sous les couleurs du LOSC. Toutefois rien ne leur garantissait une place sur le banc du Parken Stadium (même Mouko fait le déplacement !). Rodelin ou Vandam sont du voyage également. Le problème qui se pose, c’est que si Ronny, entrait en jeu, il ne serait plus éligible pour jouer une compétition européenne avec un autre club. Obligé de le prêter en Ligue 2… Oh, wait.
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La charnière Chedjou-Rozenhal est reconduite d’entrée, laissant Béria dans le couloir droit, comme contre Nancy. En fait, le XI est le même que face à Nancy – à l’exception près du retour de Balmont, ménagé vendredi. Il reprend sa place au détriment de Pedretti.
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Les remplaçants : Elana, Soumaoro, Bonnart, Gueye, Pedretti, Bruno, Roux.
(Note du Sergent : sur BeIn Sport, je n’ai pas eu le droit au chronomètre. Ça se monnaie, ça, aussi ?)
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Contre Nancy, j’ai ressenti le résultat et le contenu du match comme une frustration de ne pas concrétiser une domination, et de ne pas avoir tenté plus, sans être aveugle sur les carences d’une équipe pas encore au point. Ici, ce n’est point la frustration qui domine. Si j’ai pu être frustré de voir Kalou rater une fantastique opportunité d’ouvrir le score au terme d’un beau mouvement où Martin, Tulio et Payet ont combiné spontanément (7ème minute) , le pénalty (obtenu par l’Ivoirien à la 31ème) non transformé par un Payet dilettant a surtout provoqué du dépit.
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Les loscistes ne se sont pas montrés impuissants. Il ne se sont tout bonnement pas donnés les moyens de prendre l’initiative dans les débats : on a vu un profond manque d’envie. Les excuses de différence de préparation entre les deux équipes, de la reconstruction d’un collectif ou de la répétition des efforts ne sont pas valables. D’autres équipes parviennent à ce sortir de ce genre de piège. La victoire de Copenhague n’est pas usurpée, et comme bien souvent, on en vient à souhaiter que le LOSC soit puni dans un tel cas de figure – sans cesser d’être supporter de son équipe, c’est un phénomène indépendant.
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Car après les « fautes » de Kalou et Payet, l’ouverture du score danoise nous pendait au nez. Kristensen, excellent au milieu avec son collègue Claudemir, a allumé un premier tir de l’extérieur de la surface en début de match, mettant Landreau à contribution. Les Lillois, incroyablement imprécis dans les passes et les contrôles (cf. les performances individuelles plus bas), faisaient aussi preuve d’une défense passablement lâche sur les ailes (Bolaños, Oviedo et Jorgensen ne se privant pas d’exploiter ces espaces) tandis que le milieu danois avait pris le dessus. Sur une (énième) balle perdue bêtement par un Tulio plus que pataud (et pas Pato, malheureusement), les joueurs de Copenhague ont contre-attaqué et trouvé Jacobsen à droite, pour un centre précis au second poteau pour Santin (38ème). L’accumulation de fautes individuelles (Tulio, le milieu dépassé, Digne, Rozehnal) sur cette action ne saurait cacher les lacunes collectives dans le pressing, le marquage, et le soutien aux partenaires.
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Le LOSC a été méconnaissable. Même en l’absence de percussion, d’automatismes et de précision contre Nancy (et avec de l’indulgence et pas mal d’imagination, ok), l’équipe ressemblait à quelque chose. Par moment, on reconnaissait l’identité de l’équipe. Hier, la construction était affligeante de banalité et la création a été laissée aux vestiaires. Si les nouveaux y sont sûrement pour quelque chose (c’est toujours cool et facile d’emmerder les arrivants), ils n’étaient pas les plus à côté de la plaque. De Melo, Béria (à son poste naturel !), Balmont (pour que j’arrive à écorcher un Dieu vivant, il en faut) n’ont pas été au niveau. Et pire, on n’a pas senti de motivation ni l’envie d’aller marquer ce but important à l’extérieur, après avoir concédé l’ouverture du score.
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La seconde mi-temps fut un poil mieux, mais pas folichonne pour autant. A part sur coup de pied arrêté, jamais on n’en a senti les Lions en difficulté. Les noir et jaune se mettaient difficulté tout seul, soit en s’empalant dans la défense (Payet) ou en faisant de mauvais choix, à la fois dans l’intention et dans la réalisation (Béria). Et je ne parle pas de la transparence de Tulio De Melo, qui s’est néanmoins signalé positivement à deux reprises sur deux… reprises, une de la tête (57ème), l’autre du pied (60ème). L’entrée de Roux (62ème) a apporté même si son rôle et ses gestes furent brouillon. Le Dogue le moins timoré et le plus dangereux aura été Aurélien Chedjou sur corner (notamment à la 58ème). Loin d’attendre les Lillois devant leur surface, les Danois ont quand même exprimé un penchant pour le contre, et auraient même pu doubler la mise par l’intermédiaire de Bengtsson si sa frappe avait été cadrée (78ème), Landreau ne pouvant rien y faire.
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Le FC Copenhague a été d’une rigueur tactique irréprochable. Sur plans larges, le 4-4-2 de Jabobs se retrouvait toujours. En phase offensive, il suffisait d’un décrochage (au choix : Jorgensen, Bolaños ou l’un des deux milieux axiaux) pour faire vaciller une défense lilloise qui n’a d’ailleurs pas manqué de s’échanger le ballon pour le conserver sans prise de risque aucune. Stérile et énervant. Dans le repli défensif, où Mavuba, Balmont (puis Gueye) ont été à la peine, le 4-4-2 se refermait : les deux lignes d’attaque et du milieu se rapprochaient et redescendaient de manière à former 3 lignes compactes. Je l’ai déjà dit, la transition entre la récupération du ballon (synonyme : erreur lilloise) et la contre-attaque se faisait rapidement, si possible en trois passes. On a vu de bons joueurs, collectivement et individuellement, dans l’équipe danoise. Attention, je ne cherche absolument pas à dédouaner le LOSC, qui a surtout perdu de son propre chef. Le paragraphe suivant vise à présenter les atouts de l’équipe danoise qu’on connaissait peu, tout en restant conscient que ce ne sont pas des joueurs de top niveau européen.
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Wiland a fait le boulot dans les cages. Les deux costariciens sont des joueurs très techniques, au style de jeu différent (provocation et débordement pour Oviedo ; meneur et tendance à venir dans l’axe chez Bolaños) mais plutôt efficaces dans leur rôles d’animation des côtés du 4-4-2 (le gaucher étant tout de suite moins serein lorsqu’il fallait défendre cela-dit). Kristensen et Claudemir, les deux relayeurs, ne sont pas des box-to-box,  mais ils assurent tant bien la récupération que la construction. Petit plus personnel à Claudemir qui a la capacité à envoyer proprement le ballon là où il le faut. Jorgensen a aussi fait bonne impression dans son rôle de 9 1/2. Joueur d’espace, ses appels furent nombreux et les fausses pistes qu’il a déclenchées ont profité à ses coéquipiers. Il n’excelle ni dans la vitesse, ni dans la technique pure mais semble assez complet. La défense a semblé sereine sauf sur CPA (7 corners pour le LOSC). J’ai d’ailleurs trouvé les latéraux très bons, que ce soient Bengtsson ou Jacobsen (même si ce dernier a montré qu’il avait plus que de beaux restes). Les entrants Delaney et Cornelius ont apporté de la fraîcheur.
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Une fois n’est pas coutume, notre adversaire, friand de construction, n’a pas été dominé : Lille n’a pas su accaparer le ballon (50% tout rond). Voir jouer le LOSC en contre régulièrement dans la rencontre, ça fait tâche par rapport aux qualités des joueurs (Martin par exemple) et par rapport au plan de jeu des trois-quatre dernières saisons.
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Le consacré « challenger numéro 1 du PSG » (on est devant au classement !) n’a pas un effectif dantesque. Pour ceux qui ne le savaient pas, ils viennent de le découvrir. Sans la notice, Nolan Roux n’est pas un pur attaquant de pointe. Son jeu est plus clairement le décrochage, qu’il soit vers ses milieux, sur les ailes ou vers la profondeur. Bruno est trop tendre pour être cet attaquant, même s’il en a les qualités (traduction : peu de réussite en jouant plus bas pour lui). Rodelin est trop drôle pour jouer ce rôle. D’autre part, Payet a laissé toute sa percussion dans la préparation. Il avait pourtant été plutôt à son aise contre Nancy, certes devant une défense moins mobile. Salomon Kalou rentre systématiquement vers l’intérieur (quand on voit qu’un joueur comme Bolaños se sert de ce déplacement à bon escient…), même quand le jeu est d’embarquer le défenseur sur son côté. Ce ne sont pas des joueurs qui peuvent régulièrement provoquer une défense en la prenant de vitesse (et attention, je ne dis pas qu’il nous manque spécifiquement Eden, même si je ne renie pas qu’un joueur de sa trempe a la capacité d’illuminer ces matches collectivement pauvres). Faut-il travailler l’association de deux attaquants ?
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Les réussites de l’effectif danois sonnent comme un miroir (Balmont peut faire sonner un miroir) des manques loscistes. Le mercato n’est pas terminé, et même si l’on sait pertinemment que les fonds disponibles ne sont pas énormes, il va falloir commencer à regarder du côté des prêts possibles, ou faire des « coups ». Cela devient indispensable. Eu égard à ce que j’ai écrit dans le paragraphe supra, il nous manque un ailier percutant. Ce pourrait être Mendès. Un joueur de Ligue 2… Pendant que je suis sur la Ligue 2, prenons le cas de Gueye. J’ai été sévère avec lui l’année dernière. Je ne vois vraiment pas ce qu’on trouve à ce joueur, qui se retrouve là un peu par hasard (bon, pas vraiment, il vient de Diambars – qui a aussi engendré Omar Wade). Il n’est pas milieu défensif (trop frêle, pas assez strict dans le marquage), mais bien relayeur et c’est là qu’il joue. Mais quid de sa qualité ? Il sait se projeter vers l’avant, certes. Il court relativement vite. Il est gaucher. Mais à quoi bon si c’est pour faire des passes à l’adversaire et ne même pas apporter de jus sur le terrain ? Idrissa, honnêtement, n’a pas encore le niveau Ligue 1 (notez qu’il arrive sur ses 23 ans, et je le rappelle à chaque fois). Tout cela pour dire qu’il nous manque un axial, Balmont commençant logiquement à décliner (même s’il est éternel), de même que Pedretti. Si Martin se blesse, que fait-on ? Le système change ? En cas de suspensions, blessures, ou scoumoune, le seul milieu valide derrière les cités, c’est Julian Michel.
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Enfin, je ne connais pas encore la qualité de centre de Sidibé, mais en l’absence de Debuch’ nos latéraux ne savent pas le faire (Digne progressera dans ce domaine). Je n’appelle pas à une recrue sur ce plan, mais il faut faire quelque chose. Vite. Parce que depuis que Béria a le droit de se servir de son pied droit, c’est une catastrophe.
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Mon constat a un penchant alarmiste, c’est bien l’objectif. 1-0 à l’extérieur n’est pas en soi un mauvais résultat. C’est le contenu qui inquiète, puisqu’en jouant de la même sorte au retour, nul doute que Copenhague en profitera. Leur explosivité rapide vers l’avant pourra faire très mal en contre-attaque. Le minimum syndical, alors que l’on a pour mission (c’est une nécessité, dixit les dirigeants) de se qualifier pour la Ligue des Champions, est au moins de faire preuve de l’engagement. L’attitude des Danois est un exemple à suivre. Le public devra pousser au Grand Stade. Je pense qu’on peut compter sur Rudi, même s’il m’a paru frileux pendant ce match aller (tactiquement et au niveau des changements – voulait-il vraiment gérer ce score ?).
En réalité, Eden nous manque quand même. Un peu. Et Gervinho. Et Sow. Et même Frau. Emerson aussi. Ah non, pas Emerson.
Place aux notes, qui seront sévères et assumées comme telles.
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Landreau  : Rien à lui reprocher, il a fait le taf et décroche ce qui sera la note maximale pour ce match. J’annonce. Il est lâché par sa défense sur le but et ne peut en aucun cas sortir sur un tel centre. Vers la fin du match, une frappe lointaine de Bengtsson qui a frôlé le cadre aurait pu le surprendre, mais là encore Micka était masqué par une forêt de joueurs.
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Rozehnal  : Débute bien son match avec des interventions défensives à bon escient. Puis, il n’est pas présent au marquage sur le but de Santin. Et là, c’est le drame dans la tête de David, quelque chose se casse. Les fantômes de Maurice-Belay (à ne pas confondre avec les fantômes de Jussie, qui sont en réalité ses enfants) reviennent le hanter. Le concert de conneries reprend en fanfare, entre passes lobées et risquées terminant en touche et carton jaune stupide : David rozehnale.
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Chedjou  : Le seul joueur vraiment à son niveau habituel, c’était Aurélien. Pas transcendant non plus, mais il sauve son camp du 2-0 en seconde période en tendant la jambe, ce qui n’est déjà pas si mal. Au-dessus de tout le monde sur corners offensifs, il a été le Lillois offensivement le plus dangereux. Super. Par contre dans la construction ce fut le vide abyssal, ses partenaires préférés étant Landreau et Rozehnal.
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Béria  : Grand malheur : Franckie n’a pas appris à centrer depuis vendredi. Si dans un seul match il n’arrive pas à ajuster sa mire et qu’il en arrive à regarder ses crampons plutôt que les (non) appels de la tige brésilienne (ce n’est pas sale) dans la surface, la précision reste un voeu pieux. Défensivement ce fut clownesque. En bonne amatrice de cirque, la troupe danoise menée par Oviedo a profité tout le match de la piste aux étoiles qu’il a déployée sur son côté. Et en plus, Franckie a eu envie de faire participer toute la famille en offrant des ballons à ses adversaires tout au long de son spectacle. Quel showman.
Oh dis-donc, tu fais super bien les contrôles toi !
Digne  : Le premier match où il a dû vraiment se comporter comme un défenseur pendant plus de dix minutes cumulées. Au-delà du choc causé par une telle situation, Lucas n’a pas démérité en défense. Il a commencé par bien contenir les assauts du côté droit des Lions. Puis il a été dépassé, délaissé par ses coéquipiers et notamment par Payet qui en face-à-face se jette devant la première feinte (synonyme : crochet) venue. Sans pressing dans son rayon d’action, Bolaños s’est bien amusé à débouler sur son côté et à rentrer dans l’axe pour faire place à Jacobsen – lui aussi jamais mis à l’épreuve dans le duel. A déplorer également des centres très moyens de la part de Lucas, dus-je le préciser.
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Mavuba  : Rio a gratté quelques ballons comme à son habitude, et a été l’un des rares à initier un éphémère pressing contre le milieu danois. Mais il a souffert, surtout en première mi-temps, mal placé face à la paire axiale danoise Claudemir-Kristiensen, un peu comme une petite fille prise en sandwich entre son oncle et monsieur le curé.
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Balmont  : Fut le métronome et le reflet de son équipe, comme à son habitude.
> Hors du coup, il est sorti à la mi-temps pour Gueye , pareil sinon pire que Balmont. Minable, pas une passe correcte, peu de ballons récupérés à son actif et aucune projection offensive. Niveau Ligue 2.
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(Note du Sergent : j’espère que le Grand Flo ne m’en voudra pas, j’ai eu mal en écrivant ce chiffre)
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Martin  : Le seul à surnager au milieu, et à proposer un peu plus que du football basique et convenu. Marvin s’est prostitué pour obtenir des ballons, a beaucoup tenté de passes en retour, de même que des redoublements. Ses coéquipiers ne l’ont pas aidé en zone offensive, ne sachant pas trop quoi faire de ses passes, ou tout simplement en manquant des contrôles a priori élémentaires.
> Marvin est sorti en toute fin de match pour Pedretti  qui ne fonctionne que face à Saint-Étienne.
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Kalou  : Un point pour avoir provoqué un pénalty. Le reste est relativement correct dans le jeu, sans plus, pour ce qui est de son utilisation du ballon. Mais il rate ENCORE (écrire « ENCORE » au bout de la troisième académie, youpi) une occasion énorme, la plus franche du match, et tue par-là même une merveille d’action collective (la seule du match à ce niveau). Et Salomon ne se sert jamais de son pied gauche. Soit il est superstitieux, soit il fait un concours avec Gianni pour savoir qui a le plus mauvais. A disparu au milieu de la deuxième mi-temps.
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Payet  : Ne doit plus jamais tirer un péno (pourquoi est-ce lui qui l’a tiré alors que Tulio l’a fait l’année dernière ?). Bref, il le foire sans prise d’élan, du plat du pied, après avoir hurlé en suédois à Wiland qu’il votait à droite. Certainement plombé par son échec, son match est ignoble, émaillé par des contrôles complètement ratés. Aucun succès dans la percussion – aucune tentative non plus en fait : l’Invisible de DIM. Très mal, très rien.
> Rudi nous a épargné quelques minutes de massacre, en le remplaçant par Roux . Naïf que je suis, j’y ai cru à son entrée. Mais non, après quelques conduites de balles intéressantes qui ont permis d’éliminer quelques Danois, ainsi que des décrochages amenant des solutions nouvelles, il est tombé dans le n’importe quoi – par exemple en frappant de 30 mètres dans les tribunes. Le geste du match : Nolan tente le piqué à 25 mètres, mais son ballon ne s’élève pas plus haut que 50 centimètres.
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Tulio  : Deux occasions qui ne sauraient rattraper son non-match. Lent, limite jemenfoutiste dans les transmissions voire même personnel, De Melo n’a jamais varié son positionnement à l’intérieur de la surface – surface dans laquelle il n’a pas daigné se mouvoir. Pas non plus génial de la tête, se faisant régulièrement souffler le ballon par les centraux danois. Et je ne parle pas de ses tentatives d’élimination balle au pied où il se faisait systématiquement et piteusement reprendre, en plus d’être ridicule. Il nous a bien niqué avec sa prolongation (pour le moment).
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Non.
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Je termine en vous citant Rio :
« On s’est fait bouffer au niveau de la détermination. On a senti qu’ils en voulaient plus que nous. Dans les duels, on s’est fait bouger. (…) J’espère qu’on a un minimum de fierté et qu’on réagira la semaine prochaine »
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Il a RAISON !
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Pour les images c’est ici. Prochain match, prochaine académie. Ce weekend (samedi à 18h), déplacement au Stade du Ray pour redresser la barre.
Sergent Garcia

academicien

Le plus grand auteur Anal de football

5 commentaires

  1. En regardant la compo on se rend compte tout de même que le lifting à la machette de ces 20 derniers mois n’a pas fait que du bien. L’écolution en attaque depuis le titre est assez rude, que ce soit sur le terrain ou sur le banc. Hazard Gervinho, Sow, Cole, Obraniak, Frau, Cabaye. Ca fait du monde pour une si courte période.
    Si on ajoute à cela une défense qui valse au rythme des blessures, il me semble que collectif est pour le moins affaibli. Et Garci donne l’impression de bien savoir tout cela…

  2. En plus d’etre incroyablement mechant (meme pas severe…) avec lui, je pense que dire que Gueye est un relayeur n’est pas la verité.
    Je le trouve bien plus Mavubesque que Balmonien, meme si le sergent prefere le faire jouer tel un Balmont. Il ne fut pas au niveau comme tant d’autres. Sauf que Gueye n’est pas un cadre, c’est aux cadres de se bouger (sinon les frappes de Roux ne rentreront jamais … pardon).

    ps : n’ecrivez plus le nom de ce defenseur tcheque jouant pour le LOSC Lille, j’ai failli encore me suicider.

  3. @Dutroux : c’est pas faux, je suis assez méchant avec Gueye mais c’est pour son bien (et le mien).

    Il n’a tout de même pas le niveau d’une équipe de haut de tableau de Ligue 1 ! Peut-être est-il plus un récupérateur comme tu le suggères, mais à part blessure de Rio il a toujours joué soit à la place de Balmont, soit à la place de Pedretti (voire même excentré). C’est simplement mon avis, mais faire jouer Gueye bas c’est du dépannage, comme Roux sur l’aile (et Nolan sur un côté cépupotib)…

    Et le problème reste le même quel que soit le poste d’Idrissa : il manque un milieu dit « relayeur ».

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