Jean se la raconte en histoires belges.

 

L’Histoire :

Dix matches sans victoires. Dont cinq avec Michael Skibbe à sa tête. C’est le triste bilan berlinois à l’heure de la Berlinale. Le nouvel entraîneur est donc parti. L’ancien s’est trouvé un nouveau club. Le club a trouvé quelqu’un à mettre pour finir la saison, Otto Rehhagel. Mais il reste un match de transition à aborder contre le leader et champion en titre. Et avec un concours de circonstances défavorables, le Hertha pouvait viser la lanterne rouge.

Avec un lot de circonstances favorables, le Borussia s’attendait plutôt à prendre de l’avance sur ses poursuivants. Dans le pire scénario possible, le Bayern pouvait reprendre deux points d’avance. Et au vu de la forme des deux équipes, le résultat semblait facile à prévoir. Presque trop.

Pour les formations, au Hertha BSC, on change quatre joueurs par rapport à la déroute de Stuttgart. À Dortmund, les changements depuis la victoire contre Leverkusen sont aussi en rouge. Mais il n’y en a que deux, encore que l’un des deux est un décalage de Lewandowski un cran plus bas. La blessure de Kagawa a contraint Jürgen à titulariser Barrios, qui se voit accorder une nouvelle chance de montrer son niveau réel.

 

Le Combat :

À Berlin, par tradition, la sauce est cachée à l’intérieur. Comme leur beignet, les Berlinois ont joué leur rencontre compact et sans laisser trop d’espace. Le peu de fois où ils laissent Dortmund s’infiltrer, ils s’en extirpent aussi rapidement et s’offrent de jolies opportunités en contre. Ils obtiennent le premier corner de la partie ainsi. Rafael tente à plusieurs reprises de passer en vitesse. Mais les beignets, même berlinois, sont plutôt doux. Ça manque de mordant et cadre quasiment pas. Alors que le Borussia vacille à plusieurs reprises, « Pétrick » Ebert choisit par deux fois de mettre le ballon à 50cm à droite du poteau droit (50′, 56′).

Mettre un attaquant supplémentaire (alors que le score est toujours à 0-0) ou récupérer un ballon dans la surface par la bienveillance du défenseur adverse n’y change rien. Ce beignet est trop gentil. Il se heurte à Weidenfeller, qui n’a pas peur de s’y coller lui.

 

Pour le Borussia, la rencontre aura été longue et pénible. La première mi-temps a été joué sur un rythme très aléatoire. Pris à froid dans le méli-mélo des duels, les hommes de Jürgen ont compris qu’il serait plus utile de poser le pied sur le ballon. Cependant, si Piszczek utilisait la voie express sur son côté droit, le reste de l’équipe est figé dans l’huile. Sans être remués, ils se carbonisent en ballon long qui mènent nulle part. Il faut une erreur berlinoise pour permettre à Piszczek de faire valoir sa forme du jour, avec un centre parfait vers Barrios. Et un Barrios dans sa forme du jour pour se lancer dans un méli-mélo pédestre, ubuesque et schizophrénique. Il fallait alors l’intervention de la sauce pour relever le goût de la partie. Lewandowski s’essaye à la sauce Van Basten à la 51′ mais sa reprise croisée n’atteint pas le cadre. Et finalement, sur un centre de Kuba, Lewandowski ne transperce pas le papier Kraft. Mais il permet à la sauce Dallas de faire connaître sa science de spectacle. Großkreutz se permet une reprise retournée, voyant que le ballon va lui échapper, alors que le gardien est à cinquante centimètres de sa tête. 1-0. Kehl assurera la densité du produit final, en récupérant tout ce qui bouge sur la fin.

Ceci est bien un but (en devenir).

 

Ça ne bougera donc plus et Dortmund sort de la capitale du monde de la currywurst avec trois points. Cela rend Jean plutôt mitigé. Son équipe a quatre points d’avance sur les Bavarois, trois sur le Borussia (l’autre). Tout semble bien, dans un calendrier relativement calme avec seulement une coupe d’Allemagne en plus.

Sauf que pour jouer contre le Hertha, comme un symbole de la couenne ambiante, le Borussia aura développé un match aussi subtil qu’une fricadelle. Heureusement, la sauce Dallas sur les boulettes a fait avaler les pilules anti vomitives. Mais ce style fricadelle manque de raffinement. Il a manqué la finesse de la prestation. Et en face, ce ne seront pas toujours des bugnes. C’est pas tous les jours carnaval. Hanovre ne saura que trop bien le rappeler.

« Ah ça du porc y’en a pas. Mais tu donnes ça à un chien, il en mange pas non plus. » Dikkenek.

 

Les soldats :

Weidenfeller (4/5) : Heureusement qu’il est là. Jean l’oublie parfois, parce qu’il n’est pas mis autant à contribution que le gars de l’autre côté du terrain. Mais quand Hummels joue à la marelle, il est déjà au ciel.

Piszczek (5/5 sur 45min) : Jean a gueulé la semaine dernière. Lukas s’est entraîné avec le coach anal et a compris la leçon. Sa première mi-temps a été parfaite. Il était devant et derrière. Il était prêt à se sacrifier pour toucher du ballon… ce qu’il a fini par faire en se jetant sur Kraft. KO et sortie à la mi-temps.

Schmelzer (2/5) : Pas le pire défensivement, il a chié dans la colle des relances à quelques reprises, ce qui plombe son bilan du jour.

Subotic (3/5) : Propre et serein. Il a nettoyé les couches de Schmelzer et Hummels à plusieurs reprises. Il respire pas la joie de vivre de Pinkie Pie, mais il est aussi responsable qu’elle.

Hummels (0/5) : Le pire défensif pour la fin. Il aura tout fait ce samedi : relances ratées, dribbles honteux, regards de cocker. Perturbé par les vieilles rumeurs de transferts qui reviennent parfois ? Par l’Euro et une place à prendre en Mannschaft ? Par la vie ? Par le leadership ? Par la classe arboré juste avant ? On aurait dit un trauma-Toulalan à la cafétéria Leclerc. Violent quand ça se passe sur un terrain. Jürgen Klopp a carrément dû le sortir avant la fin.

Bender (2/5) : A-t-on jamais vu un robot arriver en retard ? Un tour en cabine de suicide et ça repart la semaine prochaine.

Kehl (4/5) : Avec un Bender moins rassurant qu’à l’habitude, Kehl a compensé sans sourciller, en petit métronome discret de la mécanique de Jürgen. Der Kapitän ist wichtig.

Großkreutz (4/5) : Il tire l’équipe d’une mauvaise situation avec sa reprise acrobatique retournée à dix centimètres du gardien. Quel bel homme !

Kuba (3/5) : Il aurait pu décrocher plus souvent en première mi-temps pour permettre un jeu plus court et donc plus efficace. Il a été mieux inspiré pour finir et sans faire oublier Götze, il fait patienter. Ce qui est bien mais pas top.

Lewandowski (2/5) : Pas à l’aise dans son rôle de soutien à Barrios. Il ne savait pas quoi faire du ballon. Il jouait souvent comme si les défenseurs étaient collés à lui et était étonné de tomber sur eux trois mètres plus loin. Jean doute de son impact à ce poste et préfèrerait en voir d’autres (Perisic?).

Barrios (0/5) : Lucas… L’espoir était revenu avec ses entrées-buts d’il y a deux semaines. Mais la rechute est plus dure encore. Lucas a réussi aujourd’hui deux gestes d’exception : un magnifique double-contact sur un centre de Piszczek, pied droit – pied gauche, pour transformer une occasion en passe au gardien ; un incroyable planter de crampon dans la pelouse au moment où le ballon lui passe sous le nez, dans la surface, et qu’il aurait pu faire un planter de but sans franche difficulté. Ah, sinon, 19 ballons touchés en première mi-temps dont une majorité de perdue. Seule bonne nouvelle : il était, à ce moment-là, l’auteur de plus de tir que tout le Hertha réunit. Soit trois. Oui, c’est relatif.

 

Les réservistes :

Owomoyela (3/5) : Le rêve des sociétés d’interim. Il est présent dès que nécessaire et ne bronche pas quand on ne lui donne rien à faire.

Leitner : Renfort de poids pour finir le match. Surtout quand il permet de remettre Barrios sur le banc.

Santana : Rassurant … de voir qu’Hummels n’était plus sur le terrain mais sur le banc, commun symbole de match pourri comme Barrios.

 

Boni politique :

Le Parti Pirate, après le parlement de la ville de Berlin, s’incruste aussi à l’Olympiastadion.

Tandis que Jürgen Klopp vous incite à croire en son « Dortmund Fort » intérieur.

 

Jean Colère.

 

Jean part dire bonjour au pays de la Jupiler et de Bart. Il n’assurera peut-être pas son travail académicien la semaine prochaine. Enfin pas la partie écrite. La partie saoule devrait aller d’elle-même.

Avant cela, Jean vous fournit quand même le but de Großkreutz en version muette pour apprécier le génie du geste.

Il vous rappelle encore et toujours qu’il passe parfois faire un tour sur Facebook. Par contre, par la peine de le chercher sur Twitter. Demandez plutôt à BundesligaFR pour avoir les dernières Nachrichten.

Surtout, Jean continue de répéter en 2012 qu’un abonnement à Horsjeu pas net est une excellente idée. Comme s’abonner au Tigre. Vous pouvez bien faire les deux en même temps. Ou seulement l’un.

Mit analen Küsschen.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.