Jean a mal à la tête : ça fait deux jours qu’il n’a pas bu de bières belges.

 

L’Histoire :

L’année 2012 se passe comme un feuilleton pour Dortmund. Un feuilleton sans rebondissements. Un feuilleton à la Derrick. Les matches sont gagnés, les uns après les autres. Et les joueurs continuent de « prendre les matches les uns après les autres », comme un symbole de phrase plate pour saison sans accoups. Seuls les coups font mal : Leitner est absent, Kagawa rentre d’une blessure, Götze continue son séjour à l’infirmerie. Enfin : le bilan est constitué uniquement de victoires (et un « match nul » en coupe, avec qualification aux tirs-aux-buts).

Les derniers à avoir battu le Borussia en championnat, ce sont les Hannover qui se pointent l’air de rien au Westfalenstadion ce dimanche-là. Sur Hannover, Jean doit avouer qu’il ne connaît pas grand chose. Il se méfie particulièrement d’Abdellaoue devant. Et il a croisé leurs sympathiques supporters à Brugge, en semaine. Au milieu d’une ville calme et endormie, ceux-ci ont alterné frites et bières pendant quelques heures, au pied de la grande tour, avant d’entonner quelques chants et de filer au stade dans le calme. C’était beau. Jean a presque ressenti de la sympathie pour eux. Et leur qualification a été vécu comme une bonne nouvelle par Jean, bien que William Vainqueur doit lui toujours se demander comment cela est possible qu’un club belge perde.

 

Le combat :

« Connexion polonaise » et « vieux démons ».

Quatre mots suffisent pour décrire tout le match. D’une manière générale, le jeu du Borussia a été aussi propre et efficace qu’à son habitude dans cette Bundesliga 2011-2012. Le Hannover 96, repoussé dans son camp quand il a le ballon, a eu toutes les peines pour se procurer des occasions convaincantes.

Les seules possibilités sont aussitôt mises à mal par un seul homme : Piszczek. Tout d’abord une première fois, à la 5′, après une incompréhension entre Bender et Hummels, Lukas intervient avec autorité devant Diouf (qui se venge alors en assommant le nez de Bender, qui doit sortir après 8′). Dix minutes plus tard, après une jolie passe de Cherundolo qui prend à revers la défense, Piszczek ose un tacle dans la surface sur Pinto. Récupération propre.

 

Lukas Piszczek est au départ d’un jeu du Borussia qui penche sévèrement sur la droite 60 minutes durant. Son entente avec Kuba pose les pires soucis à Hannover. Obligés d’intervenir en retard, leurs joueurs voient les jaunes affluer : Diouf (20′) puis Schlaudraff (25′).

Sur un premier coup-franc, tiré par Kuba, la défense d’Hannover se chie dessus et laisse Großkreutz, Hummels et Lewandowski seuls contre Zieler. Mais, comme un négatif photographique de NTM, Lewandowski dérape. Toutefois, sans surprise et une minute après le jaune de Schlaudraff, le Borussia ouvre le score. Kuba cherche une première fois Lewandowski. Celui-ci est devancé par la défense verte et se plaint d’un petit coup reçu sur le pied. Hannovre part en contre ; Kuba fait une récupération autoritaire au niveau de la surface et repart aussi sec. Piszczek, un peu devant, est servi et plonge vers l’intérieur. Lewandowski oublie alors sa douleur, appelle dans la profondeur, reçoit, efface et marque. 1-0 vengeur.

Puisque tout se passe à droite, les transversales font merveille. Schmelzer a devant lui des espaces impressionnants, dont il ne tire que des frappes envolées. Avant la pause, les Borussen reprennent plutôt le rythme sur la gauche. À la 40′, ils signent un 2-0 sur une action sublime mais signalée hors-jeu. Le score est presque chanceux pour des verts et noirs dépassés et inoffensifs. Weidenfeller doit se reposer après moins de dix ballons.

 

Et pour la deuxième, la connexion polonaise continue son œuvre. Großkreutz, sur son côté gauche, résiste tant bien que mal à Cherundolo mais recule. Il sert de l’autre côté du terrain Piszczek, laissé libre, qui choisit de centrer automatiquement vers Kuba. Le second Polonais se glisse vers le but et anticipe la sortie de Zieler par une remise vers Lewandowski. 2-0, Lewi ne se fait pas prier pour un doublé.

Le mauvais souvenir du match aller est loin. Avec deux buts d’avance, Hannover ne pourra pas arracher une victoire inattendue façon Bayern-Man United. Sauf que… Sauf que Abdellaoue et Schlaudraff, particulièrement mauvais, sortent enfin. Sauf que Ya Konan touche un ballon, sort un tir improbable qui lobe Weidenfeller et met Hannover à portée de feu et avec un surplus de confiance/motivation/croyance. 2-1.

Pendant quelques minutes, le Borussia ne panique pas mais fait montre de la nervosité. Jean retrouve les craintes de la ligue des Champions. L’équipe continue son jeu, mais en étant capable sur une action anodine de craquer et réduire ses chances. Großkreutz efface Zieler mais est signalé (chanceusement pour le suspense et Hannover) hors-jeu. Dortmund prend cela pour prétexte à des coups nerveux : Schmelzer multiplie les fautes et reçoit son jaune ; Kehl en fait de même et, pire, fait un tacle idiot une minute après son avertissement. Il ne doit sa non-expulsion uniquement à l’avantage laissé par l’arbitre.

Le seul homme qui n’est pas nerveux est Weidenfeller. Le fautif du but. Il intervient sur sa ligne, dans les airs, comme si de rien n’était. Il reprend son rôle de dernier barrage qu’on ne franchit pas aisément. Rausch, chez les Hannover, s’énerve à son tour et frappe comme un sourd de 30 mètres, à plusieurs reprises. Soit exactement ce qu’il fallait pour rappeller à Dortmund qu’ils sont encore devant au score : Subotic se la joue sauveur quand il est l’heure, Piszczek brille. Perisic rentre (Barrios est rentré 10 minutes avant lui, mais cela… Jean n’en parlera pas dans le résumé). À 90+1, Perisic subit le jeu Hannover. Jean, qui a vu les trois-quarts du match en différé mais la fin en direct, dira alors à son confrère de logement : « Sur le coup-franc, ou Barrios ou Perisic marque. » Ce qui voulait dire que Perisic marquerai. Ce qu’il fit. 3-1. Remballons. Le dernier club à avoir vaincu le BVB en Bundesliga est vaincu à son tour.

 

Les soldats :

Weidenfeller (3/5) : Il s’est ennuyé pendant 60 minutes. Alors quand Ya Konan frappe à 30m, il n’est pas prêt. Mais ne perd pas sa sérénité ensuite.

Piszczek (5/5) : Mann der Spiel. Le voilà le grand Lukas, intraitable en défense (Jean veut pour preuve son intervention sur X à la 5ème), omniprésent devant, centres parfaits et à l’origine de deux des trois buts.

Schmelzer (3/5) : En délicatesse en fin de match et à l’image d’un côté gauche qui a peiné à suivre le rythme du côté droit pour offrir des alternatives. Et pourtant, il y avait de la largesse devant lui.

Hummels (3/5) : Bien. Sans plus. Rien à voir avec le Hertha donc.

Subotic (4/5) : Bien. Avec bonus pour les interventions décisives dans les dix dernières minutes.

Bender (non noté) : Comment vaincre un robot ? Pas sur son corps, mais sur son visage. Arsenal l’avait montré. Hannover fait de même. Putain de pied haut.

Kehl (3/5) : Il a régalé au milieu de terrain, comme il le fait si bien en ce moment. Pourquoi pas 4 ? C’est un miracle qu’il ne se prenne pas le rouge. Et son jaune nous handicapera sérieusement pour recevoir Mainz.

Kuba (5/5) : Deuxième homme de la connexion polonaise, deuxième 5. Teigneux et besogneux. Tout le jeu Borussen passait par lui.

Großkreutz (3/5) : Toujours volontaire, toujours fidèle à lui-même, toujours génial. Kevin manque juste du geste décisif pour avoir une réelle incidence sur le score.

Kagawa (4/5) : Des gestes merveilleux, des une-deux et des passes de l’extérieur à gogo. Shinji quoi.

Lewandowski (5/5) : Un but qu’il s’offre dans un mouvement vengeur, un but qu’on lui offre sur un plateau, et le voilà qui continue de plonger Barrios dans la dépression. Pas grave, Lewi est là.

 

Les réservistes :

Gündogan (8′ pour Bender, 2/5) : Il continue de manquer de pep’s et d’énergie. Jean veut l’envoyer en prêt à Berlin, goûter la boisson locale pendant quelques temps. En espérant que ça le réveille définitivement.

Barrios (75′ pour Lewandowski) : Jar-Jar Binks de l’attaque. Obi-Wan Kenobi, tu es mon seul espoir. (Jean ne l’a pas revu tombé idiotement seul au milieu de terrain quand il a vu le match en différé, mais en direct, il lui a bien semblé, ce qu’il l’amène à ce commentaire.)

Perisic (85′ pour Kagawa) : Cinq minutes pour un centre moisi, une dure faute subie et un but opportuniste. Pas mal.

 

Jean offre un beau résumé de cinq minutes pour une belle victoire sans colère mais une tape amicale entre Kloppo et son homologue.

Il vous rappelle au passage qu’il passe parfois faire un tour sur Facebook. Par contre, par la peine de le chercher sur Twitter. Demandez plutôt à BundesligaFR pour avoir les dernières Nachrichten.

Enfin, Jean continue de répéter en 2012 qu’un abonnement à Horsjeu pas net est une excellente idée. Comme s’abonner au Tigre. Vous pouvez bien faire les deux en même temps.

Mit analen Küsschen.

12 thoughts on “La Borussia Akademie note Dortmund-Hannover (3-1)

  1. Pour le premier but de Lewandowski ? Ouais. Ils aident bien (enfin de mémoire, c’est le centre-droit qui se chie dessus).
    Zieler est pas si mauvais. Il a fait quelque bon truc. Mais sa défense devant doit rarement le rassurer.

  2. Ben le gardien sur le deuxième et le troisième c’est pas brillant, le centre gauche sur le premier il tourne la tête dans tout les sens, et Lewandowski est le temps qu’ils comprennent ou il est y’a but, et de manière global sur les extraits il a pas l’air de savoir très bien ce qu’il fait.

  3. Sur le deuxième, je vois pas trop ce qu’il peut faire de mieux. S’il s’avance pas vers Kuba, il se fait fusiller. Bon, le troisième je l’avais oublié. Effectivement. N’est pas Weidenfeller qui veut.
    Je maintiens que je trouve le 5 plus fautif que le 4, par contre. Sur le premier comme le deuxième.

  4. Faux ! Brugge a été éliminé par Hannovre (comment ? pourquoi ?) et il ne reste que le Standard de Liège (club de Vainqueur, comme un symbole) en lice pour l’Europa League. A quoi ça sert de faire des articles si personne les lit ? Bande d’ingrats !

  5. Mais, voyons, Bart, c’est ce que je dis. J’ai lu attentivement ta dernière Jupi League. « Leur qualification », je me réfère bien à Hannover et non Brugge.

  6. Et sinon, vu que t’es le seul académicien allemand je me permets de te poser la question Podolski à Arsenal, ça à l’air de quoi ?

  7. Pas de soucis Bart, je reconnais que c’était une phrase assez alambiquée et presque absynthée.

    Podolski, je suis pas convaincu quand il joue ailleurs que chez lui. À Köln, il cartonne (cette saison notamment alors que son club est à la ramasse). À Munich, c’était déjà moins bien. Il a besoin d’être bichonné un peu. Alors à Arsenal… avec la presse anglaise sur le dos… Il mertesackera pas mais je l’y vois pas fulgurant. (Qu’il me fasse donc mentir.)

  8. Ca fait 8 victoires consécutives en Bundesliga, le Borussia va en devenir antipathique!
    Bravo pour l’Acad en tout cas.

  9. bonjour, juste pour dire que jar jar binks a prolongé pour 2 ans, il sera important quand notre amis polack arretera de marquer des buts sur des malentendus

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