La Feria-Pont académie note Arles-Avignon-Valenciennes (0-1)

Frédéric Mitterrand devait être dans le coin.

« Dieu voulut que ses coups frappassent

Les amants par Satan liés,

Enfants voici des boeufs qui passent

Cachez vos rouges tabliers. »

Extrait de « La Légende de la Nonne » de Victor Hugo.

Heure du décès: dimanche 17 avril 2011, 18h51.

Après des mois de coma, l’AC Arles officialise son départ de la L1. Oraison funèbre.

Tu as fini par partir. Sans tambours mais avec de sacrées trompettes. Mort-né pour ainsi dire, agonisant depuis ton arrivée dans le monde impitoyable de la Ligue 1, tu quittes ce monde beaucoup trop froid pour toi, 8 journées avant la fin du championnat. A la manière d’un Michel Leeb qui te rendit visite un soir de mai 2010 lors de ton accession dans cette élite footballistique dont tu n’imaginais même pas faire partie 6 mois auparavant, tu fis rire la France entière, à ton corps défendant certes. Toi qui multiplia les conquêtes, souvent sans lendemain, tu ne voyais pas, énamouré que tu étais par la découverte de ce nouvel Eden, que ce microcosme ultra-fermé ne voulait point de toi. ça t’apprendra à draguer sur les plages de Mykonos des vieux beaux ou dans les bars à tapas madrilènes… Collectionnant les erreurs de casting tel un touriste hollandais en voyage en Thaïlande le ferait avec ses MST, ta naïveté t’a coûté bien cher. La fleur au fusil, tu compris bien trop tard que les petits n’ont pas leur place dans cet univers sans pitié. Tu le quittes le coeur lourd, frustré de n’avoir pu montrer ce que tu avais dans le ventre. La saison prochaine dira si ce départ aura été bénéfique et si tu auras été capable de survivre à Paganelli. Repose en paix pendant quelques semaines et reviens-nous plein de vigueur et d’envie. Le Choa veillera sur toi pendant ton sommeil et déposera des cierges pour ton salut. Il te fera une facture.

Pour des causes d’exil en terres rotterdamoises, le Choa ne voyait ses protégés qu’à travers la qualité variable d’un modeste streamingue et les commentaires encore plus aléatoires de Johan Micoud. Cela se passait à 19 heures le samedi et cela finissait mal presqu’à tous les coups, sauf une fois face des Normands beurrés au Calvados. Une fois, juste avant Noël, le Choa s’était installé sur les bancs furieusement vintage de la tribune Jean Rey d’un Parc des Sports qui manque tellement de charme comparé au Stade Fournier d’Arles. C’était face à Nice, il faisait froid et les Lions avaient fait 0-0. Ce dimanche après-midi, il faisait chaud et le Choa arborait son maillot fétiche sur les épaules, certainement pour conjurer le sort. Peine perdue. Aucun marabout, aucun chamane, aucun sorcier ne pouvait inverser les prédictions que toutes les pythonisses rendant leurs oracles autorisés dans les émissions d’une chaîne cryptée déclamaient avec mépris depuis si longtemps. Qu’il aurait jouissif d’aller leur cracher dans leurs bouches comme Apollon le fit pour Cassandre! Qu’il aurait été merveilleux de leur faire ravaler leurs paroles dédaigneuses et condescendantes! « Regardez ce qu’on fait, nous, avec la monnaie du pain! » que le Choa leur aurait jeté à la face… Défaits sans avoir combattu. Tombés sans livrer bataille. Vivre à genoux plutôt que mourir debout. Et clamser tout pareil. Là où il y a une volonté, il y a un chemin qu’il disait le Grand Charles. Le petit Marcel, le petit Faruk, que nous diront-ils? Sans ambition, le remplaçant de l’emblématique Coach Estevan a proscrit l’offensive, préférant bétonner allègrement, retirant tout esprit d’initiative à ses joueurs, privilégiant des attaquants qui n’en ont que le nom. Il suffisait de voir le match de ce dimanche après-midi baigné de soleil pour s’en rendre compte. Ce groupe est à la dérive, agonise, ne dégage aucun plaisir. Pourtant, à son arrivée sur les bords du Rhône, il avait pour mission de redonner de la joie à un effectif déboussolé. Celui qui en a vu a de bons yeux…

Le Choa n’est pas un converti de la 38ème journée de L2 du 14 mai 2010. Le Choa n’a pas attendu Renaud et Patrick Bruel pour supporter l’AC Arles. Le Choa a participé à l’aventure Suportaïre Arlaten quand personne n’y croyait et chantait les soirs de décembre quand il n’y avait que 200 spectateurs au Stade Fournier. Alors, si le Choa semble énervé, frustré, c’est parce que le Choa se sent trahi. Que cette descente à l’étage inférieur remette les pieds sur terre de ceux qui ont oublié le véritable esprit de l’AC Arles, celui qui lui a permis de réaliser des exploits inimaginables. Celui qui nous fera revenir en Ligue 1. Celui qui nous fait être fier de nos couleurs.

Planté (3/5):  l’attaque valenciennoise fut encore plus discrète que l’acéiste. C’est dire le niveau du match. Un seul arrêt à faire, une belle horizontale. Evidemment, la gonfle a rebondi sur la barre pour retomber dans les pattes de Pujol, l’homme au doux nom de speakrine dans le Roue de la Fortune. Sinon, le Choa a apprécié le changement de maillot. Le rose c’est vraiment moche mais l’effort est louable.

Corrèze (3/5): titularisé pour la 1ère fois de la saison au poste d’arrière gauche en remplacement de Fanchone qui a joué et marqué avec la réserve en DH. Sans expérience à ce poste, Nanou (et pas Manu comme le gueulèrent les Footix avignon-niais derrière moi) a été meilleur que l’ancien Strasbourgeois. Pas un exploit néanmoins.

Lorenzi (4/5): le soleil cognait fort mais il a bien fallu s’y résoudre, il a été le meilleur en défense. Un titre qui vous donne une idée du niveau du reste de l’arrière-garde arlésienne…

Baldé (3/5): sur un dribble chaloupé, on se serait cru au Celtic Park des Sports. Puis, sur la relance, il a envoyé le ballon dans les pieds valenciennois. C’est ça de revoir ses ex. Pourtant, dans La Provence, il avait certifié qu’il ferait abstraction du contexte. Bobo doit sans doute lire Barnabé la Plume. +1.

Laurenti (3/5) puis Soro: irréprochable au niveau de l’engagement, pas vraiment mis en difficulté, Fabulous Fab’ a fait le taf comme à son habitude. Suffisant face à VA. Remplacé par Soro (sans Bernardo) en 2ème mi-temps quand l’ACA perdait 1-0. Si c’est pour prendre aussi peu de risques, Aspegic peut laisser la place au Choa qui peut faire tout aussi bien et pour moins cher.

Rocchi (2/5): beaucoup de pertes de balle, en dessous de son niveau des semaines passées. L’absence de son acolyte Ayasse lui a été préjudiciable sans aucun doute. Mais comme le dirait le Louisse, « ça reste un bon jouôr qui a l’ossature pour jouer à Arles ».

Aït Ben Idir (2/5): quand le Choa l’a vu lors de ses 1ers entraînements, il était vraiment prometteur. Désormais, il semble perdu, désorienté, traumatisé. Aucune initiative, des passes en retrait et un manque d’impact criant. Il vaut pourtant bien mieux que cela…

Meriem (4/5) puis Cabella: Camel ou le mythe de Sisyphe. Il tente de remonter son équipe, de la tirer vers le haut et, arrivé aux 30 mètres, il passe à un coéquipiers qui foire son contrôle et lui fait tout recommencer. Encore et encore. Sans jamais y parvenir. Pour la survie de son système psychique, il est heureusement sorti blessé, remplacé par Cabella, l’unique révélation de la saison. S’il simplifie son jeu, il est promis à un bel avenir.

Dja Djédjé (1/5) puis Ghilas: c’est Djédjé pas l’ballon! Ou alors c’est Djédjé roulé sur le ballon. Ou bien depuis la 10ème journée, c’est Djédjé pas le niveau. Remplacé par Ghilas. Sans commentaire. Le Choa n’a pas les moyens pour s’offrir un procès. Selon certaines sources, le duo pourrait participer au prochain numéro d’En terre inconnue. L’occasion pour eux de découvrir la surface de réparation, un lieu paradisiaque où les attaquants peuvent créer du danger et parfois même marquer des buts. C’est aut’ chose que Patrick Timsit en Afrique!

N’diaye (2/5): il a été tellement peu mis les guibolles dans la surface cette saison qu’après avoir dribblé Penneteau, il ne savait plus quoi faire. Du coup, les défenseurs nordistes ont pu sauver sur leur ligne. Cependant, on ne peut lui retirer son envie d’aller de l’avant et de mettre de la vitesse sur le front de l’attaque. A signé la 1ère frappe arlésienne. A la 45ème minute.

Kermorgant (2/5): 3/5 parce que, par principe, il n’a jamais en dessous de la moyenne. -1 pour l’immanquable qui part 2 mètres au-dessus de la transversale.

Hadzibegic (six feet under): foutu pour foutu, autant prendre des risques. On n’est pas à une rouste près par chez nous. Essaye de sauver ses miches en insistant sur l’inter-saison houleuse ainsi que sur les limites de son équipe. Mais quand on voit les changements effectués, les tactiques mises en place depuis son arrivée en septembre, les visages apeurés de ses joueurs sur la pelouse et le manque d’initiative, on ne peut s’empêcher de penser qu’en réalité, la limite de l’ACA, c’est de l’avoir sur le banc. L’AC Arles doit repartir sur de nouvelles bases s’il veut survivre la saison prochaine. Si le club a de l’ambition, il ne doit pas rester la saison prochaine.

Le Choa a pris nettement plus de plaisir à aller voir les U19 au Stade Fournier quelques heures plus tôt. Une victoire 3-0 contre l’AS Cannes, ça ne se refuse pas. Je savais que ce serait le meilleur match que je verrais de la journée. Et, par les temps qui courent, une équipe d’Arles qui gagne, on ne crache pas dessus.

Breakin’ news: par 11 voix contre 3, le Comité directeur a entériné le départ de l’équipe professionnelle à Avignon la saison prochaine. L’AC Arles a été accaparé par des opportunistes avec la complaisance de la mairie d’Arles qui considère que le sport est réservé aux demeurés et aux illettrés. A Arles, s’il n’y a pas de taureaux ou des bobos pseudo-intellectuels, rien ne se fait. Le Choa hésite entre vomir ou pleurer en premier… AC Arles 1913 RIP.

Choa d’Arelate

13 thoughts on “La Feria-Pont académie note Arles-Avignon-Valenciennes (0-1)

  1. La DH plutôt non ? La reserve est en DH il me semble. Il va rien rester à Arles, du côté professionnel. Juste la section amateur, avec la reserve et les jeunes.

  2. J’ai pas bien compris ce qui se passe au niveau du club, scission, tout ça… j’ai rien suivi. Par contre, triste en effet de passer une 1e saison en L1 en se donnant autant de difficultés pour parvenir à y rester.

    Je vous souhaite d’en connaitre une 2e, et qui sait, peut-être que ce sera votre vraie 1e.

  3. Belle oraison funèbre garçon… L’ACA était au moins performant sur horsjeu!
    Sinon c’est très moche la fin d’un club qui allait sur son siècle d’existence, sincères condoléances.

  4. Normalement (sic), Arles récupère le centre de formation (juste 5 an d’attente et 25 ans de retard) qui est en cours de construction. Le meilleur, c’est qu’en plus de former nos joueurs (jusqu’au U19), la ville d’Arles a accepté, tenez-vous bien, que les meilleurs joueurs de l’Avenir Club Avignonnais -créé cette saison pour remplacer feu Avignon Foot et avec des initiales choisies par Bompard pour se foutre des Arlésiens- finiraient leur formation chez nous, tout en restant des joueurs du club d’Avignon. Finalement, Salerno achève la volonté de Conrad qui était détesté par chez nous et qui se rêvait maire d’Avignon. Rêvait seulement car je crois qu’il a paumé aux cantonales à l’Isle sur Sorgue.

    @Dudu: la réserve (DH) joue un match à dom’ sur 2 à Arles. Dimanche c’était à Fournier. L’objectif était la montée en CFA 2 mais l’OM finira 1er. Un mince espoir subsiste pour finir parmi les meilleurs 2èmes mais ça reste mince, surtout depuis le carton de la semaine (4-0 contre le 2ème). Vous verriez la pelouse de Fournier, c’est une catastrophe. Sauf pour un cultivateur de salades. Et c’est le stade le mieux entretenu de la ville…

    @Buman: rassure-toi, personne n’a tout compris. J’ai bossé tout l’été au jour le jour et c’était vraiment n’importe quoi.

    @The Monk: merci pour le compliment. Cela dit, n’utilise pas l’imparfait, les acad’ seront toujours présentes en L2 la saison prochaine, si l’éditeur ce bel homme le veut et si les chaînes TV nous diffusent.

    Enfin, je viens de regarder Cauchemar en cuisine et apparemment M6 considère que Fontvielle, village frontalier d’Arles fait partie de la province…d’Avignon! Cause à effet, je ne sais guère mais ça veut bien dire ce que ça veut dire: Arles se prend pour une ville élitiste, culturelle mais appartient en fait à la banlieue d’Avignon. Arles est une ville qui se meurt mais ça ne surprend personne par chez moi. Seuls les élus persistent à nous contredire.

    C’est un peu long mais j’ai trop de choses en travers de la gorge!

  5. Une plume de qualité, malgré de tristes circonstances. Bon voyage l’ACA, on se reverra, mais pas encore… pas encore.

  6. Ce qui est étonnant, c’est que le maire d’Arles a insisté sur l’importance des liens qui nouent Arles et Avignon. Elle est bien bonne celle-là! On n’aime personne! Pas les Gardois, pas les Vauclusiens et encore moins les Varois!
    Surtout qu’Avignon nous a grillé pour le festival de théâtre que Jean Vilar voulait installer à Arles.

  7. Non, je déconnais tout à l’heure… en tant qu’Avignonnais de loin je ne peux qu’approuver de loin l’OPA d’Avignon sur Arles qui restera malgré Avignon, et de loin, le plus mauvais club de cette saison.

    Quelle formidable aventure, quelle magnifique oraison. Quels choix !! Virer Estevan, l’homme des cités d’or, le type qui a construit Arlavignon, virer Jean-Marc Conrad et garder Salerno. Prendre Hadzibegic ! (pour mémoire Grenoble est aux portes du National) On avait tout pour faire de ce club un vrai club de footix du ventre mou et voilà qu’on abandonne le club à ses ultras de Ligue 2. Quelle tristesse.

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