La Gones académie, Lyon contre Potsdam

Torben où une certaine idée de l’égalité des sexes masculins.

C’est officiel, Torben va immoler son petit frère. Depuis qu’il s’intéresse vraiment au foot, Lyon ne gagne plus. Ce salopiaud a vu les deux demies finales contre le Bayern, et ce soir, il vient squatter le canapé juste après le dernier penalty raté de Postdam. Lyon ne se remettra pas du karma pourri,  footballistiquement parlant, qu’il apporte….

Oui, ce n’était pas forcément prévu, donc ce sera différent. Pas de notes, parce que je n’ai quasiment jamais vu les filles jouer alors dire si machine ou bidule a été meilleure ou plus mauvaise que d’habitude, ce serait de la mauvaise foi. On va faire plus simple, plus doux, quelques grammes de finesse dans un monde de… Femmes? Oui, parce que l’on peut parler de Gonalons comme machine à tacler, mais du point de vue engagement, les garçons sont des chochottes quand même. Ca tacle, ça se jette dans les pieds, devant les frappes, ca se frictionne, bref, le football féminin est un sacré combat. Techniquement, certes, il y a plus de déchet, mais je serais infoutu de vous dire si c’est l’habitude des deux clubs ou si c’est l’enjeu qui tue le jeu…

Lyon jouait à Getafe, sans doute prédestinée pour un tel match vu la réputation du club, face au Turbine Potsdam. Pour faire simple, si cela avait été un club masculin, ce serait Liverpool. D’abord parce que les femmes de Potsdam sont le club le plus soutenu lors des déplacements dans toute l’Allemagne. Donc dans toute l’Europe. Un palmarès assez conséquent puisque depuis l’unification, Potsdam est avec Duisbourg et Francfort l’une des places fortes du football féminin. Sur les neuf Ligues des Champions féminines, Potsdam s’en était adjugé une en 2005, était finaliste l’année suivante et revenait en finale cette année pour triompher à nouveau. Lyon, avec sept titres de champions et un palmarès assez proche de son pendant masculin, avait quelques arguments à faire valoir au niveau européen, étant la meilleure formation française de ces trois dernières années, cette qualification en finale suivait deux éliminations en demi finales. Deux cadors européens s’affrontent avec sur les bancs des personnages bien différents:

–        A Lyon, Farid Benstiti est un ancien milieu offensif, issu du club, partant après le titre de D2 de 1989. Il est resté à un niveau relativement limité, passant par Dijon, la D2 belge et la Duchère. Depuis 2001, il cornaque les féminines, avec trois titres consécutifs depuis 2006-2007 et en étant en lice pour rester sur le trône national cette saison encore.

–        A Potsdam, un personnage quasi légendaire, Bernd Schröder. Gardien amateur dans l’Allemagne de l’Est, il est employé par l’EDF locale, et est le premier entraîneur du club féminin en 1971. Il reste d’ailleurs en poste jusqu’en 1990, où il accepte de devenir président du club et sélectionneur de la très éphémère équipe de l’Allemagne de l’Est, qui ne jouera qu’un match. Il est auréolé à ce moment-là de sa glorieuse décennie 1980-1989 où le club s’adjuge six titres en dix saisons, et cinq titres sur six jusqu’en 1986. De retour en 1997, ramenant le club au premier plan au début des années 2000, il rajoute à l’armoire à trophées quatre championnats, dont les deux dernières éditions, trois coupes d’Allemagne et une Ligue des Champions (alors Coupe de l’UEFA féminine). Bref, Potsdam c’est ce vieux Bernie, qui va sur ses soixante huit ans, dont trente deux à coacher le club. Une légende vous dis-je!

Sur le match en lui-même, petit commentaire par blocs, plutôt que par joueuse:

Aux cages: Sarah Bouhaddi. Sûre, sereine, impériale dans les airs et le poteau pour la suppléer quand il a fallu durant le temps réglementaire. Si Potsdam n’a pas converti plus tôt ses occasions, c’est grâce à elle, notamment lors du déboulé de Bajramaj sur l’aile, suivie d’une passe pour Kemme à l’heure de jeu. Sortant deux penalties, convertissant le sien, elle est toute proche de sortir deux autres frappes qui frôlent ses gants. Mais seulement proche, quelques centimètres qui manquent de faire d’elle l’héroïne du soir, laissant cela à son alter ego Sarholz.

En défense: Corine Petit-Franco, Wendie Renard, Amelie Rybeck et Laura Georges. Un truc à signaler tout de suite, mais pas que pour elle car ce fut la même chose pour les Allemandes, elles sont beaucoup moins rugueuses dans la surface qu’aux alentours. La peur du penalty semble plus flotter chez les filles, à moins que ce ne soit spécifique à ce match particulier. Fondamentalement, elles ont correctement joué leur rôle, même si Bajramaj leur a posé de très sérieux problèmes, tout comme Mittag. A noter toutefois que cette dernière s’est vu offrir en dédicace à un autre Georges célèbre, Guy de son prénom, par Laura qui a effectué une spéciale Antho, quasiment le même tacle que celui qui descend Trémoulinas en championnat à Bordeaux. Par contre, il n’y avait pas un manque de fair-play en cause là, et simplement un jaune; y a pas à dire, les filles ne rigolent pas. Si j’avais à choisir la meilleure joueuse, en mettant de côté Bouhaddi, ce serait Wendie Renard à égalité avec une autre dont on parlera après. Un impact physique assez monstrueux, elle résiste aux duels, se relève, repart avec le ballon et regagne un autre duel physique. Une présence et un charisme impressionnant, pour moi au moins.

Au milieu: Lara Dickenmann, Shirley Cruz (remplacée par Simone à la 105e), Amandine Henry, Louisa Necib (remplacée par Isabell Herlovsen à la 89e), Ingivd Stensland(remplacée par Aurélie Kaci à la 70e). Pour information, cela fait 190 sélections au total, dont 80 pour Stensland au coup d’envoi, 140 au moment des penalties. Bon, ça a produit du jeu, avec énormément de déchet, il y a eu aussi beaucoup de tirs et une énorme activité de Cruz et de Necib (pour moi la meilleure avec Renard parmi les joueuses de champ) et sa tendance à prendre tous les coups francs comme des occasions directes. La jeune fille n’a pas froid aux yeux et son titre de Zidane féminin ne semble pas trop lourd à porter, ni même la rendre trop arrogante. En même temps, ce n’est pas l’Allemagne, alors côté popularité, le football féminin français a encore du boulot devant lui… Dickenmann m’a fait croire qu’elle offrait la victoire à Lyon, mais un gant de Sarholz est venu pertuber cela, on ne sait pas trop pourquoi. Elle en a déjà une au club, elle pouvait partager… Pour les penalties, seules Dickenmann et Henry étaient sur le terrain à ce moment là. Elles ont tiré, avec des fortunes diverses: Dickenmann a scoré tandis qu’Henry a raté une des deux balles de titres de l’OL…  Kaci, elle, a converti la sienne sans trembler, alors qu’elle avait été un poil plus fébrile dans le jeu.

En pointe: Thomis. Contrairement à Gomis, son quasi homophone, elle est rapide, terriblement rapide, même si elle n’a pas franchement eu l’occasion de le montrer, cela se voyait surtout sur le replacement et parfois le pressing, laissant à Lyon la possibilité de s’installer longuement devant la surface de Potsdam. Par contre, aucun réel ballon offensif exploitable pour elle. Et la pire des choses au penalty, un remake de Trezeguet, la barre qui offre la victoire à l’adversaire, alors que la gardienne était battue. Dommage, rageant, frustrant.

24 thoughts on “La Gones académie, Lyon contre Potsdam

  1. C’est bon d’entendre parler des filles. Merci Torben. Le petit frère, il ne compte pas regarder la coupe du monde quand même ?

  2. Ahhhhh!! Merci de ce compte-rendu sur un match de foot FEMININ!!!
    Ca fait plaisir de voir que ce sport peut aussi être pratiquée par les filles et produire un beau spectacle, à l’image du hand, du basket ou du tennis.
    J’espère que ce match t’as donné envie de regarder d’autres matchs de foot féminin et que tu nous livreras d’autres analyses lors de la prochaine saison. Surtout que Lyon est l’un des meilleur club français dans cette discipline.
    Encore une fois, merci!

  3. Franchement Torben, respect. Tout d’abord pour avoir réussi a regarder tout le match (ca c’est cadeau) mais plus sérieusement pour cet excellent compte rendu du match qui s’il n’a apparemment pas été a ranger dans la catégorie « football champagne » a offert un final de toute beauté malheureusement pour vous.
    Ils(elles) sont quand même balèzes ces allemand(e)s.

  4. Moké, il est bien rare qu’on voit les parties intimes des footballeurs (à mon grand désarrois!), pourquoi en irait-il différemment pour les footballeuses?

  5. Gaha tu regardes mal, tu n’a jamais vu une valseuse sortir du short ? Liza l’ a vecu je crois, entre autres joueurs…

    Mais tu sais, Moké est un utopiste du foot, de la fesse et du nichon. Alors si je peux meler mes deux passions… mais bon, je suis trop romantique.

  6. @Gaha :

    Tu n’es peut-être pas aussi obsédée que moi. Quand on regarde attentivement, on finit toujours par voir des choses. Surveille le promiscueux Lisandro Lopez la saison prochaine.

    @Moké :

    Elles sont belles les Lyonnaises, tu sais. Par contre elles sont peu nombreuses à avoir les gros nichons que tu aimes. Tu peux toujours regarder leurs fesses, très jolies…

    @Torben :

    Bon allez, ai regardé.
    Je suis pas sûre que j’aurais supporté le même scénario de match pour les gars… Ces tirs au but, punaise ! Sarholz se prend pour Julio Cesar ou alors l’inverse.

  7. @ Gaha: J’avais envie d’en voir depuis un moment, mais les diffusions, c’est pas vraiment ça, donc il a fallu attendre cette finale. D’ailleurs, aucune chaîne française ne l’a retransmise à part Eurosport si je ne m’abuse?

    @ Jean: si, mais vu qu’il est persuadé que les Espagnols gagneront, je crois que je vais le laisser regarder…

    @ Jean-Claude: bah on jouait face à l’un des monstres européens, parce que double championnes d’Allemagne, c’est quand même une sacrée performance. Après, ça ressemblait à une finale… Je ne suis pas sûr que le Bayern-Inter soit champagne lui aussi…

    @ Eva: Sarholz a été impressionnante, au sens littéral du terme. Elle a une sacrée présence… Quand tu penses qu’elle a bientôt 18 ans seulement, ca fait peur…

  8. Sarholz, 18 ans ? Non ?!?! Et déjà ce gros sens du bluff. Eh bé.
    Sérieusement, ces tirs au but, c’était insoutenable. On aurait dit un tie-break de tennis, jusque dans le score. J’ai l’impression que ça s’est joué quand Henry a foiré son tir.

  9. Un bon résumé Torben, et dommage pour les filles.

    J’ai souvenir des premières diffusions sur Canal+ il y a 10ans environ, c’était horrible à regarder, et depuis le foot féminin a bien progressé.

    J’ai assister par hasard à quelques minutes d’un match de l’équipe de france universitaire à Lyon il y a 1 ou 2 mois, j’avais été bluffé, c’était technique, rapide, et vraiment plaisant à regarder…et aussi, plaisant à regarder, les 2 ailiers (ailières?)étaient toutes mignonnes. Si des jolies filles commencent à jouer au foot, ça va devenir de plus en plus attrayant.

  10. @jorgen : un maillot de bains deux pieces fera l’affaire

    @Eva : t’avais dis que tu parlais pas de ton physique…et les secrets alors ? bon, tu m’obliges, au gnouf avec Moké pour fouille complète.

    @Gaha : Eva est pis que nous tu vois…

  11. Moké, pardon ? Pas compris. Je parlais des Lyonnaises pas de moi mais tant pis…
    Au gnouf ? J’arrrriiiiivvveee !!!

  12. @Eva : Moké a cru lire quelques infos sur le tien… comme une image subliminale.

    Puis tu sais bien qu’au gniouf il fait noir, je vois pas toujours bien, je prefere tater..

    @Rhinit : je voudrais pas dire, mais au rythme où Moké va, dans une semaine, tu va avoir deux nouvelles demoiselles pour ton shooting …

  13. @Gaha

    Etonnant, tu n’as pas vu la fin de saison de l’OL ? Notre faune argentin n’a pas manqué une occasion de se jeter dans les bras de tout le monde. Il aime assurément le contact physique et les gros bisous mouillés.
    Il en faisait encore plus au temps du Avellaneda ou du FC Porto. C’est dire. Des images de ces facéties passées, avec notamment Lucho ou Tevez (comme ici), tu en trouves plein sur le web.

  14. Triste pour mes Lyonnaise que j’ai encourager férocement devant ma tv. Ma petite Louisa était toute perdu à la fin.
    Thomis (son peno rater mis a part vu que je le savait qu’elle raterait des qu’elle c’est avancé) me fait toujours autant penser à Kader Keita, très rapide, tu sent qu’elle peu faire de bon truc mais trop de déchet.
    Sarah et sa défense font un bon match et nous sauvent bien plus d’une fois et notre gardienne aurait même pu/du nous faire gagner avec ses deux arrêts au peno.EN tout cas elles connaissent le sens du mot sacrifice ces filles la.
    Un petit plus pour Franco que j’adore à droite.
    Devant mes trois chouchoute (Necib, Dickenmann et Cruz) ont bien jouer mais trop isolé chacune pour réellement apporter quelque chose. Notamment Cruz qu’on a quasiment pas vu en première mi-temps.
    Le milieu très costaud aussi.
    franchement mon seul regret reste le manque d’une grande attaquant(e) devant et ont aurait pu la gagner cette coupe.
    Mais bon pleurer pas les filles vous finirez par l’avoir et tonton George va vous consoler en attendant

  15. J’en peux plus moi de ces niouzes de pré-mercato !

    Aulas ne veut plus payer de com aux intermédiaires. A mon avis, Lacombe est allé en Amsud pour profiter des derniers matchs de la Libertadores et traiter directement avec les clubs.

    Paulo Henrique Chagas de Lima dit « Ganso » (l’oie ou le clown si c’est en argot) est un meneur du FC Santos. C’est du lourd puisqu’il est reserviste pour le Mundial, mais c’est aussi un tout jeune de 20 ans. A suivre, ou pas, comme toujours…

  16. Ganso, c’est du talent, un excellent meneur de jeu, du caractère aussi, mais pour le championnat brésilien. Et comme tous les Brésiliens, il faudra qu’il s’adapte. Par contre, on risque d’y mettre un paquet de pognon là…

  17. Jme suis dis la même chose, de vrais chochottes les gars…
    L’engagement est terrible chez les filles.
    Et l’arbitre féminine est très laxiste.
    par contre un peu trop de main non sifflée.

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