La Klaquette moustache Akademie note Allemagne – Portugal, (1-0)
A côté des Danois, les Allemands sont des poètes.
Samedi 9 juin, 1e journée du « groupe de la mort », 22h45, et déjà un premier enseignement : le mort qui ne passera pas ce tour ne sera pas germanique. En effet, pendant que les Vikings renvoyaient les melons au pays de l’humilité, nos Teutons battaient froidement les Portos sans coup férir. Si la manière laisse un peu à désirer, nous y reviendrons, le résultat est net et sans bavure : une victoire, un clean-sheet, et une pression astucieusement mise sur les Pays Bas et le Portugal, n’en déplaise aux académiciens à moustache et aux tulipes.
Retour sur un match que votre serviteur a dû regarder seul, son acolyte tacticien ayant préféré aller voir Johnny en concert à Bruxelles… (True story)
C’est à la Lviv Arena, sonnant méchamment comme un Stadion allemand, que nous débutons cet Europameisterschaft. Certes les chants Allemands semblent couvrir les moustachus, mais c’est surtout notre brillant trio aux commentaires qui donne d’emblée des frissons à votre serviteur : CJP, Liza aka J’y ai joué, je peux donc enfoncer toutes les portes ouvertes sur le foot Allemand et Arsèné « Huummmmm » Wenger.
Histoire de marquer le coup d’entrée, on a droit à trois rappels sur le Groupedelamort, le fait que derrière faudra se coltiner les Oranges et que c’est dommage que Leomessi ne soit pas qualifié pour l’Euro. Bon.
Essayons de faire abstraction de ces guignols et voyons ce que nous a préparé Joachim « Hervé Villard like » Löw.
Au final, rien de bien surprenant, c’est même l’équipe annoncée en présentation :

Notre duo d’abrutis CJP – Lizarazu prédit une soirée galère à la défense teutonne, notamment à la charnière Hummels – Badstuber. On en rit encore en Allemagne.
En face, les moustachus présentent une équipe un peu bâtarde, associant côté pile un candidat au ballon d’or, un des trois meilleurs centraux du monde et un tricoteur de première, et côté face un mec évadé d’un groupe de rock US, genre Blink mais aussi un ancien mec de St Etienne et un gardien à l’allure suspecte.
Voyons ça.
Le match :
Loin de moi l’idée de faire dans le cliché, mais bon, j’ai eu un petit aperçu de ce qu’impliquait un match du Portugal : les bureaux ne seront pas forcément bien nettoyés ce soir et le BTP est à l’arrêt, femmes de ménage et maçons obligent. Ensuite, si vous avez prévu d’aller acheter des serviettes ou de passer chez le poissonnier prendre de la morue, c’est également mort. Le Portugais est fervent, il est ce soir devant sa télé, et tant pis pour les travaux sur l’A3. Ça attendra lundi.
Passons.
1e : 1e action allemande. Boateng déborde et centre pour Gomez qui prend le dessus de brillantine sur Bruno Alves. Arrêt de Rui Patricio.
3e : 1e attaque moustachue. Badstuber hésite deux fois à intervenir sur Coentrao, Hummels dégage en corner.
9e : Extérieur classieux d’Özil pour Müller qui centre en une touche pour Podolski. Le néo-londonien frappe. Rui Patricio stoppe.
12e : Helder Postiga va un peu trop au contact sur Neuer et prend une biscotte.
17e : Ronaldo tricote et centre fort devant le but. Corner.
20e : Meireles se recoiffe pour la 23e fois.
27e : Khedira remonte le terrain tout seul et décale Podolski qui nous fait une air-volée.
29e : Khedira remet ça, Podolski aussi.
36e : Pépé donne un cours d’utilisation d’épaule à Gomez.
39e : Centre de Müller pour Podolski qui cette fois, ne rate pas sa volée mais la balle.
40e : Jaune pour Badstuber sur une faute absolument inexistante.
45e : Corner portos. Pépé récupère un 2nd ballon et enroule une frappe au point de péno. Bim, sous la barre. C’est con.
Non je déconne, c’est bien.
Mi-temps.
Les Allemands dominent le match et la possession mais reconnaissons aux vendeurs de serviettes qu’ils ont eu la meilleure occasion. Ronaldo est plutôt invisible, Nani et Postiga n’en touchent pas une mais Pépé et Alves font beaucoup de mal derrière et le milieu des maçons est solide. Faut au moins leur reconnaître qu’ils savent bétonner.
De notre côté, c’est moyen. Boateng et Lahm n’osent pas trop monter because Ronaldo et Nani, Podolski rate tout et Gomez est bien pris par la charnière centrale. Néanmoins, tout ce beau monde revient des vestiaires. Aucun changement à signaler, hormis Veloso et Meireles, qui se sont recoiffés.
45e : Les Fritz attaquent tambour battant. Sur une action un peu confuse, Müller puis Khedira frappent au but, corner.
47e : Première apparition de Nani dans ce match, qui déborde Lahm et centre au point de penalty. Début du cours de défense Mats Hummels, Lektion eins. Il coupe et met en corner.
50e : Ronaldo fait la même de l’autre côté et passe Boateng. Hummels recoupe et remet en corner.
52e : Özil se dit que lui aussi il peut casser des reins et met le bouillon au milieu des poilus. Son centre est néanmoins trop haut pour Podolski.
56e : Pendant que le réalisateur nous offre une image de Löw en plein repas de crotte de nez, Podolski centre pour Gomez, qui reprend de volée. Au-dessus.
60e : Coentrao prend enfin un jaune après une énième faute sur Schweini.
63e : Ronaldo est trouvé dans l’intervalle et se présente dans la surface. Boateng, que CJP et Liza chambrent depuis une heure leur offre un sauvetage-dédicace. Pour info on n’a toujours pas vu Cristiano.
68e : Boateng prend un jaune pour une faute sur Ronaldo. Fallait en parler…
71e : Klose s’apprête à remplacer Gomez. Sur son dernier ballon, celui-ci est trouvé par Khedira, et prend le dessus sur Pépé de la tête. Il place une merveille de tête croisée petit filet. Rui Patricio est à des années lumière du ballon. 1-0. Klose exulte, Gomez se recoiffe en regardant Meireles.
74e : Dans la foulée, Özil insiste et casse 3 vertèbres (Moutinho, Coentrao, Meireles), Pépé dégage en corner.
76e : Décalé par Özil, Müller centre à une touche à raz de terre dans la surface. Gomez surgit entre les deux centraux et coupe en taclant. Il manque un poil à Zouper Mario pour doubler le score.
81e : Ronaldo passe Boateng et envoie une mine plein cadre. Neuer détourne d’une manchette.
Faute de tuer le match, nos amis germaniques laissent les Portos espérer et se révolter. Pas de bol pour eux, Mats Hummels, lektion zwei.
83e : Coentro déborde, Hummels récupère et relance proprement.
84e : Centre de Nani, Hummels détourne.
84e : Nouveau centre de Nani, raté. Celui-ci finit sa course sur l’équerre. Neuer était battu. C’est con.
Non je déconne. C’est bien.
85e : Centre de Nani, Hummels est à la chute du ballon et la met en corner.
88e : Nani part en dribbles inutiles, Hummels récupère le ballon dans ses pieds et lance le contre. Boateng n’a pas suivi, c’est Oliveira qui la reprend et rentre dans la surface. Badstuber se chie dessus et laisse centrer en retrait. La balle arrive aux 8 mètres pour Varela. Neuer sort comme une bombe et sauve la Mannschaft.
93e : Dernière poussée moustachue. Nani frappe comme un bourrin sur Badstuber qui détourne.
Score final 1-0.
C’était poussif mais c’est globalement logique. Si les Poilus ont trouvé la barre en 1e mi-temps, ils ont trop laissé les Blancs jouer pour pouvoir espérer autre chose. Le dernier ¼ d’heure doit néanmoins leur laisser des regrets car ils avaient les moyens de revenir. Ils prouvent une fois de plus que pour le gros œuvre, ou faire le ménage derrière, tu peux faire confiance aux Portugais, mais que dès qu’il faut être précis et minutieux dans la finition, y a plus personne.
De notre côté, on a quasi plié le groupe, merci aux Danois pour leur aide précieuse. Les Melons n’ont ainsi pas d’autres choix que de se refaire la cerise contre nous (LOL) et s’entretueront avec les Portugais au dernier match.
Die Spieler :
Neuer : 4. Il ne peut rien sur la frappe de Pépé mais est battu sur le centre de Nani qui rebondit sur l’équerre. Il aura passé le reste du temps à tout récupérer dans les airs et sur corners. Deux ou trois arrêts histoire de, et une sortie d’école dans le Money time.
Lahm : 3. On attendait monts et merveille de Lahm mais c’était oublier qu’il avait un client sur le paletot en la personne de Nani. Du coup, on a eu moins de montées qu’à l’accoutumée et des centres moins nombreux. Comme Boateng n’est pas monté des masses non plus et qu’il est logiquement défenseur central, je n’aurais rien contre voir Lahm de l’autre côté. Ceci dit, Nani n’est passé qu’une fois et eu un mal de chien (très poilu) à toucher le ballon.
Badstuber : 3. Annoncé comme le maillon faible, il démarre mal en ratant sa première intervention. On lui a ensuite rappelé que Helder Postiga a claqué 3 pions sur sa saison en L1, ce qui a eu le mérite de détendre. Pas trop mis en danger durant ce match, il a fait parler son jeu de tête et son jeu d’épaule mais s’est retrouvé fragilisé par son jaune prématuré. Comme il était associé à Hummels, ça a suffi.
Hummels : 5. Le staff du Bayern doit se mordre les couilles de se trimballer Van Buyten ou Tymoschuk dans l’axe alors que le Dortmunder a été formé chez eux. A des années lumière de ses matches contre la France et la Suisse, il a été un avant dernier rempart classieux, coupant toutes les trajectoires adverses, au sol, tout en étant le premier relanceur de l’équipe. De belles remontées balle au pied et quelques ouvertures ont mis au supplice le milieu lusitanien, rappelant au passage que lui n’a pas perdu grand-chose cette année en club. On pourra chipoter en lui reprochant de ne pas s’emmerder quand il la met en corner, mais quand t’as Neuer dans les bois, tu peux te le permettre. Comment ça la barre de Pépé est consécutive à un corner ?
Boateng : 3. Match forcément compliqué pour le Bavarois, qui avait la mission sympa de museler Ronaldo, ou du moins, de le ralentir avant que l’artillerie ne déboule. Si notre trio de commentateurs l’a constamment raillé, la faute à une relance plutôt improbable et à quelques centres mal ajustés, on constatera que Ronaldo n’a pas été particulièrement en vue car bien contenu. Un sauvetage en bout de tacle enlève au Madrilène son occasion la plus franche.
Schweinsteiger : 3. Le Bavarois a alterné le solide, à l’image de son énorme travail de l’ombre dans l’entre-jeu et le moins bon, notamment à l’approche des buts de Rui Patricio. Moins en vue que Khedira, car placé du côté de Ronaldo, il reste néanmoins indispensable à l’équilibre de l’équipe, posant le ballon quand il faut et accélérant le jeu quand l’adversaire n’en peut plus.
Khedira : 4. Gros match du Madrilène dans l’entre-jeu. On attendait l’artiste Özil, on aura vu le Kolossal Khedira. Inépuisable, énorme dans les duels mais également dans ses remontées de balle, il a constamment permis à l’équipe de jouer dans le camp adverse tout en coupant court aux tentatives de contre des Rouges. A te dégoûter de porter des tatouages pour faire bad boy.
Özil : 3. Placé sur courant alternatif, l’équipe a curieusement trouvé la faille au moment où il commençait à accuser le coup. Il aura pourtant beaucoup tenté et empoisonné le placement de la défense adverse en jouant à merveille dans l’intervalle ou grâce à de belles chevauchées balle au pied. Pas de chance, quand Pépé n’était pas là pour dégager, Podolski vendangeait. Remplacé par Kroos en toute fin de match, sans doute un peu trop tard.
Podolski : 1.Wenger s’est retrouvé tout emmerdé quand on lui a demandé ce qu’il pensait de sa nouvelle recrue. Sur ce match, Prinz Podi a surtout fait de la merde, piquant la balle à des potes et rendant systématiquement hommage à Carsten Jancker dans ses frappes. Un effort constant de replacement défensif lui permet de sauver son match.
Müller : 3. Plus volontaire que Podolski, mais moins bien aidé par son latéral que ce dernier, le brave Thomas a multiplié les centres et les appels, forçant Moutinho à rester très bas pour le contenir. Un peu plus de précision dans la dernière passe aurait permis à Gomez de vraiment jouer son rôle dans l’axe, mais il n’en a fallu qu’une à la Tormaschine pour tuer le match.
Gomez : 4. Bien pris durant tout le match, coincé par Pépé et Bruno Alves, il nous donne la victoire sur sa seule vraie occasion, le tout sur une tête loin d’être facile à mettre. Il aurait pu définitivement tuer la rencontre sur un centre a raz de terre de Müller mais celui-ci préfère attendre le match suivant pour être précis. Remplacé par Klose en fin de rencontre.
Die Ersätzen :
Klose, Kroos & Bender sont rentrés dans les 10 dernières minutes, sans trop servir à grand-chose, le Portugal poussant pour égaliser. J’aurais apprécié voir Löw faire ses changements plus tôt mais Gomez a marqué alors que Klose s’apprêtait à entrer.
En face, Pépé a surnagé mais ne pouvait pas tout faire. Ronaldo et Nani ont déçu. Comme d’hab en fait.
Bonus, les infos incroyables de notre triplette de blaireaux : CJP, Lizarazu, Wenger…
- 13e : CJP : c’est toujours une tradition en Allemagne les gardiens qui tirent les penalties.
Ah ? A part Butt, je ne vois pas… 1-0 pour CJP.
- 28e : Wenger nous apprend que 10 matches/an sur 10 saisons font à peu près 90 matches.
- 34e : CJP : C’est extraordinaire que Coentrao se relève après un tacle. On voit ça rarement. Il est vrai que les défenseurs qui taclent restent souvent au sol après coup pour cueillir des marguerites…
2-0.
- 40e : Lizarazu regrette que l’Allemagne soit moins gagneuse qu’à l’époque de Ballack et Effenberg.
Donc petit rappel pour les gosses : Effenberg, c’est l’abruti qui se jette au sol au lieu de contrer la frappe danoise en finale de l’Euro 92 (à 1’20) et accessoirement le capitaine du Bayern qui a perdu la CL dans les arrêts de jeu contre Manchester. Au sujet de Ballack, on ne reviendra pas sur toutes ses finales perdues, on n’a pas le temps. Merci Liza en tout cas. Elsa va bien ?
2-1
- Liza nous apprend à la 62e que Boateng s’est fait une pute avant-hier. L’info doit venir de Ribéry ou de Benzema.
- Enfin, après avoir passé 90 minutes à dire que Boateng prenait le bouillon face à Ronaldo, on peut rappeler à notre ex arrière latéral cette merveilleuse intervention lors de son dernier Euro.
Comme d’hab, CJP remporte ce match dans le match, mais je pense que ce serait une erreur de croire que Liza s’avoue vaincu. L’Euro est encore long.
Si vous voulez prolonger le plaisir, Ballack Obama est sur FB et même sur Twitter. Dingue.
Bonus supportrice :

Ou qu’elle est la nouvelle akadémie?