Notre footballologue analyse Russie-République tchèque (4-1)

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Football total et contre culture anale.

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Russie X République Tchèque, 08/06/2012

4231…

…pour la République Tchèque de Bilek avec paire de récupérateurs, meneur axial, impact player aux duels et latérailiers dans les couloirs. Ca coulisse, ça permute, se replie, chaque ouvrier spécialisé couvre sa zone et s’applique. Las! L’organisation du travail par division et spécialisation des tâches a vécu et l’avènement des formes « totalisantes » venues des Pays-Bas ou de Catalogne les rend toujours plus obsolètes. Passées les dix minutes de pré-chauffage de la machine, le 433 russe débute son processus d’autopoïèse et l’OS tchèque panique. Capitaine, Archavine donne signal et direction aux manoeuvres, la présence de Zhirkov dans son couloir le dispensant de l’occuper réellement. Ainsi, la relance passe par la gauche afin de trouver rapidement le guide tandis qu’à l’opposé, Kerzhakov-Dagoev forment une paire d’attaquants décentrée. Le dispositif s’anime au gré des chevauchés de Archavine, les attaquants se proposent au rebond et le duo Shirokov-Zyryanov plonge qui dans les couloirs, qui dans la surface. Certes collective, la force russe réside surtout dans ces déferlantes que seule régit la loi du surnombre. Ainsi, le débordement-centre couloir droit qui amène le but n’est ni l’œuvre de Anyukov, ni celle de Dagoev mais bien le fait de Zyryanov qui trouve la tête de Kerzhakov, poteau, finition de Dagoev: 1-0, 14ème. 4 minutes plus tard, chevauchée couloir gauche de Archavine et le ballon de transiter par Kerzhakov jusqu’à Dagoev. L’architecture « totale » se dessine à mesure que Archavine intègre l’axe et décale Shirokov: 2-0, 23ème. Et tandis que la machine à vague russe s’apaise, la mécanique tchèque n’a que centres (30ème) et ouvertures longues (36ème) à opposer.

433…

…pour Hubschman (entré pour Rezek) et les siens, comme pour illustrer la différence de style. La République Tchèque adopte ainsi la forme du « football total » mais n’en a pas la force collective. Certes, Pilar servi dans le dos de la défense réduit le score (2-1, 51ème), mais la maîtrise de l’espace-temps est russe, en témoigne la disposition « basse » du couloir gauche qui aspire les offensives adverses pour mieux permettre les contres de Archavine. Qu’importe le dispositif, la différence s’opère entre une force collective russe in-formant la tactique tandis que, prisonniers de la forme, les tchèques sont inlassablement réduits aux duels dans les couloirs. Passé le temps des réflexions comme celui des vendanges de Kerzhakov (sorti pour Pavlyuchenko, 72ème), Dzagoev (3-1, 76ème) puis Pavlyuchenko (4-1, 80ème) relèguent l’archaïsme au musée de la tactique et s’ouvrent la voie de la qualification.

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