La Metz que un club académie note Metz-Châteauroux (2-1)

On a voulu l’appeler l’académie de Messins quand Rigobert nous a envoyé sa photo.

Salut la Terre et les terreux !

Vous entendez ? Ce cri sourd, ce râle puissant et dévastateur.  Ce cri par lequel tout a commencé et tout devra finir; celui de la bête. La bête qui sommeille, tapie dans l’ombre de Sinsinf’. Ce dragon qu’avait un temps fait taire Saint Clément ; figure de proue d’un paganisme en passe d’être maté par le christianisme triomphant : le Graoully. Ce même son qui signifiait la perte des uns et unifiait les autres dans une clameur terrible. Et aujourd’hui dans son antre, libéré de ses chaînes, la bête a frappé. Et Châteauroux tomba…

Bon ok, j’en fais peut-être un peu trop. Mais Diable qu’il est bon de voir les Grenats remporter un match. Même deux ! Puisque la semaine dernière, en dépit du bon sens, Metz s’imposait à Guingamp (petit village qui résiste encore et toujours à l’envahisseur), dans un match pauvre, triste, pas loin de l’insalubre. Et là rebelote, face aux Castelrouquemoutes. Châteauroux, pour les amateurs de faits divers et de trucs glauques, est une ville dont le club de football fut fondé en 1903 et s’intitule la Berrichonne de Châteauroux. Bien. Professionnel depuis 1990 (je parle en terme juridique), la Berrichone évolue en rouge et bleu et se présente toutes les deux semaines au stade Gaston-Petit (comme un symbole de médiocrité) sans faire beaucoup de bruit, doit-on l’avouer. Période faste sous l’ère Denisot (située sur l’A6) , le club accède en finale de la Coupe de France, et pour une histoire qui ne passionne plus guère qu’un antiquaire ou deux, en coupe de l’UEFA l’année suivante. Depuis, dans le Berry, on se tourne les pouces ou on joue à la belote.

Revenons en donc à nos moutons, même si en l’espèce, il s’agit plutôt de chèvres, et de Monsieur Serin qui plus est (actuel président moustachu actionnaire bedonnant du FC Metz). Pour accueillir un adversaire terrifiant donc, nos joyeux lurons étaient positionnés selon le bon vouloir du chef d’orchestre Dominique Bijotat, c’est à dire en un immuable 4-5-1, abhorré par mon sempiternel voisin de droite comme je l’exposais il y a peu. Le temps au beau fixe, avait par ailleurs convaincu quelque dix milles spectateurs enhardis par la victoire bretonne la semaine passée, de venir s’esbaudir chez Monsieur Symphorien.

Le onze de départ, peu expérimental, ouvrait cependant ses portes au nouveau venu Kévin Diaz, déjà prêté la saison dernière par Monaco, et revenu se casser les os en Moselle. Le match débutait pas trop mal, avec du rythme et l’envie de bien faire, ce qui soulignons-le pour les profanes, est déjà appréciable en Ligue d’eux. Les vingt premières minutes furent clairement à l’avantage des locaux, qui ne parvenaient cependant pas à faire mouche. Et paradoxalement à ce que tout le monde dit quand il pense le contraire de l’inverse de ceci, c’est dans une période de moins bien que le FC Metz trouvait l’ouverture, lorsqu’un castelrouquemoute enivré contrait de la main un centre dans sa propre surface. Pénoche. Avec à la baguette le capitaine Guerriero, qui ne trompait le gardien qu’en deux temps, après que ce dernier eut repoussé le pénalty : 1 à 0 pour Metz (30ème minute). Et dix minutes plus tard, face à un pressing des Grenats presque survoltés, Duhamel profitait d’une sale passe en retrait pour aller battre le portier adverse, à nouveau en deux temps, avec encore plus de réussite que sur le premier. Pas loin d’être gêné pour les Castelroussins décidément bien malheureux, le public lorrain accueillait la mi-temps, avec le sourire en coin.

La deuxième fut bien plus terne. Et quand je dis terne, c’est terne. A peine plus terne, et on y voyait plus rien. Même mon voisin de gauche trouvait le temps long, c’est dire. Bon du coup, je ne vais pas raconter l’indicible (seul Jean-Michel Aulas le peut), et vais directement sauter jusqu’à l’expulsion (sévère) d’un défenseur de Châteauroux, sur laquelle je rebondis, pour finalement atterrir à la faute stupide de Diaz, qui permettait à Châteauroux de réduire la marque sur pénalty. La fin du match fut évidemment plus crispante, relançant un peu l’intérêt de celui-ci ; mais les Messins tinrent bons, contrairement à mon voisin de droite qui craqua complétement sur la fin. Et donc trois points en poche, ce qui place le FC Metz à la cinquième place, juste derrière Thomas Voeckler !

Châteauroux, guerrier fébrile, aura donc été croqué sur l’autel païen de Saint-Symphorien, par l’insatiable Graoully messin. Donc hauts les cœurs, la machine vient peut-être de se lancer. Chose certaine, Metz a le vent en poupe, au gré d’une bonne dose de réussite et pourquoi pas un peu de mérite, donc patience pour cet effectif jeune et incontestablement en progrès.

 

Dans le champ, ça a pas mal bêlé :

 

Les chèvres de Monsieur Serin :

Joris Delle 3/5 : Pas grand chose à se mettre sous la dent de lait pour le gardien mosellan. Mais ce qu’il a eu à faire, il l’a bien fait. Une belle parade à la septième minute suite à un cafouillage et des sorties autoritaires ensuite. Reste le pénalty qui le prive du 4. Le monde est cruel Joris, le monde est cruel.

Romain Métanire 3/5 : Le latéral droit a cravaché. Il s’est infligé des allers/retours en veux-tu en voilà, et s’est même empêtré dans certains efforts inutiles. Son trop plein d’énergie est à mettre au compte de son inexpérience, mais sa volonté de bien faire, elle, fait plaisir à voir et s’avère encourageante pour la suite. Manque plus que la technique.

Ludovic Guerriero 4/5 : Milieu de terrain récupérateur/relayeur dans le 4-5-1 de Bijotat, le capitaine du FCM a été omniprésent. Pas étonnant qu’il y ait du déchet dans son jeu, tant l’immuable chauve luisant s’est montré disponible. Des coups de pieds arrêtés intelligemment tirés et un abattage constant à la récup’. Bref, le match plein.

Mathieu Duhamel 4/5 : L’attaquant messin aura fait ce qu’il sait faire. Appels tonitruants dans l’arrière-garde castelrouquemoute, jeu dos au but plein d’abnégation, des conservations de balles bienvenues… Seul un excès d’individualisme ou de lucidité est à déplorer, l’homme providentiel préférant souvent des frappes pas très heureuses à la passe.

Mahamane Traoré 3/5 : Au dessus techniquement, rayonnant physiquement, Mahamane est l’incontestable touche talent (eh oui !) du FC Metz. Et si les dribbles tout en crochets et en vélocité du milieu de terrain auront cassé les reins de ses vis-à-vis, il lui aura tout de même manqué ce petit quelque chose qui lui fait encore défaut : l’efficacité. Beaucoup de coups d’épée dans l’eau, mais c’est pas grave, à Sinsinf’ on kiffe les épées et tous les trucs comme ça !

 

Les moutons noirs :

Bruce Abdoulaille 3/5 : Solide comme un roc, le défenseur messin a fait un match de costaud : solide dans ses interventions, solide de la tête, l’ami Bruce peut être le nouveau patron de la défense messine. Oui bon OK, peut-être pas le Big Boss, mais au moins le DRH.

Fallou Diagne 2/5 : Bien en première période, Fallou a multiplié les anticipations dans le bon timing, laissant à nouveau admirer un sens du placement admirable pour son jeune âge. Plus timoré en deuxième, Diagne s’est montré sous sa part sombre (sens figuré). Un dédoublement de la personnalité qu’il va falloir corriger à l’avenir.

Adama Tamboura 2/5 : Match invisible pour le trapu. Des montées peu percutantes et une qualité de passe plutôt pauvre, Adama a fait néanmoins le boulot en défense. Mais attention, ça pousse derrière, et ce serait con de se retrouver au Dynamo Dresde avec Brégerie et Cheick Gueye… (le Dynamo étant la nouvelle déchetterie du FC Metz en énergies fossiles).

Oumar Pouye 4/5 : Installé dans le couloir droit du milieu plus que renforcé du FCM, Oumar a régalé en première période. Outre son apport sur le premier but (un très beau décalage dans l’axe pour Guerriero), Oumar a beaucoup couru, avec et sans le ballon et souvent à bon escient. Éteint en deuxième mi-temps, à l’instar de toute l’équipe, Oumar aura quand même confirmé le bon match effectué à Guingamp.

Bouna Sarr (pour Traoré) : non noté, parce que sept minutes c’est trop peu pour tirer des conclusions. C’est à peine assez pour tirer tout court. N’empêche que le petit jeune là, ben, il a la pêche, et il a pas froid aux yeux, et il court partout et il cadre. Que demande le peuple ?

 

Les boucs émissaires :

David Fleurival  2/5 : Pas très en forme le Guadeloupéen. Peu tranchant, souvent en rupture, il n’a pas eu le même rayonnement qu’à l’accoutumée. Son volume de jeu lui permit quand même de ne pas se noyer dans l’entre-jeu messin, mais contre son ancienne équipe, on attendait plus (quel poncif !).

Diafra Sakho (pour Duhamel) 1/5 : Entré en lieu et place de Duhamel, Sakho n’aura rien réussi. Plein d’envie, le gamin (qui a commencé le foot à 17 ans !) n’aura tout simplement pas fait les bons choix. Pourtant, ça se sent qu’il a du football dans les jambes. A Bijotat de démontrer ses prétendues capacités d’éducateur. Et je rigole pas. Enfin, je résiste.

Yéni N’Gbakoto (pour Pouye) 1/5 : Entrée bien sale, tels les cheveux de Denis Balbir.

 

La brebis galeuse :

Kévin Diaz 1/5 : Pour son retour en terre sidérurgique, le Monégasque (paix à son âme) a été nul ! Il concède le péno, il perd la balle dans une position très dangereuse en fin de match sur un excès de prétention et d’assurance, ce qui fit uriner mon voisin de droite et qui me rendit le temps additionnel désagréable. Donc je le saque. « A quoi sert de s’acheter une Clio quand on peut s’acheter une Mustang ? ». Ben je sais pas. Et puis, ça n’a aucun rapport.

 

A noter également, l’excellente prestation du seul joueur digne d’intérêt et digne tout court à Châteauroux, à savoir Fernando Maria Neves alias Nando, né le 9 juin 1978 à Praia au Cap Vert, élégant défenseur central et à l’aise dans chacune de ses interventions. Voilà, je tenais à rendre hommage à ce joueur et à tous les nostalgiques de Rabésandratana.

 

Bon allez, salut les autochtones, portez-vous tant bien que mal et à dans bientôt,

 

Rigobert Pires.

9 thoughts on “La Metz que un club académie note Metz-Châteauroux (2-1)

  1. Ça commence à sentir bon la liguain et la ligue des champions dans 1 an, avec retour de Blanchard, Song et Pires à la clé! Bon article sinon, rien que pour la petite référence à Rabesandratana qui va bien…

  2. Pas d’international luxembourgeois dans l’effectif cette année? mais jusqu’où n’iront-ils pas?

  3. C’est un peu facile tous ces gens qui se mettent à suivre Metz parce que le club connaît un âge d’or alors qu’on était pas nombreux à suivre les Metz-Om de 1997-1998. Bande de footix.

  4. En terre siderurgique ? ignorant, ne parlez donc pas sans n’avoir jamais mis les pieds à Metz qui n’a rien mais alors rien d’une terre siderurgique.

  5. @ Metzina : et tu sais que les Polonais ne sont pas tous alcooliques ? C’est fou non ? Toujours génial de croiser du pisse-froid.

  6. Je suis pas encore bourré en ce début d’après midi barbecue-pré cuite, et pourtant j’ai rien compris à ta façon de classer les joueurs…

    Pourquoi des 3/5 en Chèvre, qui m’a semblé être la catégorie des bons, et d’autre 3/5 et même un 4/5 en mouton noir qui semble être pour les moyens.

    Sinon j’ai bien aimé le contenu, et pas compris comment Joris Delle peut ne pas encore être à Arsenal, il est la parfaite cible de Tonton pourtant !

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