Du néant jaillit la lumière. Mais pas trop non plus.

Déjà qualifié pour le prochain tour de la Ligue Europa, le Sporting allait rendre une petite visite à la Lazio, qui était dans la même situation que le PSG. En n’en ayant pas grand chose à foutre, les Italiens se sont qualifiés, grâce au désintérêt de l’équipe B du Sporting, et à la défaite de Vaslui. Impossible de réellement juger la performance des Portugais, mais la Lazio a montré qu’adapter son jeu aux hommes sur le terrain ça peut toujours servir.

 

Kozak, le règne du plot

Placé en pointe en remplacement de Klose, Libor Kozak présente à peu près les mêmes caractéristiques. En un peu plus bourrin et en moins malin. Lent, aussi technique qu’un dindon sans tête, il excelle dans le jeu aérien et arrive à bien se placer sur les phases de jeu statiques. En gros, c’est une otarie. Sauf que c’est un paramètre que Reja n’a pas forcément intégré dans sa tactique d’avant-match (ou alors personne ne la respecte c’est selon), et pendant toute la première période on a vu pourquoi il ne faut pas de jeu rapide quand la pointe du 4-3-3 n’avance pas. Souvent placé un peu en retrait des deux ailiers, Cissé et Sculli, il a vu beaucoup de contre-attaques partir sans lui. Alors oui, il a sprinté le plus vite possible pour aller aider ses potes, sauf que c’est difficile de rattraper l’ami Djibril quand on part après lui. Résultat, de jolis débordements et personne au centre pour pousser la balle dans le but. Heureusement, après plusieurs échecs cuisants, la Lazio a fini par mettre quelques ballons dans le paquet dans des situations d’égalité numérique. Et comme la journée porte ouverte était parfaitement respectée derrière, le déménageur a fini par planter, et quasiment tuer le match. Ca tombe bien, c’est ce qu’on lui demande.

 

Djibril Cissé : Loïc Rémy – 2 tibias = Natasha Kampusch

Exilé sur l’aile droite, l’ami Djib a expérimenté l’isolement. Et il risque de s’énerver encore pas mal de fois sur Twitter tant il a peu de chances de marquer dans un tel système de jeu. Encore plus quand le latéral qui vient l’aider est le jeune et peu impressionnant Luis Cavanda. Globalement, son rôle se limite à bouffer la ligne de touche, attendre une hypothétique balle en profondeur, et à défaut, courir tout droit et tenter un centre en bout de course. Quand c’est Klose à la réception ça rapporte des passes décisives de temps en temps, quand c’est Kozak un peu moins. Pas que Klose aille beaucoup plus vite, mais il a l’intelligence de descendre moins bas sur les phases défensives. Tout ça pour dire que contre une défense positionnée de manière assez basse, il ne peut pas apporter ses autres qualités offensives, qui sont plus dans un registre de buteur. En plus, un peu vieillissant et bien esquinté par la vie, son accélération est l’un des seuls restes de ce qu’il était au début de la décennie. S’il peut mettre son adversaire à 5 mètres sur les premiers appuis, il le voit revenir tout aussi vite un peu plus loin. Dans un rôle semblable sur l’autre aile, le polyvalent Sculli s’en est bien mieux sorti, avec des incursions dans l’axe à bon escient et un jeu moins monolithique.

 

Un peu de rythme les gars ?

S’il y a une idée à retenir de ce match, c’est que personne n’était vraiment motivé à le jouer. La Lazio a fini par le gagner, puisque le Sporting n’avait pas spécialement envie, mais personne n’aura été enthousiasmé. A 2-0, la dernière demi-heure n’a pas présenté le moindre intérêt, mais même avant il n’y a presque rien eu. Les Italiens ont réussi la formidable performance de ne pas jouer en profondeur, ni sur les ailes, ni en passes courtes, ni en passes longues. En gros, ils ont eu la possession, mais n’ont jamais trop su quoi en foutre. Hernanes, avec son rôle de meneur de jeu axial, a la possibilité de jouer ce rôle d’organisateur devant les deux récupérateurs Cana et Ledesma, mais il n’en avait pas vraiment envie. Marchant la plupart du temps, disparaissant de l’écran à de nombreuses reprises. Mais où est donc Hernanes ? Sûrement pas dans mon cul, même si sa prestation a pué la suffisance. On va dire que c’est parce que le duel face à Udinese arrive, et que gagner permettrait de se rapprocher de la première place. N’empêche que ça rappelle très fortement le PSG, à la différence près que le Roumain est moins opportuniste que l’Autrichien. En tout cas c’est pas avec le pressing qu’ils ont fait que les Laziales vont être crevés…

 

Un truc à dire le Sporting ?

Non.

 

Bon match d’Onyewu quand même…

Ouais, comme à la belle époque du Standard. Le stéréotype du défenseur solide. Bon dans les duels aériens, capable de sortir pour faire les tacles qu’il faut et qui ne prend pas trop de risques dans les relances, c’est le genre de gars qui brille quand le jeu de l’adversaire est stéréotypé. C’est sûr que quand il n’a pas à gérer les appels croisés et que le seul gars qui essaie de le dribbler s’appelle Kozak, il ne risque pas grand chose.

 

Le mot de la fin

Quand il n’y a pas de menace, un défenseur qui vient ponctuellement apporter le surnombre c’est pas forcément idiot. Bravo Diakité, il a suffit d’une montée pour qu’on voit un deuxième but et que tout le monde puisse finir en roue libre. Putain, ça me rappelle les chevauchées du Lucio époque Bayern. Tu as gagné une LDC avec Mourinho en arrêtant de faire le guignol mais qu’est-ce qu’on se marrait à l’époque.

 

L’Apprenti Footballologue.

Ami du ministre de la culture, le petit a réussi à dégoter les images.

2 thoughts on “L’apprenti footballologue analyse Lazio-Sporting (2-0)

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