Le foot par le fondement.


Nous sommes subjectifs, de mauvaise foi et sans déontologie. Nous ne croyons pas aux comptes de faits mais à la réalité de la pensée et de la plume. Nous ne sommes que des  cercles parmi tant d’autres. Mais face aux étriqués qui se resserrent autour d’une même approche depuis la nuit des temps, nous revendiquons l’ouverture, l’élargissement.
La profondeur est notre crédo, le talent et la pertinence son écho. Aucun sujet ne sonne creux lorsqu’il pénètre dans l’antre des analiseurs.
Ne nous faites pas confiance, lisez-nous.

 

Messi et le Ballon d’or : Pourquoi faudrait-il revenir là dessus ?

Tout simplement pour ne pas laisser que les cons et la FIFA en parler…
Ou alors pour évoquer la nature et les (pseudo)idéaux que la récompense contenait initialement.
Puis de s’interroger :

L’évolution mercantile du Ballon d’or ne reflèterait-elle pas la dégradation de notre sport tant aimé, à l’image de notre société, elle-même évoluant comme le Parti Socialiste français ?

 

 

Qu’est ce que les analystes superficiels en pensent ?

Messi est le plus grand joueur de tous les temps. Depuis dix ans, il incarne ce Barça invincible, magnifié aujourd’hui par la fameuse MSN, où Neymar fait figure de successeur désigné. La Pulga est l’homme de la démesure : 200 millions d’euros de fortune personnelle, 5 Ballons d’or, 3 fois Soulier d’or européen, 5 fois meilleur buteur en Ligue des champions, 4 Ligues des champions, 7 championnats d’Espagne, 3 Mondiaux des clubs, 1 médaille d’or olympique. Seule la Coupe du monde fait défaut (pour l’instant), ce qui n’empêche pas l’Argentin d’avoir définitivement enterré les vieilles gloires du football mondial. Et lui, au moins, n’est pas une gravure de mode superficielle, comme Cristiano Ronaldo.

 

Qu’est ce que les analistes profonds en pensent ?

Les récompenses individuelles dans un sport collectif sont presque aussi absurdes que des victoires dans la musique (qui évoquent davantage les défaites du bon goût) ou des prix Nobel d’économie (rappelons que le projet initial du prix Nobel était de mettre en avant des découvertes ou inventions qui feraient le plus grand bien à l’humanité, et on ne parle pas du journal).
Elles sont le principal symptôme de la starification des joueurs de foot, qui éloignent le sport du jeu populaire pour en faire une sorte de spectacle télévisuel réalisé par Fred Godard et palettisé par Philippe Doucet. Elles sont également l’une des principales causes de la ménésisation des esprits.

 

Pourquoi c’est un débat essentiel à la survie du football ?

Parce que, qu’on le veuille ou non, le Ballon d’or est passé à la postérité en devenant un sujet d’inspiration incontournable dans le monde de l’art et de la culture : film Le Ballon d’or, album de Sinik, titre de Mc Foot X, etc.
Parce que sa révélation a lieu en janvier, mois footballistique un peu triste, dénué de coupe d’Europe, et qui se limite principalement aux éliminations de clubs de L1 en 1/32e de finale par des petits poucets dont on ne parlera plus jamais. C’est donc l’occasion de commencer sereinement la nouvelle année dans le monde du ballon rond.
Parce que, enfin, entre les costards immondes de Messi et les tronches dépitées de Ronaldo, la soirée de remise de prix offre aux réseaux sociaux plein de nouveaux gifs tous très rigolos évidemment.

Mais derrière cet évènement se cache un autre débat rmc-rtlien qui voit se confronter différents journalistes, tous d’accord entre eux : le Ballon d’or, c’était mieux avant quand c’étaient seulement les journalistes qui votaient, parce que maintenant qu’on a invité des joueurs de foot qui votent tous pour leur copain, ça ne sacre plus le meilleur joueur de l’année comme c’était le cas au temps béni des colonies. Une affirmation qu’on peut aisément contredire en prononçant ces quelques mots : Cannavaro 2006.

 

 

Mais que va-t-il se passer ?

Soucieuse de la crédibilité de son trophée, et surtout parce qu’il n’intéresse plus personne depuis 2018 – même L’Equipe 21 fait de meilleures audiences grâce au volley-ball – la FIFA tente d’innover pour attirer à nouveau l’attention. Ainsi les Gants d’or viennent, enfin, récompenser le meilleur portier. Iker Casillas est honoré à titre posthume (malgré les protestations de l’intéressé et des rumeurs circulant sur le fait qu’il joue à Porto), après un vibrant discours de Gianluigi Buffon que l’on n’oubliera pas de sitôt.
Sinon, sans surprise, Manuel Neuer rafle les trois premières éditions. Sentant le schéma “Leo Messi au Ballon d’or” se répéter, la FIFA réagit : exit le Ballon, place au Carré d’or. Un meilleur gardien, un meilleur défenseur, un meilleur milieu et un meilleur attaquant. Pas de chance, Guardiola, revenu au Bayern, permet à Neuer d’en rafler trois sur quatre dès la première année.
Réaction dès l’année suivante : le Golden 11. Vous l’aurez compris : un trophée par poste. Tollé dans le milieu des registas false 9 trequartistas latéraux qui s’estiment mal représentés dans cette compétition et qui d’ailleurs sont infoutus de savoir où se mettre sur un terrain.
La FIFA décide alors  de se débarrasser discrètement de cet encombrant trophée qui devient une récompense 100 % féminine, car “il était temps de rendre vraiment hommage à celles qui rendent ce sport plus beau chaque jour” selon Corinne Blatter, nouvelle présidente de l’association.
La Fondation Sepp, nom usuel de l’organisation depuis l’élection de Coco, crée sur les conseils avisés de Franck Annesse le prix So Good, venant récompenser le joueur “tellement au-dessus des autres” qu’il convient de lui offrir un trophée pour le lui dire.
Le Brésilien Gabriel Barbosa, que l’on surnommait le nouveau Neyssi à ses débuts, en est le premier vainqueur, à la barbe de Neymar, dont les six Ballons d’or et les contrats publicitaires (en baisse de 37% cette année-là) ne pèsent pas lourd face au nouveau petit ami de Selena Gomez et accessoirement capitaine de Manchester United-City (mais ceci est une autre histoire).

 

 

Comment en parler en société ?

À l’inverse de la Marseillaise non chantée par les joueurs français et crachée par les racailles apatrides comme Karim Benzema, il convient de ne pas parler du Ballon d’or en société. Tout le monde s’en branle, sauf les gamins de moins de 15 ans ou les ringards alertnativonostalgiques comme nous, Didier Roustan, ou encore les Cahiers du Foot. Même une approche culture So Foot de gauche libérale ne vous permettra pas de captiver votre audience, et donc encore moins de vous mettre en valeur.
En ces temps troubles pour les managers de grands clubs européens, optez plutôt pour la face cachée de Zinédine Zidane, en évoquant ses gestes d’humeur tout au long de sa carrière (n’oubliez pas de vous renseigner au préalable, une évocation de Zidane sur Desailly fait par exemple toujours bon effet). Finissez sur une interrogation quant à l’égoïsme de son coup de boule en finale 2006 et le silence “assourdissant” des médias de l’époque (n’allez pas plus loin sur ce sujet, n’évoquez pas Fabrice Jouhaud encore moins ce qu’il est devenu).

 

 

Pourquoi on s’en fout finalement ?

Parce que David Bowie est mort et que ça a ému beaucoup de monde, à en croire les réseaux sociaux qui seraient aussi un reflet dans lequel notre société narcissique ne contemple pas assez son hyperémotivité.
Citons donc le grand David pour expliquer pourquoi on peut s’en foutre :
« We should be on by now ».

 

Time.

11 thoughts on “Les analiseurs 1 : Messi et le Ballon d’or

  1. Oui enfin on devrait surtout se souvenir de Delpech.
    Putain ça dénonce à tout va en ce moment !!

  2. David Bowie qui, rappelons-le, avait obtenu le titre de « Narine d’Or » qu’il avait reçu des mains de Robbie Fowler, ancien lauréat.

  3. Je ne croirai pas que Casillas est mort tant que Michel Drucker ne l’aura pas annoncé

  4. Le ballon d’or c’était mieux quand seuls les hommes de type caucasiens pouvaient le gagner

  5. maintenant que le ballon d’or est attribué par des gens qui ne picolent pas c’est moins intéressant c’est vrai

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