OL – En Avant Guingamp (2-0) : La Gones Académie livre ses notes

6

Dernier arrêt avant le derby.

Saucissons

Contexte

A force de dire à nos potes qui profitent de nous retrouver autour de quelques bières pour nous chambrer qu’on ne «  regarde pas le classement, c’est pas le plus important  », on va finir par se croire. L’espace d’un instant, détournons nos yeux qui ont trop pleuré, fatigués de suivre les trajectoires des coups-francs de Grenier qui montent sans jamais redescendre, de ce tableau insignifiant. L’OL, à partir de maintenant, ce n’est plus qu’une histoire de défi, comme un contre-la-montre de 6 mois jusqu’à l’Europe. Si Lyon était un cycliste, ce serait ce brave coureur de l’ag2r qui préfère monter au train en fixant le guidon, sans prêter attention à ce bellâtre italien qui le dépasse avec arrogance. Cet automne, la Ligue 1 peut bien s’écrouler, peu importent les problèmes, l’OL se fout du monde entier. Diabaté est au coude à coude avec Cavani au classement des buteurs  ? Peu importe, il fait ce qu’il veut. Le FC Nantes se prend à rêver d’Europe  ? Grand bien leur fasse, après tout c’est bientôt la saison de Noël. Le Stade Rennais en a planté 5 à Toulouse au Stadium  ? Tant mieux pour eux, disons qu- Attendez, quoi  ?

Évidemment, ce renouveau, on l’a tous attendu au même moment  : 6 octobre 2013  : l’Olympique Lyonnais vient de se faire tailler le trou en étoile par le Montpellier Hérault Sporting Club. Le nom, de l’adversaire, évidemment, importe peu  : vu le niveau affiché ce jour là, ça aurait pu être Quevilly, L’Arbresle, ou même l’amicale des mères de joueurs, le résultat aurait été le même. En ce dimanche après-midi, le regard vide, les pensées ailleurs, les supporters ne sont même plus en colère. Ils sont perdus. Cela tombe bien  : c’est le début de la trève internationale, que l’on peut appeler, vu le nombre d’internationaux de l’équipe, la trêve. Comment occuper deux semaines quand on est 15e du championnat et que la France entière commence à arrêter les moqueries pour verser dans la pitié  ? Première chose à faire, aller pleurer dans les médias. Soit à propos de sa propre situation (je vous renvoie vers le professeur Benzia pour plus d’informations sur cette pratique), ou pour maudir la providence et promettre des jours meilleurs, le registre de Lacazette. Puis vient la deuxième phase, certainement la plus difficile  : le travail. A l’abri des regards, tournés vers le sempiternel duel Benzema-Giroud, les Gones ont donc une quinzaine de jours pour éteindre le feu, ou en tout cas le camoufler. Rendez-vous est pris  : 20 octobre, OL-Bordeaux, pas exactement une occasion en or de se refaire, mais un match abordable. Résultat, un 1-1 insipide et décroché à la dernière seconde. Pas vraiment ce qui était inscrit dans les plans, mais après coup, je le dis  : un élément fondateur.

Jimmy Briand qui tacle le ballon dans les filets Bordelais à la 92e, on jurerait que cette proposition déborde de symboles. J’ose espérer que c’est le cas, et qu’en regardant les bilans de fin de saison à la gloire du triumvirat Falcavanibra, on se dira que le grand oublié de ces vidéos est ce geste rageur qui aura relancé l’OL dans le bon sens. Car après ce geste aussi peu orthodoxe que gracieux, j’ai l’impression d’avoir vu du mieux. Bien sûr, la victoire contre les Pink Floyd de Rijeka aura été aussi laborieuse qu’une première fois d’un ado dans les buissons d’une colonie de vacances pour ne pas se faire voir des monos (Je vous arrête tout de suite  : ce n’est pas du vécu). Bien sûr les Lyonnais ont subi de plein fouet ce que j’appelle le syndrome Sociedad, à savoir deux buts élégants, mais cruels par leur caractère impromptu. Soyons honnêtes  : à 2-0, j’ai coupé mon stream et repris une activité normale. Cela m’arrive rarement, mais j’étais complètement démoralisé, non par le niveau affiché, plutôt correct, mais par la fatalité qui semblait s’acharner sur mon club, déjà à terre et entonnant fièrement son chant du cygne. Pourtant, il semble que j’aie eu tort  : de ce que j’ai lu/entendu, ce match aurait confirmé l’envie de renouveau qui m’anime. Intéressant.

Pour ce match contre Guingamp, donc, les choses semblent bien se passer. Malgré un bilan mitigé, la dynamique est encourageante, et choses incroyable, les pensionnaires de l’infirmerie se comptent sur les doigts d’une main. A la confluence du Rhône et de la Saône, on se prend à rêver en attendant samedi. Ce n’est plus le 5e du championnat qui vient à la maison  : c’est un promu, un amuse-bouche qu’on ne veut même pas prendre le temps de savourer, et qui contiendrait en prime un remède miracle pour la suite. Mais si, vous savez, comme les médicaments que vous dissimulez dans de la bouffe pour les faire ingurgiter à votre idiot de chien. Métaphore canine toujours  : là où l’OL était le Saint-Bernard qui se proposait de relancer toutes les équipes de Ligue 1 en perdition, il est désormais temps de boire à son propre tonnelet.

saint bernardFUCK YEAH.

Composition

Qui sont donc les onze heureux élus pour tester en avant première ce remède miracle  ? Dans les buts, évidemment, Anthony Lopes. Rémy Vercoutre, lui, se remet doucement dans le bain avec Yoyo Gourcuff en CFA, et attend patiemment son heure. En défense, Miguel Lopes étant toujours un peu juste, on lui préfère ce bon Mouhamadou à droite. Dans l’axe, la charnière Bisevac-Umtiti est opérationnelle, et à gauche, Bedimo tient son poste. Devant la défense, le milieu en losange est reconduit  : ce sera donc Gonalons à sa place, Fofana et Malbranque devant lui, Grenier en 10. Devant, Lacazette est de retour et se voit offrir une place dans l’axe qu’il chérit tant, accompagné de Gomis. Mon petit cœur d’académicien est toujours triste de ne pas voir Gourcuff dans ce schéma, mais en dehors de ça, pas grand chose à dire. Ça fait du bien de pouvoir enfin faire une compo autrement que par élimination.

CompOLEAG

Le match

Au coup d’envoi, évidemment, on y croit, on n’a même pas envie d’attendre pour voir du beau football. En ce samedi soir, n’ayons pas peur de le dire, on a la fièvre. Les cinq premières minutes sont plutôt positives, mais n’est pas lyonnais celui qui ignore qu’une entame de match séduisante n’est souvent qu’un leurre. Heureusement, les bretons ne sont visiblement pas au courant, et ils se replient rapidement, permettant à l’OL d’installer tout son matériel de camping dans la moitié de terrain guingampaise. Le réchaud était à peine opérationnel que Lacazette profite d’une erreur taille XXL de la défense («  On avait préparé le match en regardant des vidéos de Marquinhos  », aurait déclaré le fautif en zone mixte) pour mener 1-0 à la 12e minute. C’est peut-être extrêmement poncif, mais à ce moment là, j’aurais juré avoir entendu une voix me susurrer amoureusement dans l’oreille  : «  marqué trop tôt…  ».

Pourtant, l’improbable se produit  : oui, Mesdames et Messieurs, l’OL va marquer un deuxième but. Sur l’engagement, les bretons balbutient leur football, bien aidés par un pressing irréprochable, notamment de Gonalons, et Yatabaré envoie une passe en profondeur parfaite pour Gomis. Trop heureux de l’offrande, l’attaquant se permet même un petit piqué au-dessus du gardien que, pour la décharge de ce dernier, personne n’avait vu venir. Il est 20h13, Lyon mène 2-0, il est donc temps de fermer boutique. Le chiffre d’affaires de la journée est fait, ne reste plus qu’à attendre tranquillement la fin de la journée pour baisser le volet.

Pour continuer sur le registre du petit commerce (chiens, boutiques, c’est l’acad’ des métaphores filées, qu’on se le dise), les guingampais décident d’y aller eux aussi de leur petite SARL  : c’est dans la boucherie-charcuterie qu’ils décident de se spécialiser. Si l’on ne peut pas reprocher grand chose sur l’action où Lopes se fait détruire le dos, dans la mesure où Sam Umtiti y va de bon cœur, d’autres occasions de faire couler le sang suivront. Le lecteur attentif se souviendra que Rémy Vercoutre vient de garder les buts de la CFA  : c’est donc Mathieu Gorgelin qui se voit offrir le poste pour les 60 prochaines minutes. Pour les non-lyonnais qui liraient ceci, sachez que si vos potes tentent de vous le vendre comme la future star made in Joël Bats, ils se foutent de votre gueule. Gorgelin pourrait joué avec un maillot floqué «  Brave Gardien  » que ça ne choquerait personne. Ceci dit, rien à lui reprocher jusqu’à la pause.

lopes

Voilà comment Lopes va s’alimenter durant les 2 prochains mois.

2 minutes après être revenu, Mouhamadou Dabo a comme un sentiment d’inachevé. Ce match ne se passe pas comme prévu  : ses passes arrivent à destination, on le laisse avancer, et surtout, pas d’attaquant pour lui donner ces vertiges qui ne lui plaisent pas vraiment, mais auxquels on s’habitue. Alors à la 47e, après une action dont le bordel rappelle les images de 1er jour des soldes dans les hypermarchés du Nord-Pas-de-Calais (mais si, vous savez, avec des vieux qui se tabassent pour une télé à -50%), Mouhamadou prend son courage à deux mains et décide de marquer contre son camp, peu importe le qu’en dira-t-on. Chou blanc  : le ballon rebondit sur la barre, et les attaquants adverses mettent un point d’honneur à ne pas marquer. Tant pis, l’artiste, ça viendra. Pas dimanche prochain, si possible.

54e minute  : Diallo, entré à la mi-temps pour contrarier les lyonnais, remplit sa tache, d’une certaine façon. D’une semelle judicieusement placée, il renvoie Gonalons à l’infirmerie et lui-même à la douche. Le geste, évidemment, est une merveille à montrer dans toutes les écoles de semelles, mais ça n’est rien à côté de ses déclaration d’après match qui sentent bon le QI football  : « Je touche le ballon, je ne comprends pas le carton jaune. En plus, l’arbitre me met le rouge parce qu’il y a deux traces rouges sur sa chaussette. Mais si on expulse un joueur à chaque fois qu’il y a des traces sur une chaussette…  »

permit

C’était pourtant bien tenté de la part de Diallo, mais c’est carton rouge quand même.

Soyons honnêtes, la plupart des événements de ce match sont maintenant derrière nous. 2-3 occasions de part et d’autre, la crainte de blessure pour Umtiti et Bisevac (heureusement, fausse alerte), une bonne reprise de volée à mettre au crédit de Lacazette et nous en resterons là. Sur le déroulement du match et les actions qui sont allées au bout, difficile de ne pas voir un peu d’intervention divine, mais les Lyonnais ne méritaient pas moins que 3 points ce soir.

 

Les notes

Lopes (2-3 mois)  : J’ai consulté l’Internet  : en ratissant de la sorte fin octobre, on peut désormais planter sur le dos de ce pauvre Antho des aubépines, des margueurites ou des pivoines. Rendez-vous en 2014 pour la cueillette. Remplacé par Gorgelin qui a plutôt bien fait le peu qui lui a été demandé (3/5)

Dabo (3/5)  : Oui, je l’ai descendu un peu plus haut et je lui mets une bonne note, j’explique. Déjà, premier point, je fais ce que je veux. Ensuite, c’est le Mouhamadou que j’aime, au four et au moulin  : capable de passer à quelques centimètres d’un CSC qui aurait relancé les visiteurs, mais aussi de sauver son camp grâce à un retour aussi judicieux que salvateur un peu plus tard, il est comme nous tous  : il veut juste un peu d’attention.

Bisevac-Umtiti (3/5)  : Je les note ensemble parce que j’ai envie de croire à une charnière stable, et donc de les voir alignés ensemble souvent. Non pas que je sois un grand fan de Bisevac, dont je n’ai pas oublié les trous d’air la saison dernière, mais faute de grives, on mange des serbes. Umtiti, lui, reste très sérieux dans sa prestation, même avec les adducteurs en fusion. Prometteur.

Bedimo (4/5)  : Au fil des matches, Henri semble vouloir nous dire qu’il peut porter deux casquettes  : celle de la recrue judicieuse et capable d’apporter immédiatement que l’on n’attendait plus, et celle de l’arrière gauche inspiré devant sans laisser des «  intervaux  » dans son dos. C’est presque trop beau pour être vrai, j’ai peur qu’il s’inspire du susnommé Dabo et prenne un rouge direct dans le Derby.

Gonalons (3/5)  : Dans un OL retrouvé, impossible d’imaginer un Gonalons faire autre chose que de mettre des taquets. Pourtant, aujourd’hui, c’est lui qui s’est fait caresser la cheville, et de façon plutôt sérieuse. On espère le revoir pour le derby, parce que sa prestation jusque là faisait plaisir à voir. Remplacé par Ferri à la 54e, qui n’a pas eu à montrer grand chose, mais dont la passe en profondeur pour Lacazette et sa volée m’a fait plaisir. (2.5/5)

Fofana (4/5)  : A force de le faire jouer n’importe où, on aurait presque réussi à le faire passer pour un joueur nul. A l’heure où Benitez a l’air d’avoir envie de se payer Gonalons en janvier, c’était peut-être une tactique pour le faire passer sous le radar des autres clubs. Judicieux, mais il s’agirait de le faire jouer, maintenant. On l’a vu dans ce match, c’est ce qu’il fait de mieux.

Malbranque (4/5)  : Quel est le point commun entre l’avocat, le citron, la papaye et Steed Malbranque  ? Réponse  : ce sont des fruits d’automne. Et avec le dernier, on se régale. En attendant l’hiver.

Grenier (2/5)  : Je vais être tout à fait transparent  : moi, je l’avais trouvé bon. Mais en voyant tous mes congénères lyonnais s’inquiéter pour ma santé mentale, j’ai reconsidéré mon propos, et admis que les commentaires ultra-partisans des commentateurs BeIn m’avaient certainement influencé. Être académicien, c’est aussi savoir mettre de l’eau dans son vin quand celui-ci est une piquette.

Lacazette (4/5)  : Les supporters férus de statistiques l’auront peut-être remarqué  : dans ce match, Alexandre Lacazette a marqué plus de buts qu’il n’a pris de cartons rouges. Encourageant.

Gomis (3/5)  : S’il était aussi prompt à couper les passes en retrait des adversaires qu’à prolonger son contrat, on se serait évité bien des soucis.

 

Note Bonus  : Benzia (0/5)  : Moi aussi, Yassine, j’aurais préféré que le club se débarasse de Gomis cet été. Moi aussi, je comprends que ça soit dur de cirer le banc quand tu as cru avoir enfin ta chance. Peut-être même que c’est toi qui a raison, qu’on regrettera de ne pas l’avoir compris à temps. Mais en attendant, si tu continues à aller pleurer dans les médias, le jour de ton départ, je reprendrai deux fois du dessert.

Gérard Côlon

6 réflexions sur “OL – En Avant Guingamp (2-0) : La Gones Académie livre ses notes

  1. Je plussoie et j’en met de partout de retrouver ta plume légère et le gout de la victoire…

  2. Ouais, mais pourquoi n’avoir pas continué à jouer, à 11 contre 10? Manque d’ambition, et encore d’envie assez cruel. C’était à la maison merde…

  3. ah. bon.
    je disais, l’OL est passé en 442 en losange? ça peut être très bon pour Gourcuff ça!

  4. Oui, c’est une nouveauté qui date du match de Rijeka, si je ne m’abuse. Ca fait longtemps que certains le suggérait, c’était dans un coin de la tête de tout le monde, et pour l’instant ça marche pas mal. En plus, ça permet d’éviter d’excentrer Lacazette, et donc qu’il s’en plaigne dans L’Equipe.

Répondre à Eric di Macon Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.