Bâle-OM (1-2), La Canebière académie est bien dedans

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Tout se passe bien, c’est anormal.

Aïoli les sapiens,

Avec une efficacité à la hauteur de sa domination du match aller, l’OM aurait pu aborder ce déplacement en Suisse une main dans le slip, nantis de quatre ou cinq buts d’avance , la qualification déjà acquise et Payet opportunément suspendu pour gagner un temps de repos à l’occasion d’un match sans enjeu.

Mais évidemment, rien n’est simple et cette saison, être séduisants et efficaces n’est pas une option. Arracher des points en jouant comme des viers, on sait faire, être séduisants mais infoutus de marquer, on sait aussi, sans omettre bien sûr notre capacité à perdre en jouant comme des viers. C’est donc avec un seul but d’avance et sans notre meneur de jeu que nous devions tâcher d’aller composter notre billet pour les quarts de finale de Conference Ligue.

La meilleure stratégie semble être de conserver l’attitude observée au match aller ainsi que face à Brest en championnat, et non de se laisser envahir par le vilain Ronquinquant qui pollue les hommes de Sampaoli depuis une bonne partie de la saison (le Ronquinquant, je ne sais plus si je vous en ai parlé, c’est ce monstre qui se cache le jour, qui sort la nuit pour hanter tes pires cauchemars et qui sort le matin pour laver la rue avec ses fesses ; c’est Dromadine qui m’a appris son existence). Autant dire que ce match s’aborde avec une confiance toute modérée.


Les Longorious Basterds

Mandanda
Lirola (Kamara, 73e) – Saliba – Caleta-Car– Luan Peres
Guendouzi – Rongier – Gueye – Harit (Gerson, 64e)
Ünder (Balerdi, 92e) – Bakambu (Milik, 64e)

Payet suspendu, Sampaoli fait le pari d’aligner une équipe allégée de quelques titulaires, en prévision du match de dimanche contre Nice. Rongier y gagne le droit de jouer à son poste, associé à Gueye. Harit remplace Dimitri et est chargé d’alimenter Bakambu.


Le match

Sans redémarrer le rouleau-compresseur aperçu lors de ses derniers débuts de matchs, l’OM semble néanmoins décidé à aller chercher sa qualification autrement qu’en se comptant les gouttes de sueur sur la raie. Mieux, une admirable action collective née d’une sortie de balle d’école se termine par un tir de Gueye difficilement détourné par le gardien, Harit voyant ensuite sa reprise contrée.

Plus directs, les Suisses adressent plusieurs centres et contres dangereux. Mandanda doit ainsi s’employer, avant que Luan Peres n’affole le slipomètre en reprenant son attaquant à l’extrême limite du pénalty. Rappelons que l’arbitrage vidéo n’est pas en vigueur pour cette compétition : cela ne nuit guère à l’arbitre du soir lorsqu’il nous accorde sans l’ombre d’un doute le coup de pied de réparation quelques minutes plus tard. Il faut dire que, lancé dans la profondeur après une excellente ouverture de Bakambu en contre-attaque, Harit se fait proprement DÉ-BOÎ-TER à dix mètres du but bâlois. Pour la deuxième fois en deux semaines, le Marocain est victime de sévices de la part des types en bleu sans que l’IGPN l’arbitre n’accorde davantage qu’un carton jaune au fautif. Pire, nous ne transformons pas le pénalty. Il faut dire que l’équipe a jugé pertinent de laisser tirer Amine, que l’on imagine pourtant un peu éprouvé à l’issue d’une course de 70 mètres ponctuée d’un hippopotacle par derrière : son tir à ras de terre est repoussé par le gardien dans les pieds de Bakambouse, qui place son plat du pied sécurisé dans la tribune.


L’OM ne se décourage pas et se procure quelques centres dangereux, tandis que Bâle continue à laisser planer une sourde menace à l’occasion de quelques incursions. Pourtant, c’est bien ce pénalty raté qui reste dans les têtes, à la pause de ce match qui ne demande qu’à mal tourner : plus que la Saint-Patrick, c’est surtout la fête du lapin qui semble s’annoncer.

La domination olympienne se maintient en début de seconde période, matérialisée notamment par plusieurs seconds ballons récupérés, des une-deux de bon aloi impliquant Bakambu en remise, ou encore deux frappes de Lirola et Bakambu. Les Bâlois ne s’approchent guère de notre surface mais, lorsqu’ils y parviennent, c’est pour mettre en évidence notre manque total de sérénité. Mandanda intervient plusieurs fois avant que Caleta-Car ne se trouve à son tour tout proche de concéder un pénalty.


On ne connaît que trop bien cet OM du cul entre deux chaises, attaquant sur la réserve pour ne pas oublier de se concentrer sur l’essentiel : paniquer. Nous mettant hors de position sans trop forcer, les Suisses débordent à gauche et voient un centre tout près d’être repris. Le ballon échoue côté opposé, où Lirola est victime d’une crise de tétanie au moment d’empêcher son adversaire de centrer à son tour. Encore en train de chercher son slip après le débordement précédent, Luan Peres laisse partir Ndoye qui conclut de près de la tête (1-0, 63e).

Si cette ouverture du score ne qualifie pas encore nos adversaires, fin de la règle du but à l’extérieur oblige, nous sommes bien forcés de reconnaître qu’ils nous font douter, ces Suisses. Avec un sérieux déconcertant, Sampaoli prend le parti de faire rentrer sans attendre les titulaires habituels : Gerson et Milik interviennent, bientôt rejoints par Kamara.


L’issue du match est alors indécise, sauf pour Gerson. Le temps de se recoiffer, de chausser les lunettes de soleil et de se mettre un petit Earth Wind and Fire dans le casque, et le Brésilien élimine son défenseur en deux pas de danse avant de centrer pour Ünder. Pris par le groove, Cengiz ne se pose pas de question et place sa volée plat-du-pied au ras du poteau (1-1, 74e).

Sans doute émoussés physiquement, les Suisses ne parviennent plus guère à nous faire douter. Pourtant, malgré l’absence totale de danger jusque dans le temps additionnel, on sent nos joueurs hantés par la perspective de la boulette fatale, une attitude qui en général représente le moyen le plus sûr pour que celle-ci se produise.

Gerson, lui, ne s’émeut pas, ou alors pour des choses qui en valent la peine (tourne-disques en panne, pénurie de préservatifs XXL, prohibition des drogues douces…). C’est littéralement les mains sur les hanches qu’il joue le dernier corner, décalant Guendouzi d’une petite louche toute en rythme. Mattéo centre en retrait pour Rongier qui, de l’entrée de la surface, place le ballon deux mètres à côté de l’endroit où il vise d’habitude (1-2, 93e). S’ensuit une engatse sans doute due à un mot malheureux (du genre « vous avez pas honte de vous être pris un but de Rongier, bande de taches ? »), et qui pollue notre qualification de quelques cartons superflus. Pas de quoi gâcher une soirée qui nous voit acquérir le droit de rêver à une belle histoire européenne.


Les joueurs

Mandanda (3/5) : Comme n’importe quel président en difficulté dans son pays, il profite de la scène internationale pour se redonner une stature. Et c’est un vieux supporter, moi, d’un vieux club, l’Olympique de Marseille, qui vous le dit aujourd’hui, qui a connu les défaites, les guerres des cyprès, la barbarie, un supporter qui n’oublie pas et qui sait ce qu’il doit à Steve Mandanda et qui pourtant n’a jamais cessé de se tenir debout face à l’histoire et devant les hommes.

Lirola (2/5) : Un match à la Luna Lovegood : Pol n’est pas franchement chtarbé mais semble évoluer dans un monde différent. Du moins jusqu’à ce qu’il oublie de presser le centreur sur le but bâlois, là pour Sampaoli ça a été vite évalué : « vingt points pour Serpentard et tu te casses hors de ma vue, cabron ».

Kamara (73e) : Entre, constate l’égalisation d’Ünder une minute plus tard, déclare aux Bâlois : « c’est bon, vous vous êtes bien amusés mais maintenant on ferme. »

Saliba (2/5) : Des relances bien foireuses bien Balerdi, confirmant que William reste capable à tout moment de passer sans prévenir de la maîtrise absolue au craquage total. On doit malheureusement se rendre à l’évidence : il est fait pour Arsenal.

Caleta-Car (3-/5) : Autant l’absence d’arbitrage vidéo nous a été préjudiciable à l’aller, autant ce soir on peut s’estimer heureux de ne pas avoir dû s’attarder sur son petit enchaînement « pied sur le ballon qui roule délicatement jusqu’à la cheville de l’adversaire ».

Luan Peres (1+/5) : Luan Peres à l’aile gauche, c’est beau comme la rencontre fortuite d’un parapluie et d’une machine à coudre sur une table de dissection. Ou encore, de manière moins poétique, la rencontre d’un string taille 12 ans avec du beurre de cacahuète : ça se tend, ça se tend, ça se tend, ça craque.

Rongier (4/5) : Enfin titularisé à son poste préférentiel depuis une éternité, Valentin a enfin connu un match plein et sans bizarrerie improbable, du moins jusqu’à la 93e minute.

Gueye (4-/5) : Alors que vient le moment de recenser nos forces vives à l’approche de la bataille finale, comment ne pas être heureux de voir le soldat Gueye reparaître au meilleur de sa forme ? On se sent comme le héros d’un cliché d’héroïc fantasy, qui s’apprête à se coltiner tout seul le sinistre Morglüx et ses légions d’orques de la mort, mais est arrêté en chemin par la main apaisante d’un troll revenu se battre à ses côtés alors qu’il l’avait laissé pour mort trois scènes plus tôt.

Guendouzi (4/5) : À Pape les tampons bien sentis pour récupérer les ballons dans le camp adverse, à Mattéo les passes qui font des guilis partout. Par contre, si on lui avait dit qu’au final, sa seule passe décisive serait délivrée à Rongier, il ne l’aurait sans doute pas cru (ce qui confirme une nouvelle fois ce qu’ils se sont refusé à comprendre pendant la moitié de la saison, à savoir que pour que de telles diableries se produisent, encore faut-il avoir l’audace de les tenter, bordel de merde).

Harit (2/5) : Difficile de lui en vouloir du pénalty manqué : il appartenait plutôt à ses coéquipiers de lui suggérer qu’après tel un sprint ponctué d’une arthroscopie de la cheville non remboursée par la Sécu, Amine ne disposait peut-être pas de la lucidité nécessaire pour endosser ce tir. Notre meneur de jeu passe le reste du match à trembloter sur des passes simples : soit il s’agissait d’une séquelle de cet échec, soit Amine avait acquis l’idée qu’à chaque instant un joueur de Bâle était prêt à surgir derrière lui pour essayer de lui casser une jambe.

Gerson (64e, 4+/5) : On lui doit ce soir deux passes décisives ou presque, l’introduction du mot « groove » dans les dictionnaires suisses, trois choristes engrossées et un projet de délocalisation de la Motown rue des Trois Rois. Une performance huilée, quoi.

Ünder (4-/5) : Volontaire mais pas toujours efficace, sans compter sa relation toujours douteuse avec Lirola (en les voyant tous les deux, j’avais l’impression de me revoir en train de jouer avec les aimants de mon train en bois, en m’amusant à essayer de rapprocher les côtés qui se repoussent). Comme pour Pol, une action décisive vient orienter définitivement l’évaluation, dans un sens positif cette fois.

Balerdi (92e) : Petit changement de cagueux destiné à casser un rythme qui était retombé depuis longtemps. Leo a tout de même trouvé le temps de recevoir un carton sans avoir joué un seul ballon.

Bakambu (2+/5) : Les cardiologues marseillais avaient pourtant signé une pétition pour qu’on ne revoie plus à Marseille ce type d’attaquant exaspérant, horrible dans la finition mais pas assez nul pour qu’on l’envoie aux oubliettes. Nous revoici donc clairement repartis pour une longue période d’insultages de mère, entrecoupée de remerciements éplorés lorsqu’il nous plantera un but décisif par-ci par-là.

Milik (64 e, 2-/5) : Rien de rien, mais un rien qui bénéficie d’une certaine indulgence au vu du scénario du match. Par exemple, pour mieux profiter des contre-attaques, il aurait été plus pertinent de faire rentrer Bakamb… ah merde, ça y est, c’est ce que je vous disais, il commence déjà à me rendre cinglé, lui.


L’invité zoologique : Taulant Chacal

Chien galeux vivant de rapines, le chacal est capable de bien ennuyer des prédateurs plus gros que lui-même si, en général, un bon coup de pied au cul suffit à le remettre à sa place. Voici ses observations.

Les autres : une différence de niveau perceptible dans à peu près tous les secteurs du jeu ; dans la mesure où nous n’avons pas décidé de saborder nous-mêmes nos chances, il leur manquait vraiment trop d’arguments pour nous contrarier davantage.
La suite : le tirage au sort décidera ce jour-même de notre adversaire en quarts, à choisir entre la Roma de Nando et Gromerdier, le Slavia, le PSV, Feyenoord, l’épouvantail Bodo Glimt, le PAOK et Leicester. N’ayant pas connu de match arrêté depuis longtemps, on peut s’attendre à une visite à Rotterdam qui nous permettrait de retrouver les fondamentaux de la saison.
Coming next : match au sommet dimanche contre Nice, doté d’un enjeu crucial au classement, face à un rival diminué par les absences et s’inscrivant dans une dynamique favorable de notre côté : Monsieur Lapin s’échauffe donc intensément.
Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Instagram et sur Twitter. Thibault D. remporte le concours zoologique.


Bises massilianales,

Blaah.

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