Dijon-OM (1-2), La Canebière académique émerge

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Get fucked in the fog ? Not under my watch.

blaah
Quand soudain, semblant crever le ciel
Emergeant du brouillard
Surgit un Bouna Sarr

Aïoli les sapiens,

Tout était pourtant réuni pour le plan foireux par excellence. A la base, il s’agissait déjà d’un match à l’intérêt aléatoire chez un adversaire anodin. Même les plus érudits d’entre nous peinent à situer à l’emplacement exact de Dijon au classement et sur une carte de France. A l’intérêt ethnologique de fréquenter une fois l’an ces contrées de sauvages, s’ajoute la sidération devant ce que nos compatriotes peuvent être capables de supporter en matière de climat pourri. Voici donc nos champions contraints à un détour afin de troquer l’avion pour un bus doté des meilleurs antibrouillards. La fin des galères ? Nenni, il faut maintenant passer une nuit sur place, une fois le match reporté après de longs tâtonnements de l’arbitre – pas pour prendre sa décision mais pour retrouver le chemin des vestiaires. Plongés sans prévenir dans un film de Carpenter, on imagine la nuit atroce que supporters et joueurs ont passée (à l’exception de Rolando, seul à dormir comme un bébé : il sait que si un fantôme vient pour l’emporter, c’est le fantôme qui prendra peur).

En ce début d’après-midi, tout est donc prêt pour le genre de défaite anale que l’OM est passé maître dans l’art de produire en pareil contexte. Tout ? Dame, c’était sans compter sur Bouna Sarr ! Décisive, son entrée aura évité à ce voyage de tourner au cauchemar, mais n’aura rien fait pour atténuer le sentiment d’irréalité qui a enveloppé ce périple.

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Je ne garantis pas une rigueur extrême dans la description de la rencontre, surtout en ce qui concerne les dernières minutes.

L’équipe

Enfin de la stabilité : l’équipe du match précédent est reconduite.

 

Le match

Avisé de nos récents bons débuts de matchs, Dijon s’efforce de nous surpasser dans l’impact. Les Bourguignons nous empêchent de construire mais voient leurs projets sévèrement contrariés dès la 6e minute : Vainqueur intercepte une mauvaise passe et donne à Gomis, qui talonne astucieusement pour Thauvin. Florian avance et ouvre pour Lopez, qui trompe le gardien du bout du pied. Indéniablement, leur entente rend les choses faciles, un peu comme dans ces films policiers où les deux héros, soudés par leur amitié virile, commencent par s’envoyer quelques vannes puis dégomment des méchants une main dans le slip avant de tirer au sort celui qui conduira la décapotable pour aller aux putes (0-1, 6e).

Quoique enculés à sec cueillis à froid, les Dijonnais demeurent menaçants, notamment par des incursions sur notre côté gauche. Leurs centres sont repoussés plus ou moins sereinement par la défense, jusqu’à ce qu’une grosse faute de Fanni dans un duel aérien n’amène Pelé à accomplir la raie du jour sur coup-franc.

Le corner qui s’ensuit est proche de nous offrir la quine, le carton et le filet garni, puisqu’il se traduit par une remontée de balle phénoménale de Florian Thauvin. La contre-attaque à 5 contre 3 se termine miraculeusement pour les Dijonnais, Vainqueur puis Gomis se montrant d’une somptueuse analité au moment de conclure à six mètres du but.

Après quelques escarmouches aux abords de notre surface, Bafé remet sa tournée en salopant d’une reprise de la cuisse un bon dédoublement Thauvin-Sakai. L’OM finit la mi-temps plutôt tranquillement, même si un dernier coup-franc encore détourné de très belle manière par Pelé nous rappelle la possibilité que nous finissions la journée à nous mâcher les couilles au souvenir de ces occasions manquées.

Du reste, une perte de balle de Zambo Anguissa dès la 46e place la seconde période sous le signe du slipomètre. Les Bourguignons soumettent notre surface à un blitzkrieg, mais manquent de tranchant à la conclusion de leurs actions. Le brouillard se remet à tomber : tous les Marseillais présents sur la pelouse et en tribune soufflent de toutes leurs forces pour éviter que la météo ne contraigne l’arbitre à arrêter la rencontre et ne les oblige ainsi à remettre les pieds dans ce pays de merde.

Si le climat ne s’arrange pas, en revanche l’OM respire un peu mieux à compter de l’heure de jeu, en parvenant à remettre le pied sur la balle et à tenter de nouveaux tirs. Thauvin se montre ainsi très présent, mais sort à 20 minutes de la fin dans le cadre d’une réorganisation tactique en 4231. Les bénéfices de ce changement ne sautent guère aux yeux, d’autant que Dijon se remet à menacer nos buts. Irréprochable jusqu’ici, Pelé est surpris par un coup-franc d’Abeid consécutif à une faute conjuguée de Rolando et Vainqueur (1-1, 78e).

La caméra placée derrière le but semble cependant indiquer que Pelé était légèrement masqué au départ du ballon.

 

Conformément aux prévisions, l’OM s’apprête ainsi à perdre des points d’une manière assez navrante, et la vision des dix dernières minutes s’annonce comme une épreuve d’autant plus lourde que la brume vire à la purée de pois la plus totale. J’avoue sans peine avoir eu du mal à porter une attention soutenue à tout ce qui s’est passé pendant cette fin de match. Les rétines arrachées à force de tenter de discerner quelque chose à l’écran, j’ai même cru à un moment apercevoir Bouna Sarr se saisir du ballon, réaliser un grand pont sur son défenseur et adresser un centre parfait pour un Gomis enfin efficace, c’est dire si cette après-midi était propice aux hallucinations les plus délirantes (1-2, 87e).

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Détail amusant, en violant son défenseur, Bouna Sarr a également violé le continuum espace-temps. Voir notre ailier réussir un dribble décisif a créé une fracture spatio-temporelle faisant communiquer notre monde vers une dimension parallèle, avec pour conséquence immédiate de libérer Doria du cul-de-sac quantique dans lequel il était tombé lors du match à Montpellier. Si cela ne nous vaut pas le Nobel de physique, je me coupe une couille.

 

Les joueurs

Pelé (4/5) : Nous moquions le gardien douteux qui accumulait les « clean sheets » ? Eh bien, le Pelé nouveau est excellent mais prend des buts. Bien fait pour nous.

Hubocan (2/5) : Après deux bons matchs contre Saint-Etienne et Nancy, Tomas a enfin dû se frotter à des adversaires qui souhaitaient attaquer, ce qui n’était déjà plus la même limonade. Nous avons retrouvé sa tendance à la lourdeur et aux interventions légalement discutables, ce qui incitera Rudi Garcia à ne pas ranger trop vite sa boîte d’antidépresseurs.

Rolando (3-/5) : Pas de grosse erreur, même s’il provoque le coup-franc de l’égalisation et n’est pas étranger à notre maculation slipale.

Fanni (3-/5) : De même que le précédent, un match équivalent à une descente de bobsleigh par Philippe Croizon : même en l’absence de sortie de piste, on serait bien hypocrite de parler de maîtrise.

Sakai (3/5) : Toujours sur une bonne dynamique offensive (et pas toujours bien couvert par les copains, d’ailleurs), mais un peu timide défensivement, laissant parfois trop de latitude au centreur.

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On retiendra néanmoins qu’Hiroki a été l’auteur d’un nippopotacle salvateur en pleine surface (c’est comme un hippopotacle, mais par un Japonais).

 

Vainqueur (2/5) : Les bonnes interventions habituelles, mais souillées par trop de ballons et de duels perdus, accompagnés de quelques concessions de coups-francs romaesques. D’où une note inférieure à celle d’André-Frank Zambo Anguissa, histoire de nimber l’atmosphère d’un supplément d’étrangeté.

Zambo Anguissa (2+/5) : On a trop vu les Dijonnais folâtrer autour de nos seize mètres pour nous montrer satisfaits de nos récupérateurs. Ceci dit, c’était bien encore un vrai joueur de football que nous avions sur le terrain et non son alter ego du début de saison, Zambozo le clown.

[Note de la rédaction : la rédaction d’horsjeu.net tient à souhaiter publiquement le plus prompt rétablissement à Lassana Diarra. Pas pour le bien de l’OM, mais pour le bien de nos lecteurs, éprouvés par des semaines de calembours infâmes liés à la présence de M. Zambo Anguissa. Tenez bon.]

Lopez (4-/5) : Célèbre jusqu’ici pour avoir vu naître les créations du chanoine Kir et du dessinateur Boulet, Dijon a donc accueilli les premières œuvres de Maxime Lopez, ce qui devrait permettre à cette ville de franchir un pas de géant sur le chemin de la postérité.

Doria (89e) : S’est bien gardé au cours de ses quatre minutes de présence de commettre une erreur qui l’aurait renvoyé au fin fond de la 8e dimension.

Thauvin (4/5) : De la même manière que les Palestiniens ont remplacé « Le Caire » par « Jérusalem » sur l’extrait de naissance de Yasser Arafat, je propose de remplacer « Orléans » par « Marseille » sur celui de Florian Thauvin. L’Histoire ne mérite pas de fausse note.

Machach (69e) : Au moment de son entrée, on y voyait déjà au stade comme dans la chambre de Lux B un soir de récolte. Je vais donc rester prudent sur son appréciation.

Njie (2+/5) : Une première période honnête quoique peu lucide, avant qu’il n’anticipe la perte globale de visibilité en disparaissant avent l’heure.

Sarr (79e) : Bouna arrive en ville : tout le monde change de trottoir ; il n’a pas l’air viril mais il fait peur à voir. Il ne touche pas une bille, il fait rire les manants… mais quand il nique leurs mamans, ils font tous les canards ; ça fait, comme un éclair dans le brouillard : Bouna arrive en ville.

Gomis (3+/5) : Attend la 87e pour retenir d’un geste les torrents de merde qui n’auraient pas manqué de s’abattre sur lui si ses occasions ratées nous avaient coûté les trois points. Sans lui jeter trop de fleurs, on peut au moins saluer sa force mentale.

 

L’invité zoologique : Pierre Lèche-Mérou.

Avec son ambition tordue d’entretenir un club de football quand le déterminisme socio-géographique de cette ville insignifiante la destinait à plutôt se consacrer au championnat de basket-ball féminin, Dijon est aussi à sa place dans le championnat de Ligue 1 qu’un mérou dans les marais de Bourgogne. Le mérou, donc, était bien l’invité zoologique approprié pour livrer ses observations sur ce match.

– Les autres : On se moque, mais ça joue plus au football que bien des adversaires récents, l’AS Saint-Etienne y compris. Manque de finition et naïveté défensive les ont trahis, comme il advient en général des généreuses équipes de ce style.

– Le classement : Notre remontée inexorable se poursuit, nous voici neuvièmes.

– Le beau geste (rappel) : Notre ami Sisko organise une collecte de denrées pour les démunis samedi 17 décembre place Castellane. Plus de détails ici.

– La page abonnement : Pour que vive l’Alterfoot cananal historique.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter. Johny Kreuz, régional de l’étape, gagne le concours zoologique.

 

Je souhaiterais l’avis des amateurs de photographie : soit dit en passant et en toute franchise, ça se voit qu’il avait perdu la main sur la fin de sa carrière, David Hamilton, non ? De vous à moi, ça ne m’étonne guère qu’il n’ait pas réussi à le supporter.

 

Bises massilianales,

Blaah.

8 réflexions sur “Dijon-OM (1-2), La Canebière académique émerge

  1. Arrivé à la 75e devant le match, j’ai deviné l’égalisation de Dijon. Après avoir déversé ma bile quotidienne sur l’arbitre et la Ligue pour avoir fait joué ce match, je me suis vite tu au but de Gomis. Je félicité le brouillard de merde qui a fait en sorte d’empêcher Gomis de voit la balle arriver et donc de marquer.

    En revanche, j’ai vu passer qq commentaires comme quoi sur sa célébration, le capo des supporters marseillais avait refoulé Gomis ? Un avis, un retour, une expérience ?

    Ah si on est à 4 points de la 4e place. Superbe championnat.

      1. Je parlais de la célébartion du but, il est allé vers le kopp mais le capo lui a dit de se barrer (lu sur twitter mais pas vu sur les images).

        1. Bof, le capo fait un mouvement, yen a qui ont interprété ça comme ça. Quand bien même, pas de quoi en faire une montagne.

  2. question : Y’a moyen de trouver un site regroupant les stats des joueurs sur le match ?
    Statszone fait pas la ligue 1 et ca fait 2 matchs que je me demande si la moitié des passes de Thauvin sont pas à destination de Lopez.
    J’ai l’impression que dans sa tête (à Thauvinho) c’est
    1 : je dribble
    2 : je passe à Lopez
    3 : je dribble pour pas passer la balle à un autre

  3. Njie disparaît avant l’heure pour ouvrir une petite case du calendrier de l’avent?
    En espérant que c’était ceelle qui lui manquait, celle de la vision du jeu !

    Merci Camelius.

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