Lyon-OM (1-0) : La Canebière Académie n’en rate pas une

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Qu’on nous donne l’envie

Aïoli les sapiens,

Je m’étais couché la veille fort des certitudes de l’homme prévoyant, celui qui a bien lu les alertes météorologiques, pris conscience que sa voiture était garée au bord de la rivière, et a donc précautionneusement déplacé icelle dans un lieu plus abrité. L’agacement est d’autant plus grand de constater des sportifs censés être les plus pointus dans leur discipline, accumuler les bourdes qu’un Gaston Lagaffe n’eût pas reniées. Comment peut-on être aussi niais, aussi empoté, aussi inapte à produire quoi que ce soit d’efficace, m’insurgeai-je à la suite d’une énième balerdise ?

Le lendemain, à l’heure où les premières lignes orageuses quittaient le département vers l’est en respectant scrupuleusement les prescriptions de Météo France, je m’empressai de saisir mon clavier pour coucher ces quelques lignes rageuses et défoulatoires dont le peuple marseillais exprime le besoin hebdomadaire aussi impérieux que le café du matin ou la tête de Macron sur une pique. Un appel de ma tendre épouse m’interrompit : tout à mon empressement de bien faire la veille, j’avais certes rangé la voiture à l’abri des inondations, mais en laissant les fenêtres grandes ouvertes, avec le résultat que l’on devine.

L’épisode s’avère riche de deux enseignements : un, plutôt que de donner des leçons d’adresse et d’intelligence aux footballeurs, il m’apparaît impérieux de bien, mais alors bien, fermer ma gueule. Deux, il n’est plus question d’aimer ou de ne pas aimer Leonardo Balerdi : aussi solidement que Kyubi est scellé dans Naruto, Leonardo fait partie de nous, Leo est nous et nous sommes Leo. Musique.

Une version avec quelqu’un qui sait chanter est à l’étude.


Les Longorious Basterds

Rulli
MurilloEgan-Riley (expulsé, 29e) Balerdi – Weah (Lirola, 72e)
Gomes – Højbjerg
Greenwood (honte à nous, Garcia, 46e)– Nadir (Cornelius, 34e) – Traoré (Bakola, 85e)
Aubameyang (Vaz, 85e)

Rowe a trouvé un point de chute à Bologne, et comme apparemment Rabiot ne peut pas se passer de son meilleur ami, le Duc serait en partance lui aussi pour le championnat italien (Milan). Pour ce qui est des recrues, on attendra la clôture du mercato pour faire un point sur le OM-Hall-de-gare-Project, on n’aura pas trop de la trêve pour s’y retrouver.

En tout cas, sans présumer de ce qui se passera ce lundi, la défense branle salement du manche, plombée par les blessures de Medina et Kondogbia (et par les manques de l’effectif, de fait). Paixao n’est pas davantage apte à jouer, au contraire d’Hamed Junior Traoré, tout droit arrivé de Bournemouth et titularisé d’office.

L’association Gouiri-Aubameyang n’est pas reconduite, Nadir étant préféré à Amine au milieu.


Le match

À la différence des matchs habituels contre le PSG, où une énorme cagade anéantit des débuts prometteurs, le carton rouge d’Egan-Riley n’anéantit que dalle tant notre production de la première demi-heure était insipide. On ne va pas vous faire le détail, c’est la même chose depuis le début de saison : sans imagination, sans condition physique, intention ni intensité, sans qualité technique, sans aucun plaisir apparent à jouer au football, cet amas de joueurs ne ressemble en rien à une équipe. L’an dernier, le barbecue danois associé au team buliding de Mallemort avait fait des miracles en la matière : on ne peut que souhaiter que la trêve soit une nouvelle fois employée à construire ce collectif.

Et dans tout ça, on n’a pas parlé de la défense. En fait, à rebours du cliché tactique de l’entraîneur tacticien occupé à se branler la nouille sur la meilleure manière de créer des triangles isométriques dans les halfspaces inversés, on peut se demander si le chantier absolument prioritaire n’est pas celui-ci : autant en attaque, nos joueurs semblent avoir un minimum de talent pour se démerder un minimum, autant derrière, ya pas de secret, faut bosser. Beaucoup. La défense est éparpillée d’autant plus facilement que les Olympiens semblent dépourvus soit des moyens physiques, soit de la volonté, nécessaires à suivre les courses lyonnaises. Ces dispositions obligent Rulli à un premier miracle sur une reprise à bout portant d’Abner, avant de multiplier les parades et sorties de bon aloi. L’une de ces dernières conduit d’ailleurs Abner à une simulation magnifique de débilité, qui aura au moins eu le mérite de faire rire les arbitres vidéo. Suit un but lyonnais refusé pour hors-jeu signalé dans des conditions douteuses, soient des avertissements en nombre suffisants pour resserrer les boulons derrière.

Sauf que Balerdi, c’est comme Syd le paresseux dans l’Âge de glace : lui donner la consigne « rester concentré, ne pas tout faire foirer », c’est le meilleur moyen pour qu’il vrille. D’une passe abominable du genou, il permet à Fofana de partir dans l’espace, poursuivi par Egan-Riley. Bien que Rulli soit spécialiste des un-contre-un miraculeux, Conrad Jaden préfère assurer le coup et démembre l’attaquant d’un hippopotacle désespéré, histoire de bien bonifier l’ânerie de son partenaire. Voici donc l’OM promis à jouer les deux tiers du match en infériorité numérique.

Seule personne à huit-cents mètres à la ronde à ne pas avoir compris que Greenwood (honte à nous) n’avait absolument rienà foutre de ce match, De Zerbi maintient le nuisible et préfère sortir Nadir. Le dernier quart d’heure est à l’avenant (lavement ?) : du slipomètre, des arrêts de Rulli, un nouveau but refusé, la déprime totale.


À la reprise et alors que Grenwood (honte à nous) est enfin prié d’aller rafraîchir sa tête de con sur le banc, l’OM se met enfin à ressembler à une équipe. Le sursaut collectif, combiné à la sortie pour blessure du très enquiquinant Fofana, rendent le spectacle un peu plus digne d’être regardé. L’affaire s’emballe à l’heure de jeu, quand une contre-attaque jouée à la perfection par Aubameyang envoie Højbjerg défier le gardien, force restant hélas à celui-ci. Dans la foulée, notre défense en bois offre à Tessmann une position de tir idéale, pour une frappe de peu hors-cadre. Puis, Garcia adresse un centre à ras-de-terre pour Traoré, seul aux six-mètres mais dos au but, et qui tente une talonnade (ou une semellade, pas envie de vérifier) trop peu convaincue.

Pour emporter la décision, De Zerbi tente de jouer une nouvelle fois la carte jeune avec Bakola et Vaz. Comme lors de nos défaites les plus anales, c’est en fait la détermination lyonnaise qui fait une fois de plus la différence. Un centre de notre gauche est parfaitement dévié dans la course de Tessmann, qui devance Rulli et tire sur la barre. Au rebond, Balerdi est à la lutte avec Sulc, et, là où le Tchèque paraîtrait prêt à manger sa mère si ça devait faire finir la balle au fond, notre Leonardo national manifeste la motivation du ficus en pot pour contrer mollement le ballon des couilles, puis le laisser rebondir sur l’attaquant et in fine sur lui-même (1-0, 88e).

Nous achevons la partie avec d’autant plus de regrets que Højbjerg, trouvé par Lirola, manque d’un rien l’égalisation en expédiant sa minasse au ras de la barre. Notons que, si regrets il y a, c’est bien que l’Olympique de Marseille a montré des choses, ce qui n’était pas gagné au vu de la première période. Nous sommes encore loin d’être au fond du seau, même si les nuages s’accumulent ; il faudrait ainsi nous mettre à jouer dès le coup d’envoi et pas seulement la moitié du temps, et résoudre ces problèmes défensifs d’autant plus fâcheux qu’ils sont pour l’instant sans remède depuis plus d’une saison. Le souci est que le temps presse, et que l’après-trêve nous offrira un enchaînement Real Madrid-PSG peu propice à la paix des ménages et des cyprès.


Les joueurs

Rulli (4/5) : Une fiabilité totale, à laquelle s’ajoute la prise de conscience collective que, sur le plan du jeu, un bon six-mètres tatané devant est parfois aussi efficace que des relances courtes slipométriques.

Murillo (2/5) : Autant dans la vie d’un vestiaire je peux comprendre la bagarre entre Row et Rabiot, autant je ne sais absolument pas comment Amir a tenu aussi longtemps sans mettre un énorme coup de boule à Greenwood (honte à nous).

Egan-Riley (0/5) : Déjà tu arrêtes de défendre comme un vier, et alors peut-être, je dis bien peut-être, qu’on acceptera de t’appeler « Cee-Jay ». Mais pour l’instant, t’as vraiment pas le droit de te la péter, Conrad Jaden.

Balerdi (1-/5) : Une expulsion provoquée et un CSC, le tout après deux premières étapes du même tonneau. Niveau conneries on dirait Pogacar dans les Pyrénées, il est intouchable.

Weah (2/5) : On lui a vendu un effectif pléthorique taillé pour la Ligue des Champions, résultat on le bombarde arrière gauche parce qu’on a personne d’autre. Autant c’est aussi Mehdi Benatia qui s’occupe des recrutements dans l’Education nationale.

Lirola (72e) : Toujours vivant, toujours debout, comme Renaud les deux mois de l’année où il est pas trop bourré.

Gomes (1/5) : Laid et triste comme ces villes de banlieue qui existent sans qu’on sache pourquoi, Angel Gonesse.

Højbjerg (3/5) : « Bon, Greenwood est sorti, donc maintenant je vais pouvoir m’occuper de l’autre connard qui a passé son temps à rater des contrôles et à courir à deux à l’heure. C’était qui, déjà ce fils de pute ? Ah, ben c’était moi. OK, je vais me menacer de me passer les burnes au chalumeau si je me bouge pas un peu plus, on verra si je fais pas une meilleure deuxième mi-temps, con de moi, ah. »

Greenwood (honte à nous, 0/5) : Et là, son attitude sur le terrain, c’est sa vie privée aussi, bande de mastres ?

Garcia (46e, 2+/5) : Souhaiter que les lyonnais se fassent piner deux années de suite par Lirola et Garcia, c’était un peu gourmand, en fait.

Nadir (NN) : Sorte de Camel Meriem de 2025.

Cornelius (34e, 3/5) : A gagné son t-shirt commémoratif « J’ai travaillé plus d’une année avec Pablo Longoria ».

Traoré (3/5) : Son activité a juré en première mi-temps, on aurait dit un gars qui bosse pendant un mot d’ordre FO Territoriaux. J’espère qu’il ne se fera pas mal voir des autres.

Bakola (85e) : Un tantinet tendre dans le « money-time ».

Aubameyang (3/5) : Il ne pouvait pas faire de miracle vu le contexte, mais au moins lui n’aura pas démissionné, avec des courses ingrates mais précieuses et une passe quasi-décisive pour Højbjerg.

Vaz (85e) : L’Histoire voulait que Robinio soit le héros du match, mais le Destin a voulu que ce soit Balerdi.


L’invité zoologique : Tanner Desman

Le desman des Pyrénées est une sorte de taupe bizarre, emblématique des montagnes, et découverte avec la plus grande des surprises tellement de nos jours, il s’agit du genre de bestiole vouée à l’extinction. Voici donc l’invité approprié pour évoquer avec nous les revenants de l’année.

  • Les autres : Ferment leur gueule et bossent, comme quoi quand on est au bord du gouffre, c’est toujours la meilleure chose à faire.
  • Le classement : Dixièmes sur 18, on a connu meilleur démarrage.
  • Coming next : Les affaires reprennent mi-septembre avec un enchaînement Lorient-Real-PSG-Strasbourg, si toutefois le club n’a pas repris feu d’ici là.
  • Les réseaux : ton dromadaire blatère sur Facebook et BlueSky. Thibault D. remporte le concours zoologique.

Bises massilianales,
Blaah

1 réflexion sur “Lyon-OM (1-0) : La Canebière Académie n’en rate pas une

  1. Sobre et diablement efficace (pas comme Balourdi)… une acad bien en place dès la troisième journée… bravo.

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