Lyon-OM (1-1), La Canebière académie regrette

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Ca passait, c’était beau.

Blaah

Aioli les sapiens,

Malgré l’ardeur de nos amoureux transis à inventer une rivalité, tout l’enjeu pour l’OM était d’aborder ce match pour ce qu’il représentait réellement : un déplacement d’un club de milieu de tableau chez un autre club de milieu de tableau, configuration qui nous réussit pas trop mal ces derniers temps.

 

L’équipe

Le forfait de Diarra (douleurs aux adducteurs) s’ajoute à deux déjà annoncés de Mendy, Alessandrini et Ocampos. Si le banc de touche s’en ressent, l’équipe alignée conserve a priori un niveau plus qu’honorable pour être performante en Ligue 1, il faudrait voir à ne pas l’oublier.

 

Le match

L’OM ne fait à aucun moment mystère de ses intentions : laisser la possession aux Lyonnais et contre-attaquer en se basant sur la vivacité des ailiers. Cela se traduit par des situations intéressantes – corner aboutissant à une tête de Rolando sauvée sur la ligne – mais impose une rallonge au budget sous-vêtements des supporters. Défendant abusivement bas, nous sommes contraints à endurer de longues séquences lyonnaises aux abords de notre surface. L’absence d’imagination et la maladresse de nos adversaires nous évitent trop de soucis, à l’exception de quelques frappes modérément menaçantes et surtout d’une sortie in extremis de Mandanda devant Lacazette. Parvenant en milieu de mi-temps à contrôler leurs adversaires un peu plus haut, les Olympiens se montrent alors les plus tranchants, à l’image d’un Nkoudou hyperactif. L’une de ses actions se conclut d’ailleurs par un tir de Batshuayi sur le poteau.

Dans ce match vivant à défaut d’être d’une qualité exceptionnelle, le dernier quart d’heure se déséquilibre franchement en faveur des Rhodaniens. Ghezzal pourrit Manquillo et Isla pour se procurer une situation de frappe en or, que Mandanda détourne grâce à un sens de l’anticipation à faire passer Issac Asimov pour Stéphane Bern.

L’OM reprend ses esprits à la reprise, en subissant de manière mieux maîtrisée. C’est alors que les Marseillais sont appelés à avaler un clystère de venin : Morel se voit sanctionné d’un simple carton jaune pour un tacle que même TV Mossoul aurait renoncé à rediffuser en raison de sa violence (connaissant Jérémy, c’était certes plus maladroit que méchant. Il n’empêche…). On regrettera à ce sujet que nos joueurs aient fait preuve d’une noblesse d’esprit inappropriée en évitant de tomber à cinq sur Jérémy pendant que cinq autres auraient hurlé à la mort auprès de l’arbitre, ce qui l’aurait sans doute un peu mieux sensibilisé à la gravité de la faute : les valeurs humaines y ont gagné ce que notre intérêt immédiat a perdu. Dans la foulée, Michy gagne un match de repos (contre Montpellier) en recevant à son tour un jaune.

Les duels se durcissent alors, du fait notamment de la multiplication des fautes de putes de la part de nos vils adversaires. Nous poussons l’élégance jusqu’à ne pas répondre à ces perfidies voire, ce qui est plus ennuyeux, à laisser les Lyonnais nous piétiner les burnes en talons-aiguilles. Les coups de pieds arrêtés se succèdent, situations sauvées plus ou moins à l’arrache par nos défenseurs.

Sonne alors l’heure de jeu, heure pour nous d’une turgescence siffredienne. C’est d’abord Steve Mandanda qui se fend d’une horizontale exceptionnelle pour détourner un tir de Valbuena. Pas le temps de débander que Bouna Sarr perce une défense amorphe pour trouver Batshuayi. Parfaite, la remise à une touche du Belge trouve Cabella à l’entrée de la surface, pas gêné par grand monde pour reprendre sans contrôle (0-1, 64e) : une promptitude à la somnophilie, qui inscrit nos attaquants dans la lignée des princes charmants et autres violeurs sous GHB.

A la suite de ce but, les Lyonnais reprennent le cours d’une domination toujours aussi nette mais de plus en plus stérile, Mandanda se chargeant de ramasser les rares miettes laissées par notre défense. Réalisant un appel pour une fois parfait, Michy est même tout près d’inscrire le second but, n’était le lever de drapeau injustifié de l’assistant.

L’OM souffre et peine à récupérer les seconds ballons, une difficulté renforcée par sa peine à produire des séquences de conservation. Néanmoins, les situations de contre-attaque sont toujours présentes, à l’image de celle voyant Manquillo franchir le premier rideau adverse à la faveur d’un contre favorable. Un coup de sifflet impromptu survient : M. Gautier interrompt l’action et donne un carton jaune pour une faute de téton volontaire de Javier. Le contre prometteur se transforme alors en coup-franc dangereux contre nous. En bon Marseillais, Mauricio Isla rédige immédiatement le tweet d’insultes qui s’impose envers l’arbitre : manque de bol, pendant ce temps le coup-franc est tiré et Tolisso, échappant au non-marquage du Chilien, égalise facilement (1-1, 79e).

Les deux équipes terminent la rencontre au slipomètre : à Lyon la pression constante devant notre surface avec une profusion de centres menaçants mais rarement bien exploités ; à l’Olympique les coups de pression ponctuels mais non moins dangereux, avec un tir de Michy de peu à côté, ou cet enchaînement sombrero-retourné de Zambo Anguissa.

Le temps additionnel vire au délirant, l’OM étant à un cheveu de marquer le but vainqueur par Lucas Silva sur un centre de De Ceglie. Le point final est posé par Dja Djédjé à la 94e, d’un tacle de taré en pleine surface dont l’on ne saura jamais si la régularité a tenu à une réelle maîtrise du geste ou au pur hasard.

Malgré l’égalisation concédée en partie par la faute d’une injustice arbitrale, ce match nul paraît équitable, si l’on se réfère au travail qu’a dû accomplir notre gardien pour nous épargner une branlée en bonne et due forme. On pourra regretter les changements frileux de Michel, notamment sa décision d’ôter du milieu Isla (pourtant pas génial) pour y installer Silva. Ceci dit, vu la pénurie de remplaçants, y avait-il un autre choix possible à partir du moment où était prise la décision de remplacer Sarr (Sparagna ? On aurait gueulé aussi.) ? Mais était-il justement indispensable de nous priver de la vivacité de l’ancien Messin pour l’économiser un quart d’heure ? La question aurait également pu se poser concernant les entrées de Zambo Anguissa et De Ceglie, même si finalement leur apport offensif a plutôt donné raison à l’entraîneur.

Sur le plan du jeu, notre combativité et nos capacité à percuter vite et bien ne sont pas contestables. On s’inquiètera davantage de notre tendance excessive au repli, qui lorsqu’elle s’exprime offre à nos adversaires une trop grande liberté dans notre camp. Rançon de notre souhait de contre-attaquer rapidement, nous nous exposons à des pertes de balle rapides, nous offrant peu de « temps de repos » où nous pourrions conserver la balle. La résolution de ces défauts, ainsi que notre capacité à proposer autre chose face à un adversaire replié, constitueront la clé vers des ambitions un peu plus élevées. Davantage en tout cas que les récriminations contre l’arbitrage, ou plutôt les « faits de jeu » pour reprendre cette expression à la mode et plus politiquement correcte (« les faits de jeu nous ont été défavorables », « on a perdu sur un fait de jeu plutôt injuste », « les faits de jeu sont des salopes », « les faits de jeu sucent Aulas », « faites gaffe, les faits de jeu, on connaît l’école de vos enfants », « les faits de jeu contrôlent la finance mondiale »… non, pardon, ça c’est les « sionistes ». On s’y perd, dans tous ces euphémismes faux-culs.).

Donc, cessons-là les jérémiades et laissons cette spécialité à la face de carême d’en face. Si Antony Gautier – et au-delà de lui l’arbitrage – éprouve parfois des difficultés, ce n’est pas en mettant en doute son intégrité ni en multipliant les insultes que les choses pourront s’améliorer. Sérénité et tolérance sont donc de mise. Ne soyons pas mesquins envers l’arbitre, je vous en conjure, nous valons mieux que cela.

Au lieu de rendre responsable l’un ou l’autre, reconnaissons plutôt que MM. Gautier et Isla ont réalisé une performance collective exceptionnelle.

 

Les joueurs

Mandanda (5/5) : Et le deuxième « parfait » de suite pour Steve. Prénommé comme l’homme qui valait trois milliards, il en a les mêmes pouvoirs. Mais pas le même montant de transfert malheureusement.

Nkoulou (4-/5) : A laissé passer Lacazette une fois, mais c’était pour faire briller Mandanda.

Alexandre Lacazette cherchant à se défaire du marquage de Nicolas Nkoulou (ici, détail du testicule gauche).

Rolando (4-/5) : Un défenseur en teck massif, imputrescible, incassable, voire élégant (si si). Et une ou deux relances du même bois, certes.

Dja Djédjé (2/5) : Brice a un cerveau à faire du rallye automobile : l’hémisphère droit en copilote bourré lisant ses notes écrites sur du papier-cul, et l’hémisphère gauche en pilote aux réflexes à toute épreuve pour éviter les sorties de routes.

Manquillo (2/5) : S’est battu sans cesse, a perdu des duels, a perdu des reins, a conservé sa dignité. Ce n’est pas si mal.

Romao (2+/5) : La vision de milieux et attaquants lyonnais folâtrant aux abords de nos 16 mètres sans prendre de taquets m’empêche de lui donner une note supérieure. Il faut bien reconnaître qu’Alaixys a cependant commis plusieurs retours salvateurs. Allez, si le peuple le réclame, il aura son 3-/5.

Isla (1/5) : Je ne dis pas que le Chilien est un mauvais joueur de football. Je dis juste que si on a donné le nom de Salvador Allende à l’avenue la plus dégueulasse de Marseille, c’est qu’il y a peut-être une raison.

Sarr (2+/5) : Pas flambant, mais a su profiter d’une crise de somnolence des Lyonnais pour adresser une passe judicieuse à l’origine du but. Comme le dit l’un de mes camarades de zoo, humoriste à ses heures perdues, « vaut mieux une petite efficace qu’une grosse qui en met partout ».

Silva (74e) : Franchement quelconque avant de prendre un peu de volume en toute fin de match. Ne pas le voir fister les Lyonnais à la 93e sur un centre de De Ceglie restera un gros regret de ma vie de supporter.

Cabella (3-/5) : Pas flambant, voire vraiment pas terrible, mais un but on ne peut plus précieux. Ne nous leurrons pas, si le score en était resté à 0-1 on lui aurait élevé une statut en Kleenex usagés.

Zambo Anguissa (85e) : Des relances anales, des démarrages à la one-again, un sombrero-retourné de la mort, bref le n’importe quoi le plus total en neuf minutes seulement. Je sens qu’on va bien s’entendre.

Nkoudou (3+/5) : A baptisé le Parc OL en pissant sur tout le côté gauche lyonnais en première mi-temps. Plus discret en seconde, même s’il lance parfaitement Michy pour le presque-deuxième but.

De Ceglie (90e) : Je me répète, mais quels regrets, mon dieu, sur cette action de la 93e… Mais du coup, cher Paolo, tu ne sers toujours à rien chez nous. La vie est cruelle.

Batshuayi (3-/5) : Toujours pas des plus pertinents dans ses appels, même si entre un tir sur le poteau et un face-à-face interrompu pour hors-jeu inexistant, le bilan n’était pas si mauvais. Sans oublier, bien sûr et avant tout, sa remise parfaite pour l’ouverture du score. Son tir de peu à côté en fin de match rappelle hélas que Michy n’est pas encore de la race des très grands, ceux qui savent enfoncer un adversaire à l’heure décisive.

 

L’invité zoologique : Rachid Ghezzalbatros

On dit de lui que ses ailes de géant l’empêchent de marcher, bien que sa lourde tête prétentieuse soit un facteur de déséquilibre plus crédible. Planant à 15 000 pieds à l’image d’un président-entrepreneur sous LSD, le piaf le plus prétentieux du monde était l’invité approprié pour évoquer ce match.

  • Les autres : Assez performants dans le domaine de la domination stérile. Dans un style différent du nôtre, eux non plus n’ont pas volé leur classement actuel.
  • Le classement : Encore six points et on arrive sur le podium. L’optimisme est à son comble. Nous serions même prompts à l’enflammade démesurée si nos performances au Vélodrome étaient à même de bonifier ce bon point à l’extérieur.
  • Les transferts : Soeur Anne, ne vois-tu rien venir ? Je ne vois que le marché qui se fermoie et Vincent Labrune qui louvoie.
  • Le chat : Je me dois de préciser, cher lecteur, que j’ai dû réécrire une partie de cette académie après que le chat a renversé une tasse de café sur le clavier. Garce. Salope. Ordure. Ce putain de connard d’empaffé sa pute glaireuse de mère de chat qui vient ruiner mon boulot et qui me casse les couilles depuis des années. Et ce con de greffier, avec ta tronche d’étron satisfait, sait très bien que je ne peux pas t’envoyer coller au plafond à coups de pied au cul sans me faire accuser de maltraitance. Enculé de félin.
  • La page abonnement: Pour que vive l’Alterfoot cananal historique.
  • Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook (attention, nouveau compte), et sur Twitter. Babas remporte le concours zoologique.

 

Bises massilianales,

Blaah.

8 réflexions sur “Lyon-OM (1-1), La Canebière académie regrette

  1. J’ai pleuré sur la vidéo de Arte la nuit. Un match où tu ne vois pas le temps passé, mais qui te laisse un sale goût de brouillon de match pro dans la bouche.

  2. J’ai découvert hier soir que Cabella a une fanbase assez susceptible à propos de sa coupe de cheveux, pourtant relativement insultante envers le bon goût.

  3. Halala, cette action dde (ceci n’est pas une faute de frappe) à la 93ème minute voyant De Ceglie adresser une merveille de centre en direction de Silva un poil trop court pour la pousser au fond…le crime était presque parfait. Notre équipe ayant donné dés le départ son consentement pour être malmenée tout au long de la partie, peut on en vouloir à l’arbitre d’avoir ajouté son grain de sel ? Quand celui-ci y ajoute la salière toute entière, n’est il pas normal de ressentir quelques picotements dans le fondement ? J’ai tremblé à la 94ème lorsque j’ai pressenti la sodomie arbitrale se pointer et je tiens personnellement à remercier Mr Gautier d’avoir fait preuve de discernement. Dommage qu’il ait attendu la 94ème mais comme le dit l’adage, mieux vaut tard que trop tard.

  4. Chaque dimanche soir je m’énerve, et chaque lundi aprèm, je me dis que tu as raison.
    Et compassion pour le chat, à la potence avec Valbuena!

  5. Il faut absolument réhabiliter le soldat Romao avec un 3-/5. Ne serait-ce que pour avoir réussi à sécher Valbuena lorsqu’il est venu lui chatouiller les talons.
    Merci dromadaire, ce fut un bon moment!

  6. Quand-même, il faut lui rendre hommage, la maman de monsieur Gauthier a passé une sale soirée. Deux semaines de suite.

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