Nantes-OM (0-1), La Canebière académie, ambiance pas lourde
Il y en a qui cherchent, aussi.
Aïoli les sapiens,
Nantes, Brest, Strasbourg, Reims et bien sûr l’Entente sportive Cannet-Rocheville, voilà ce qui figure à notre calendrier de l’Avent, charge à l’OM de nous emmener dans une ambiance de fête après un mois de novembre particulièrement sinistre. La pénible victoire contre Troyes a ravivé le souvenir du triste Père Fouettas-Boas et ses boulets de charbon. Mais on a été très sage, on n’a pas (trop) insulté de mères, on a promis d’être (un peu) patients, alors tu vois, Petit Sampa Noël, nous aussi on mérite nos cotillons et nos cadeaux, donc allez hop, on fait rêver, on met des étoiles dans les yeux des petits nenfants, et on marque des putain de buts avant qu’on se fâche pour de bon.
Les Longorious Basterds
Lopez
Saliba – Alvaro – Luan Peres
Rongier – Guendouzi – Kamara – Gerson (Gueye, 81e)
Harit (Lirola, 81e) – Payet – De La Fuente (Milik, 66e)
Quelques boîtes de Doliprane sont vidées entre l’annonce de la composition d’équipe et le constat de la disposition des joueurs sur le terrain. Finalement, les changements ne sont pas si radicaux, même si évidemment le retour de Payet en faux-neuf à la place de Milik apporte une rupture majeure. Pour le reste, Rongier reste milieutéral droit, et Harit est installé au poste d’ailier (Ünder étant toujours absent pour blessure). La poésie inhérente au football pratiqué par Antoine Kombocouilles incite Sampaoli à maintenir Alvaro sur le terrain, histoire d’avoir un peu de répondant. Petite finesse supplémentaire, sur les phases défensives notre ligne arrière passe à 5 joueurs, Kamara se replaçant très souvent entre les deux centraux.
Le match
Au moins les bonnes intentions sont-elles revenues : l’OM court et tente de mettre de l’impact par des passes verticales. On retrouve l’OM plutôt séduisant du début de saison, victime cependant du même défaut qu’à l’époque : le fait qu’en termes d’occasions nettes, ces efforts n’aboutissent finalement pas à grand-chose. À l’exception d’une percée individuelle et relativement slipométrique de Kolo Muani, les Nantais sont quant à eux inoffensifs, si ce n’est pour nos tibias. En effet, leurs fautes de benêts nous offrent un certain nombre de coups-francs bien placés mais, ici encore, improductifs.
À dtroite, Harit fait des misères à ses adversaires, pendant que Gerson profite des décrochages de Payet pour se projeter à qui mieux mieux dans la surface. Lancé par Rongier, Amine déborde et centre pour le Brésilien, qui voit sa reprise sans contrôle repoussée par Lafont. Ce n’était qu’une répétition : moins de dix minutes plus tard, c’est Payet qui est trouvé par Guendouzi sur le côté droit de la surface, d’où il centre pour Gerson, encore lui. Une main dans le slip, celui-ci enchaîne contrôle dos au but du pied droit et tir en pivot du gauche : si ça c’est la marque un joueur en plein doute, alors moi aussi je veux bien vivre des crises de confiance pareilles (0-1, 31e).
Un bonheur n’arrivant jamais seul, l’inénarrable Nicolas Pallois poursuit Harit jusque dans le rond central pour venir le savater sous les yeux de l’arbitre. Déjà averti pour une faute à peine plus subtile un quart d’heure avant, notre mollusque préféré laisse ses coéquipiers à dix dès la demi-heure de jeu.
Lafont évite le pire à son équipe en parant un tir de Payet de l’entrée de la surface, après une nouvelle passe d’Harit. À la pause, la réorganisation tactique de Sampaoli avec le retour de Dimitri en faux-neuf s’avère un franc succès. L’OM a retrouvé son allant offensif et ses projections dans la surface. Bien sûr, en voyant à plusieurs reprises les ailiers lever les yeux et ne trouver aucun joueur de tête dans la surface, on se prend parfois à regretter l’absence d’un finisseur comme Milik, mais d’un autre point de vue, est-ce que ce n’est pas la présence du Polonais comme point de fixation qui fige et stérilise notre jeu ? Un problème compliqué, mais auquel il est toujours plus plaisant de réfléchir quand on joue bien et que l’on mène au score.
Reste que l’OM se montre toujours aussi crispant sur un point : son incapacité notoire à tuer des matchs qu’il maîtrise. Les occasions ne sont pas si nombreuses au regard de notre domination et, lorsqu’elles surviennent, la qualité de la finition n’a rien à envier à celle de Jean-Marc Schiappa. Sur un corner dévié, Kamara place ainsi une tête lobée hors de portée de Lafont, mais aussi du cadre. Puis Gerson régale en pleine surface, servant Guendouzi d’un petit enchaînement roulette-talonnade sans que Mattéo ne puisse conclure en angle fermé.
Nantes s’occupe surtout de ne pas encaisser un second but fatal, mais il ne fait aucun doute que les Canaris s’apprêtent à jouer le tout pour le tout en fin de rencontre. Le spectre du match nul anal contre le Lokomotiv est alors on ne peut plus présent, d’autant que le rythme faiblit à l’approche de la 70e minute.
Omniprésent, Matteo étouffe les Canaris (on se calme L214, c’est une image), récupère le ballon dans leur camp et sollicite de Milik un une-deux qui l’envoie seul face à Lafont. La Clinton Njie energy frappe encore : plutôt que de punir le gardien d’une sacoche croisée à ras-de-terre, Matteo se ridiculise de petites feintes qui ne trompent personne, et surtout pas le Nantais.
Le slipo-time peut alors commencer : heureusement, si Nantes se montre pressant, c’est tout sauf à la nantaise : les coups de tatane se succèdent dans les airs ou la profondeur, sans inquiéter notre défense plus que cela. Le seul moment de panique est vite interrompu par Alvaro d’un amour de faute dégueulasse à l’angle de notre surface : le coup-franc étant ensuite gâché, on peut qualifier le geste de payant.
Des boulevards sont laissés en contre, mais nous ne parvenons toujours pas à nous saisir de ces cadeaux. Nous en restons donc à ce score une nouvelle fois minimal, mais au terme d’une prestation infiniment plus convaincante que contre Troyes. L’OM est toujours sur un fil mais à tout prendre, on lui pardonnera d’autant plus de se casser la figure s’il se remet au moins à nous montrer ces intentions.
Les joueurs
Lopez (3/5) : Avec leur infériorité numérique, les Nantais n’ont même pas été en mesure de presser nos relances courtes pour offrir un peu de frisson à Pau.
Saliba (3/5) : A pu couper quelques courses en fin de rencontre, l’air de dire « oh comme c’est mignon quand ils se mettent à attaquer ».
Alvaro (3-/5) : Sampaoli s’est inspiré des meilleures stratégies d’Henry Kissinger : on a beau être le phare de la démocratie et du monde libre, c’est toujours bien d’avoir sous la main un petit Alvaro qu’on envoie faire des opérations Condor en loucedé, quand les pouilleux se montrent un peu trop revendicatifs.
Luan Peres (3-/5) : Faute d’obtenir l’aide réclamée côté gauche, il a pu compter sur le soutien d’Alvaro comme exécuteur des basses œuvres pour pallier ses petites difficultés. C’est un peu comme dans la fonction publique : c’est déjà miraculeux de recevoir des renforts, on ne va pas en plus être regardants sur la qualité.
Rongier (3/5) : Soutien discret des créatifs de devant, ce qui a pu lui causer une relative frustration : Valentin a donc pris soin de se porter à l’avant pour montrer au monde ce qu’il savait faire en matière de frappes au but. À la suite de quoi il est revenu en se disant que latéral droit c’était pas si mal, en fait.
Guendouzi (4-/5) : Non mais justement, on en parlait à propos de Valentin, faut penser à conclure les actions à un moment, on peut pas mettre tout le monde latéral droit non plus. Ce détail agaçant mis à part, on ne revient pas sur le reste, c’est impressionnant, comme d’hab.
Kamara (4/5) : une autre bonne grosse poutre de notre charpente si bien structurée hier soir.
Gerson (4/5) : C’est comme l’ostéopathie, il suffit de pas grand-chose, genre un doigt dans le cul et paf, t’as toute la colonne vertébrale redressée d’un coup. Bah Gerson, en le mettant dix petits mètres plus haut que habitude, il fait enfin des trucs. Maintenant, ya plus qu’à confirmer.
Gueye (81e) : Dix minutes à maîtriser les Nantais sans trop de mal et à s’essayer au tir de loin, avec le même insuccès que les autres.
Harit (4-/5) : La petite méthode inspirée du district, consistant à ne pas oublier de faire « schhhhh » à chaque fois que tu dribbles un adversaire. Ça n’a pas raté : le libéro d’en face, qui est également boucher-charcutier et conseiller municipal RN dans le civil, n’a pas mis une mi-temps à dégoupiller.
Lirola (81e) : Fait des roues arrière sur les grands boulevards laissés par les Nantais en fin de match, avec une telle facilité qu’il en oublie de penser à s’appliquer pour centrer.
De La Fuente (2/5) : Konrad n’a pas reçu le carton d’invitation à la fête et est resté dans le mode en vigueur les semaines précédentes, à savoir tenter des choses plus ou moins laborieusement, sans constance ni efficacité.
Milik (66e, 2+/5) : Déjà que l’on a des doutes sur l’animation de l’équipe en sa présence, ce n’est pas en entrant alors que tout le monde commence à être crevé que cela va s’arranger. De là à dire que l’OM gagnerait à se priver d’un joueur du calibre d’Arkadiusz, ce serait un tout petit peu surréaliste : pour une fois que l’on dispose d’un joueur capable de marquer des buts en pagaille (une capacité qui va quand même bien finir par réapparaître à un moment où à un autre), il va bien falloir trouver le moyen de l’intégrer au meilleur de son potentiel.
Payet (4/5) : Un peu moins étincelant que d’habitude, il a surtout permis de faire briller ses coéquipiers : c’est encore mieux, d’autant que Dimitri n’a pas pour autant oublié de facturer l’unique passe décisive du match, histoire de rappeler qui est le patron.
L’invité zoologique : Nicolas Palourde
On est bien d’accord sur le fait que tous les running-gags doivent avoir une fin, mais très clairement, ce n’était pas pour ce soir.
– Les autres : « Gnnnné. Semelles. Couilles. » Jean-Claude Suaudeau et Reynald Denoueix viennent de refuser la troisième dose de vaccin en arguant du fait que ça ne valait pas la peine de rester vivants si c’était pour assister plus longtemps à ça.
– Le classement : Méga-jackpot de la mort, aucun de nos rivaux ne gagne et nous voici bombardés à la deuxième place. Hormis cette satisfaction immédiate, nous constatons également qu’aucun club ne parvient à se montrer régulier dans le jeu comme dans les résultats (si ce Bordeaux ou Saint-Étienne, mais bon…) : nous ne sommes donc pas seuls avec nos petits problèmes.
– L’incident : Dans le huis-clos du Vélodrome, notre banc de touche a été surpris à des considérations d’une finesse rare sur la présence d’un joueur asiatique à Troyes. La première réaction de l’OM est plutôt satisfaisante, même si l’on espère qu’elle sera concrètement suivie d’effet. Sans réclamer de couper la tête aux auteurs de propos plus bêtes que méchants, mais en tout cas racistes, une franche tape sur les doigts avec conséquences financières et/ou disciplinaires serait du meilleur ton : défendre des valeurs, ça réclame avant tout pour rester crédible de les faire respecter dans ses propres rangs.
– Coming next : à suivre Brest, Strasbourg et Reims, tous trois plutôt en forme ces derniers jours. Le tirage au sort de la Coupe de France nous offre également l’Entente Sportive Cannet-Rocheville, pensionnaire de National 3. L’Association sportive forézienne Andrézieux-Bouthéon et le Canet-en-Roussillon Football Club étant passés par là, on exagère à peine en disant qu’on aurait été plus serins en rencontrant un club pro.
– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Instagram et sur Twitter. Lucide, Florent Llrns remporte le concours zoologique.
Bises massilianales,
Blaah.
C’est super !
Allez l’O*M !!!
On passe deuxième alors qu’on est dans un quasi trou d’air depuis plus d’un mois.
J’ai l’impression de revivre cette séquence chaque année.
En course automobile, cela pourrait ressembler à une bonne vieille aspi… mais il est sans doute préférable de penser au petit flotteur qui reste à la surface après avoir tiré la chasse…
Est-ce que Jordan A. pourrait être titulaire contre le Cannet ?
Quand même pqs, non;, mais je crois que si on mène assez largement au score pour poouvoir écarter ,l’hypothèse de lq prolongation, Jordan Amavi jouera sûrmement les dernières minutes.