OM-Bordeaux (1-0), La Canebière académie humilie des infirmes

Aïoli les sapiens,

Deux vieilles gloires en pleine décrépitude, des tribunes vides, un combat d’infirmes sans aucune espèce d’influence sur la marche des événements : l’OM recevait ce soir Bordeaux dans une ambiance de congrès socialiste. En jeu : la possibilité d’un retour éphémère sous les feux de la rampe et la satisfaction d’envoyer le rival croupir un peu plus dans les fosses septiques de la compétition. En quête de beauté et de grandeur, passe ton chemin : chacun des protagonistes trouvait ici l’occasion unique de se confronter à un adversaire pour une fois aussi méprisable que lui, un choc putride dont naîtrait, au mieux, quelque fleur d’égout qu’il s’agirait de cueillir avant l’autre.

L’équipe

Mandanda
Sakai – Caleta-Car – Kamara – Amavi
Sarr – Lopez– Sanson– Ocampos (Sertic, 90e)
Germain – Njie (Radonjic, 70e)

Ce match étant un report de la 18e journée, Balotelli n’est pas qualifié. Les suspensions de Thauvin et Strootman sont, elles, bien d’actualité. Celle de Rudi Gacia (dehors) également, pour un motif que j’ignore toujours mais qui présente au moins le mérite de ne pas alourdir de sa gueule de raie une soirée suffisamment pénible comme ça. Luiz Gustavo est malade, Payet et Rami sont encore blessés. Devant toutes ces contraintes, l’entraîneur (dehors) tente quelque chose d’extraordinaire : faire jouer les joueurs à leur poste. Kamara et Caleta-Car sont ainsi associés en défense centrale, et la composition affiche enfin une attaque à deux têtes. Enfin, deux boîtes crâniennes en tout cas.

Le match

Les trois jours précédant la rencontre ont représenté une période de doute intense : et si nos adversaires n’étaient pas si nuls que leurs supporters semblent se plaire à croire ? Dès les premières minutes, la réponse apparaît sans conteste : en effet les Girondins ne sont pas « si nuls », ils sont encore pires. Ceux qui ont parié sur 90 minutes de négation du football sont aux anges, quoique l’OM tente tout de même de faire quelque chose du ballon.

Dès la 7e minute, un excellent pressing de Germain envoie Ocampos défier Costil : une sacoche croisée à ras-de-terre s’impose, mais l’Argentin préfère allumer la tête du gardien, sans doute pour vérifier si d’autres équipes que la nôtre ont l’habitude d’encaisser des tirs en plein milieu de la cage (la réponse est non). Nos combinaisons sont minimalistes, mais la nullité adverse autorise Lucas, Valère et même Kamara à s’essayer à la frappe, avec pour seul résultat de voir les virages se garnir de ballons à défaut de spectateurs.

C’est alors que le Bordelais Kalu concentre en un seul geste toutes les réserves de combativité économisées par son équipe depuis le coup d’envoi, et cisaille Ocampos d’un hippopotacle par derrière assez extraordinaire. Sans doute le Nigérian s’était-il entraîné pour commettre ce genre d’attentat sur Neymar ce week-end et, apprenant le forfait du Brésilien lacrymal, s’est-il dit qu’un si beau geste de boucher ne devait pas être perdu pour tout le monde. Quoi qu’il en soit, l’arbitre n’hésite pas longtemps à sortir le carton rouge et, le temps que Lucas ramasse ses ligaments, le match reprend sur une supériorité numérique olympienne.

Très contrariant, Benoît Costil s’évertue à ne pas partager la nullité de ses camarades, et met en échec une belle tête de Sakai consécutive à un corner joué à deux. Germain, pourtant idéalement servi par Ocampos, ne parvient pas davantage à le battre, faisant se dessiner le spectre d’une soirée particulièrement crispante en plus de constituer une injure au football.

C’est alors que nos laissés-pour-compte de défenseurs s’illustrent : sur un coup-franc obtenu par Sanson, Caleta-Car se charge de délivrer une lourde, déviée et que Costil parvient à mettre en corner. Sarr joue celui-ci en direction de Germain, qui propose une belle déviation au premier poteau. Oublié par la défense, Kamara finit le travail d’une jolie tête plongeante (1-0, 42e).

L’affaire n’est pas loin d’être pliée avant même la pause, quand Sanson enroule une frappe sur l’extérieur du poteau, après un centre de Sarr mal renvoyé par la défense. C’est donc nantis d’un seul but d’avance que les Olympiens abordent la seconde période, un avantage suffisamment faible pour craindre d’expérience qu’ils ne se mettent à produire la merde habituelle.


Du reste, l’OM se montre toujours aussi peu créatif, et de surcroît plus attentiste. De leur côté, les Bordelais ne semblent toujours pas connaître la raison pour laquelle on les a amenés à Marseille. Le fait qu’ils se trouvent en short sur un terrain de football aurait pu leur donner un indice sur l’activité à laquelle ils étaient censés s’adonner mais non, ils semblent toujours se demander s’ils sont venus pour déguster des oursins ou faire du kite-surf. Bref, cette seconde période est dans l’ensemble une grosse purge.

Évidemment, l’OM ne saurait se passer de son moment slipométrique qui tient en tout et pour tout dans cette 58e minute, voyant les Girondins s’enhardir jusqu’à notre surface à l’aide de divers coups de pieds arrêtés. Le résultat en est un tir dévié sur la barre, nous rappelant que même face aux fils spirituels de Vincent Lambert, le pire reste chez nous une hypothèse tout à fait plausible.

Pendant le reste du temps, l’OM confisque le ballon à des Bordelais qui n’en veulent pas, mais n’en profite pas pour tenter la moindre incursion dans leur défense. Entre deux centres aléatoires et autres percées individuelles vouées à l’échec, on note cependant une tête de Germain, hors cadre, et une autre d’Ocampos, sauvée devant la ligne.


Notre staff met enfin un peu de folie dans cette fin de match, et tente le tout-ou-rien en faisant entrer Grégory Sertic : l’opération a toutes les chances de se terminer par un foirage lamentable, mais si par bonheur nous en sortons indemnes, l’humiliation du rival n’en sera que plus cuisante. De son côté, Préville entre et profite de notre paralysie du temps additionnel pour déclencher une lourde vicieuse, bloquée par Mandanda. L’histoire s’achève sur un contre emmené par Germain, et poursuivi par un centre d’Ocampos sur la tête de ce même Valère. Toujours pas en réussite, celui-ci est de nouveau mis en échec par le gardien. Le ballon échoit à Sarr, en position évidente de hors-jeu ; comme l’arbitre de touche a préféré se crever les yeux plutôt que de continuer à assister à pareil spectacle, deux bonnes minutes de vidéo sont nécessaires pour annuler le but, ce qui ne change rien à l’issue de cette triste mais victorieuse rencontre.

Les joueurs

Mandanda (3/5) : Suffisamment concentré pour répondre présent à la 91e minute, lorsqu’un Bordelais a cadré un tir par accident.

Sakai (3/5) : On ne mesure pas assez le plaisir simple de retrouver un arrière latéral qui ne prend pas de petits-ponts.

Caleta-Car (3/5) : Ne s’est fait insulter sa mère qu’à l’occasion d’une seule relance, particulièrement horrible, il est vrai. On peut donc y voir un progrès, d’autant que le reste du match n’était fait que de duels et anticipations très appréciables.

Kamara (4/5) : Comme Caleta-Car et plus encore que celui-ci, un match de patron. Une charnière à revoir, donc, mais cette fois-ci contre des attaquants que leurs parents n’auront pas oublié de vacciner contre la poliomyélite.

Amavi (2/5) : C’est devenu un cliché de dire : « Vivement que Germain marque un but, pour soigner sa confiance ». Mais dans ce cas pourquoi ne dit-on jamais : « Vivement que Jordan arrive à envoyer un centre sur la tête ou le pied d’un coéquipier », alors que l’événement est encore plus rare ?

Sarr (2+/5) : Une sorte de vortex polaire qui ne serait pas descendu sur les États-Unis mais sur notre aile droite, où il perturbe la circulation, détraque les communications et fait exploser les cuvettes de chiottes.

Lopez (3+/5) : Plaque tournante du jeu marseillais, comme en témoigne son nombre record de ballons touchés. Il faut dire que les Bordelais se sont comportés avec lui comme l’Élysée avec Alexandre Benalla, en le laissant faire ses petites affaires sans même avoir l’idée d’intervenir.

Sanson (2+/5) : Des duels et des tirs négociés au hasard de ses rencontres avec le ballon, et pas la moindre intention de planifier ou d’organiser le jeu olympien. En langage ethnologique, on appelle-ça un chasseur-cueilleur du football.

Ocampos (3-/5) : Notre combattant argentin semble avoir une conception particulière du flegme : qu’un adversaire tente de lui transformer le genou en pâté en croûte, Lucas dit « aïe » et se relève. Qu’il s’agisse en revanche de négocier un face-à-face avec le gardien, c’est tremblements et pleurage de mère.

Sertic (90e) : Une entrée sobre, à peine le temps pour lui de se faire déposer comme une vieille merde par un Bordelais qui avait pourtant 90 minutes dans les jambes, et de prendre un carton jaune après l’avoir plaqué comme un rugbyman. On ne l’a vu que trois minutes, mais si les recruteurs croates étaient devant leur écran à ce moment-là, c’étaient trois minutes de trop.

Germain (3/5) : Même s’il lui manque toujours la froide efficacité du buteur, il se montre bien plus productif associé avec un autre attaquant que seul en pointe. Un enfant de trois ans le comprendrait.

Njie (2-/5) : L’important n’est pas de savoir si Clinton Njie maîtrise ses gestes ou s’il fait n’importe quoi. L’important pour Clinton, c’est d’avoir un volume de jeu suffisant pour que, par pure statistique, il arrive à sortir quelques actions intéressantes. Évidemment, une telle stratégie implique qu’il soit rincé bien avant la fin du match, ce qui explique sans doute qu’il fût trop fatigué pour serrer la main de son remplaçant.

Radonjic (70e) : Il faut vraiment être né dans un pays en guerre pour avoir un tel sourire en entrant dans un Marseille-Bordeaux (ou alors avoir croisé Clinton Njie en train de faire sa tête de con).


L’invité zoologique : Toma Nasique

Ridicule et disgracieux, le nasique est un animal rare, eu égard à sa tendance à se planquer sous l’eau ou au fond de la jungle dès que quelqu’un approche. Et le moins que l’on puisse dire est qu’on le comprend, à sa place nous éprouverions la même honte d’exister. Ce moins-que-rien était donc l’invité approprié pour évoquer avec nous ce match contre les Girondins.

– Les autres : Caen m’avait fait meilleure impression.

Le classement : Nous nous hissons d’un bond vertigineux à la septième place : l’espoir européen renaît, les défenseurs de Rudi Garcia (dehors) s’expriment de nouveau, le printemps et arrivé et les lendemains chantent. Même le camarade Jacques-Henri ramène sa figure devant les micros comme une grenouille grimpe à l’échelle aux premiers rayons de soleil : tout va pour le mieux.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, et sur Twitter. Johny Kreuz remporte le concours zoologique.

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

9 commentaires

  1. Elle fait du bien au moral cette 7e place. Honnêtement si on reste solidaire et qu’on travaille comme il faut on peut bien rêver de la 6e.

  2. Donc c’est une fois que Glouglou est parti que ça joue avec deux AC? Je suis pas expert mais ça me choque un peu, à la place de Kostas je l’aurais encore plus mauvaise…

  3. Il n’est ni bête ni faible. Garcia est juste un [**dehors**]. Cela fait qu’on fait tout pour qu’échoue le joueur choisi par zubi. Même la presse l’a aidé. Et il a fallu sacrifier l’EL. Tanpis.

    Garcia est juste le pire [**dehors**] des bancs de touche.

    Et c’est pas fini. Sanson en 10, ça fait 2 ans qu’il échoue.

    [**dehors**].

    Sinon merci pour cette acad particulièrement savoureuse.

    [NdBlaah : je me suis permis de censurer certaines appréciations. Le propre des [**dehors**] est d’être parfois procéduriers.]

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