OM-Lorient (4-0) : La Canebière Académie évacue

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Ne pas se créer des problèmes.

Aïoli les sapiens,

Une équipe dérisoire évacuée d’un revers de main avant une échéance importante en Ligue des Champions, avec le petit coup de pouce arbitral qui va bien pour être sûr que tout se passe sans ennui. L’espace d’un instant, avec l’OM, j’ai rajeuni de 30 ans.


Les Longorious Basterds

De Lange
MurilloPavard (Vermeeren, 78e) Aguerd – Medina (Emerson, 60e)
Gomes – Kondogbia (Højbjerg, 60e)
Greenwood (honte à nous)– Nadir – Weah (Paixao, 60e)
Gouiri (O’Riley, 44e)

Au bar à jeux proche de chez nous (Le Chat Chouette des Jeux, à Pertuis, allez-y de notre part), il y a plein de joueurs de Magic. Et un joueur de Magic, c’est accro aux bousteurzes : il faut toujours qu’il améliore son dèque, alors il achète des bousteurzes, et comme l’éditeur sort une nouvelle licence tous les deux mois, il y a toute une économie du bousteurze qui se met en place, si bien que les joueurs dépensent plein de sous pour changer complètement leur dèque d’un jour à l’autre, même s’ils peuvent se refaire financièrement en revendant leurs anciennes cartes. Bref, je soupçonne Pablo Longoria d’être un Magiqueux, ce qui expliquerait ce petit air de « MAIS C’EST QUI, LUI, DÉJÀ, PUTAIN ? » qui monte à chaque remplaçant qui part s’échauffer.

S’ajoute à cela l’approche d’un enchaînement Real-PSG à haut potentiel de désanussage, qui amène De Zerbi à préserver plusieurs joueurs. Balerdi au repos physique et mental, Egan-Riley suspendu, voici une nouvelle charnière alignée avec le privilège d’avoir effectué deux entraînements ensemble. Medina complète le dispositif en jouant centro-latéral gauche, et Kondogbia a la joie de se voir enfin titularisé au milieu. Quelques nouveaux Pokemon apparaissent aussi en cours de jeu, dont on reparlera ci-après.


Le match

L’OM entame ce match par dix minutes de « taper, taper, taper » de bon aloi ; Greenwood (honte à nous) teste le gardien d’une première sacoche, et Kondogbia, notamment, s’amuse à planter les Lorientais dans la pelouse comme on repique les salades. C’est ainsi Geoffrey, à la suite d’une énième récupération haute, qui adresse un bon ballon dans la course de Murillo. Yongwa, un mot qui doit vouloir dire « Balerdi » en breton, se fend d’un très joli enchaînement « interception manquée puis ceinturage de porcasse », qui nous offre le pénalty.

Raffinement suprême, l’arbitre considère ce geste comme une tricherie caractérisée annihilant une occasion de but, et le sanctionne donc d’un carton rouge. Explicable si l’on s’en tient rigoureusement à la lettre, la décision paraît un tantinet excessive dans l’esprit, et par « un tantinet excessive », on parle du genre de situation que l’on qualifierait d’enculerie absolue si elle nous était appliquée.

Bref, toujours est-il que les cadeaux arbitraux sont une chose, encore faut-il ne pas être assez manche pour les laisser échapper. Si Greenwood (honte à nous) transforme le pénalty à contre-pied une main dans le slip (1-0, 13e), il est à craindre que nos Olympiens agissent comme d’habitude : ronronner en attendant que les buts tombent du ciel, constater que les buts ne tombent pas du ciel, encaisser une égalisation à la con, paniquer.


Heureuse surprise, rien de tout cela ne se produit : les Marseillais ont visiblement travaillé leur yi pendant la trêve, et pour une fois se comportent avec la réelle intention d’anéantir l’adversaire, d’essorer son physique, de détruire son moral, d’annihiler ses espoirs, de faner ses raisons de vivre, d’uriner sur sa dignité, bref : de gagner le plus nettement et simplement possible.

Les pressions sur la surface lorientaise s’accumulent, les défenseurs ne savent plus où donner de la tête. Sur corner, on voit les merlus s’agiter dans tous les sens en faisant « Ahhhhhhh », un peu comme les kiwis des As de la Jungle : Pavard se retrouve démarqué au premier poteau presque sans le vouloir, et convertit le service de Greenwood (honte à nous) d’un coup de casque imparable (2-0, 20e).

Aligné à la place de Rulli, De Lange n’a guère qu’un ou deux six-mètres à se mettre sous la dent, pour le reste le jeu se déroule intégralement dans le camp lorientais. Ce n’est pas que l’on enchaîne les combinaisons brillantes, mais la simple association de l’impact physique et de la volonté d’aller ensemble de l’avant suffit à faire tomber les occasions, tel ce centre remis par Gouiri et sauvé en catastrophe aux six-mètres. Le corner de Greenwood (honte à nous) est piteusement renvoyé par un défenseur à l’entrée de la surface, d’où Gomes enchaîne tout en classe et décontraction levage de ballon et fouetté en lucarne (3-0, 33e).

On sent Lorient surtout appliqué à éviter la rouintadasse, ce qui les amène à user d’expédients. Un énième corner sème la panique et, alors que Gouiri se voit tout proche de reprendre dans les six-mètres, Bamo Méïté  fait « haut, bas-droite, haut-droite, R » pour le décapiter d’un coup de genou du tigre. Un hors-jeu empêche Amine d’obtenir le pénalty ; plus surprenant, il préserve aussi notre ancien défenseur d’un carton rouge qui, pour le coup, paraissait indiscutable.


La mi-temps permet aux jardiniers de ramasser les quelques dents qui restent sur la pelouse, et de peaufiner l’entrée de Matt O’Riley (milieu danois venu de Brighton, enchanté de faire ta connaissance).

La deuxième mi-temps est dépourvue de tout intérêt, l’OM passant dans ce mode gestionnaire trop souvent aperçu en ce début de saison, avec deux nuances de taille toutefois :

  • le mode « rien à branler » est activé à 3-0 et un joueur de plus, et non dès le début du match, ce qui s’approche un peu mieux de la notion de « gérer son avantage » ;
  • on est dans un « rien à branler » de type rigoureux, qui oblige les adversaires à récupérer bas et parcourir 80 mètres s’ils espèrent approcher notre surface ; surface où les quelques insensés qui se risquent sont aplatis en un-contre-un par notre dernier défenseur, si ce n’est l’avant-dernier.

En termes d’occasions, seules deux tentatives de Greenwood (honte à nous) illuminent ces 45 minutes. La première, une tête sur remise d’O’Riley après un centre de Weah, est mise en échec par une RAIE de Mvogo. La seconde, après une combinaison collective enfin un peu subtile et une délicieuse remise d’Højbjerg, finit de peu au-dessus.

Pour le reste, l’enjeu est surtout d’apprendre à reconnaître toutes les nouvelles têtes qui apparaissent au fur et à mesure :

  • le latéral Italien Emerson (j’avais déjà oublié qu’on l’avait fait venir de West Ham, lui, il est pourtant Champion d’Europe bordel de merde, c’est pas rien) ;
  • la pépite brésilienne Igor Paixao (acquis pour une fortune au Feyenoord, et qui va enfin pouvoir nous montrer ce dont il est capable, nom de nom, comme Vitinha à l’époque) ;
  • Arthur Vermeeren, milieu défensif belge venu du RB Leipzig, dont je n’avais absolument rien à dire jusqu’à ce que sa photo Wikipedia révèle l’évidence : c’est le fils illégitime de Benoît Pedretti.
  • Et Pierre-Emile Højbjerg, donc, mais lui on le connaît.

Histoire de ne pas se quitter sans le verre de l’amitié, Aguerd se met en évidence en toute fin de match, d’une frappe certes toute pétée, mais qu’un Breton a la gentillesse de dévier à l’opposé du gardien (4-0, 93e).

La mission est parfaitement accomplie : notre semaine dantesque peut débuter sans casse et sans cyprès en feu. And now ladies and gentlemen, let the slipomètre begin.


Les joueurs

De Lange (NN) : D’avoir De Lange, on sait que c’est très utile pour furer. Par contre, pour ce qui est d’être utile au foot, on sait toujours pas, puisqu’il n’a rigoureusement rien eu à faire.

Murillo (4/5) : N’a même pas commencé à réclamer quoi que ce soit, que l’arbitre lui a déjà accordé le pénalty, le carton rouge, une pipe et la main de sa fille. Y en a, comme ça, ils deviennent les chouchous du jour au lendemain, on ne sait même pas à quoi ça tient.

Pavard (4+/5) : Le gars il est arrivé du jour au lendemain, on dirait Céline Lefléfian à la tête des branleurs de la police municipale : « ah c’est ça un pro ? bon, bah bienvenue, alors ».

Vermeeren (78e) : Rien à ajouter, si ce n’est que je ne sais pas du tout si l’arrivée de Céline Lefléfian à la tête de la police municipale de Marseille s’est bien déroulée comme décrite ci-dessous. C’est juste que j’avais envie d’écrire « Céline Lefléfian ».

Aguerd (4/5) : Même remarque que son comparse, on dirait un vieux médecin d’hôpital blasé qui s’est mis à son compte pour bosser en intérim. D’une : au milieu des cancres, tu passes sans forcer pour un génie, et de deux : de toute façon, si ça se passe mal, tu sais que t’auras vite un autre contrat loin de ces connards.

Medina (3/5) : Le plus ennuyeux ce soir, c’étaient tous ces moustiques qui l’empêchaient de préparer ses deux prochains matchs en révisant son « Traité de la violence gratuite ». Des moustiques, ou des lorientais, on sait pas trop, en tout cas le genre de truc qui s’écarte d’une claque sans y penser.

Emerson (60e) : Le temps fraîchissant, le moment était venu de ranger Lirola à la cave, conservé dans sa bouteille d’alcool de prune. On le ressortira en août prochain pour le traditionnel digeo d’après la soupe au pistou. En attendant, fallait bien trouver un latéral pour faire le nombre, et plus si affinités.

Kondogbia (4+/5) : Forcément, ça change beaucoup à la physionomie d’une rencontre, d’avoir une moissonneuse-batteuse en parfait état de marche au milieu de terrain.

Højbjerg (60e) : Il semble avoir retrouvé le sourire, et par conséquent son niveau. L’effet des barbecues de trêve n’est plus à démontrer.

Gomes (4/5) : Libéré des basses œuvres grâce à Geoffrey, Angel GoWest s’est enfin lâché sur le dancefloor.

Greenwood (honte à nous, 4/5) : Il a bien regardé Pronote pour vérifier qu’on était en semaine 1 et pas en semaine 2. C’est qu’il ne faut pas se mélanger dans l’emploi du temps : le module « se comporter comme un gros con », c’est en demi-groupe et en alternance avec le cours de musique de Madame Percheron. Donc là, c’est vérifié : aujourd’hui on joue « La Flûte enchantée » aux Lorientais, et la semaine prochaine, on se comportera comme un gros con, et ainsi de suite jusqu’aux prochaines vacances scolaires.

Nadir (3/5) : Un rouage discret de la machine à concasser.

Weah (3-/5) : Elément discret de la machine à concasser, mais pas trop un rouage, plutôt une manette de siège ou un boulon d’appuie-tête.

Paixao (60e) : N’a pas uriné sur la défense lorientaise dès son premier match, le meilleur moyen pour qu’on s’enflamme et soit déçus ensuite. Déjà un bon point pour lui.

Gouiri (3+/5) : Amir Murillo : obtient de l’arbitre le pénalty, le carton rouge et les clés de sa Porsche Cayenne après un ceinturage dans la surface. Amine Gouiri : obtient de l’arbitre « ta gueule, t’étais hors-jeu » après s’être fait luxer l’épaule sur une tentative manquée de décapitation à coup de genou. On ne dit pas que l’arbitrage français est une fabrique du « deux-poids-deux-mesures », on se dit que décidément, y a comme des similitudes avec une certaine institution française en uniforme…

O’Riley (44e, 3/5) : T’es qui, toi ?

(NB : j’ai retrouvé dans mes brouillons de préparation un post’it marqué « O’Riley : vanne inédite à faire sur chanson célèbre » ;  j’avais pas noté le titre mais je crois que c’est celui-là, de mémoire, ça aurait été dommage de manquer ce gag que personne n’avait encore fait)


L’invité zoologique : Laurent Agerbélinotte

La gélinotte est un genre de poulet tellement menacé d’extinction que c’est tout juste si les petits ne naissent pas déjà dans une barquette sous cellophane. Lorient apparemment c’est pareil, c’est du prêt-à-consommer pour la Ligue 2.

  • Les autres : Non mais s’ils arrêtent de suicider leurs matchs dès la dixième minute, peut-être ils auront des chances de se maintenir, on sait pas.
  • Le classement : Nous sommes pour l’instant sixièmes, en attendant les derniers matchs du week-end.
  • Coming next : Mardi : Real ; Dimanche : PSG. Et après ? Quoi, après ? genre, vous pensez qu’on sera vivants, après ?
  • Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Rémy B. remporte le concours zoologique.
  • Le rappel : On manque toujours de stocks de produits sanguins, notamment en Provence. Alors si tu le peux, va donc sur http://dondesang.efs.sante.fr t’inscrire pour une collecte de sang, de plasma ou de plaquettes : ça ne coûte rien à part un peu de temps, l’accueil est ultra-sympathique et surtout ça sauve des vies !


Bises massilianales,
Blaah

1 réflexion sur “OM-Lorient (4-0) : La Canebière Académie évacue

  1. Lorient c’est bon pour le moral, fallait pas la gâcher celle-là. Et si c’est effectivement la mort qui attend, je sais pas, on peut espérer que ce soit propre et pas trop tragi-comique : pas de vastes enculeries arbitrales, de combat de catch dans les douches ou d’incendie d’espace vert, par exemple.
    On a le droit d’espérer ça ?

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