OM-Montpellier (2-0), La Canebière académie est anecdotique

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On vous sait gré de ne pas en avoir rajouté à la soirée.

Aïoli les sapiens,

Contre toute attente, l’OM n’a pas rajouté de motif d’agacement à une journée bien chargée, en écartant une main dans le slip un adversaire quelconque. Notre fin de saison s’apparente à une fin de grand prix sous pluie battante, dantesque, donc, et Montpellier y aura joué le rôle du chaton qui traverse en dehors des clous : c’est à peine si l’on a remarqué leur présence au moment de leur rouler dessus.


L’avantage de ces trois points vite fait bien fait, c’est qu’ils laissent du temps au cerveau pour vagabonder, par exemple en calculant que 64% de notre corps électoral ne voit aucun inconvénient à voter pour des zigomars capables de lacérer des tentes de migrants en harcelant les associations qui les aident, ou de couvrir des bavures policières, quand il ne s’agit pas d’applaudir à la mutilation des manifestants. 64 % c’est deux-tiers, ce qui fait beaucoup, ce qui veut dire que même en ôtant les non-votants, même en sélectionnant notre entourage, même en montant une légitime indulgence contre les perdus, les naïfs ou tout simplement « les gens qui se trompent de colère« , statistiquement il se trouve jusque dans les lecteurs de ces lignes des personnes authentiquement et sincèrement convaincues que les 5 ans d’enfer plus ou moins brûlant à venir peuvent représenter un avenir souhaitable. À ces égarés, que l’on espère le moins nombreux possible, on adressera cette invitation : cassez-vous au plus vite, ici on vous conchie.

Voilà, maintenant qu’on a reconstitué un safe space, place au foot.


Les Longorious Basterds

Mandanda
Rongier (Lirola, 78e) – Saliba – Kamara – Luan Peres
Guendouzi – Gueye (Kolasinac, 78e) – Gerson
Ünder (Payet, 60e) – Harit (Ben Seghir, 91e) – Dieng (Luis Henrique, 60e)

Pour ne parler que des principaux absents, Milik est blessé et Caleta-Car est malade. C’est une défense à « trois et demi » qui est ainsi alignée, selon le placement que l’on choisit d’attribuer au milieutéral Rongier. Gueye prend la place de Kamara, qui lui descend en défense. Devant, Harit mène le jeu derrière Ünder et Dieng, attaquants excentrés. Dans les buts, seules des raisons sportives sont invoquées pour justifier la titularisation de Steve.


Le match

A dix points de l’Europe et à près de quinze de la relégation, et à la différence du PSG qui ne se montre jamais aussi impliqué que lorsqu’il n’a déjà plus rien à branler de la saison, Montpellier se présente comme l’archétype de l’équipe de touristes printaniers. L’avantage pour nous est indéniable : voilà un adversaire qui n’a supposément pas trop envie de se faire mal ; l’inconvénient l’est tout autant : voici un adversaire qui peut se faire plaisir et jouer sans arrière-pensée.

Du reste, Montpellier entame la rencontre en nous opposant un pressing bien étouffant, qui parvient à nous priver de ballon. Portés par leur enthousiasme, ils oublient cependant de couvrir leurs arrières, ce qui permet à Rongier d’adresser une passe lumineuse pour Harit. Sous la pression du défenseur, Amine montre à la fois assez de hargne, d’adresse et de lucidité pour résister, avancer jusqu’aux six-mètres et adresser un caviar pour Dieng (1-0, 9e).

La pression montpelliéraine reprend, qui fait d’ailleurs continuellement frétiller le slipomètre tout au long de cette première mi-temps. Sauf que les sorties de balle sous pressing, même intense, on sait faire : cette phase de jeu nous a suffisamment fait suer de la raie cette saison, il était donc juste qu’elle finisse par porter ses fruits. Quelques savoureux redoublements devant notre surface cassent ainsi la ligne de pressing héraultaise, qui n’était couverte par que dalle : une fois les vannes lâchées, c’est 60 mètres plus loin que peut désormais se jouer l’action. Dieng sollicite Gerson, dont la remise en talonnade fait jaillir un arc-en-ciel de Bisounours au milieu de cette soirée de merde. Cheikh se voit descendu par Ferri avant d’avoir pu armer son tir, la faute pourtant flagrante étant ignorée par l’arbitre. Celui-ci se rend cependant compte immédiatement qu’il a commis une boulette, et attend impatiemment l’intervention de la VAR pour la corriger. Une fois que le jeu s’arrête, l’appel du car vidéo et la consultation des images prennent à peine une vingtaine de secondes, et Ünder est enfin autorisé à aller conclure la séquence d’un plat du pied assuré (2-0, 19e).

Montpellier ne renonce pas, dans ce match qui reste très vivant. Les espaces demeurent également, et Dieng peut se mordre les couilles de ne pas réussir sa reprise, suite à un tir bien vicieux d’Ünder difficilement repoussé. Nous n’oublions pas pour autant de nous tirer nos traditionnelles balles dans le pied, quand un Gerson un peu trop décontracté perd la balle devant Leroy. Mavididi hérite du ballon dans la surface mais trouve rien de mieux à faire que de tirer droit sur Mandanda. Au retour des vestiaires, c’est Kamara qui insiste pour offrir leur cadeau habituel à nos hôtes, en adressant dans notre propre surface une passe amoureusement dégueulasse : Savanier se jette sur l’offrande mais expédie sa reprise sur l’extérieur du poteau.

Ces alertes passées, la rencontre vire à l’aimable partie de campagne. Une première salve de changements voit Payet et Luis Henrique remplacer nos ailiers. Notre domination pépère se poursuit ;  à l’approche du dernier quart d’heure, Gerson élimine toute la défense en trois pas de danse, trébuchant hélas sur la conclusion qui semblait pourtant la partie la plus facile de ce superbe enchaînement. Kolasinac et Lirola font ensuite leur entrée, sans changement radical de la tournure du match.

Enfin, sur contre-attaque après corner, Payet effectue un amour d’ouverture pour Luis Henrique, qui crochète le gardien. Pas disposé à offrir à ce jeune homme un petit moment de bonheur (alors qu’objectivement, entre 2-0 ou 3-0 il n’en avait pas grand-chose à braire), Omlin plante notre attaquant dans le gazon et gagne son carton rouge. Le score en reste ainsi, au terme d’une rencontre extraordinairement dépourvue de péripéties.  


Les joueurs

Mandanda (4/5) : Pas d’exploit mais une solidité constante. Sampaoli lui témoigne de sa confiance, Steve la lui rend, on s’aime, on est bien. La parenthèse Bisounours, on vous dit.

Rongier (4/5) : Le Rongieur que l’on aime, celui qui rappelle à ses adversaires qu’ils feraient mieux de consacrer leurs efforts et leur esprit à leur prochain barbecue plutôt qu’à essayer de jouer au football dans notre camp.

Lirola (78e) : Se maintient concerné à l’approche d’une fin de saison dont je ne sais plus si je vous ai dit qu’elle s’annonçait dantesque.

Saliba (4/5) : Domine son sujet une main dans le slip, qui plus est sans ces horripilants moments de panique ou sautes de concentration qui le saisissent parfois. Là non, c’est un rallye parcouru en tête du début à la fin, cigarette à la bouche et coude à la portière.

Kamara (3-/5) : Saliba sans accroc, c’est Bouba qui s’est dévoué pour jouer la partition du match parfait salopé par une erreur abominable.

Luan Peres (3/5) :  Après des moments difficiles, Luan revient aux affaires en tant que centraltéral gauche, tout en sobriété et efficacité.

Gueye (3/5) : Pas à la noce lorsque les Montpelliérains nous ont infligé une grosse pression en début de match. Puis ensuite il a crié « oh, c’est pas bientôt ,fini ce bordel, un peu, là , oh ? », et là les autres n’ont plus moufté.

Kolasinac (78e) : Vient humer l’ambiance « consolante de tournoi de printemps » qui présidait à cette gentille fin de rencontre.

Guendouzi (3+/5) : Il paraît légèrement en-dedans, mais c’est peut-être tout simplement parce qu’il n’a plus besoin de tout faire lui-même. 

Gerson (3+/5) : Percutant, élégant, bref toujours autant le roi de la piste, malgré quelques gros faux-pas et fautes de goût inhabituelles de sa part. On l’en a senti un peu préoccupé, un peu comme cette fois en boîte de nuit où il avait oublié de porter l’indispensable veste à vol violet satiné par-dessus sa chemise à jabot.

Ünder (3+/5) : Heureusement que son pénalty est là pour faire gonfler ses statistiques, parce que sans ça le résultat comptable et concret de ses efforts ne serait pas loin du score d’Anne Hidalgo. C’est d’autant plus dommage que par le passé, c’est justement parfois l’efficacité de Cengiz qui nous a portés, dans les moments où on ne savait même plus à quoi ressemblait une cage de foot.

Payet (60e, 3/5) : Se maintient en forme en vue jeudi d’aller faire de la prévention des incendies méditerranéens en pissant sur la Grèce.

Harit (4/5) : Le côté agaçant, c’est que quand il réussit de belles choses, bien rapidement il ne se sent plus et gâche plusieurs actions par des gestechniques à la con. Le côté rassurant, c’est que si on a l’occasion de le constater, c’est donc qu’il a réussi de belles choses.

Ben Seghir (91e) : Et hop, on place l’apparition de Salim au passage. Ces quelques matchs de suite sans fausse note de Sampaoli, ça aussi c’est une heureuse tendance à signaler, et surtout à poursuivre.

Dieng (4/5) : Encore quelques gros ratés mais bon, après nous avoir permis de plier le match en 20 minutes tout ceci est aisément pardonnable.

Luis Henrique (60e, 3/5) : Victime de l’école Amine Harit du « je préfère encore demander à Bachar El-Assad de t’envoyer une frappe aérienne dans la gueule plutôt que de te laisser marquer le but ».


L’invité zoologique : Vipère Germain

La vipère est certes un animal dangereux dans l’absolu, mais dans les faits il suffit de claquer les pieds un peu fort sur le sol pour la faire fuir. Il s’agit donc bien de l’invitée appropriée pour commenter la soirée, y compris pour ce qui est des bruits de bottes.
Les autres : motivés pour nous poser des problèmes, pas trop pour concrétiser leurs occasions, encore moins pour défendre corps et âme.
Le classement : Strasbourg et Nice perdent des points, seuls les Rhennais s’acharnant à nous coller au classement. Ce petit joker n’est pas du luxe, puisque le PSG semble se mettre en ordre de match pour la première fois de la saison pile au moment de nous dilater l’anus, comme les premiers Girondins venus (enfin, comme les Girondins avant).
Coming next : ne nous y trompons pas, le match important de la semaine sera bien ce déplacement en Grèce, obstacle à franchir pou conserver une chance de gagner un truc cette saison. Suivront le PSG, Nantes et Reims.
Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Instagram et sur Twitter. Homerc remporte encore le concours zoologique.


Bises massilianales,

Blaah.

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