OM-Newcastle (2-1) : La Canebière Académie impose le respect

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Nick Pope Demon Hunters

Aïoli les sapiens,

Après notre victoire cinq à un à Nice, dont tout le monde se souvient, mais ce n’est pas grave car j’aime bien rappeler qu’on a gagné cinq à un à Nice, l’OM doit aussi songer à se qualifier pour le prochain tour de coupe d’Europe. Le championnat et la ligue des Champions, c’est un peu comme le brevet des collèges et le street art pour Dromadette : on est d’accord, les bonnes notes au quotidien, c’est la base, responsabilité, avenir, tout ça. Mais bon, si elle peut profiter de ses mercredis pour peindre quelques pochoirs et se faire trois sous d’argent de poche, elle ne va pas se faire prier non plus.

Donc voilà, on a reçu un bon 16/20 ce week-end (ou plutôt un cinq à un), mais pas question de passer sa semaine le cul sur le canapé et les yeux sur le smartphone : on sort le bleu, on va au mastic, et on crée.


Les Longorious Basterds

Rulli
Weah Pavard– Balerdi– Emerson
Vermeeren – Bakola (O’Riley, 62e) – Højbjerg
Greenwood (honte à nous, Gomes, 82e)– Aubameyang (Vaz, 92e) Paixão

Aguerd, Medina, Murillo, Gouiri et Traoré sont toujours absents. Le schéma reste classique, à une surprise près, et de taille : De Zerbi choisit d’offrir à Darryl Bakola sa première titularisation au milieu de terrain en cadeau d’anniversaire pour ses 18 ans.


Le match

Pour la plupart des grands clubs, les tifos d’aujourd’hui se résument à une bâche immense réalisée sous Canva et payée par le club. Autant dire qu’on n’a jamais autant apprécié la créativité de nos supporters et leurs somptuosités faites maison, dont on a encore pu apercevoir de magnifiques échantillons hier soir. Le problème vient du fait que nos joueurs se sont un peu crus au musée. Les joueurs de Newcastle aussi, note, sauf que pour eux, c’est le genre de visiteurs qui viennent au musée en monte-charge et avec des disqueuses. Un OM endormi se fait donc proprement rouler dessus pendant les toutes premières minutes, enchaînant sauvetage sur la ligne et carton précoce pour Balerdi, jusqu’à encaisser un but caricatural de facilité.

Après une relance ratée de Pavard, le ballon parvient sur notre aile gauche, où Tonali dédouble dans la surface en étant suivi par dégun, Højbjerg étant tout occupé à son imitation de Kassim Abdallah (pas de bol, Weah dort derrière lui et couvre le hors-jeu). Au duel avec Balerdi, Gordon dévie le centre vers Barnes, seul au milieu de trois stassis et qui ne se prive pas pour ajuster Rulli (0-1, 6e).

L’OM ne parvient pas à se dépêtrer du schéma proposé par Newcastle : quand le ballon est dans notre camp, les Anglais nous harcèlent et nous empêchent de proposer une construction correcte. Quand nous franchissons enfin la ligne médiane, nos adversaires se transforment en FC-Metz-évolution-Gigamax, en nous opposant un blocquéquipe bas infranchissable.


Les Olympiens parviennent toutefois à se rappeler qu’ils ont quelque talent, et réussissent de temps à autre à piquer au cœur de cette défense renforcée. Greenwood (honte à nous) exécute ainsi une belle passe plongeante pour Aubameyang, dont l’enchaînement poitrine-volée est mis en échec par le gardien.

Trop de fautes techniques sont commises, dont plusieurs sont près de nous être fatales : un centre mal renvoyé par Balerdi se traduit par un tir bloqué par Rulli. Même tarif suite à une perte de balle de Jean-Bite, qui oblige une nouvelle fois notre gardien à s’employer.

Après la demi-heure de jeu, l’OM accroît la pression et se lance dans un atelier spécifique : « comment manquer d’efficacité pour bien se mordre les couilles à l’issue d’un match de Ligue des Champions ». C’est tout d’abord Paixão qui expédie son fameux enroulé à côté du but. S’ensuit une très jolie combinaison collective, qui amène Bakola à un dribble dans la surface : alors que Darryl s’est ouvert la position de tir, il choisit curieusement de s’écrouler comme une merde, avec pour toute récompense un avertissement pour simulation. Enfin, Greenwood (honte à nous) adresse un centre parfait pour Aubameyang, parfaitement placé entre les deux défenseurs, mais qui rate sa tête face au but grand ouvert.

Jean-Bite tente aussitôt de se racheter en profitant d’un bon pressing d’Højbjerg, mais son défenseur parvient à le déséquilibrer et à forcer un tir hors-cadre. Les derniers mots reviennent cependant aux Magpies : une perte anale de Greenwood (honte à nous) envoie Gordon au tir, paré par une RAIE de Rulli  à ras de terre. Profitant d’une défense complètement désorganisée, ce même Gordon se trouve enfin trop court pour reprendre un centre de Willock, sans autres dégâts que slipaux.

À la pause, l’OM semble embarqué dans l’un de ces matchs passables, mais qui se finissent invariablement par une défaite, notre marque de fabrique en Ligue des Champions. Ce serait oublier que, de toute évidence, Newcastle n’a rien à nous envier pour ce qui est de saborder ses matchs. Dès l’engagement, alors que l’OM récupère en défense, la balle est aussitôt transmise à Bakola. Dans un timing parfait, Darryl lance Aubameyang en profondeur sur le côté droit. Jean-Bite comme son défenseur ont alors la surprise de voir le gardien, Nick Pope, sorti à leur rencontre pour on ne sait quelle raison (une hypothèse suggère qu’il soit parti chasser des démons, ce qui expliquerait que Dromadine parle tout le temps de Nick Pope Demon Hunter). Bref, Jean-Bite profite de sa vitesse pour laisser ce couillon de gardien sur place, et, alors que le but est vide mais l’angle relativement fermé, met une application infinie à ne pas zober cette action comme les précédentes (1-1, 46e).


Vingt secondes de jeu et voici les deux équipes remises à niveau. Un flottement coupable relève immédiatement le slipomètre, quand une nouvelle perte de Greenwood (honte à nous) se traduit aussitôt par un but. Heureusement, un hors-jeu de Barnes à la réception du centre clôt l’incident. L’OM se réveille, occupe le camp anglais et presse haut à la perte. Sans qu’un décalage très net ne soit créé, une longue séquence de possession se termine dans les pieds de Weah sur l’aile droite. Timothy accélère et, sans attendre d’avoir totalement débordé son défenseur, adresse un centre soudain à ras-de-terre. Au premier poteau, Aubameyang surgit devant Schär et marque du bout du pied ce qu’il est convenu d’appeler un « putain de bon but de putain d’avant-centre » (2-1, 50e).

La métamorphose de Jean-Bite de Clinton Njie en Pippo Inzaghi est aussi une métamorphose d’équipe. Du reste, Højbjerg réussit dans l’action qui suit un pressing de mammouth, qu’il ne parvient malheureusement pas à convertir en troisième but. Seul Emerson se trouve victime d’un nouvel accès de jobastrite aigüe, consistant comme face au Sporting à saloper à lui seul les bonnes dispositions de l’équipe. Par un miracle que l’on ne s’explique guère, son hippopotacle aussi violent que gratuit sur Willock n’est sanctionné que d’un carton jaune : un petit cadeau arbitral qui nous évite quarante dernières minutes plus compliquées que nécessaire.

L’OM domine globalement, mais s’expose toujours à des trous d’air défensifs. Sur la quasi-réplique du premier but, Willock se balade absolument seul dans la surface avant d’être servi, mais sa frappe puissante est mise en échec par une manchette spectaculaire de notre gardien. La suite est âpre, consistant essentiellement en de la sueur et du mollard, mais toujours avec quelques beaux moments de football des deux côtés. De part et d’autre, les défenses tiennent le coup, quitte à intervenir parfois in extremis.


L’entrée de Woltemade et de sa dégaine de troisième ligne sud-africain a un je-ne-sais-quoi d’intimidant. Le colosse résiste ainsi à Balerdi et permet à Elanga de tenter une frappe puissante. La RAIE de Rulli s’inscrit ici dans une figure de style très particulière : celle des actions qui n’ont l’air de rien, et qui nécessitent une demi-douzaine de ralentis pour constater qu’en réalité, notre héros vient de réaliser une parade absolument monstrueuse.

Le dernier quart d’heure se déroule certes sous pression, mais sans concéder d’occasion énorme (si ce n’est un tir de Barnes hors-cadre, après un centre repoussé). L’OM ne tient plus guère le ballon, mais, à l’exception de quelques fautes malheureuses, la défense se montre cohérente et solide. L’OM n’a pas accompli un match parfait, mais c’est encore mieux : un assortiment de combat, de solidité collective, et de ces gestes supra-décisifs qui font la différence entre une campagne européenne ridicule et une tournée qui rapporte, aussi bien en expérience qu’en GROSSE CAILLASSE.


Les joueurs

Rulli (4/5) : Partir en coupe d’Europe sans gardien de ce niveau, c’est comme faire l’Everest en Louboutin ou une campagne de gauche avec Raphaël Glucksmann : une perte de temps et d’espérance de vie.

Weah (3+/5) : On a raté un truc ? On passe à autre chose. On a réussi un truc ? Bah, on continue. Cette simplicité d’approche, c’est la clé de la psychologie du sportif de haut niveau. Il suffit de regarder le contre-exemple des tennismen français, qui passent un point à rater une volée de coup-droit et les trois suivants à se demander pourquoi leur inconscient a tant envie de niquer leur mère.

Pavard (4-/5) : Un match Ellen Ripley : cinq minutes pour se réveiller et les 90 suivantes à cramer des aliens au lance-flammes.

Balerdi (4-/5) : De même, Leonardo leur a fait le coup du : « Call the ambulance… but not for me ».

Emerson (3-/5) : Comme contre le Sporting, Emerson est excellent, mais aime tellement le combat qu’il a peur de s’ennuyer quand les choses se passent bien. On peut remercier les arbitres vidéo d’avoir préféré regarder Netflix plutôt que son tacle thermonucléaire.

Vermeeren (4-/5) : Quel morbaque, les amis. Tu le mets en duel avec Manuel Valls pour un poste ministériel, c’est Valls qui lâche l’affaire en premier.

Højbjerg (4-/5) : Pendant un moment du match c’était un peu comme dans « Harry dans tous ses états », il était flou sans qu’on sache trop pourquoi (NdA : bah ouais, vous mettez du Mason Greenwood, je mets du Woody Allen. Bataille). Une paire de lunettes plus tard, c’est propre, c’est net, ça vaut l’Oscar.

Bakola (3+/5) : Bien noter queson prénom s’écrit avec deux « R », à la différence de Daryl Hannah (la sègue reste identique, cependant).

O’Riley (62e, 3/5) : Une entrée pas terrible, mais on s’en fout, aujourd’hui l’amour règne sur moi. Et en plus j’ai enfin trouvé ce qui correspondait à ma note « Vanne inédite à faire sur O’Riley et une chanson célèbre ».

Greenwood(honte à nous, 3+/5) : Deux pertes de balle slipométriques, mais aussi des provocations offensives aussi justes que multiples. On a qu’à dire qu’à la fin tout s’équilibre, c’est comme être un agresseur sexuel et un gentil garçon.

Gomes (82e) : Pour s’éviter une fin de match échevelée, De Zerbi a ajouté un peu d’Angel Gomina à son équipe.

Paixão (3+/5) : D’accord, y a du déchet, mais on comprend qu’à se sortir autant les tripes à la récupération, Igor y perde un peu en lucidité. On craignait d’avoir affaire à un génie branleur, comme quoi il faut se méfier des clichés.

Aubameyang (4/5) : «L’étrange cas du Dr Jean-Bite et de Mr Aubame. »

Vaz (92e) : Juste le temps de s’offrir une petite occasion sympathique.


L’invité zoologique : Anthony Gordindon

C’est gros, c’est fier, ça se fait farcir bien profond pour Thanksgiving : voici les observations de notre volaille, une fois bien plumée.

  • Les autres : Eh oui, on a beau avoir un beau jeu, le haut niveau, ça ne tolère aucun relâchement. Croyez-en notre expérience d’équipe qui gagne en Ligue des Champions.
  • Le classement : Nous finirons la journée entre la 19e et la 23e place : il manque vraisemblablement au moins quatre points pour valider la qualification, à prendre contre l’Union Saint-Gilles et Bruges à l’extérieur, puis Liverpool au Vélodrome.
  • Coming next : Place à la réception de Toulouse samedi, match en apparence anodin et donc à prendre avec précaution. Ce sera un peu plus corsé ensuite avec Lille, l’Union Saint-Gilloise et Monaco.
  • Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Rémy B. remporte un concours zoologique qui a connu un peu de retard à l’allumage, comme l’OM.
  • PUBLICITE : Il est enfin revenu en vente : « LA PASTORALE ENGATSE – The ultimate crèche-fighting game », qui comme son nom l’indique est notre TCG de combat de santons de Provence. Rends-toi vite sur https://fr.ulule.com/la-pastorale-engatse—the-ultimate-creche-fighting-game/ pour offrir ou t’offrir un cadeau 100% provençal et 100% original.
T’a-t-on déjà rappelé que ce jeu était en prévente sur https://fr.ulule.com/la-pastorale-engatse—the-ultimate-creche-fighting-game/ ?

Bises massilianales,
Blaah

2 réflexions sur “OM-Newcastle (2-1) : La Canebière Académie impose le respect

  1. La même note pour Balerdi & Pavard ? Et sinon c’est dommage de toujours gâcher notre plaisir en évoquant Clinton N’jie.

  2. C’était bieng !

    Pavard en Ellen Ripley, c’est vrai qu’il a une tendance à la bouclette quand il a les cheveux longs.

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