Reims-OM (1-3), La Canebière académie trouve sa place

Aïoli les sapiens,

Le football se trouve à un tournant, et notre ambitieux olympique fait face à trois destins possibles. Le premier consiste bien sûr à remplir les conditions pour parvenir et demeurer au sommet de l’élite du football européen, la première et indispensable desdites conditions étant avant tout d’être d’énormes fils de putes, comme l’actualité n’a pas manqué de le montrer. À l’opposé de la roue de la fortune, le sort de Bordeaux apparaît tout aussi possible, à savoir parvenir au bord de l’agonie sportive et financière après s’être fait larguer comme une vieille merde par l’actionnaire. Et au milieu nous avons l’exemple de Reims, cette vieille gloire patrimoniale dont le fait de survivre 60 ans plus tard à un niveau relativement élevé suffit au bonheur. Ces destins footballistiques se rencontrent et s’entrecroisent comme dans un film choral français, et comme dans un film choral français, privilégier n’importe lequel d’entre eux n’aboutit invariablement qu’à une furieuse envie de se flinguer.

Heureusement, si l’avenir est sombre, le présent s’est mis à rire un peu plus : notre équipe de dépressifs insupportables tend à devenir, sous la conduite de Sampaoli, cette ensemble foutraque au parcours incertain mais à l’envie retrouvée de marquer des buts. Au souvenir de notre passé sinistre et face à cet hideux football du futur, prenons au moins les maigres joies qui se présente, on ne sait pas combien de temps ça durera.


L’équipe

Mandanda
Balerdi – Alvaro – Perrin (Luis Henrique, 75e)
Lirola – Thauvin – Kamara (Rongier, 39e) – Gueye – Nagatomo
Payet
Milik


Caleta-Car purge son second match de suspension, alors qu’Amavi et Sakai se trouvent toujours à l’infirmerie. En revanche, Valentin Rongier effectue enfin son retour. Le poste maudit de latéral gauche est cette fois-ci confié à Nagatomo, alors que Thauvin demeure au cœur du jeu.


Le match

Rien de notable n’est à signaler dans cette première demi-heure mollassonne au possible. L’OM débute le match à l’heure villaboesque, sans rien tenter de concret. Certes, une ébauche de volonté de pressing semble se dessiner, mais si mal coordonnée qu’elle ne sert qu’à faciliter la remontée de balle des Rémois. À l’inverse, notre volonté de relancer court au milieu de Champenois placés haut éprouve notre confiance envers nos défenseurs et nos sous-vêtements, dans trop de dommages ni pour les uns ni pour les autres. En un mot comme en cent, comme lors de la plupart de nos affrontements contre le Stade de Reims : on se fait chier.

Pour pimenter les débats, Wout Faes déclare ouverte la saison de la chirurgie orthopédique sans anesthésie. Commise par Gueye ou Caleta-Car, la faute aurait sans nul doute valu à son auteur une comparution pour crime contre l’humanité, mais le défenseur rouge s’en sort avec un simple avertissement. Peu après, Kamara reçoit un coup anodin au bas du dos : anodin seulement en apparence puisque, sur le corner qui s’ensuit, Bouba n’est pas sur la pelouse. Thauvin laisse Mpuku échapper à son marquage et, de la tête, tromper Mandanda (1-0, 38e). Dans la foulée, Kamara est remplacé par Rongier, dont la réapparition n’était sans doute pas programmée si tôt.

Vu le déroulement de cette première période, l’affaire semble donc particulièrement mal embarquée. Heureusement, nos joueurs peuvent, comme depuis souvent cette saison, compter sur le Jorge-Pancho boost time. Le principe du Jorge-Pancho boost time est simple : la perspective de se recevoir une avoinée par Sampaoli et Abardonado à la mi-temps terrifie nos joueurs, qui font donc tout pour l’éviter avant de rentrer au vestiaire. Servi par Mandanda, Lirola remonte la moitié du terrain puis, après un relais avec Thauvin, poursuit avec une énorme charge dans le camp adverse. La percée de Pol suffit à prendre à revers toute la défense : un centre en retrait plus tard, Payet peut égaliser une main dans le slip (1-1, 41e).

Pour mieux faire oublier ces 40 premières minutes anales, l’OM termine en trombe. Lirola, encore lui, récupère dans notre camp et repart à l’assaut au son de l’ouverture de Guillaume Tell. Le milieu adverse dûment transpercé, Pol décale Payet, pendant qu’à l’opposé de la surface les appels et contre-appels de Milik font perdre son short aux défenseurs. Vision et exécution parfaites : Dimitri délivre un centre au deuxième poterau qu’Arkadiusz reprend de près (1-2, 45e+2).


Non seulement l’OM conserve sa bonne habitude de finir les premières périodes au taquet, mais il semble vouloir perdre celle de débuter les secondes comme un banc de viers marins. Les Olympiens contrôlent des adversaires maladroits, mais qui parviennent tout de même à occuper notre camp un peu trop souvent pour rester sereins. L’heure de jeu marque notre volonté de se reprendre en main, quand une relance particulièrement anale permet à Payet d’offrir un nouveau caviar à Milik. Hélas, le Polonais perd son duel comme le premier Valère Germain venu. Les boulevards s’ouvrent dans les rangs champenois, mais de mauvais choix nous empêchent de concrétiser la récolte. Au contraire, Dia est lancé depuis son camp non sans avoir au préalable attelée une charrue de 2 tonnes au derche de Lucas Perrin. Un retour désespéré de notre défenseur associé à la première bonne sortie de Mandanda depuis Fukushima forcent l’attaquant à tirer sur le poteau, nos deux joueurs se percutant violemment sur l’action. Si le score est intact, Lucas l’est moins hélas, et doit quitter le terrain.

Les événements s’enchaînent puisque juste après, sur un pressing acharné au milieu de terrain, Milik se voit récompensé par la mansuétude arbitrale, qui ignore la probable faute du Polonais. Wout Faes se dresse alors contre l’injustice et crie sa révolte à sa manière, c’est-à-dire en désossant Rongier qui partait attaquer la surface. Erreur initiale ou pas, l’arbitre n’a d’autre choix que d’inviter cet individu à exercer ses talents au concours général agricole option charcuterie fine plutôt que sur un terrain de football.

Les Champenois ne mettent pas longtemps à craquer : sur un très beau une-deux Rongier-Thauvin, Valentin pénètre dans la surface et donne en retrait à Payet. Du point de pénalty, celui-ci contrôle et pladupiésécurise (1-3, 77e).


Le dernier quart d’heure se déroule sans anicroche. Tout juste aurait-on pu espérer voir l’OM soigner un peu plus la différence de buts mais Milik, au terme d’une belle action Nagatomo-Thauvin-Payet, se voit refuser le quatrième but pour un hors-jeu millimétrique. Pas de quoi faire la fine bouche cependant : l’objectif de fin de saison était d’enfin prendre du plaisir, et si possible de se rapprocher de cette qualification en Europa ou Conference Ligue. On affirmera sans hésiter que celles-ci suscitent désormais un intérêt et une sympathie bien plus élevés que les compétitions abâtardies de l’élite, et que nous les préfèrerions sans hésiter si l’on nous en donnait le choix (mais la vie est bien faite, de toute façon on n’a pas le choix). Avec le troisième match de suite à trois buts, on aurait tort de bouder ce fragile bonheur.


Les joueurs

Mandanda (3/5) : Enfin un match tout en interventions efficaces et dépourvu de chute éléphantesque. Emplis d’une bienveillance toute printanière, nous pourrions même considérer qu’il a remporté son face-à-face avec Dia.

Balerdi (3+/5) : Parfois la Nasa simule des pannes pour aiguiser la vigilance des astronautes. De même, Reims a simulé des attaques sur le côté de Balerdi juste pour vérifier qu’il ne s’endormait pas. Leo a parfaitement passé le test.

Alvaro (3/5) : Je connaissais un directeur de cabinet comme ça. Il branlait rien, mais se tenait prêt à intervenir quand il y avait une crise. Ce soir, ça tombait bien, il n’y avait pas de crise.

Perrin (3-/5) : Un match parfait en face-à-face, dommage que les Rémois aient eu l’idée de le tester en profondeur pour voir si par hasard Lucas ne disposait pas des mêmes starting-blocks que Caleta-Car. Au final, malgré le même démarrage au diesel, Lucas a montré un style différent de Duje : plutôt que de résoudre le problème en décapitant l’attaquant quitte à prendre un rouge au passage, notre jeune joueur a mis toutes ses forces pour revenir et, in extremis, forcer Dia à tirer sur le poteau. Comme il n’y a pas de noblesse sans sacrifice, Lucas y laisse son genou au passage, pour une durée que l’on espère la plus brève possible.

Luis Henrique (75e) : Un peu laissé de côté par les grandes personnes qui voulaient se charger elles-mêmes de marquer d’autres buts.

Kamara (2/5) : D’abord mollasson et malhabile comme tout le reste de l’équipe, sauf qu’une blessure a privé Bouba de la rédemption ultérieure.

Rongier (4/5) : On avait quitté cet hiver Lamentin Ronflex , et nous avons eu la bonne surprise d’assister au retour du Rongieur : ardent au duel, d’une propreté hydroalcoolique dans la transmission du ballon, une passe décisive : ça valait le coup de prendre le temps.

Gueye (2/5) : Un gros « mouarft » peutqualifier sa première période. Placé en sentinelle ensuite, Pape a fait dans le sobre et le solide.

Thauvin (3-/5) : Après s’être illustré par son absence de marquage sur l’ouverture du score, Florian s’est montré dans le coup des premier et troisième buts, avec à chaque fois une avant-dernière passe aussi parfaite qu’anonyme. L’ensemble aurait pu rester passable mais, comme un chanteur ringard cherchant le come-back contre l’avis de son entourage, Florian a passé sa fin de match dans une tentative assez pathétique de faire revenir sur lui les sunlights. En espérant que devant l’insuccès sa prochaine étape ne soit pas de fomenter un coup d’État, comme Francis Lalanne.

Lirola (4/5) : L’harmonie de l’univers suppose l’équilibre des forces. L’eau suppose le feu, la laideur suppose la beauté, et au pire fils de pute correspond un génie d’un talent proportionnel. Ce qui nous conduit à dire que pour la Catalogne, nous venons de trouver le pendant de Manuel Valls.

Nagatomo (3/5) : Sa titularisation réduit nettement l’ambition offensive de notre couloir gauche, mais au moins Yuto a apporté de la stabilité. Sans éclat mais jamais pris à défaut, Yuto a pu ensuite savourer la naissance de son troisième petit-f… de son troisième enfant.

Payet (4+/5) : Encore une question de yin et de yang ici : la prestation majuscule de Dimitri pourrait nous transporter d’aise, mais elle rend aussi d’autant plus insupportable son comportement de vieille  capricieuse en surpoids dès lors que princesse Rougail est contrariée, c’est-à-dire une moitié de saison en moyenne.

Milik (3+/5) : Si Valère Germain marque un but du même genre, ça se finit en claquant nos économies dans des ex-voto à la Bonne-Mère. L’ennui avec Arek, c’est qu’on devient gourmand, et qu’on aurait presque envie de dire : « un seul but ce soir ? Mouais. »


L’invité zoologique : Yunis Abdelamibe

L’amibe est un truc relativement indéterminé, qui se trouve être l’ancêtre des êtres plus évolués qui dominent l’écosystème aujourd’hui. Elle n’a pas disparu pour autant, elle se contente d’être là sans faire chier personne (sauf en cas de parasitose dysentérique bien sûr, autrement appelée « castapiane du ventre mou », mais bon, ça n’arrive pas tous les quatre matins non plus). Bref, l’invitée appropriée pour évoquer le Stade de Reims, cette équipe dont la rencontre deux fois par an nous permet de dire « ah tiens, ils sont encore là, eux. »

– Les autres : Fragiles dès que ça accélère en face, efficaces quand on ne cherche pas à trop les ennuyer. Bref, ça se laisse porter par le courant et fait face aux événements avec une relative indifférence.

– Le classement : Nous pouvons tranquillement regarder Lens et Rennes perdre des points ce week-end, ce qui nous permettrait d’obtenir cette cinquième place que nous occupons pour l’instant à titre provisoire.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Instagram et sur Twitter. Dromadame remporte le concours zoologique.


Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

5 commentaires

  1. ne pas faire entrer Pipa alors qu’on gagne 1-3 montre qu’on ne compte plus sur lui dommage….
    je me demande ce qu’aurait donné un tandem Milik et lui

  2. Je soupçonne Payet de vouloir accrocher le wagon pour l’euro, il nous fait le coup à l’approche de chaque compétition.

  3. C’était très bien vu, l’amibe. Vous avez toujours le chic pour réussir à faire rentrer toute une équipe dans la peau d’un rongeur impotent ou dans la coquille d’un crustacé quelconque, c’est assez formidable. Une pensée pour Nicolas Palourde du coup.

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