NO-OM (3-1) : La Crocro Académie livre ses notes

 

20 ans qu’on l’attendait putain !

 


 

 

Salut les pitres,

Bon, je suis quelque peu en retard, n’est-ce pas. Figurez-vous que mon acad’ du match contre l’OM est prête depuis deux semaines, mais que j’étais dépouillé de toute connexion internet depuis. Si, si. D’ailleurs, après une tentative d’infiltration de Twitter durant quelques mois, j’ai dû me rendre à l’évidence et m’avouer que cette chose n’était pas faite pour moi, cette célébration du je et ces nuées de branleurs pro-Benzema, j’y arrive pas. Là n’est pas le sujet, revenons donc à ce match contre l’OM (l’acad’ de la défaite face au PSG suivra dans la semaine).


Le match

 

L’OM aux Costières, donc. Premier match de la saison à la maison et c’est déjà une sortie de gala. Pour l’occase, les Gladiators avaient lancé une opération « Tous en rouge » afin d’encourager les (trop nombreux) Nîmois supporters plus ou moins officiels de l’OM à aller se faire mettre. Le résultat est magnifique, avec un stade écarlate et plein comme une pute en fin de service, mais une remarque quand même : de fait, il est plus facile d’obtenir ce résultat en s’appuyant sur un arrêté préfectoral interdisant les déplacements adverses au-delà des 900 places du parcage visiteurs. Franchement moyen.

Le match débute tambour battant, avec un public enfin bouillant comme on l’aime. Les collègues sont agressifs d’entrée, et mettent une belle gniaque dans le pressing. Sur une touche au milieu de terrain, Diallo récupère le cuir suite à une cagade de Morgan Sanson, sans doute rattrapé par son ADN de pailladin, et expédie une merveille d’ouverture en première intention vers Bouanga, qui dissipe la hype Hiroki Sakai en un dribble extérieur et tir petit filet opposé. Ce pitre de Denis a beau se revendiquer supporter de l’OM, s’il nous cale des buts comme ça régulièrement, je prends (1-0, 32e minute).

Mi-temps dans un stade en fusion. Un mot là-dessus, si vous permettez. Nîmes, c’est une petite ville qui sait se montrer emmerdante à mourir en hiver, avec un bar et demi d’ouvert, et encore. Mais c’est aussi ceci, une ville qui peut s’enflammer pour son équipe et donner des atmosphères de derby étouffantes et colorées (au passage, notons quand même qu’il a fallu attendre les dernières journées de la saison dernière pour que ça prenne vraiment, mais ne faisons pas les peine-à-jouir, allez). Pas la peine pour cela d’un stade à 40 000 places qu’on ne remplit que pour des concerts de Rihanna : mieux vaut une enceinte modeste qui vibre et hurle qu’une enceinte immense et froide. Si les demeurés qui servent de dirigeants au foot français pouvaient s’en rendre compte, peut-être qu’on s’en porterait pas plus mal.

Le retour des vestiaires sonne comme un rappel à l’ordre et l’illustration de ce qu’une confiance excessive risque de nous causer cette saison : sur un coup-franc dangereux pour nous, Savanier ne lève pas assez sa balle, qui est récupérée par Payet, dont l’ouverture vers Sanson troue notre milieu avant autant d’aisance qu’un milliardaire russe bedonnant et huileux lève une call-girl. En deux passes, Thauvin se présente seul devant Bernardoni, qu’il ajuste d’un piqué remarquable (1-1, 49e minute). Dans un sens, c’est toujours bénéfique ce genre de rappel sur le foot de haut niveau et les erreurs qui se payent cash, bla bla bla.

Cette égalisation ouvre une période de domination des Sardines, étouffante quoiqu’assez stérile. Sur un contre, Bouanga est lancé et prend Sanson de vitesse, qu’il entraîne par terre avec lui à l’entrée de la surface sans parvenir à servir Thioub, arrivé au soutien. Qu’à cela ne tienne, pense alors Sakai, qui décide de dégager droit dans l’anus dudit Sanson, remettant ainsi le ballon dans la course de Thioub, qui finit avec sang-froid en dribblant Mandanda (2-1, 62e minute). La combativité de nos gars, le renvoi anal de Sakai, la sortie sur blessure de Mandanda sur l’action : cette action est un délice de bout en bout. S’en suivent quelques minutes délicieuses où je repense aux longues années de disette footballistique qui ont caractérisé ma jeunesse. Marseille joue aux Costières, on est en Ligain, et on est en train de les taper. C’est beau. D’autant plus beau que la fin de match est finalement gérée plutôt tranquillement par les collègues, qui vont aller jusqu’à rajouter un but aussi gaguesque que jouissif : sur une balle de renvoi un peu bordélique, Ripart nous offre en prime-time sur Canal + une sorte d’allégorie du football de tâcheron en même temps qu’une leçon d’engagement à Amavi et Caleta-Car en s’arrachant pour aller tromper Pelé et achever de faire basculer les Costières en mode Feria (3-1, 81e minute).

Me trouvant à cet instant dans un obscur troquet de Montreuil en compagnie du taulier supporter du PSG et d’un turc fan d’Umut Bozok, je paie ma tournée de pastis. Allez va, on va savourer.


Les collègues

 

Bernardoni (4/5) : Il fait plaisir le bonhomme. Après un premier match où il semblait un peu à côté de ses pompes, il nous sort une grosse perf, avec de beaux arrêts devant Germain et une capacité à jaillir dans les pieds assez kiffante. Il ne peut rien sur le but de Thauvin.

Alakouch (3/5) : C’est de loin notre latéral le plus sûr en ce moment, une mobylette.

Landre (3/5) : On a gagné donc on va être cool, mais cette charnière mes amis, c’est aussi lent qu’une mise en route un lendemain de cuite.

Briançon (3/5) : La même, on le kiffe notre Antho, mais le voir jouer en Ligue 1 c’est un peu un étonnement permanent.

Paquiez (1/5) : D’une certaine façon, disons que titulariser l’ami Gaëtan relève pour coach Blaquart autant de la nécessité de combler les absences et suspensions que d’une volonté d’observation anthropologique : dans un monde du foot de plus en plus aseptisé, la possibilité de voir évoluer de véritables chèvres est une occasion rare.

Diallo (4/5) : Il m’a fait plaisir, un gros impact dans les duels et une capacité à quadriller le milieu. On va avoir besoin de lui. Son ouverture pour Bouanga sur le premier but est superbe.

Savanier (4/5) : Je suis généreux parce que je t’aime Téji, mais j’ai toujours du mal à savoir ce qu’on va pouvoir attendre de toi sur la durée. Continue à te battre comme sur ce match, ce sera déjà pas mal. Par contre, couvre un peu mieux sur les contre-attaques.

Bouanga (5/5) : J’attends de voir s’il nous a sorti le match de l’année parce qu’il voulait briller contre l’OM, mais en attendant il nous a fait vibrer toute la soirée, en même temps qu’il trouait le slip d’Hiroki Sakai à chaque accélération. Buteur, et directement impliqué sur celui de Thioub.

Thioub (5/5) : Thioub, justement, qui nous fait un début de saison d’anthologie. L’année dernière, à chacun de ses débordements, je me disais « ouais bon, ça passe parce que c’est la Ligue 2 », et finalement voilà-t-il pas qu’il nous refait les mêmes cette année, ce con. Il a lui aussi largement victimisé l’arrière-garde marseillaise. Sa conclusion sur le deuxième but part d’un contre favorable, mais son sang-froid pour dribbler Mandanda et conclure extérieur du pied m’a fait pousser des cris aigus.

Ripart (4/5) : Il est inélégant au possible, il est franchement limité techniquement, il ne lâche rien, il a niqué la mère de Caleta-Car et d’Amavi, il a fait hurler les Costières : Renaud Ripart est le Nîmes Olympique.

Bozok (2/5): On sent que le début de saison n’est pas évident pour lui. Il sort d’une saison champagne en Ligue 2, sans doute le temps d’adaptation. Ça va venir, petit, t’inquiète. Remplacé par Guillaume.

Et sinon…

– Les images pour la postérité ! Les Marseillais diront qu’ils s’en foutent, que c’était un match raté, mais rien à battre.

– Je n’académiserai pas le non-match contre Toulouse, si ce n’est pour dire que c’est précisément sur ce genre de rencontre qu’il faudra également réussir à prendre des points, bordel de couille à roulettes.

La bise, collègue.

Karoud.

Karoud Fider

One Comment

  1. Ahhh !!! Mon coupaing le crocro qui est revenu !!! Continue comme ça et profitons de cette saison ! Vivement ton acad’ contre le PSG…

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