Stade Roazhon® Celtic® Breizh Cola® Park / Paris SGEL (0-1) – La Porte de Saint-Cloud Académie chez les presque Bretons

Attention, certains passages de cette académie sont susceptibles.

 

 

 

Salut à toi, amoureux de l’alter-football non-phallocrate,

Intéressons-nous aujourd’hui à l’un des derniers cancers mercantiles à la mode du football français, de plus en plus répandu dans ses belles provinces : la fameuse identité régionale.

Concept fourre-tout, facilement modulable et s’adaptant aisément aux valeurs sportives et messages politiques les plus divers, il permet de se constituer une communication efficace à peu de frais en affirmant tous azimuts l’appartenance d’un club donné à une pseudo identité régionale donnée, en s’appropriant l’attirail symbolique de cette dernière (drapeau, histoire, hymne, langue, etc.) ainsi que ses représentations sociales généralement admises (valeurs, idéaux, etc.) pour se poser en représentant – que dis-je, en défenseur – sportif de l’identité en question, forcément menacée comme toutes les identités soi-disant ancestrales par le centralisme exacerbé de l’état jacobin français, et qu’il faut donc « protéger » en assénant ses principes fondamentaux à coups de mascottes, de 4-4-2 et d’appels-contre-appels.

Samedi, nous rencontrions un beau spécimen, les pseudo-Bretons rennois. Dans la grande loterie de l’identité, les roujénoir sont tombés sur la Bretagne, une région pleine de potentiel marketing, puisqu’une tripotée de clubs s’en revendiquent allègrement sans pour autant épuiser le filon. Les Brittons peuvent donc se targuer d’avoir l’embarras du choix au moment de choisir leur club celtique de coeur, avec pour les aider quelques variantes selon les équipes : campagne-saucisse à Guingamp, champ de patates à Brest, poissons pas frais à Lorient, Bretagne de pas Bretons à Nantes… (autant de pseudo-identités locales et de petites rivalités de clocher qui détournent les travailleurs du vrai combat, d’ailleurs, celui des classes populaires du monde entier contre le règne des nantis multinationaux !)

Les Rennois, eux, n’ont à opposer à ces bastions celtico-sarrasins que leur qualité de « capitale » administrative de la région. Une position hégémonique bâtie par l’histoire et par la localisation stratégique de Rennes, à l’entrée d’une péninsule que la cité a défendue et gouvernée, sans pour autant se tourner entièrement vers elle avant le XIXe siècle (source : cette date est choisie totalement au hasard). L’histoire d’une grande métropole rattachée presque contre nature à ce bout de terre édenté, en quelque sorte. D’où l’incongruité de voir dans cette ville, qui n’a jamais parlé le celte, des plaques de rues écrites dans la langue de [insérer ici le nom d’un grand auteur breton. Moi, perso, à part Étienne Daho, je vois pas].

Alors pour compenser, les Rennois, ils en font des tonnes : et qu’on vole l’idée des galettes-saucisses, et qu’on prend une mascotte en forme d’hermine, et qu’on renomme la ville et le stade en breton, et qu’on porte des bonnets rouges, et qu’on met des drapeaux partout, et qu’on fait chanter Nolwenn Leroy, et qu’on donne un nom de festival de trance à l’académicien sur Horsjeu.net… Déjà que les Bretons, avec leur beurre salé et leur fraises de Plougastel, ça me gonflait profondément, mais alors, voir un club se démener pour faire croire qu’il en est, y a pas plus embarrassant.

Mais que voulez-vous, tout le monde n’a pas la chance de pouvoir exploiter des racines et esthétiques culturelles aussi symboliquement fortes que celles des mineurs du Nord, des mafieux de Corse ou des fachos d’Alsace. Pour les clubs de ces régions, c’est du pain béni ! Un petit coup de peinture de temps en temps, et c’est reparti pour un tour ! Parfois, il n’y a même pas à se triturer les méninges pour pondre une com’, les supporters s’en chargent pour vous ! Un tifo, des drapeaux, des chants, c’est pas cher, et c’est encore plus efficace qu’un naming ou qu’un logo de viking merdique qui vous fera passer pour une franchise de foot US du Minnesota tout en vous coûtant une blinde auprès d’une agence de com’ totalement surcotée !

Toujours est-il que la construction d’une identité, ça demande un peu plus de temps et de doigté que cette campagne publicitaire lourdingue toute en rouge et noir (j’espère que vous avez désormais la chanson dans la tête). Rennois, cessez de vous tourner en ridicule avec vos drapeaux à la con, acceptez le fait que vous n’êtes que des sous-races de Bretons, mangez des baguettes-saucisses comme tout bon supporter français qui se respecte, rangez vos Erminig, revenez dans votre stade de la route de Lorient (pour vous, la Bretagne se résume à une route, ne commencez pas à vous prendre pour d’autres, vous êtes ridicules à dire que les Nantais ne sont pas bretons, on croirait voir des socialistes accuser les radicaux de ne pas être de gauche), et s’il vous plaît, arrêtez de tendre un micro à vos chanteuses folkloriques à succès, vous nous rendrez un grand service et peut-être même que ça vous portera enfin bonheur quand vous jouerez des finales contre plus breton que vous.

 


LA RENCONTRE


 

Nous, à PSGEL, on a fait notre choix : c’est l’Internationale ou rien. On a bien deux-trois cautions banlieues dans l’effectif, mais c’est seulement pour duper le prolo de base. Notre identité, c’est de ne pas en avoir, ou plutôt de les avoir toutes, et tout le monde s’en porte beaucoup mieux. Y a qu’à voir la quinzaine de gusses qui ont foulé la pelouse en ce bel après-midi d’hiver : deux Allemands, trois Brésiliens, un Belge, un Argentin, deux Italiens, un Uruguayen, un Versaillais, un Arabe et même un Noir, si c’est pas de l’ouverture d’esprit, faudrait m’expliquer. Le mélange, y a que ça de vrai, n’en déplaise à quelques énergumènes qui partagent à la fois la haine du Maghreb et celle de l’eau minérale.

Dans leur liquette blanche de mauvais goût, les coéquipiers de Paris-Saint-Germain-en-Laye imposent d’entrée de match leur supériorité sur les wannabebrittons d’en face : notre camarade belge, à la réception d’une chandelle côté droit, centre en force pour Cavanini qui, surpris par la puissance de la passe, manque son pointu face aux cages grandes ouvertes. Les dix premières minutes sont entièrement à l’avantage de Parisiano-saint-germanois qui mettent une intensité de tous les instants dans leur pressing.

Passé ce petit échauffement, les Rennois s’enhardissent et commencent à sortir de leur moitié de terrain, et même avec la balle s’il vous plaît. PSGEL ne baisse pas d’un ton pour autant, et c’est sur une énième balle récupérée grâce au pressing des avants-centres que notre nouvel ailier teuton lance Marcoco dans la surface à l’heure de jeu. Le goaliste britton glisse à sa rencontre, emporte le joueur mais pas le ballon. Il a beau ne pas mettre les mains, la faute semble assez évidente. Que nenni pour l’homme en presque noir – ou « l’arbite », selon l’aveu d’un joueur de PSGEL à la mi-temps -, qui punit à l’inverse le Parisiano-saint-germanois pour simulation. Qu’à cela ne tienne, les Bleus-et-violets repartent de plus belle et trouvent l’issue peu avant la pause par le même petit hibou italien, qui profite d’un appel de Cavanini pour la donner au nouveau Boche sur le côté gauche. Celui-ci caresse la balle, l’enveloppe de l’immensité de son amour et la loge tout en douceur au pied du poteau opposé. 1-0, enfin un Allemand plus drapeau rouge que chemise brune ?

La seconde mi-temps débute sur une maîtrise pleine et entière de PSGEL, dont l’impression rendue de facilité n’est pas pour rassurer son monde, surtout à 1-0. Quelques joueurs se signalent par des tentatives de percées un peu trop solitaires, dans un quart d’heure relativement pauvre en occasions. À l’heure de jeu, la salope Motta tente quant à elle le même coup que son compatriote : ayant excentré Cavanul sur la gauche de la surface, il se précipite (il vous est permis de rire en songeant à cette perspective délicieuse) au point de penalty pour se trouver à la réception du une-deux entamé avec son camarade sud-am, mais s’effondre devant la sortie du gardien de but. Simulation grotesque cette fois-ci, et l’arbitre ne se laisse pas plus influencer que lors du premier acte.

C’est le moment que choisissent les Renés pour faire entrer du sang neuf et se procurer leurs premières situations dangereuses en contre. La menace pèsera alors jusqu’au bout sur la cage parisiano-saint-germanoise pendant une demi-heure assez difficile à vivre, surtout lorsqu’on connaît l’énergumène qui la gardait ce soir-là. Ben Afro entre en jeu pour suppléer notre avant-centre pistolero, peu en réussite, et rééditer l’expérience en faux neuf brevetée en coupe quelques jours plus tôt. Bingo, c’est du plus célèbre smicard de France que viennent alors les occasions les plus nettes pour PSGEL, avec notamment cette habile feinte de centre côté gauche suivie d’une remise en retrait astucieuse pour Adrien Rambo, à l’entrée de la surface, qui voit sa frappe repoussée.

Le dernier quart d’heure est malgré tout l’occasion de claquer des fesses jusqu’au bout, à mesure que la fatalité se rapproche sous les traits d’un affreux Polonais à grosses cernes et grokicki, qui mène les contres-attaques de son équipe en mode déter. PSGEL a de plus en plus de mal à tenir la balle. La France a peur. Elle se rassure cependant, en constatant la capacité de cette équipe à bien défendre devant sa surface, à garder sa concentration jusqu’à l’extrême limite, et à tenir avec humilité un avantage dûment mérité. Le soulagement est total lorsque le gros Arabe accomplit enfin sa roulette réglementaire de la semaine, provoquant la fin du match (comme quand on attrape le vif d’or au quiddiche (on dit ouiddiche (t’es sûr ? ouiddiche, ça fait bizarre, quand même…))), et satisfaisant ainsi à la clause de son contrat portant sur la consolidation des préjugés sur les Arabes qui dribblent tout le temps sans lâcher la balle (cf. la jurisprudence Mehdi Mostefa).

 


LE SOVIET ICI C’EST PARIS® CHAMPION MON FRÈRE® POUPLUCHE®


 

K3vIn TrRAap (3/5) :  Je l’aime encore moins depuis qu’un Allemand plus gentil et plus fort que lui est arrivé.

Thomas Lemonnier (3/5) : Il a eu à gérer le Polak moche d’en face, et c’était pas une mince affaire. Passée la première mi-temps relativement calme, son apport offensif en a pâti par la suite.

Thiago & Marquo (4/5) : Les mecs n’ont pas eu grand chose à faire pendant une bonne heure, puis ils ont tenu comme il fallait face aux assauts répétés des affreux Rennois. Je vais pas vous ressortir les stats défensives de l’équipe parce que c’est pour les pédés (merci de prendre cette insulte politiquement incorrecte à un degré d’humour convenable, au moins 0,8 g/l de sang), mais c’est pas dégueu, quoi.

Layvin Kukurbitacé (4/5) : Un peu moins sous pression adverse que son compère de la droite, il a animé efficacement le couloir gauche, aux côtés de l’Allemand puis de Blaise, et notamment lorsque ses camarades n’en avaient plus trop sous le capot.

Thiago la petite salope (3/5) : Cette simulation était tout de même grotesque.

 

PSGEL

Le plongeon de Thiago en caméra opposée.

 

(Merde, je me mets à foutre des gifs dignes de Vidéo Gag dans mes acad’, vivement que 2018 arrive et que je puisse écouler mon stock de poitrines gigotantes)

Marco T-shirt (vous l’avez ?) (5/5) : Tu vois, quand tu veux bien te bouger le cul et jouer entre les lignes, hein ? Et que ça y va avec les sorties de balles d’un autre monde, les ouvertures illuminées – encore mieux que lumineuses -, les dribbles chaloupés et les récupérations de balle dans tous les recoins du terrain. C’est plus un milieu relayeur, c’est un relais 4×100 à lui tout seul !

Le brave Blaise (3/5) : Un bon petit match de plus pour le coureur de la brousse, enfant de la tribu de Fontenay-sous-Bois. Son marabout veille toujours sur lui et sur sa virilité, et c’est le principal.

Lucacas (3/5) : C’était un petit Lucas aujourd’hui, un Lucasinho avec des dribbles moyen-décisifs, des appels moyen-tranchants, et des frappes moyen-dangereuses.

(Remplacé par Angelot de Marie qui, pour en mettre plein la vue à son coach qui ne jure plus que par son nouveau jouet allemand, a essayé de la mettre directement au fond dès qu’il recevait le ballon, quelque soit sa position sur le terrain. On aurait dit toi quand tu sens que ta cible en soirée te file entre les doigts au profit d’un autre mec plus beau, et que tu tentes de pallier ce handicap par une omniprésence et une lourdeur à faire fuir une call-girl même pas encore payée)

J. Daßler (4/5) : Un bon petit cousin germain que celui-là. Enfin un ailier qui sait se placer, varier courses à l’extérieur, passages entre les lignes et dédoublements avec son latéral. À suivre.

(Remplacé par Adi Rabiot, propre sur lui)

Eddy (3/5) : Je sais bien qu’il est de bonne volonté, qu’il abat plus de travail défensif que toute l’équipe de Bastia réunie, qu’il fait plus pour le jeu par ses appels à vide qu’Alou Diarra ne le ferait jamais en trente ans de rond central. Mais rater ce qu’il a raté en tout début de match, c’était franchement zéro. Pourtant, comment lui en vouloir ? C’est notre petit barbudo à nous, quoi…

(Remplacé par HBA, qui est régulièrement victime des colifichets, sous-entendu des journalistes spécialisés qui oublient toujours tout)

 


LE SECRÉTAIRE DE SECTION


 

J’ai utilisé tout ce qui me restait d’énergie pour écrire le titre de cette rubrique. De toute façon je sais que vous vous en foutez de ce club et de son entraîneur, sales eurosceptiques.

 

Bonne galette anarchiste pour les retardataires (à bas la monarchie de l’épiphanie !  #Toussouverains #Élisonsnosroiscitoyens #Pasdefèvedansmafrangi),

Cordianalement,

Georges Trottais 

Georges Trottais

L’homme le plus (lutte des) classe(s) du monde.

4 commentaires

    • Au début je voulais parler de Mijdtjyl… Mittjeldllan… Midjitit… d’un club danois avec un loup, mais c’était trop compliqué à écrire.

  1. Alors on vous laisse gentiment gagner, on met à l’honneur votre nouveau joujou et vous vous essuyez les pieds sur nous ? Elle est belle, l’Internationale.

  2. Révoltant camarade !

    dONNEZ NOUQ JORGE LUCAS pour l’intérêt général et de sa carrière en particulier.

    Un match que vous us écrasés avec Zlatan Ibrahiméplulatovitch !

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