Laval 1-2 Bordeaux: La Scapulaire Académie obtient tout juste la Mayenne

0

« Là où il y a de la gêne il n’y a pas de plaisir »

Mais ça fait toujours trois points de pris…

Un dernier Tango

C’était jour de fête à Laval. Le genre de jour où on sort les sets de table et les ronds de serviettes, le jour où on met son costume habituellement réservé au dimanche. Monsieur rentre sa chemise dans le pantalon et Madame se fait une beauté. Et oui Mesdames et Messieurs les grands Girondins de Bordeaux se déplacent en ce jour en Mayenne. Loin de nous l’envie de se moquer de ce bout de territoire placé entre la Normandie et la Bretagne, entre le camembert et l’huître de cancale. Laval est une petite ville de province ordinaire. On y admire les peinture du Douanier Rousseau, la fierté locale bien qu’il ne soit pas précisément un douanier et qu’on doute qu’il soit réellement un peintre.

On se demande un peu s’il a vraiment compris les règles

Après la seconde guerre mondiale, le nom de Laval se voit associer à l’infâme Pierre qui n’est pourtant pas du tout Mayennais. C’est quand même pas de bol d’être associé à la pire pourriture française du vingtième siècle alors que Laval se classe quand même cent-cinquante-septième ville de France où il fait le plus bon vivre et pourtant personne ne le dit. Si c’est pas un coup des francs maçons ça, qu’est ce donc ?

C’est joli la campagne

Alors oui, on se moque un peu. C’est facile et lâche car personne ne viendra jamais se plaindre. Il existe, malgré tout, bel et bien des supporters locaux. On les reconnaît même d’un seul coup d’œil. Le supporter tango est le seul, avec les groupies de François Bayrou, à s’habiller en orange en toute circonstance et de son plein gré. Ils partagent d’ailleurs avec le MoDem le goût du centre et la joie de l’anonymat. Dans les travées du vieux stade Francis Le Basseur, les supporters tango sont toujours là, fidèles au poste et bruyant. Ils ont bien du courage. Laval a longtemps symbolisé le club de Ligue 2 par excellence, celui qui ne monte jamais et celui dont on devinait le maintien avant même le début de saison. Il fut pourtant bien plus que cela. En 1983, Laval disputait la coupe UEFA. C’était alors l’apogée du club, la légende que l’on se raconte génération après génération. Le Dynamo Kiev, un grand d’Europe, doit même baisser pavillon. Si nous nous moquons gentiment de cette gentille bourgade mayennaise, il faut rappeler, le plus sérieusement du monde, qu’il s’agit probablement d’une place forte de la formation française dans les années 80/90. Un club qui résonne forcément pour les jeunes amateurs de football des années fluo. Le maillot Lactel, cette couleur (un peu moche mais qu’on distingue facilement) Michel le Milinaire (on a jamais eu la preuve qu’il le fut réellement), Delamontagne (sans cheval), Carteron, Francky Leboeuf ou encore Jean Luc Dogon et on en oublie, ils sont nombreux à être venu se perdre sur les bords de la Mayenne.

Au panthéon local

Petit à petit, inéluctablement et inexorablement, le Stade Lavallois a perdu de sa renommée et même de son prestige régional. Ils réussiront bien, quelques coups d’éclats mais ça ressemble plus au dernier souffle du condamné qu’à autre chose. D’ailleurs, ils finiront par l’être, plombé dans le championnat de National 1. La saison passée, le Stade a enfin renoué avec la victoire et la montée en Ligue 2 s’est traduit logiquement par un engouement populaire. La réception des Girondins est accueillie comme événement, comme le retour des Tango dans l’actualité. Le stade est plein comme un œuf. Y’a de l’orange de partout. À chaque action de ses favoris, les supporters locaux tapent frénétiquement sur les panneaux publicitaires en métal. Ça fait un bruit assourdissant. Ça fait bling bling blong sur les panneaux Leclerc ou Optique 2000. Ils ont connu le National et le maintien avant de remonter cette année dans leur division fétiche, ils sont remontés comme jamais. Après deux revers et un nul à domicile, Laval se devait de réagir.

Le Match

Après quelques minutes de jeu, c’est la douche froide en Mayenne. Josh Maja reprend un corner au point de péno. Masqué, Alexis Sauvage ne peut rien faire. Mené rapidement au score, les Lavallois ne se sont pas pour autant découragés. Le match tombe alors dans un rythme un peu bizarre. Les Girondins semblent pouvoir faire le break à tout instant mais sur chaque contre ou presque, les hommes de Frapoli se montrent dangereux.

Le vrai résumé

La sortie de Bokele et plus précisément l’entrée de Clément Michelin changera le cours du match. Le pauvre Michelin s’était visiblement trompé de Gomme, il survirait sur chaque ballon, il manquait cruellement de rythme. Il rate son dégagement sur l’égalisation et oublie son attaquant dans son dos. Et c’est pas fini, à la dernière seconde du temps additionnel, il provoque un péno que seul le corps arbitral ne verra pas. Entre temps, les bordelais avaient repris l’avantage. Après un rush latéral dans les six mètres mayennais, Davitashvili sert Elis. Le Hondurien fusille le pauvre Sauvage. les Girondins s’imposent sans la manière et avec l’aide des petits hommes en noir. Logiquement avec un arbitre de touche un peu poil plus concentré, un central un peu moins aveugle ou tout simplement l’existence de la VAR, les Girondins ne repartaient pas avec la victoire lundi soir. Les Lavallois ont dominé et bousculé les leaders. Il faut bien le reconnaître c’est un petit miracle. Mais une saison comporte souvent ce genre de match un peu dégueulasse mais nécessaire pour assurer une montée.

Les Notes

Poussin 3/5

Au final, il a eu très peu de ballons à négocier. Il ne peut rien faire sur le but et l’arbitre le prive de devenir le sauveur en arrêtant le péno à la dernière seconde. Pour compenser, on lui donne un généreux 3.

Bokele 3/5

Match très sérieux de Bokele, impérial en défense et capable de relancer proprement remplacé par Michelin qui fit exactement l’inverse. Comme nous ne tirons par sur les ambulances, pas la peine de noter sa prestation. On va plutôt l’oublier, ça sera mieux pour tout le monde.

Dans les deux cas, c’est loupé pour Clement

Gregersen et Barbet 4/5

Les bûcherons, solides sur l’homme, ils laissent parfois un peu trop d’espace à leurs adversaires juste pour pouvoir jouer aux sauveurs.

N’Simba 2/5

Pour sa défense, il jouait sur le coté de Badji

Fraudsergio 2/5

Notre mascotte a tenté une belle frappe. Plutôt à l’aise dans la construction, il est tout de suite en difficulté quand il s’agit de courir. Il n’a pas su gérer le rythme de l’équipe quand elle était en difficulté. Ça ne surprendra personne.

Ignatenko 2/5

Un match assez habituel pour Danylo. Il a mis des boites, il a gueulé, il a raté des passes, il a pris son jaune. Un match complet

Sissokho 3/5

Il est le seul véritable joueur de foot de ce milieu et ça se voit. Cramé, il est remplacé à la 88e par Delaurier Chaubet

Davitashvili 3/5

Le nouveau chouchou des supporters s’est montré une nouvelle fois décisif. Faut dire qu’il n’arrête pas le géorgien. Fatigué, il est remplacé pour les dix dernières minutes par Depussay qui soigne toujours ses entrées par des prestations convaincantes.

Badji 1/5

Pour résumer le match de Badji, il faut imaginer un éléphant bourré dans un magasin de porcelaine. On sent qu’il veut bien faire, mais la volonté a ses limites. Il est remplacé par Elis à la 63e. Le Hondurien inscrit le but de la victoire, on ne lui en demandait pas plus, ça tombe bien, il nous a pas donné plus.

Maja 3/5

Parfois agaçant mais tellement précieux, on ne voit pas comment mieux définir la prestation de l’ancienne star de Netflix. Son jeu tout en remise et en déviation est un régal. Mais s’il est capable d’accélérer le jeu et de créer le décalage comme personne dans l’effectif de David Guion, il est aussi coupable de ne pas être suffisamment efficace dans le dernier geste et d’oublier parfois ses partenaires. Remplacé dans les dernières minutes par Mwanga pour assurer le résultat

Les autres

On surveillera de prés les performances de Kader N’chobi et de Julien Maggiotti qui nous ont impressionné. On félicitera également Monsieur Perreau Niel et ses assistants pour l’ensemble de leur match.

On se retrouve tout bientôt pour une académie contre nos anciens compagnons de galère de la saison passée, le FC Metz. En attendant, venez donc tailler le bout de gras avec la scapulaire académie sur twitter, on a toujours des conneries à raconter.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.