Toulouse FC – FC Girondins de Bordeaux (1-3): La Viola Académie n’oubliera pas Brice mais très certainement ce match…

Le TFC reçoit les Girondins de Bordeaux dans un derby à la saveur particulière: 10 ans après, le Stadium s’est rempli pour commémorer la disparition de Brice Taton. Les Indians ont vu les choses en grand: marche à travers la ville, tifo immense et virage plein à craquer. La chose est entendue, Brice on ne t’oubliera jamais.

Sur le terrain, les Violets se doivent de montrer un autre visage que celui entrevu à Saint-Symphorien. Certes, on était revenu de la Moselle avec un point mais quelle pauvreté dans le jeu… Et c’est un derby. Donc, on met de côté la Ligue 1 et toute considération numérique, l’enjeu est la suprématie territoriale. La Garonne doit rester Viola. 


Onze hommes en violet

Aucune surprise dans la composition de Casa. En défense, on continue de jongler entre les blessures et les suspensions. Sylla est toujours en place, nous sommes à peine surpris… Makengo, faute de mieux ou d’autres idées tactiques, est lui aussi reconduit. Devant, la rotation se poursuit: Saïd et Koulouris ont marqué et apporté lors de leurs entrées samedi dernier, ils sont donc alignés en lieu et place de Dossevi et Leya Iseka.


Le mâche

Le tifo géant des Indians, recouvrant tout le virage est, est à peine retiré que Bordeaux ouvre déjà le score… 0-1. Première action, première minute, Sylla laisse partir dans son dos De Préville qui ne se fait pas prier et fusille Reynet. Comme un air de déjà-vu? Les Toulousains sont KO debout. Ils engagent, donnent la balle en retrait pour personne… C’est déjà panique à bord. Pourtant le kop pousse toujours, il sera irréprochable durant cette inqualifiable première période. 

Les Violets essayent de mettre progressivement le pied sur le ballon. Les relances sont toujours un supplice… Kamano arrêté, dépose Sylla d’un coup de rein fulgurant puis obtient un coup-franc très bien placé. La frappe déviée de De Préville finit sur l’équerre. BON, ça fait à peine dix minutes qu’on joue, il serait temps de se bouger. Oui surtout toi JVM, on te voit errer au milieu du terrain. 

Il faut attendre la fin du premier quart d’heure pour voir la première frappe du Tef, par Saïd. Hors cadre. Si ça c’est notable, ça pue… Dans la foulée, De Préville, encore lui, dépose un coup-franc au premier poteau pour Pablo, qui n’a plus qu’à pousser au fond… 0-2. Affligeant. On oscille entre le ridicule et le grotesque. 

De Preville centre au premier poteau, Briand est dégommé par Amian avant d’avoir pu toucher la balle… Le TFC utilise son joker VAR habituel et évite quelques problèmes en plus… Vainqueur essaye de réveiller ses coéquipiers mais surtout les spectateurs placés derrière le but de Costil, d’une frappe lointaine qui s’envole… Malheur à celui qui s’endort.

La suite? De Preville, toujours, qui bute à angle fermé sur Reynet. Il revient vraiment de blessure lui? Ca commence à balancer loin devant, les violets sont perdus. Reynet doit aussi s’employer hors de sa surface: il intercepte un ballon en profondeur, relance et en profite pour haranguer la foule. Mon pauvre Baptiste, on compatit pour toi. Les cinq dernières minutes sont semblables à une corrida: les Bordelais font tranquillement circuler la balle devant des Toulousains, têtes baissés, totalement dépassés…

Bilan de cette première période? 29% de possession de balle, zéro tir cadré et beaucoup de patience pour des Indians exemplaires, qui auront chanté leur équipe durant 45 très longues premières minutes. Bon les Toulousains rentrent quand même au vestiaire sous une pluie de sifflets mais faut nous comprendre, c’est bon pour nos nerfs…


Mi-temps ou plutôt petit point “Mcdonalds-maxi-best-of-big-mac-on-est-gentil-maintenant-on-est-en-vert-challenge©

On a essayé de se servir de cet petit entracte toujours sympathique pour retrouver le sourire mais rien n’y fait, on y arrive pas… On a tout de même une pensée émue pour nos pauvres petits jaunes qui, à l’image des grands violets, ont pris une belle fessée.

Et sérieux ce jingle… Plus insupportable qu’une conférence d’après match de Casa…


Pour mieux débuter le second acte qu’on a fini (joué) le premier, Alain tente un coup: il sort Casper Makengo et fait rentrer le grand Yaya, décisif à Metz. Le TFC passe en 442, un première sur une si longue durée cette année. Par contre, on t’a grillé Alain: tu es clairement en train de pomper sur la copie de ton voisin là. Et quoi de mieux pour se mettre en confiance qu’une nouvelle absence post-engagement d’Issiaga? On voit pas. Heureusement Reynet a encore la patience de rattrapé les erreurs de ses coéquipiers. 

Le TFC “semble” plus entreprenant. Gradel trouve Saïd seul au second poteau mais l’ancien dijonnais se rate… Toulouse continue de pousser, mais à la suite d’un coup franc mal négocié par les violets, Hwang mystifie Reynet d’un superbe enroulé. 0-3 avant l’heure de jeu… C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase: les Indians craquent et tout le monde va en prendre pour son grade. Les premiers “Casa démission” descendent du kop puis c’est Soucasse qui est appelé à se trouver un autre club. 

Sur le terrain, les joueurs sont perdus. Hwang, insaisissable, comme tout le quatuor offensif bordelais ce soir, butte sur Reynet après une nouvelle perte de balle ahurissante de la défense violette. Et puis Koulouris. Une éclaircie dans la tempête toulousaine… Le Grec réduit le score à l’heure de jeu, sur une frappe sèche, ras de terre, à l’entrée de la surface. Tout seul, sur le premier tir cadré de son équipe, il fait rugir le Stadium. Déjà son quatrième but de la saison. 

Comme souvent, ça part en hourra-football: Gradel enchaîne les centres et invective ses coéquipiers, Yaya effectue un pressing tout terrain à faire pâlir Jurgen Klopp, Vainqueur est omniprésent… C’est encore le capitaine toulousain, qui manque de ramener ses protégés à une longueur des Bordelais: sur un contre, il feinte logiquement la passe pour Sylla et envoie, depuis l’entrée de la surface, une lourde frappe qui s’écrase sur la barre de Costil. 

On va entrer dans les dix dernières minutes de jeu et Casa sent qu’il doit insuffler un second souffle à ses troupes. C’est encore, et assez bizarrement, Vainqueur qui en fait les frais. On passe en 442 losange avec Dossevi couloir droit, Saïd en 10 et Gradel à gauche. Ibra se retrouve seul devant la défense. On a donc sous les yeux une équipe du TFC avec 5 joueurs offensifs + Sangaré. On n’est pas forcément habitué à ça nous. Mais bon, on ne peut que gagner avec autant d’attaquants non? Sauf quand on a la carte Sylla, qui annule tout. Le Guinéen continue son spécifique “une touche de balle” et envoie un énième centre sans contrôle en tribune. En pivotant.

La fin du match est sans surprise: les Toulousains poussent de plus en plus, Bordeaux semble gérer le match depuis le troisième but. Gradel sur un nouveau raid en solitaire et Ibra de près n’arrivent pas à faire vaciller la défense girondine, qui lorsqu’elle semble enfin battu, sur l’un des derniers ballons du match, est supplée par l’infatigable Sylla… 


L’important, ce n’est pas que les 3 points

Que dire… Tactiquement Alain et son staff ont pris une fessée. Une de plus. Si elles pouvaient au moins servir… Surement la pire première période de ce début de saison et on ne va pas chercher plus loin dans nos mémoires pour ne pas être trop désobligeant. Toujours un peu les mêmes problèmes: le milieu, la relance, Sylla… Mais en pire et tout en même temps. On est vraiment sûr de l’envie de jouer de certains? On est vraiment sûr des capacités de gestion d’autres? Il y a beaucoup d’incertitudes autour de cette équipe… Il serait temps de remettre en question la sphère décisionnaire et dirigeante. Casa ne doit pas être le seul inculpé. Soucasse?

Bordeaux est venu au Stadium, à l’extérieur, chez un petit certes mais avec des ambitions de jeu très louables. Un quatuor offensif, sans réel meneur de jeu mais polyvalent et dynamique. Ce qui a donné des idées à Casa à la mi-temps d’ailleurs. Le 442 serait-il la solution à notre problème du troisième milieu fantôme? C’est une solution qu’il aurait fallu tester en préparation…

Enfin, l’hommage des Indians à Brice était magnifique. L’hommage des joueurs et du club un peu moins. On aurait préféré moins de marketing (maillot noir, floqué “Brice”) mais plus d’envie et de motivation…


On tranche, on juge, on condamne… Avec amour et neutralité

Baptiste Reynet 3/5: Les matchs se suivent et se ressemblent: il fait le job mais ne peut pas faire de miracle à chaque erreur de sa défense. 

Steven Moreira 2/5: Intéressant offensivement. Mais a pris l’eau en défense, à l’image de ses copains. 

Kelvin Amian 2/5: Dépassé par les évènements… 

Nicolas Isimat-Mirin 2/5: Plus fébrile qu’à l’habitude, il n’a été aidé. Le capitaine sombre avec son bateau. 

Mathieu Goncalves -/5: Peu en vue, mais a réussi à faire moins d’erreur que Sylla. 

Willy Vainqueur 3/5: Encore une fois, le meilleur Toulousain ce soir. Le borgne au pays des aveugles… De l’activité, de l’envie, beaucoup de courses mais fait partie du naufrage en première période. Remplacé par Matthieu Dossevi (78e minute) pour tenter le tout pour le tout…

Ibra Sangaré 1/5: On ne se souvient pas vraiment de ses erreurs, mais on ne se souvient pas non plus de ses bons coups et ça c’est plus préjudiciable… N’a pas eu pied de tout le match.

Vivi Makengo 1/5: Deux bonnes accélérations: l’une pour déborder côté gauche, l’autre rentrer en premier au vestiaire. Il est le symbole de l’humiliation tactique reçu en première période par Casa. Remplacé par Yaya Sanogo (45e minute) qui, d’après nos informations, a suivi Koscielny jusqu’en Gironde.

Wesley Saïd 2/5: Quelques fulgurances mais on attend toujours un match complet de sa part, un match de patron. 

Maxalin Gradel 2/5: Capitaine, il est censé tenir la barre pendant la tempête, apporter de la sérénité et garder la tête froide. Il s’est parfois entêté à vouloir sauver l’équipe tout seul… 

Efthymios Koulouris 3/5: Un beau but, une envie de mouiller le maillot… On va retenir le positif. Remplacé par Aaron Leya Iseka (87e minute) qui n’a pas vraiment eu le temps de se mettre en valeur.

Alain a les fesses rouges 1/5: Bien planté dans son carré, les bras croisés sur son costard, il a pris une leçon tactique en première période. Sousa n’a jugé nécessaire d’enfoncer le clou en seconde…

Après un tel match, les avis sur coach Casa commencent à diverger. Il y a les tempérés qui préfèrent attendre la fin de l’année pour se prononcer et les plus vindicatifs qui demandent sa tête (depuis le début de saison déjà…). Ces derniers, soutenus par une partie de la Viola Académie, nous ont demandé de relayer un message pour notre bon président:


Mon cher Olivier Sadran

Je vous fais une lettre

Que vous lirez peut-être

Si vous avez le temps.

Je viens de recevoir

Mes papiers d’abonnement 

Pour venir entonner nos chants

Ce samedi soir.

Mon cher Président

Je ne veux plus le faire

Je ne suis pas sur terre

Pour subir ces tristes moments.

C’est pas pour vous fâcher,

Il faut que je vous dise,

Ma décision est prise,

Alain doit s’en aller.


Allez on file, on se retrouve dans deux semaines et encore une fois au Stadium!

LaGaronneEstViola

2 commentaires

  1. Donc, du coup la Garonne est à nous? Suivant où l’on se trouve sur le fleuve, on aura différemment apprécié la première période (qui fut de haute volée). Vous semblez être quelqu’un de bien, j’éprouve presque de la honte à me réjouir de votre malheur. Presque. Bienvenue sur Horsjeu, au fait. Vous faites du bon boulot.

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