Toulouse FC – Lille OSC (2-1): La Viola Académie souhaite la bienvenue à Casque d’or!

Deux semaines après la branlée bordelaise, les Violets retrouvent le Stadium et doivent se faire pardonner. Pour les aider, Casa a (enfin) cédé sa place à un habitué des bancs de Ligue 1: Antoine Kombouaré. Pompier de service ou nouveau prophète toulousain? En tout cas, le Kanak a mis, dès ses premiers mots, la pression sur ses joueurs: il n’est pas venu pour faire de la figuration. Rejoindra-t-il Arribagé et Debève au palmarès des grands coachs du TFC qui ont brillé dès leur premier match en violet ? Beaucoup d’attentes donc pour ses débuts contre de très sérieux Lillois. 


Onze hommes en violet

Même si c’est plus dans l’attitude et l’état d’esprit qu’un changement est attendu, la première compo de Kombouaré est scrutée de près. En défense, pas de grand chamboulement et pour cause: Moreira, annoncé incertain, prend place sur le banc tandis que Shoji et Rogel profitent toujours des petits fours en loge. Diakité retrouve le onze après avoir purgé ses trois matchs de suspension. C’est un beau signe de confiance pour notre pitchoun, qui est l’une des satisfactions de ce début de saison. Il y retrouvera Sylla, toujours titulaire: sérieux Antoine…

Pour le reste, 4-4-2 ou 4-2-3-1? À voir. En tout cas, Kombouaré a tranché: fin de l’inefficace milieu à trois, la paire Vainqueur-Sangaré s’installe derrière le quatuor Dossevi-Koulouris-Gradel-Saïd. Sur le papier, Kombouaré semble avoir repéré l’un des principaux problèmes du TFC: l’animation du milieu. Pour un mec qui n’a pas regardé un match depuis la reprise… Maintenant, le plus important n’est pas visible sur la composition, voyons comment le Kanak a prévu de faire jouer tout cela!


Le mâche

Premier changement notable depuis le départ de Casa: le costard. Exit le combo costard marine-chemise marron, bonjour le costard noir avec sa chemise blanche. Indémodable. Rien qu’avec ça, on se déjà sent mieux.

Au vu des premières minutes, Gradel se positionne dans l’axe, au côté de Koulouris. Saïd récupère donc le couloir gauche. 4-4-2, simple et efficace: on approuve. 

Les Toulousains débutent bien le match, on sent de l’envie et une volonté de rester haut: même Amian se met à déborder. C’est déjà l’effet Kombouaré ça non? Passé les plaisanteries, Isimat-Mirin reste au sol suite à un contact et tout le Stadium tremble déjà: annonciateur d’une première période animée. 

Les Lillois ont du mal à rentrer dans le match, à peine dix minutes de jeu et Dossevi, par deux fois, manque d’ouvrir le score sur un bon débordement de Saïd. Sur le corner qui suit, Maignan sauve la baraque (à frite) lilloise devant Isimat-Mirin. Puis c’est Ibra qui s’illustre d’une frappe un peu molle. Du rythme, des courses et ben… On n’était pas prêt nous.  

Malheureusement le Tef est coupé dans sa dynamique: sur un bon retour défensif, la cheville de Saïd semble tourner. L’ailier violet doit céder sa place à Yaya Sanogo, à peine le quart d’heure de jeu atteint… On conserve tout de même notre 4-4-2: Gradel reprend son couloir gauche, Yaya vient épauler Koukou.

Ce premier changement entraîne un petit coup de mou toulousain, les Lillois posent le pied sur le ballon et commencent à se montrer menaçant. C’est le moment choisi par les Indians pour rappeler à notre cher Président que le départ de Casa c’est bien, mais le départ de Casa ET Soucasse ça serait encore mieux. Les chants + les banderoles sur le périph: le message est passé les gars, on y croit!

Le match rentre dans un faux rythme, rarement favorable aux Toulousains ces dernières semaines. Ça ronronne, ça attend… Reynet relâche même un ballon sur une sortie au devant d’Osimhen, on va prendre ça pour un petit hommage à nos amis rugbymen…

Osimhen se montre de plus en plus entreprenant et oblige Diakité a intervenir avec autorité mais sans souplesse: il se tient les ischio-jambiers, rarement bon signe… 25e minute de jeu et Kombouaré est obligé d’effectuer déjà son deuxième changement. Moreira, incertain au début du match, reste sur le banc, c’est le jeune Goncalves qui supplée Diakité. Goncalves, souvent réclamé par les supporters toulousains, en lieu et place de Sylla, joue son deuxième match en violet. Le premier, c’était au Parc, dans une défense à 3 et une équipe sans ambition… N’en parlons plus. En tout cas, il remplace Diakité poste pour poste. Cette entrée rappelle justement à Sylla que la concurrence commence à pousser derrière, il se sent donc obligé de marquer ce match de son empreinte: Gradel lui envoie la balle pour qu’il fasse la touche, il panique et tape en touche. Touche lilloise, chapeau l’artiste.

On a à peine le temps de se remettre de ce nouveau Sylla moment que Yaya décide de lui volée la vedette d’un magnifique ciseau retourné au ralenti qui vient s’écraser sur le poteau d’un Mike Maignan médusé. Qu’est ce que c’est que ce match encore?

A signaler que dans le virage Brice Taton, c’est un peu la confusion suite à une intervention policière entraînant une coupure de la sono des Indians pour le reste du match. Difficile de comprendre ce qu’il s’est passé, mais ce n’est pas ce genre d’événement qui va renforcer la ferveur du Stadium…

La fin de la première période est compliquée, l’équipe se coupe en deux. Dossevi répond à Osimhen, ça part un peu dans tous les sens. Les Lillois poussent mais se sont bien les Toulousains qui auront les deux dernières actions. D’abord par l’intermédiaire de captain Gradel, qui enchaîne récupération haute-contre éclair pour finir par une lourde frappe sur la barre. Puis Vainqueur, qui vient au secours d’un Sangaré perdu dans ses dribbles et expédie une frappe, flirtant encore avec la barre transversale. Mi-temps. 


Très bonne première période des Violets. Quelques coups de moins bien, une possession inférieure aux Lillois mais du rythme, une envie retrouvée et des occasions. Neuf tirs, cinq occases assez nettes, trois montants touchés… Et surtout zéro tir cadré en face. Les Toulousains font le job pour l’instant, il va falloir se montrer plus tueur en seconde période pour éviter tout réveil lillois. À noter tout de même avec l’entrée de Goncalves en défense centrale, l’apparition de la sixième charnière différente du TFC cette saison. Six en neuf matchs joués à quatre derrière. Heureusement que Sylla est là pour apporter un peu de stabilité dans tout cela…


Les Toulousains reprennent le match sur les chapeaux de roue: les centres pleuvent, Dossevi est dans un grand soir, Koulouris a plus de mal à la finition. Mais n’enterrons pas les Lillois pour autant. Reynet, toujours attentif, s’emploie devant Araujo suite à une perte de balle très douteuse de Sangaré… Ibra se prend un soufflon, la balle est déjà reparti de l’autre côté. Corner frappé par Dossevi, renvoyé sur Vainqueur, qui décale à nouveau le passeur toulousain. Dans un fauteuil, le Togolais dépose un amour de centre sur la tête de Sanogo. Tête croisée imparable, 1-0. 55e minute, le Stadium explose. En seulement trois bout de match, l’ex attaquant d’Arsenal facture déjà une passe dé et un but ultra décisifs. 

Ce but semble libérer les Toulousains, à l’image de Sangaré, grossièrement fautif quelques instants avant mais qui s’impose de plus en plus au coeur du jeu. Goncalves aussi, timoré depuis son entrée, prend ses marques et effectue un superbe enchaînement interception + relance pour lancer le contre. Dossevi pour Gradel, qui centre et réclame une main. Quasiment toute l’équipe violette s’arrête de jouer pour réclamer un pied de Main euh… une main de Pied pardon. Les Lillois en profite et Araujo touche le poteau. On se croirait en poussin: L’ARBITRE N’A PAS SIFFLÉ, VAR OU PAS ON JOUE. Tout ce bon début de match aurait pu être annihilé par une stupide déconcentration collective, déprimant… Bon au final VAR, ils avaient peut-être pas tort mais quand même… Pied dévie bien de la main, pénalty. Gradel s’élance, 2-0.

Depuis l’arrivée de la VAR, les instants suivant une action litigieuse tournent parfois au ridicule: tout le monde se regarde et attend que la sanction VAR tombe. Ou pas. Horrible épée de damoclès. Mais depuis le début de saison, la VAR est plutôt favorable au Tef et ce match ne fera pas exception: Isimat-Mirin commet une main très discutable puis un corner est oublié aux Lillois: l’instant VARsympathique du TFC.

Les Lillois semblent résignés: ils ont la possession mais n’en font rien de bien productif (coucou les Belges). Pied prend définitivement l’avantage dans son duel direct l’opposant à Sylla en commettant une seconde main dans la surface, sur un centre de Dossevi… VAR, pénalty… On est presque mal à l’aise pour lui. Gradel vs Maignan, deuxième. Maxalin nous sort l’un des pénalty les plus foirés de sa carrière: qu’est-ce que c’est que ce péno course plein axe + saut de cabri? Au moins, ça nous évite de chercher dans nos archives la dernière victoire toulousaine par trois buts d’écart… On croit se diriger vers une fin de match tranquille, on fait même entrer Vivi à la place de Koukou mais au bout du temps additionnel, Fonte, laissé tout seul à la réception d’un coup franc, plombe (un peu) le bon match des hommes de Kombouaré. Sérieux jusqu’au bout les gars… Sur cette dernière approximation, Stéphanie Frappart, arbitre du match, renvoie tout le monde aux vestiaires et après une performance sans accroc, relance le débat sur l’égalité des sexes: on peut avoir des arbitres homme aussi bons? 


L’important, ce n’est pas que les 3 points

Beaucoup de choses à dire après deux semaines assez animées dans la ville rose! Commençons par le coach. Réclamé de longue date, le départ de Casa semblait inévitable après le match face à Bordeaux. Comptablement et tactiquement, le TFC était au plus mal, il fallait réagir. Après quelques jours de tractation, c’est Antoine Kombouaré qui a été choisi. Pas forcément le choix le plus souhaité par les supporters mais pas le choix le plus rejeté non plus. Ces dernières années, il s’est transformé en pompier de service, avec plus ou moins de réussite. On a oublié le Kombouaré bâtisseur de Strasbourg, Valenciennes et même Paris. On reste sur les à priori de ses passages à Guingamp et Dijon. Lequel des deux a signé au TFC? Difficile à dire… Il a paraphé un contrat de deux ans, avec un salaire conséquent, il faut donc espérer que Sadran voit en lui un leader d’un projet à moyen voire long terme et non pas un choix par défaut de dernière minute. Clairement la maxime “prendre les matchs les uns après les autres” n’a jamais semblé aussi vraie: rendez-vous en juin Antoine!

Après le coach, on peut se questionner sur la direction. Le départ de Casa a été suivi du départ de ses adjoints et d’un reclassement d’Issou Dao. Pour le reste, l’organigramme de l’exécutif toulousain n’a pas changé. Quid de Sirieix, Arribagé et Soucasse? Pour ne citer qu’eux. L’arrivée de Cetto en directeur sportif, c’est une idée définitivement oubliée? La encore, on navigue à vue. Et les Indians l’ont bien fait comprendre ce soir encore: le départ de Casa est préférable pour tous mais il ne cristallisait pas tous les problèmes du TFC. D’ailleurs, le départ de Soucasse était bien plus souvent réclamé que celui du coach franco-espagnol (Oui oui, binational, c’est marqué sur wikipédia donc c’est vrai). Un petit pas en avant pour le TFC durant ce mois d’octobre, espérons que ce début de grand nettoyage ne s’arrêtera pas là, même si les résultats s’améliorent: vision à long terme les gars.

Dans le jeu, il est difficile de dire s’il y a un réel effet Kombouaré. Surtout après un match. Est-ce le jeu simple prôné par casque d’or, des Lillois cramés qui pensaient plus à leur match de C1 de milieu de semaine ou une envie de se montrer de la part des Toulousains? Peut-être les trois. Il semble tout de même, au vu de leur performance, que certains joueurs du TFC avaient lâché Casa ces dernières semaines… 

L’animation de jeu mise en place par Kombouaré tranche avec les ambitions de possession de Casa. D’ailleurs histoire d’acter définitivement la passation entre les deux hommes, on a commencé le match en balançant devant: les relances courtes et les petites redoublés, ce n’est plus pour nous. Kombouaré veut des joueurs impliqués, un jeu direct et une générosité totale dans l’effort. “Mettre des tampons et se faire respecter”, un petit côté british. Fini les 6m joués court, les sorties de balle en passe… Non pas que ce soit interdit, mais ce n’est plus une obligation stricte, comme le voulait Casa. C’est la fin des dogmes que l’on s’était imposé et qui était sûrement bien trop ambitieux pour nous. Du moins, trop compliqué à mettre en place un an à peine. On ne construit pas une Masia comme ça. Au lieu d’adapter ses joueurs à sa tactique, Kombouaré fait l’inverse: il s’adapte aux joueurs qu’il a. C’est plutôt une technique de pompier, mais ça permet de construire sur des bases plus solides. Sangaré est l’exemple parfait de ce revirement: repositionner plus bas, on va jouer sur ses points forts plutôt que de le forcer à rentrer dans un moule. Espérons ainsi retrouver le grand Ibra.

Les joueurs justement. On l’a dit, Sangaré semble avoir retrouvé de sa superbe face au LOSC. Il gagnerait encore à épurer son jeu, en prenant exemple sur Vainqueur: simple mais très souvent juste. Le 4-4-2 de Kombouaré nous a aussi permis de voir évoluer ensemble les quatre fantastiques toulousains: Dossevi-Gradel-Koulouris-Said. Treize minutes. C’est bien dommage car l’association paraissait prometteuse. Hormis Koulouris, un cran en dessous ce soir, l’attaque violette a produit un match intéressant. Le positionnement dans l’axe de Gradel est aussi une possibilité à travailler. Meilleur joueur ses dernières saisons, il n’a que très peu joué si proche du but. Là encore, la blessure de Saïd a mis un terme prématurée à l’expérience. À revoir! La blessure de Diakité est aussi à déplorer… Tout juste revenu de suspension, il semble out pour quelques matchs… Espérons que cela n’influe pas sur sa belle ascension.

En conclusion, gagner contre un gros du championnat, quelque soit son état physique et mental, avec deux blessures lors des quarante-cinq premières minutes et sans une grande réussite est une belle performance. Bien souvent, on perd ce genre de match. Ce sont trois très bons points à prendre, vu le calendrier à venir…


On tranche, on juge, on condamne… Avec amour et neutralité


Baptiste Reynet 3/5: Comme toujours, il a fait le job. Des parades à des moments décisifs, sur les quelques actions lilloises. Ne peut rien sur le but en fin de match, c’est rageant car il méritait son troisième clean sheet en cinq matchs au Stadium.

Kelvin Amian 2/5: Entreprenant offensivement lors des premières minutes. Est-ce l’arrivée de Kombouaré ou la prise de conscience de la concurrence grandissante de Moreira qui a fait monter en température notre petit Kelvin? À voir, par contre ça serait bien de maintenir ce rythme sur tout un match.

Bafodé Diakité Non noté/5: Bon début de match de Bafo qui se blesse sur une belle intervention défensive, quel dommage… Remplacé par Mathieu Goncalves (26e minute 3/5) qui a été bien plus tranquille ce soir que l’on de son dernier match en pro. Un peu brouillon mais de l’expérience bonne à prendre avant de très vite s’installer sur le flanc gauche de la défense violette: il est notre seul espoir de déloger Sylla.

Nicolas Isimat-Mirin 4/5: Patron. Il est passé d’un pitchoun à l’autre. À ce rythme là, il va finir par prendre tout le centre de formation sous son aile.

Issiaga Sylla 4*/5: Non pas pour sa performance mais comme le nombre de coachs du TFC qui l’ont un jour titularisé: Casa, Dupraz, Debève et maintenant Kombouaré. Effrayant… 

Willy Vainqueur 4/5: Sobre et efficace, comme notre commentaire.

Ibra Sangaré 3/5: Retour du grand Ibra. Positionné plus bas, il redevient la rampe de lancement du jeu toulousain, comme l’an passé. Encore un peu brouillon et toujours aussi croqueur, il a eu du déchet mais un impact plus important sur le match. En bonne voie.

Matthieu Dossevi 4/5: Très bon match du vice capitaine. Infatigable animateur dans son couloir, il a rendu une copie à faire pâlir Dani Alves. Un de ses meilleurs matchs en violet.

Wesley Saïd Non noté/5: Auteur d’un bon début de match, comme pour Diakité, sa sortie prématurée n’a pas été préjudiciable pour ce match mais plus dommageable à long terme. Remplacé par Yaya Sanogo (13e minute – 4/5). En 6 lettres: Yaya, surface, ballon. Vous ne l’avez pas? C’est pas faute de vous l’avoir répété: DANGER.

Maxalin Gradel 3/5: Bon match du capitaine. D’abord dans l’axe puis sur son côté gauche. Malgré un pénalty magnifiquement foiré et encore quelques actions trop individuelles, on commence à retrouver le Gradel des saisons passées qui semblait s’être essoufflé en ce début de saison. 

Efthymios Koulouris 2/5: Match compliqué pour le Grec, qui n’a pas eu beaucoup de bons ballons à se mettre sous la dent. Quelques cafouillages vendangés, mais ce n’est pas bien grave, ce soir nous n’avions pas besoin de ses coups de renard. Qu’il les garde pour plus tard, remplacé par Vivi Makengo (88e minute) histoire de gagner du temps et d’injecter un peu de sang neuf.

Antoine le sauveur 4/5: Bon premier match de Kombouaré qui semble avoir trouvé les mots pour remobiliser le groupe. À voir sur la durée évidemment, mais son jeu simple et offensif peut réveiller le Stadium.



Allez on file, on se retrouve samedi prochain au Roazhon Park!

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