Bon appétit Pelé : Marie-Paule confédère

(Episode 4/32) Après avoir excité nos papilles tout au long de la Coupe du Monde 2014, Parie-Maule revient munie d’un défi de taille : vous proposer une recette par jour, une pour chaque pays qualifié. Aujourd’hui, double-plat dans les alpages.

Hé comment ça va les copaings. Vous avec l’estomac bien chaud là ? Tant mieux, parce que je vais rien vous cacher, là j’ai eu un cas de conscience. Bon, je m’en doutais, sur les 32 équipes, il devait forcément y avoir une gastronomie trop exotique, impossible à adapter chez nous. Hébé faut pas se voiler la face, aujourd’hui c’est le jour : on va devoir s’intéresser à la Suisse. Parce que j’en connais des Suisses, même des qui parlent français, hein, on pourrait dire qu’y sont presque comme nous, mais hé, quand il s’agit de bouffe, bouduuuuuuuu, c’est un autre monde. Ah y z’ont pas fait de mystère, hé, de suite y m’ont dit : « la raclette ». Oué, d’accord, je leur ai dit, mais faut se souvenir qu’on est en juillet, là. Y m’ont dit : « la raclette ». Oui, oui, oui, mais moi j’habite à Lalbenque, hé. On a beau être habitués au confit de canard en tous temps en tous lieux, la raclette par 40°C je le sens moyen, je leur ai dit. Hé, boudu, j’ai pas envie d’être poursuivie pour attentat à la santé publique, moi. Hébé vous savez ce qu’y m’ont dit ? Ben oui : « la raclette. »

 

La summer raclette

1 platane

1,2 kg de fromage à raclette (non, les cabécous de Rocamadour ça peut pas faire l’affaire)

1 kg de pommes de terre

Poivre blanc

Paprika

Quelques tomates

Un oignon

Un portable chargé (vérifier la couverture réseau)

Un défibrillateur

Hé oui, vous avez vu, les Suisses y mettent pas forcément de charcuterie dans la raclette. Mais je crois que de toute façon, au point où on en est rendus, y va pas y avoir beaucoup plus de mal si on se rajoute quelques cochonnailles, hé. Faites-vous plaisir, de toute façon c’est pour mourir à la fin.

Alors, avant tout vous mettez les invités sous le platane. Comme ils sont déjà en train de s’entamer au vin blanc, ce serait dommage qu’ils soient déjà tous inconscients avant que vous ayez fini de cuire les patates, hé. Et une fois que les patates sont cuites ? Hébé, je vais pas vous apprendre à faire une raclette, non plus, si ? Vous tirez la rallonge jusque sous le platane, et vous branchez l’appareil et zou. Pensez à la multiprise pour le téléphone portable et le défibrillateur, normalement vous en aurez besoin avant la fin du repas.

 

Voilà, à part ça faut savoir qu’en Suisse, il y a non seulement des Suisses mais il y a aussi des Suisses allemands (paraît qu’il y a aussi des Suisses italiens mais eux on s’en fout, parce que les Italiens, hébé à la Coupe du monde, y z’y sont pas). Alors pour ne fâcher personne je vous mets aussi une recette de Suisse allemand, faut pas se mettre un camp à dos, c’est mon grand-papa qui me l’a toujours dit. Faut dire, il avait pas envie de passer trois ans à se planquer dans les maquis du Lot, mon grand-papa, alors il a fait de la stratégie, comme on dit. Et là, je sais pas pourquoi, je pense à mon grand-papa hébé j’ai envie de faire plaisir aux Suisses allemands.

 

L’émincé de veau zurichoise

400g veau (noix pâtissière p.ex.)

200g rognons de veau

Beurre (ou de la margarine pour Marcel Picon)

Farine

Sel, poivre

1 oignon ou 4 échalotes émincés

200g champignons de Paris émincés

1 cc jus de citron

1 dl vin blanc

2 dl crème

1 dl bouillon de viande

Fécule de maïs

1 bouquet de persil plat finement haché

Hébé vous commencez par me découper la viande en lanières d’un centimètre de large. Vous pouvez aussi demander à votre boucher de le faire, hein, je suis pas très douite yourselfe non plus, moi, hé. Vous préchauffez le four à 60°C, vous y mettez un plat et des assiettes.

Alors, là on attaque le sérieux : vous chauffez le beurre dans une poêle et, portion par portions, vous ajoutez la viande et les rognons, vous saupoudrez de farine, vous faites revenir à peu près 3 minutes, salez, poivrez, réservez au chaud.

On baisse le feu, on éponge le fond de la poêle, et on y réchauffe du beurre. Quoi, ça fait encore du beurre ? Qu »est-ce qu’il y a, votre mère est cardiologue ? Bon. Vous faites revenir l’oignon, vous mélangez les champignons et le jus de citron à peu près 2 minutes. Mouillez avec le vin, faites réduire sur feu moyen. Là vous mélangez bien la crème, le bouillon et la fécule de maïs, vous ajoutez et vous portez à ébullition.

Baissez le feu, laissez bouillonner doucement environ 3 minutes jusqu’à ce que la sauce soit veloutée, rectifier l’assaisonnement. Ça y est, vous pouvez ajouter la viande, les rognons et la moitié du persil : le temps de bien chauffer et zou, vous me dressez ça sur un plat et vous parsemez du reste de persil.

Ca se mange avec des reustilles. Ou des galettes de pommes de terre, hein, de toute façon c’est pareil, vous avez juste à appeler ça des reustilles pour vous la raconter comme les Suisses.

 

Zou, à demain si vous êtes encore de ce monde, et surtout bon appétit bien dur.

Parie-Maule.

Parie-Maule Pelé

Experte cunilaire à tendance footballistique, secrétaire perpétuelle de la confrérie de la truffe et du canard gras de Lalbenque (Lot).

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