Les guignols d’hier sont encore les guignols d’aujourd’hui

Alors vous avez passé un bon confinement ? On s’en fout. Je ne vais pas m’éterniser sur les civilités, je m’en fous. Et le sujet est aujourd’hui trop grave pour qu’on fasse semblant de s’apprécier. Pas de temps à perdre avec les hypocrites. Ni avec les incompétents.

Le confinement de 4 milliards de personnes n’a pas empêché les guignols de l’ouvrir. Commençons par celui qui a l’espérance de vie la plus basse, Jean-Michel Aulas. Il est étonnant que personne n’ait encore fait le rapprochement entre sa sénilité galopante (pas une insulte) et le départ de Bernard Lacombe. Il faudra un jour approfondir le sujet tant la décrépitude prend de la place dans la majeure partie des sorties médiatiques de feu ce grand président. Ces positions trahissent un terrible et désespéré appel de détresse. Sa manière de se débattre pendant des semaines pour gratter un peu d’argent en perdant toute dignité est un exemple de sacrifice humain d’une grande rareté. Son crédit est mort et lui, placé du côté des incontinents. Seuls les supporters employés du club marchent encore dans la combine, il n’y plus d’espoir. Mais soyons objectif : oui en effet, il y aura toujours matière à débattre et à s’émouvoir de l’arrêt de la compétition et de crier à l’injustice en raison de la méthode choisie par fixer les classements. Les règles sont injustes certes et cela rappellera à M. Aulas que lorsqu’on trouve une situation injuste, et il y en a, on a beau crier et se noyer dans ses larmes, rien n’y fait, il faut plier. M. Aulas, courbez l’échine. Juste retour des choses pour cette figure plénipotentiaire d’une bourgade de province pour qui la justice sur son territoire se limite à ses caprices et non à la raison. Que cela tombe sur l’Olympique lyonnais n’est qu’un cadeau de la providence, inespéré dans cette année particulière. Qui s’en plaindra ? Que l’OL pourrisse par sa tête, c’est une tendance encourageante, mais il est inutile de s’acharner, l’équipe vit une saison difficile et il reste toujours Garcia au club.

Et voici le second, attention champion. Jacques-Henri Eyraud. Tout le monde sait qu’il n’aura pas la carrière du premier et que ses jours dans le monde footballistique sont déjà comptés. L’exploit en cours d’accomplissement est extraordinaire : ce n’est pas de se mettre tout le monde à dos, ce n’est pas de détruire le club, ce n’est pas de faire disparaître l’Olympique de Marseille, c’est de faire regretter à certains supporters Vincent Labrune comme patron. C’est absolument incroyable. Quel artiste ! Labrune, ce courtisan de caniveau qui a fait sa fortune en assistant de fin de vie, qui a pris un club en haut et qu’il a vidé de sens, d’argent et de joueur. Jacques-Henri Eyraud a largement bénéficié du passif de son prédécesseur pour avoir le blanc-seing d’à peu près tout le monde dans et autour du club lors de sa prise de fonction. Et depuis c’est une lente agonie. Alors ce qu’il y a de malin, c’est que personne ne se rend compte de cette mort à venir. Une lente agonie n’est pas faite de souffrance, ni de syndrome visible, c’est un mal diffus qui ronge progressivement le club, qui fait son travail sournoisement, dans l’ombre mais qui agit efficacement. Eyraud est un cancer. La liste de ses forfaitures est inutile ici et elle se trouve aisément dans n’importe média sérieux. Qui d’autre que lui est coupable ? Personne n’attendait grand chose de McCourt, sauf qu’il finance le club, ses ambitions, en somme qu’il s’achète la tranquillité nécessaire dont il a besoin pour gérer les affaires florissantes qu’il vise depuis son arrivée, et cela n’a jamais été le club de football. Il sera pendu au même titre que d’autres s’il n’est pas parti avant, avec la caisse évidemment. McCourt aura joué son rôle, acheteur, dragueur, avare et départ. Mais Eyraud représente la quintessence ce que notre époque produit de plus déplorable : des dirigeants mauvais, condescendants, à l’éthique douteuse, sans investissement personnel, à la vanne facile, au mépris systématique, à l’hypocrisie comme art de vivre, des qualités que l’on ne peut trouver que dans un seul ouvrage qu’il préface lui-même : « L’enculé de service pour les nuls ».

Là où Eyraud va surpasser tout le monde, c’est qu’il est en train de saccager un club rien qu’en le gérant. C’est prodigieux. Son taf est de gérer et fort des diplômes de belles écoles de commerce d’enculé qu’il a, il prend des postes de gestionnaire. Il n’a pas d’argent, pas de pouvoir réel, il brasse du vent et branle du mou. Il vend des concepts, des stratégies, des objectifs, des messages clés et des retroplannings comme tout consultant moyen. Et après ? Qu’est-ce qui se passe une fois que tu as vendu tes recommandations ? Les fameuses reco ? Après il faut faire et quand il faut faire, Eyraud est un incapable. Incapable de recruter, incapable de vendre, incapable de créer un groupe, incapable de fédérer autour du club le plus populaire, incapable de valoriser, incapable d’avoir des idées, incapable de virer Garcia, incapable de dialoguer, incapable de diriger, incapable de fidéliser les talents, incapable, incapable, incapable. Le football français en général, et Marseille en particulier, aura connu une sacrée brochette de dirigeants incompétents, sournois, indignes, mais il en est peu du calibre d’Eyraud. Rien à son actif. Même les illusions de ses débuts ne survivent pas une relecture, qui ne met en évidence qu’une chance conjoncturelle en sa faveur. Il sera aisé d’avancer que le Covid n’aura rien aidé mais ne nous y trompons pas : le Covid n’aura rien inventé, il aura accentué des trajectoires déjà bien tracées et accéléré la mise à nu de l’évidence. Nonobstant, l’ironie de l’histoire est assez amère en ce printemps où l’OM a perdu sans doute son plus grand président. Il est probable que je sois un peu injuste. Eyraud a réussi l’un des 4 piliers qu’il a vendu en arrivant. Il a vendu l’amélioration de la fan expérience. Il est vrai qu’en tant que fan, mon expérience a été fort surprise des tournures. Bravo.

J’aurais pu également parler des Girondins de Bordeaux qui se surpassent régulièrement pour arriver au niveau de l’OM mais soyons francs, le sort de ce club n’intéresse que les Bordelais, et encore seulement ceux qui pensent que Claude Bez était un grand président. Pour Saint-Etienne, c’est autre chose, ils aiment les roux, la BA au sphinx sous terre.

Frantz-Christophe Van Dustgroski

Je travaille pour un employeur fantôme et ce n'est pas un emploi fictif. Je parle comme je veux de ce que je veux quand je veux. Tu n'es pas obligé d'aimer. Tu n'es pas obligé de lire. Tu es obligé de savoir que je suis là

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