Notre Footballologue analyse Lyon-Bayern

Notre Footballologue dépeint à merveille le tableau du match

A la dérive depuis huit mois, le radeau d’Iaulas et de son médusant rencontrait Munich la protestante du peintre flamand de la renaissance bavaroise, Louis Van Gaal. Disputatio sur la predestinatio…

Contempler le radeau dériver depuis des mois et l’imaginer en état de se muer en yacht lamborghini relève de la chimère. Puella méduse son monde, hypnotisant l’adversaire pour mieux le pétrifier d’une bastos ou d’une lichette. Aussi, l’ « ambition » lyonnaise ne pouvait être autre que d’effectuer un match sérieux tactiquement, dense physiquement et propre techniquement afin d’espérer marquer, pousser les Munichois jusqu’à la prolongation, où la dispense obtenue par Iaulas auprès de la Ligue devait porter ses fruits. L’entraîneur Gone aligne ainsi un 4-2-3-1 « faux pieds » dans lequel Govou et Bastos sont placés sur leur pied de frappe, les centres étant dévolus aux latéraux offensifs (Cissokho et Reveillère.) Le triangle du milieu « Delgado en haut » soutenu par Gonalons et Makoun doit tenir tête au duo Van Bommel-Schweinsteiger, Boumsong-Cris forment la charnière et les courses de 25 mètres de Lisandro au pressing font peine à voir.

En face, le Bayern présente un 4-4-2 articulé autour du duo Schweinsteiger-Van Bommel. Chacun anime un triangle latéral Contento-Schweinsteiger-Altintop côté gauche, Lahm-Van Bommel-Robben côté droit qui se contracte en phase défensive (prise à trois sur les côtés afin d’étouffer le couloir adverse) et se projette vers l’avant en phase offensive. Le duo d’attaquants Müller-Olic fonctionne comme un leurre, l’activité du Croate empêchant tout marquage tandis que l’espoir allemand est intercalé entre le milieu et l’avant-centre, voire joue sur la même ligne que ses deux ailiers en phase offensive. Altintop occupe le couloir gauche tandis que Robben, ailier droit « faux pied », repique systématiquement dans l’axe, notamment en phase défensive où il déserte son côté pour se placer dans le rond central prêt à contre-attaquer.

« 5 minutes, douche comprise »…Raymond Domenech a ce point commun avec le président Chirac qu’il lui faut peu de temps pour juger d’une situation. Engagement lyonnais à la Guy Roux (touche trouvée dans les 20 mètres adverses) afin de mettre la « pression », touche, dégagement et le Bayern combine dans le camp Gone. 2ème minute, Cris s’oublie devant scatOlic et Müller tape à côté du bois d’un Lloris crucifié. Les Allemands jouent long à destination du croate, éloignant ainsi le jeu de leur surface et annihilant toute tentative de mise sous pression. 5ème minute, une succession de passes carrées aboutit à une frappe de 35 mètres de long et de haut de Gonalons. Conclusion : Lyon voudrait bien mais n’a pas les moyens techniques, le Bayern le sait et compte en profiter. En effet, les Argonautes semblent trop limités techniquement, à l’image de Gonalons, averti dès la 22ème minute (joli « empalage » de Van Bommel) et permutant avec Makoun après la demi-heure, dépassé par Schweinsteiger et Altintop. De plus, Govou, Delgado, Bastos et, a fortiori, Reveillère et Cissokho multiplient les approximations techniques, passes et contrôles étant trop lâches face – et surtout – à un duo de la qualité de Schweinsteiger et Van Bommel, complété par Altintop et Robben. L’ouverture du score résume la situation : touche de Altintop pour Müller, une deux avec Robben, centre pour Olic aux 6 mètres, 0-1 (25ème.) A la 9ème, une touche rapide de Robben pour Schweinsteiger avait servi d’avertissement, soulignant le manque de concentration Gone, et sur le but, Réveillère sur Müller, Cris sur Robben, Boumsong en retard et Cissokho en valse avec Olic paraissent tous victimes de maladie de la pierre. La faillite de Makoun et Gonalons sonne d’autant plus le glas du projet lyonnais qu’ils se trouvent au cœur de l’animation, chargé de relayer le latéral et l’ailier, à l’image de ce que font les milieux munichois. Suite au but, Bastos et Govou regagnent leurs couloirs « naturels », se montrant dès lors plus à l’aise individuellement mais l’OL se montre toujours incapable de développer le jeu, voire même physiquement asphyxié. Bastos, faute de « traverser le ballon » pour cause de « cheville qui flotte » (Larqué), rate l’occasion d’égaliser sur un centre venu de la droite de Makoun (inversion avec Gonalons) à la 30ème, Delgado tergiverse dans la surface à la 44ème, et la paire de centraux côtoie la paire de milieux dans sa moitié de rond central… Lyon entame ses actions avec 7 joueurs à hauteur de la ligne médiane, faute d’une technique suffisante pour porter le ballon plus haut, et les déplacements ne sont pas coordonnés, les trois milieux offensifs + Lisandro étant condamnés à l’exploit individuel faute d’une mécanique collective rodée.

Mi temps : « Questions cuissots, vous en connaissez un rayon… »

Larqué a, semble-t-il, évoqué la situation de Ribéry et consorts avec Lizarazu.

« Surprenant ! » Capitaine Larqué et Club Liza ne comprennent pas la sortie de Cissokho pour Gomis…nécessité de marquer donc passage en 4-4-2 et conservation de l’artilleur brésilien en lieu et place d’un latéral dynamique mais trop frustre à ce niveau ? En face, la vielle dame anglaise de Quentin Massys prépare le match du week-end et la finale de Bernabeu en sortant Van Buyten pour Demichelis. Lyon a commis 14 fautes sur la 1ère mi temps contre 4 au Bayern, Puella évoque la classe physique, la coordination tactique des mouvements d’ensemble et le rythme élevé de l’adversaire tandis que Gomis sourit de sa volée dans le ciel de Gerland (49ème.) Lizarazu évoque un « temps fort » lyonnais puisque les munichois jouent plus bas en cherchant le contre (52ème, missile de Schweinsteiger ; 56ème, parade de Lloris face à Robben.) A la 58ème, combinaison « carrée » des lyonnais, contre attaque stoppée par Cris…carton jaune qui ne sied guère à l’impoli qui voit rouge. « Autoritarisme mal placé » (Larqué) de la moussaka qui met Lyon à 10 tandis que Govou décide d’aller au Butt (60ème.)  « Sur leur temps fort, ils prennent un deuxième but » puisque Altintop enrhume Réveillère et décale Olic (65ème, 0-2) et Lizarazu résume : « C’est horrible quand on est dans cette situation. »

En effet, quand le match est terminé mais qu’il reste une demi heure à meubler, difficile de ne pas sombrer. CJP annonce le programme de Telefoot et teste des formules pour son spectacle de juin (« parades hugoliennes »), Larqué tente un concours d’accent allemand (que n’est-on orphelin de Thierry Roland dans ces cas là…) avant de tremper les pieds de Schweinsteiger dans le bénitier, Razu impose son style aux dépens de Olic : « Il a une tête de buffle mais il fait la différence entre son crâne et ses oreilles. » Pendant ce temps, Gonalons joue défenseur central, Makoun seul milieu défensif et Govou se place dans l’axe derrière Gomis, Delgado et Lisandro prenant les côtés. Sur une montée de Lahm (gaucher latéral droit), Olic trompe Lloris de la tête pour un triplé, Van Gaal concède les aimer jeunes et bronzés, et Van Bommel n’a commis aucune des 6 fautes (contre 17) du Bayern sur l’ensemble de la rencontre. L’Argo échoue sur les rives de l’Isar…reste à savoir si Lacombe lancera son Bildermann aux trousses de Puella.

2 thoughts on “Notre Footballologue analyse Lyon-Bayern

  1. Pouces en haut, maître, excellentissime analyse.

    Comment ? 6 fautes sur 17 ? Un type de la « classe de Van Bommel » (Bitching Lizarazouille, juste après le jaune de Gonalons) en serait incapable.

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