Notre footballologue analyse OL-Real

Un cerveau bien proportionné au reste.

Onze rosettes affrontent le plus sucré, le plus fin dessert du plateau. Duel sucré-salé dans la capitale de la gastronomie.

La Dionaea Puella, de la famille des Droseraceae, se compose d’un socle de trois défenseurs axiaux (Cris-Lovren + Toulalan) augmenté de deux renforts latéraux (Reveillère-Cissokho) pour la partie basse. Un relayeur gauche (Källström) assure le lien avec le dispositif offensif mené du centre par Gourcuff au service de Delgado-Bastos sur les côtés et Gomis en pivot axial. L’ensemble défend dans ses 40 mètres afin de priver l’adversaire d’espaces tandis que les offensives s’effectuent par combinaisons courtes au sol sur les flancs ou petites « cloches » expédiées dans le dos du latéral adverse. Les couloirs sont la propriété des latérailiers tant les offensifs pseudo excentrés se tiennent près de Gourcuff afin de lui servir d’appui. Les occasions de Gourcuff en relais avec Reveillère (25’) ou Bastos (36’) illustrent les difficultés adverses sur les centres aux 6 mètres et tandis que Toulalan participe aux mouvements offensifs, l’hypothèse d’une équipe en sur régime dès la première mi temps d’une double confrontation s’avance doucement.

Comme pour rendre hommage au travail de Kathoeys Pacific, l’ensemble des médias ergote sur un hypothétique 433 mais Mourinho aligne bien son « classique » 4231 (voire 424.) Quatre défenseurs puisque Arbeloa remplace Marcelo et s’aligne sur la charnière, couvrant le couloir gauche afin d’alléger le travail défensif de CR. Préféré à Benzema, Adebayor tient piquet au sein de la charnière adverse pendant que la paire Xabi Alonso-Khedira se partage la largeur. Disposée à plat, cette paire renseigne sur les intentions madrilènes face à un adversaire regroupé : faire le siège en cherchant la percussion par les trois « impact players » (CR, Ozil, Di Maria.) Toutefois, la capacité lyonnaise à remonter les ballons au sol par les côtés enfonce le dispositif pâtissié, notamment couloir droit où Di Maria, Khedira et Sergio Ramos peinent à contenir Cissokho et Bastos. Le doute s’invite mais n’habite car le Real penche naturellement à gauche du fait de CR et la paire XA-Khedira passe de la médiane aux 40 mètres lyonnais dès la 20’. Qui plus est, les latéraux portent soutien aux 35 mètres (26’) et, bien que la densité adverse empêche d’installer la « milky way » aux abords de la surface, les pétards de XA (26’), de Di Maria (28’) ou le coup franc de CR (30’) sonnent comme autant d’alternatives crédibles.

Mi temps : « Il a l’intelligence et la technique, et ça… il l’aura toute sa vie. »

Denoueix craint pour la carrière footballistique de Gourcuff.

Dix minutes, un poteau, une transversale valident le sur régime et si Toulalan annihile nombre de décalages de son fauteuil de sentinelle, force est de constater que la dionée a reculé de 10 mètres et semble au bord de l’indigestion. Après le siège, Mourinho cherche le KO et additionne les puncheurs, entrant Benzema pour Adebayor (60’), Lass pour Khedira (67’) et Marcelo pour Ozil (74’.) Par delà leur profil défensif, l’explosivité des deux derniers ajoute au dynamisme de l’ensemble et à la fin de la rencontre, le Real aligne 5 joueurs d’impact soutenu par les 4 défenseurs plus XA. Du reste, l’ouverture du score par Benzema illustre la puissance de l’armada puisque c’est Ozil, plutôt « fluidifiant » jusqu’alors, qui se mue en impact player couloir gauche pour se débarrasser de Gourcuff, trouver CR en relais (sic) dans la course de Benzema (0-1, 63’.)

Pourtant, la Grande y Felicísima Armada faillit comme à son habitude par manque de concentration. Ainsi, l’égalisation de Gomis doit surtout à la faute de placement de Sergio Ramos, même si le fameux 433 à percussion basse (percées de Lass à droite et Marcelo à gauche) prédit par les médias se révèle incapable de gérer un résultat (re-sic.) Si Lyon ne rougit pas, la dionée compte ses dents pendant qu’au loin, les papilles de Bernabeu salivent déjà à l’approche du second round de la guerre des goûts.



13 thoughts on “Notre footballologue analyse OL-Real

  1. Ouais, Lyon en sur-régime OK.
    Madrid a dominé au retour des vestiaires pendant, quoi? 15 minutes, 20 minutes?
    Mais dans l’ensemble, Lyon aurait marqué en 1er mi-temps, y’avait pas scandale. Un 2-1 aurait été plus mérité pour l’OL.

    J’ai trouvé la percussion meilleure chez Delgado que chez Bastos. Les entrants lyonnais ont mis 10 minutes chacun a rentrer dans le match.
    CR a été bien muselé.
    Ozil s’est réveillé après 1 heure de sieste.

    Segio Ramos est toujours aussi salope.

  2. Bastos est insupportable dans ses mauvais choix et son entêtement à tenter de passer en 1 contre 2.

  3. A chercher à soigner la forme, on en perd le fond (je parle de l’article). C’est dommage, car l’auteur semble bien connaître le football.

  4. J’ai également senti Lyon en sur régime très tôt dans le match, on sent que Cris peut craquer à tout moment, mais on peut souligner la belle prestation d’ensemble des Lyonnais, surtout lorsque l’on compare leur prestation aux précédentes dans cette compétition. Gomis est récompensé par son but égalisateur pour l’ensemble de son travail, sans doute son meilleur match en CL, Lovren a été très solide derrière, les remplaçants ont plutôt réussi leurs entrées…Match moyen de Gourcuff et Kallström au milieu, souvent trop lents dans les transmissions…Cissokho a été très bon sur son coté, apportant percussion et remportant de nombreux duels…
    @ Chantivlad: Bastos ne pense qu’à se montrer dans l’optique d’un éventuel départ, et a enchaîné les mauvais choix tout au long de son match…

  5. Perso, j’ai vu un bon match de Gourcuff, voir très bon par période… C’est sûr qu’il va aussi vite que moi au sommet de ma forme mais ce qu’il fait est quand même toujours utile pour l’équipe (anti-portrait de CR, quoi).

    Côté Real, des défenseurs qui font pas une relance, 2 milieux defensifs techniques quasi-systématiquement sautés et sans mouvement devant eux quand c’est pas le cas, des milieux offensifs / attaquants censés être créatifs mais au Q.I. football proche du néant et Ozil. Bref le Real qu’on voit depuis 4 – 5 ans + un joueur altruiste et intelligent. Même fantomatique, ça fait fatalement une différence à un moment. Content pour Benzema. Lui aussi il sent le football

  6. Ouais Benz il sent le football mais pas tout le temps, il a fait quelques passes foireuses qui ont anéanti des belles actions du Real, direct dans les pieds de joueurs de l’OL.

  7. @ chantivlad

    s’pas faux non plus… je vais la jouer mauvaise fois quand même… « Passes foirées certes, mais toujours dans le sens du jeu »

  8. @Kimlux: si tu peux faire mieux, n’hésites pas, le nombre de caractères est illimité dans les commentaires.

  9. Lyon a péché dans la dernière passe hier. Sur le contre qui abouti à la frappe de gomis, si bastos lève la tête et tente de la mettre à gourcuff en première intention, ça fait balle de but et le match est tout autre.

    Au lieu de ça, il temporise, essaye de provoquer et, ne voyant pas de solution, il balance un machin moisi au point de penalty.

  10. Jean-Claude Saussis dit :
    23/02/2011 à 12:52 @Kimlux: si tu peux faire mieux, n’hésites pas, le nombre de caractères est illimité dans les commentaires
    ===

    Kimlux a peut-être le droit de donner son opinion sans qu’on lui oppose direct le fameux « t’as qu’à faire mieux », non?

  11. @Jean-Claude Saussis et @Jeannot la banane : Mon commentaire se voulait plutôt positif en fait mais je me rends compte qu’il était vachement mal tourné. Les analyses de l’articles sont très pertinentes et ouvrent vraiment des perspectives par rapport au match vu la veille, mais je voulais simplement dire que les références et l’humour n’ajoutaient pas forcément à l’intérêt de l’article et étaient plutôt un élément perturbateur. Et donc non, je ne peux pas faire mieux…

  12. Une jolie prose, toutefois je trouve le jugement un peu severe sur l’OL, qui a quand meme bien géré le match, ne se laissant dominer par le Real qu’une vingtaine de minutes au retour des vestiaires.
    Le score n’est pas flatteur, mais l’OL était bel et bien au rendez-vous face a un adversaire pas forcément costaud collectivement, mais qui peut créer le danger par ses individualités tres rapidement.

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