Rico di mecouilles a vu la finale France-Croatie

Rico n’est pas superstitieux.

Faut-il ou ne faut-il pas écrire cet article divinatoire, au risque de porter malheur ? Voilà bien une réflexion de petite bite : bien sûr qu’on va le regarder à l’avance, ce match, le cojon de cristal est infaillible, on vous rappelle. Alors une fois pour toutes, détendez-vous et savourez à l’avance, il ne peut rien nous arriver.

16h00 : Les officiels prennent place en tribune. À la droite de Gianni Infantino, la présidente corate Kolinda Grabar-Kitarovic arbore un chemisier à damiers. Une jupe à damiers et un chapeau à damiers rehaussent sa tenue.

16h10 : À la gauche de Gianni Infantino, Brigitte Macron s’entretient avec Laurent Koscielny. La chaise du président de la République française est curieusement vide.

16h15 : Dans un recoin sombre des sous-sols du stade, deux armoires en costume encadrent Dimitri Payet en slip et l’obligent à monter sur une balance. En maillot de l’OM, Emmanuel Macron, l’air grave, s’enquiert du résultat. La masse grasse est conforme, Dimitri est affûté et prêt pour entamer la saison olympienne. Emmanuel Macron pousse un soupir de soulagement et invite le joueur et ses aides de camp à rejoindre la tribune.

16h30 : L’échauffement des équipes est en cours. Luka Modric et Ngolo Kante se défient à distance en enchaînant les largeurs de terrain au sprint sans interruption.

16h45 : Christopher Froome chute et perd 30 minutes dans l’étape des pavés sur le Tour de France. Julian Alaphilippe s’échappe, Romain Bardet dans sa roue, et les deux coureurs rallient l’arrivée avec 15 minutes d’avance sur le peloton, le plus bel exploit du sport français depuis des lustres. Tout le monde s’en branle, à juste titre.

16h50 : Les protagonistes patientent dans le couloir menant à la pelouse, quand l’arbitre s’alarme d’une odeur de brûlé. Sur les dents, les services de sécurité accourent, extincteurs en main. Fausse alerte, il s’agissait juste de Luka Modric et Ngolo Kante qui attendaient le feu vert en faisant des burn.

16h55 : Le speaker invite les spectateurs à se lever pour les hymnes. Emmanuel Macron s’aperçoit in extremis qu’il a conservé son maillot de l’OM, qu’il échange le plus discrètement possible contre un maillot bleu.

17h00 : Coup d’envoi. Sime Vrsaljko est aussitôt lancé côté droit, où sa course est interrompue par un coup d’épaule viril de Lucas Hernandez. Les deux joueurs se collent aussitôt front contre front et se toisent, tandis qu’un attroupement se forme.

17h01 : L’arbitre vient séparer les deux joueurs qui, tout étonnés, lui rétorquent de concert : « ben quoi, on n’a plus le droit de se dire bonjour ? ». En tribune, Diego Simeone essuie une larme attendrie.

17h05 : Ouverture somptueuse de Rakitic pour Mandzukic, couvert par Benjamin Pavard. Miraculeusement, le Barcelonais Samuel Umtiti met à profit l’expérience acquise au sein du grand club catalan pour le rattraper et sauver la patrie, en exécutant le plus beau tacle de ce mondial.

17h06 : Didier Deschamps s’étonne d’avoir vu Rakitic évoluer aussi librement. Cherchant du regard Ngolo Kante, il le trouve affairé à livrer une poursuite olympique contre Modric tout autour du rond central. D’un sifflement, il le recadre.

17h20 : Le match s’enlise. La Croatie maîtrise la balle mais ne parvient pas à percer le bloc tricolore. De son côté, Giroud bataille comme il peut dans la défense croate, mais ne se procure pour l’instant rien d’autre qu’une incisive fendue et quatre points de suture.

17h35 : Enfin une ouverture ! Sur une montée de balle rapide, Pogba transmet à Mbappé, qui trouve Giroud. En pivot, celui-ci décale Griezmann, qui se fait briser la jambe par un tacle de Vrsaljko. Coup-franc, tandis que le latéral croate vient insulter notre joueur, qui se tord de douleur. L’arbitre met la main à sa poche arrière pour expulser le fautif, mais dans un dernier souffle, Griezmann lui crie : « Ça va, Monsieur l’arbitre, on n’est pas des fillettes », avant de s’évanouir et de sortir sur civière. Vrsaljko reste donc sur le terrain tandis que, dans les tribunes, Diego Simeone réprime un orgasme furtif.

17h36 : Didier Deschamps envoie Ousmane Dembélé à l’échauffement. Aussitôt, Guy Stéphan lui tend deux téléphones portables : Jean-Pierre Bernès est en ligne sur le premier, Emmanuel Macron sur le second.

17h37 : Florian Thauvin entre en jeu à la place d’Antoine Griezmann.

17h47 : On arrive au bout du temps additionnel, quand le Lyonnais Samuel Umtiti cafouille un centre anodin. Perisic surgit et allume Lloris de près pour l’ouverture du score.

17h47 encore : Dans les tribunes, la présidente croate saute de joie. Deux boutons de son chemisier à damiers sautent, laissant entrevoir une poitrine généreuse où l’on distingue un tatouage en damier rouge et blanc. Alerte rouge pour le réalisateur, conscient des directives Fifa sur les images de supportrices sexy : en catastrophe, il demande à son cameraman de réorienter la caméra sur Noël le Graët.

17h48 : Égalisation de Benjamin Pavard ! Sur l’engagement et alors qu’il ne reste que quelques secondes à jouer avant la pause, le ballon est transmis à notre latéral, qui envoie un ballon désespéré vers Olivier Giroud. À la retombée, l’avant-centre est chargé par Vida, Lovren et Subasic, 240 kg à eux trois. Giroud s’enfonce de cinq centimètres dans la pelouse mais le ballon, lui, échappe à tout le monde et finit sa course dans la cage.

17h49 : La mi-temps est sifflée sur ce score d’1-1, alors qu’en tribune présidentielle, Brigitte Macron éclate de joie. Soucieux de ne pas se montrer discourtois, le réalisateur coupe également ce plan, et fait réorienter la caméra vers Emmanuel Macron, ce qui convient tout à fait à ce dernier.

17h55 : Didier Deschamps laisse ses joueurs reprendre leurs esprits, mais la sérénité du vestiaire est troublée par des éclats de voix. « Laissez-moi passer, je dois faire une causerie ! », insiste Patrice Evra, mais celui-ci est jeté dehors manu (petit) militari.

17h58 : L’incident est clos. Presnel Kimpembe en profite pour faire le tour des joueurs, et leur demander quelle musique mettre sur son enceinte quand il s’agira d’aller chercher le trophée. Deschamps effectue un rappel à l’ordre : « Ho pas de ça les gars, il est pas joué, le match », mais on sent bien que personne n’y croit, et surtout pas lui.

18h02 : On frappe à la porte du vestiaire croate. Le sélectionneur demande à l’officiel si la médaille de consolation se remet à la tribune ou sur le pelouse. « Mais… le match n’est pas fini, il reste la deuxième mi-temps à jouer monsieur », s’étonne l’officiel de la Fifa.

18h03 : Les joueurs rejoignent Luka Modric, qui patientait depuis 5 bonnes minutes en faisant des tours de terrain. Découvrant la scène, Ngolo Kante boude et souffle à Varane : « chier, il doit avoir 5 km d’avance sur moi, maintenant, sans prolongation j’arriverai jamais à le rattraper. »

18h05 : La seconde période a débuté depuis 40 secondes. Ngolo Kante en a profité pour récupérer 4 ballons dans les pieds croates, ce qui lui a rendu le sourire.

18h07 : C’est le moment d’ouvrir une bière pour Moké, tiens.

18h10 : Corner obtenu par Mbappé. Thauvin le tire vers Giroud. Pris en sandwich par Lovren et Vida, celui-ci parvient cependant à contrôler de la tête, faire rebondir le ballon sur sa cuisse pour s’extraire du marquage des deux brutes, et adresser un extraordinaire retourné dans la lucarne de Subasic. Le stade en reste bouche bée, on entend seulement Deschamps, médusé, dire « c’est trop beau… ça se peut pas, c’est trop beau… »

18h11 : Le but de Giroud est annulé pour un pied haut de notre attaquant. Aussitôt, tous les Français se ruent sur M. Pitana en réclamant l’arbitrage vidéo à grands renfort de gestes ridicules. Celui-ci, croyant qu’il s’agit encore d’une de leurs célébrations imbéciles, se contente de leur confirmer l’annulation du but. Deschamps s’affale sur le banc dans un soupir qui, curieusement, s’apparente à du soulagement.

18h18 : Pogba casse deux lignes croates en une accélération et lance Mbappé sur la gauche. A pleine vitesse, celui-ci enchaîne quatre passements de jambes et un petit pont sur Vrsaljko, avant de se prendre les pieds dans son élan et de s’affaler seul à l’entrée de la surface en se roulant par terre. L’arbitre lui demande cesser son cirque et laisse jouer.

18h19 : Alors que les Croates démarrent la contre-attaque, ils sont interrompus par M. Pitana. Celui-ci vient en effet d’être appelé par la salle vidéo. En consultant les images de longues secondes, il apparaît que, sur l’action précédente, Dejan Lovren a légèrement accroché le crampon de Kylian Mbappé en tentant de revenir sur lui. Pénalty.

18h20 : Griezmann sorti, c’est Giroud qui se saisit du ballon. Un sourire mauvais se dessine aussitôt sur tous les éditorialistes sportifs de France, mais l’attaquant ne tremble pas et frappe en force plein axe : France 2, Croatie 1. Didier Deschamps exulte : « Voilààààà les gars, ça c’est une ouverture du score ! »

18h45 : Les Français ont stérilisé le terrain depuis leur second but. Chez les joueurs croates, seuls ceux qui ont connu la guerre ne sanglotent pas. En tribune, Dimitri Payet ouvre un sachet de pop-corn, qu’il doit aussitôt lâcher après avoir reçu une claque d’Emmanuel Macron.

18h50 : Quatre minutes de temps additionnel sont annoncées. Les Croates ne jouent plus que par longs ballons désespérés, alors que tous les Bleus sont repliés. Sur l’un de ces centres, les anciens joueurs de l’olympique lyonnais Lloris et Umtiti se percutent d’une façon grotesque : Mandzukic hérite du ballon qu’il pousse dans le but apparemment vide, mais Olivier Giroud revient de nulle part et, d’un tacle somptueux, sauve sur sa ligne.

18h51 : Pavard récupère le ballon et évite d’un crochet Pivaric, qui montait sur lui à toute vitesse. Il transmet le ballon à Kanté, qui décale Pogba. Le Français lance une pogouverture vers Mbappé, qui se fait littéralement défoncer par Dejan Lovren. L’arbitre laisse l’avantage, puisque le ballon revient sur Pogba, qui lance cette fois-ci Thauvin. Le Marseillais profite du boulevard pour aller battre Subasic : 3-1.

18h52 : La liesse est générale dans l’Hexagone pendant la fin du temps additionnel, comme en témoignent les messages de congratulations qui fleurissent d’un peu partout sur les réseaux sociaux. Deux exceptions cependant : à Lyon, Twitter et Facebook semblent avoir été victimes d’une brutale panne de réseau, tandis qu’à Marseille, les utilisateurs semblent être occupés à orner leurs photos de profil de drapeaux tricolores en lieu et place des bannières argentine ou croate qui fleurissaient jusqu’ici.

18h55 : Coup de sifflet final. Vincent Duluc, le meilleur d’entre nous, ébauche son éditorial du lendemain dans lequel il déclarera avoir toujours cru en cette équipe. Une substance visqueuse s’écrase sur sa joue : son miroir qui vient de lui cracher dessus.

18h57 : En authentique supporter de football, Emmanuel Macron a attendu deux bonnes minutes pour s’enquérir de l’effet de cette victoire sur sa cote de popularité. Les sondages concordent : Jacques Chirac vient de gagner 15 points d’opinion favorables.

19h00 : Les premiers articles de la presse croate commencent à paraître. Émerveillés de ce qu’ils y lisent au sujet de l’Équipe de France, Jérôme Bourbon, Bruno Gollnisch et Robert Ménard demandent aussitôt l’asile politique en Croatie.

19h05 : Hugo Lloris soulève le trophée et profère alors ces paroles qui passeront à jamais à la postérité : « Vous savez quoi ? Je suis heureux. » Didier Deschamps, lui est tout sourire, face à la caméra, soulevant les cris horrifiés de millions d’enfants de par le monde.

19h10 : Tout le monde a enfin oublié qui était Christophe Dugarry.

19h20 : Ce beau mondial s’achève dans les klaxons et les barbecues. Sur les Champs-Élysées, tout un pays fraternise. Devant le spectacle d’une telle communion, des éditorialistes tentent d’avancer l’argument « d’une France réconciliée avec elle-même » ; Pascal Praud lui-même descend se mêler à la foule, mais finit rapidement dénudé et empalé sur le feu rouge de la rue de Berri. Oui, Rico a vu dans son cojon de cristal une France joyeuse, et qui n’a pas envie de se laisser gâcher son bonheur par les sinistres.

Terminalector

Je suis la majuscule sur ton gentilé. Je suis l'ordre et le chaos de la modération. Je suis la loi en tribune.

2 Comments

  1. Bravo Rico ! A défaut du score exact ton cojon de cristal a vu beaucoup de choses justes, et une pensée pour Umtiti qui n’en pouvait plus de Pavard.

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