Rennes-Nancy (2-1, ap.p.), la Breizhou Académie raconte la guerre de Correa
Rien à voir avec la chanson de Deftones
Alors que le souvenir d’Ali Ahamada écartant les bras et engueulant sa défense déclenchait encore chez la Breizhou Académie de fréquentes crises de fous rires, un remède salvateur est venu à point pour nous libérer. Car en effet, le Stade rennais recevait, à l’occasion des 16e de finale de la coupe Moustache, l’AS Nancy Lorraine du revenant Pablo Correa, désormais pensionnaire de la Ligue d’eux.
Même Rocco a débandé en voyant l’affiche
La Breizhou a tâché de bien mesurer le pour et le contre avant de se déplacer pour aller voir le match.
Récapitulons déjà les atouts de ce club lorrain :
– ?
Et maintenant tous les trucs ridicules liés à Nancy :
– Pablo Correa
– Il y fait froid
– La ville est moche. Enfin, on croit. De toute façon, personne n’y va.
– Olivier Rouyer
– Pablo Correa
– La région est moche
– Damien Grégorini
– Le maillot est moche
– Nadine Morano
– Le blaze « Qui s’y frotte s’y pique »
– Pablo Correa
– le palmarès du club est encore plus ridicule que celui du Stade rennais
– Jean Fernandez, Yohan Mollo, Joël Samy, Djamel Bakar etc.
– La pelouse en plastic comme à Lorient
– Pablo Correa
La balance est donc formelle : Nancy est un club de toquards. Sauf que la Breizhou Académie a une éthique et une conscience professionnelle irréprochables cette année, alors je – sous-signé Nick Thomert – me rendis malgré tout route de Lorient avec tout de même la curiosité de voir jouer sur un match entier les habituels remplaçants.
Avant match :
Histoire de détendre un peu l’atmosphère devant un tel enjeu, Philippe Montanier fait le chafouin devant la presse. Pour répondre à la question « Êtes-vous un homme de coupe ? », Monty répond par un cocasse et truculent « Pas trop. Coupe de cheveux pour aujourd’hui, oui » (il venait de se faire refaire la raie, en effet).
Aux dernières nouvelles, il serait très déçu de ne pas avoir été sélectionné dans la rubrique « La blagounette du jour » du comité. Il fallait que ce soit dit.
Composition :
Comme espéré, Montanier fait tourner autant que possible son onze de départ. Par rapport au match à Toulouse, seuls Kana-Biyik, Makoun et Enflurini sont reconduits, puisque leurs potentiels remplaçants sont ou bien blessés (Boye, Pajot, Konradsen) ou bien au piquet (Z. Allée).
Cela donne un truc comme ça
Moreira, Hountondji et Hunou, tous trois nés en 1994, n’ont toujours pas de contrat pro (espérons que cela ne tarde pas trop, on va finir par se les faire piquer par le premier Chievo Verone venu). Saïd, 18 ans, rajeunit encore un peu plus l’équipe et donne un coup de vieux au représentant de la Breizhou, qui constate avec amertume être plus âgé que tous les joueurs alignés.
Juju Féret, en méforme depuis le début de la saison, se voit offrir là une belle occasion de se relancer et de retrouver un peu de sa superbe. En pointe, l’Argentin Romero est titularisé pour la première fois de la saison, lui qui, d’après Montanier, connaît encore quelques difficultés d’adaptation au jeu à l’européenne.
Dans les buts, la titularisation de Cheikh N’Diaye à la place d’Abdoulaye Diallo est une petite surprise, puisque ce dernier aligne apparemment les bonnes performances en CFA2, d’après ceusses qui suivent l’équipe B (la Breizhou, elle, a autre chose à foutre).
Côté Nancéien, on ne connaît pas grand monde et puis de toute manière, on s’en fout. La Breizhou est toutefois déçue de constater que Correa ne profite pas de ce match de coupe pour refaire jouer Damien Grégorini, ce génie. Au moins on aurait pu rigoler un peu, mais il est vrai qu’enchaîner Ahamada et Grégorini aurait pu être dangereux pour les Rennais qui auraient pu s’y habituer.
Le match
Le match s’est joué dans une ambiance monacale, comme cela risque de devenir la norme, depuis que le RCK a décidé de se mettre en sommeil. Les tribunes hautes du stade étaient fermées, comme habituellement pour les premiers tours de coupe, mais malgré tout, l’affluence est montée à une chiffre assez honorable, compte tenu de l’affiche (un peu plus de 11.000 spectateurs). Le club avait en effet pris soin de multiplier les invitations.
La 1ère mi-temps fut assez plaisante, avec de jolis mouvements côté rennais, mais également quelques contres nancéiens bien sentis dans la construction mais complètement ratés dans la finition. La supériorité rennaise aura du attendre la toute fin de la mi-temps pour se concrétiser par un joli but de Hunou, valorisant ainsi une succession d’occasions paniquant totalement la défense nancéienne.
La qualité du jeu a sombré en 2nde mi-temps, de part et d’autre, se terminant même par du hourra football pendant les prolongations. Cheikh N’Diaye s’avérant très fort à ce petit jeu, multipliant les dégagements en touche.
42e : suite à une frappe contrée de Hunou, la défense nancéienne panique et relance n’importe comment, à savoir directement sur Jean II Makoun. Ce dernier passe la balle à Romero, qui dévie sans contrôle pour Hunou qui place une frappe enroulée en première intention aux 20 mètres. Marie-Ange Nardi est battue. La joie de Hunou, qui marque ici son premier but en pro, fait plaisir à voir. 1-0
92e : tout le monde en tribune se hâte de retrouver sa chère et belle voiture et éviter ainsi les redoutables embouteillages causés par un stade à moitié plein. Emerson se dit lui aussi que c’est une bonne idée et part à la douche avant tout le monde, délaissant complètement son côté gauche pour la fin de match. Le petit Hunou essaie de boucher le trou, mais n’a pas le temps d’empêcher Grange de centrer en retrait pour Walter dont le plat du pied sécurité est dévié par un défenseur et trompe N’Diaye à contre-pied. 1-1, extra balle.
Les resquilleurs dans le public sifflent et regagnent leur place. Emerson aussi.
102e : Zana Allée frappe n’importe comment un coup-franc sur le côté gauche. Le ballon rebondit sur à peu près tous les joueurs présents dans la surface, pour finir par Hountondji qui dévie dans le but. 2-1, merci et au revoir.
Les joueurs :
N’Diaye , 3 saucisses : très adroit de ses mains, il a su rassurer sa défense sur les rares interventions qu’il a du faire. Mais il est également très gauche avec ses pieds et n’a pas franchement aidé son équipe en fin de match et en prolongations, en rendant systématiquement le ballon sur ses longs dégagements.
Moreira, 4 saucisses : il revenait d’une sale blessure et il a été épatant. Il est très propre, il défend bien, il s’applique, n’hésite pas à aller au charbon. La Breizhou est en train de tomber amoureuse.
Hountondji , 4 saucisses : tel un George Abitbol du football, il a été le joueur le plus classe du match. Du haut de ses 19 ans, il affiche une sérénité surprenante, tout en décontraction. La classe américaine, quoi. Il échappe au 5 à cause de quelques relances un peu trop expéditives.
Certains ont essayé de jouer dans le dos de Hountondji. Bien mal leur en a pris…
Kana-Biyik, 3 saucisses : Booba a bien tenu sa crevette (Benjamin Jeannot) et s’est même permis une montée dont il a le secret. Assez discret quand même, il ne devrait pas être trop fatigué pour le prochain match.
Emerson, 1 saucisse : le sosie de Bruno Cheyrou n’a rien apporté offensivement et a laissé des boulevards sur son côté. Après Souprayen, Mavinga, M’Bengue, Emerson, on aimerait bien, un jour, voir un bon latéral gauche. Même juste pour un match, histoire de voir comment c’est. Dis donc, Steven Moreira, ça te dirait de (re)jouer à gauche ?
Makoun, 2 saucisses : une première mi-temps honnête, il a ensuite joué à l’envers la seconde, comme s’il ne s’était pas rendu compte que les équipes avaient changé de côté. Mais il est resté souriant, c’est tout ce qui compte.
Hunou, 4 saucisses : en voilà un qui a de l’avenir. Positionné très bas par rapport à ses entrées précédentes, il a passé le match à réclamer le ballon et à jouer vers l’avant. Son ambition dans le jeu se paye par quelques pertes de balles dangereuses, mais des bleubites comme ça, on en voudrait tous les jours. Marque son premier but en pro (lui qui ne l’est pas encore) pour sa première titularisation.
Féret, 1 saucisse : pourtant positionné là où il est le plus à l’aise (en meneur de jeu), il a hélas confirmé qu’il a perdu son mojo. Il ne sent plus les coups, a du mal à se positionner, on ne le reconnaît plus. Foire complètement une occasion juste avant l’égalisation nancéienne avec une frappe trop molle alors qu’il était seul aux 6 mètres.
Saïd, du calcium : s’est blessé dès le début du match, puis a serré les dents pour tenir jusqu’à la mi-temps. Il a du coup été très discret, mais a tout de même pu s’illustrer sur une série de dribbles, enchaînée d’une frappe un peu trop molle.
Enflurini, ‘souffre en silence’ : continue à bouder, même sur les spots de présentation des titulaires diffusés sur les écrans géants. Il a été bon, mais il gagnerait à ne pas se prendre pour le sauveur de l’équipe en forçant ses frappes n’importe où n’importe quand.
Romero 2 saucisses : n’a pas ménagé ses efforts, mais il semblait un peu perdu sur le terrain. Il avait très envie de marquer son but, mais n’a jamais vraiment été en mesure de le faire, pénalisé par sa difficulté à voir les ouvertures et à sentir les bons coups. C’est toutefois lui qui glisse le ballon à Hunou pour le premier but. Pour un mec qui vient de Lanus, c’est normal qu’il soit aussi moche et qu’il ait encore un peu de mal en pleine lumière. Ça va venir.
Entrées en jeu :
Allée, 2 ou 3 saucisses : entré à la mi-temps à la place de Saïd, il a tout de suite cherché la percussion avec le gars de Lanus. Le latéral droit nancéien a perdu son slip plusieurs fois, avant de le remettre tranquillement, puisque Zana pas duré bien longtemps. A terminé les prolongations avec des crampes, alors qu’il n’avait joué que 75 minutes.

En exclusivité, les images de l’entrée en jeu de Zana Allée
Kadir 2 ou 3 saucisses : trop discret, il n’a pas beaucoup pesé sur les actions offensives.
Bakayoko 3 ou 4 saucisses : sa rentrée à la place de Makoun a tout de suite fait du bien à l’équipe. Il s’est contenté de jouer sans prise de risques, mais c’était ce qu’il fallait.
Le coach :
Monty n’a pas vraiment fait de coaching en cours de match, puisque ses remplacements ont été soit subis (blessure de Saïd), soit uniquement pensés pour faire souffler 2 des 3 joueurs qui avaient déjà été alignés à Toulouse (Enflurini et Makoun).
Il a néanmoins réussi son pari de réaliser une large revue d’effectif tout en obtenant la qualification, certes un peu laborieuse.
Ceux d’en face :
En face, c’était pas folichon. À chaque récupération du ballon, la passe partait vers l’arrière. Certains (en particulier l’avant centre Jeannot) ont été particulièrement faiblards. En revanche, le petit Nardi, 19 ans, a été excellent dans les buts.
Joël Sami, en plus d’avoir un nom ridicule, a un gros cul, et il est important de le signaler. Pas aussi gros que ceux de Sébastien Puygrenier ou de Simon Zenke, mais pas mal quand même. D’ailleurs on signale à Joël que ces deux-là sont partis en Turquie, avec Kader Mangane, ce qui n’est sûrement pas un hasard.
La Breizhou trouve sinon que Zitte a un nom rigolo.
La coupe de cheveux de Pablo Correa est sponsorisée par Leerdammer
La Breizhou espère que le prochain tour se jouera à nouveau à la maison, afin de pouvoir profiter pleinement de ces soirées coupe de la Ligue si captivantes et riches en émotion. En attendant, elle reviendra prochainement vous conter la réception de l’Olympique de Marseille en ce week-end de la Toussaint, comme un saint bol de cidre Val de Rance d’enterrement d’illusions.

Même moi j’en peux plus de Pablo et de la sacro-sainte passe en arrière. Par contre, être aussi méchant pour Nancy alors qu’on vous a donné Féret, c’est pas bien. Même si là il ne voulait pas nous faire du mal. Et Nancy est une très belle ville, avec encore plus d’étudiants que Rennes.