Bordeaux-OM (0-0), La Canebière académie arrache

Aïoli les sapiens,

Et quand l’arbitre siffle enfin le terme de ce match sur le zéro à zéro attendu, notre douce et tendre s’empresse de déclarer : « Ah bah c’est pour cette équipe que t’as planté notre soirée de Saint-Valentin ? Eh ben dis donc, tant qu’à me délaisser t’aurais pu en choisir une un peu mieux, là c’est limite vexant. » Bah oui mais qu’est-ce que tu veux chérie, Bordeaux-Marseille ce sont 44 ans d’amour véritable. Une telle constance mérite bien de passer sur quelques petits défauts.


L’équipe

Mandanda
Lirola – Balerdi (expulsé, 55e) – Kamara – Nagatomo
Rongier  – Gueye – Cuisance (Ntcham, 63e)
Thauvin (Perrin, 60e) – Benedetto (expulsé, 59e) – Germain (Dieng, 84e)


Blessés et suspendus obligent Nasser Larguet à composer une équipe de bric et de broc (surtout de broques). Derrière, Alvaro et Caleta-Car sont aux soins, et remplacés par Balerdi et Kamara. Sur les côtés, Sakai a léché toutes les barres de métro de Marseille pour enfin réussir à tomber malade et gagner un match de repos : Amavi pas encore prêt à revenir, Nagatomo prend place pour apporter sa précieuse expérience. Yuto est en effet le seul ici à avoir connu une victoire de Marseille chez les Girondins (il finissait son service militaire, cette année-là).

Au milieu, Cuisance est préféré à Ntcham (et à Khaoui). Devant, Milik est encore ménagé, tandis que Payet purge son second match de suspension. Luis Henrique ne se voit pas proposer de deuxième chance : Germain lui est préféré, aux côtés de Benedetto.


Le match

Vous voulez le détail, ou bien on se contente de dire qu’il s’agissait d’un Bordeaux-Marseille et on passe à autre chose ?

Allons-y pour la version détaillée, de toute façon elle ne devrait pas prendre beaucoup plus de temps. La première mi-temps se partage ainsi entre une première moitié ignoble avec une domination plutôt girondine (et une occasion non cadrée par Hwang), et une seconde moitié ignoble avec une domination plutôt olympienne (et zéro occasion d’absolument dégun). À la mi-temps, logiquement, c’est le moment où votre douce et tendre vous abandonne pour aller essayer « Valère » le sex-toy que vous avez pris soin de lui offrir en prévision de la soirée, histoire qu’il y ait au moins une personne qui prenne du plaisir ce soir.

Le match reprend :
– Bah ? Tu reviens déjà chérie ?
– Ouais, ben t’aurais pu lui trouver un autre nom à ton cadeau, maintenant à cause de toi je visualise et j’y arrive pas.


En joueur expérimenté, Laurent Koscielny sait bien que cette histoire de série d’invincibilité cause bien plus de tort à Bordeaux qu’à nous-mêmes. À la lutte avec Balerdi sur un long coup-franc, il entreprend donc d’y remédier en déviant le ballon vers son but, mais Costil s’interpose.

Ce qui suit ne représente pas un tournant du match, mais bien un 180° au frein à main. Tout commence par le seul bon geste de Benedetto dans ce match, une passe en profondeur vers Germain, pour un grand classique des avants-centres : la finition par intérieur du droit enroulé.

Une action que l’on appelle aussi dans le milieu : la spéciale Chierie Henry.

Seul face au gardien, Valère panique et se débarrasse du ballon en pleurant, croquant l’occasion sans même avoir tenté quoi que ce soit. Pire, sur la contre-attaque, un long ballon surprend Balerdi, qui accroche Oudin. Cette faute empêche l’attaquant d’aller défier Mandanda et vaut donc automatiquement un carton rouge à son auteur (55e).

Alors que l’OM semblait reprendre vie dans cette deuxième mi-temps, le match se termine en eau de Oudin pour l’OM. Le même joueur  devance ensuite Kamara pour un centre vers Hwang, lui-même en avance sur Pape Gueye au premier poteau mais qui tire sur le montant.


N’importe quelle personne normalement constituée préfèrerait aller se coucher immédiatement plutôt que de subir une minute de plus de cette purge. Alors que nous, supporters, restons vissés sur le canapé dans un dévouement olympien qui confine à la crétinerie, Benedetto n’a pas cette patience : cisaillant Koscielny d’un amour de tacle d’enculé totalement gratuit, Dario gagne le droit d’échapper prématurément au supplice en rejoignant son compatriote aux vestiaires (59e). Adli tente de l’imiter quelques minutes plus tard en arrachant la cheville de Nagatomo. Les arbitres vidéo s’étant pendus depuis longtemps devant les images du match, le Girondin ne réussit à récolter qu’un carton jaune, là où une faute rigoureusement identique avait valu à Payet expulsion, excommunication et défèrement devant la Cour pénale internationale.


Contre toute attente, le calvaire subi par l’OM pendant la dernière demi-heure n’est pas si horrible. On peut même se demander si inconsciemment, se rendant compte du néant de son existence dans des conditions normales, l’OM ne s’est pas tiré seul une balle dans le pied pour mieux exalter ses valeurs de solidarité et d’abnégation. Après tout, Philippe Croizon n’était personne avant d’avoir pissé sur une ligne à haute tension.

En effet, l’OM résiste bien, appuyé en cela par une nullité bordelaise qui se révèle alors dans toute sa splendeur. Hatem Ben Arfa, ce frère, nous aide grandement à préserver le résultat en persistant dans son attitude de saveur solitaire, dribblant jusqu’à ses propres coéquipiers pour avoir le privilège d’adresser un énième tir hors-cadre. Pire, nous continuons même à proposer quelques mouvements offensifs, dont une reprise de Germain qui aurait pu trouver la rédemption mais ne trouve que le pigeonnier voisin. Son homologue Nicolas de Préville n’est pas en reste, se trouvant seul à la réception d’un coup de pied arrêté mais expédiant sa reprise dans les tribunes.

Bordeaux achève donc sa saison ici, à une coupe de France près c’est aussi notre cas, et nous nous retrouverons donc pour fêter nos 45 ans l’an prochain, dans ce qui semble condamné à rester un sommet de médiocrité partagée tant que cette série ne sera pas brisée.


Les joueurs

Mandanda (3/5) : Cadrer un tir ne représentant pas une condition sine qua non pour éviter la défaite à domicile, les Girondins ont trouvé cette tâche superflue, ce qui a grandement simplifié le match de Steve.

Lirola (3/5) : Non mais c’est parce qu’il est nouveau, on ne l’avait pas prévenu de ce qu’était un Bordeaux-Marseille donc il a bêtement essayé de jouer au football. Cela sera sans doute corrigé dès l’an prochain.

Balerdi (1-/5) : Tellement naïf qu’il serait capable de voter LREM en croyant faire barrage à l’extrême-droite.

Kamara (3+/5) : Les circonstances auraient pu faire monter le slipomètre dans la zone rouge, mais Kamara n’a pas paniqué et s’est concentré sur le niveau réel de la menace, qu’il a gérée sans trop de difficultés.

Nagatomo (3-/5) : Inexistant dans le jeu mais solide derrière, c’est finalement à 9 contre 11 que le vétéran s’est mis à proposer des solutions vers l’avant.  Ca doit être ça son expérience de samouraï©®™, tant que nous ne sommes pas vraiment dans la merde il s’estime indigne de combattre.

Gueye (3-/5) : C’est quand même un comble de se montrer aussi mou du gland pendant une heure et de retrouver la grinta©®™ précisément quand les Argentins se sont cassés du terrain.

Rongier (2/5) : Une appréciation grosso modo similaire aux autres : si l’on se place du point de vue du football, c’était nul, mais pour ce qui est d’arracher un point chez le 11e du classement avec deux joueurs de moins, sa contribution était précieuse.

Cuisance (1/5) : – Ça va Michaël, la santé, tout ça ?
– Ça va, imhotep.
– Le travail, bien, ça roule ?
– Ça va ça va, je perds des ballons, imhotep.
– La famille, tout ça, tout le monde va bien ?
– Tout le monde va bien, le petit dernier a commencé à perdre ses premiers ballons hier, imhotep.
– A la bonne heure alors. On se voit toujours demain ?
– Oui oui, demain, je perds des ballons et puis j’arrive, imhotep.

Ntcham (63e, 2+/5) : Entré pour gratter des ballons, ce qu’il s’est attaché à bien faire (les conserver étant secondaire apparemment).

Thauvin (1+/5) : Pas aidé par un positionnement aussi flottant qu’un étron farceur, il a pu se stabiliser en début de seconde période avant d’être sacrifié pour raisons tactiques (quelques minutes avant que l’OM ne se procure un coup-franc idéalement placé, car le Destin est une chienne).

Perrin (60e, 3+/5) : Une entrée alvarogonzalesque, avec une tonne d’étrangers de ballons défensifs interceptés et renvoyés sans fioritures.

Germain (1-/5) : Une sorte de Radonjique antipatic.

Dieng (81e) : On ne va pas espérer un conte de fée à chaque match, non plus.

Benedetto (0/5) : On voulait un Argentin efficace comme Lucho et combatif comme Heinze, on en a un efficace comme Gimenez et combatif comme Krupoviesa.


L’invité zoologique : Rémy Oudinde

Sans épiloguer davantage, rappelons que la dinde fait glouglou, ce qui en fait l’invité approprié pour évoquer le club des Bordeaux Girondins.

– Les autres : C’est encore l’éternel Claude Pèze qui en parle le mieux (2013) :

– Le classement : Nous sommes neuvièmes mais les clubs de devant ont quasiment tous connu un coup d’arrêt : c’est l’occasion pour nous de démarrer à notre tour un temps fort pour garder espoir de les surpasser, si l’on fait toutefois abstraction du fait que l’on n’a pas gagné depuis 7 matchs et que nos attaquants sont tellement dépressifs qu’ils n’osent même plus tirer au but. Mais sinon ouais, mathématiquement ya espoir.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Instagram et sur Twitter. Florent Llrns remporte le concours zoologique.


Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

Un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.